par etienne lorant » jeu. 18 août 2016, 11:25
Moins d'une semaine après la tentative de putsch contre le pouvoir AKP (parti de la Justice et du Développement, tendance islamiste) au pouvoir en Turquie, une nouvelle étape dans la dérive autoritaire et "national-islamiste" de la présidence de Recep Tayyip Erdogan a été franchie.
Sous le prétexte d'extirper le mal putschiste de Turquie qui serait le fruit d'une conspiration du mouvement islamique Fettulah Gülen (leader d'une puissance organisation religieuse modérée, Hizmet, "infiltrée" dans l'Etat et à la tête d'écoles religieuses et d'empires économico-médiatiques), le Néo-Sultan poursuit le processus de dékémalisation et de dérive dictatoriale du pays au nom de la démocratie et des valeurs de la République turque habilement subverties.
La répression consécutive au putsch, tout aussi prévisible voire planifiée que le putsch lui-même, concerne tous les pans de la société turque : enseignement, armée, tribunaux, police, partis politiques, médias.
Chaque jour, de nouvelles mesures de limitation des libertés et de répression sont prises et éloignent toujours plus la Turquie (candidate à l'Union européenne) de l'Etat de droit. Le pouvoir justifie cela par l'objectif fallacieux "d'éradiquer tous les éléments de l'organisation terroriste impliquée", en fait le mouvement de Fettulah Gülen, pourtant ancien complice de l'AKP qui permit à Erdogan d'arriver au pouvoir en 2002 mais qui s'est opposé depuis 2008 à la dérive anti-occidentale, autoritaire et radicale du néo-Sultan. Depuis, la guerre est totale entre les deux tendances islamistes : l'une, qui est à la fois nationaliste et islamiste, le parti de la Justice et du Développement, issu du fameux Milli Görüs, sorte de Frères musulmans turcs, produit d'une synthèse islamo-nationaliste et néo-ottomane qui signifie justement "vision nationale" en turc ; et l'autre, l'Hizmet de Gülen, très démocratique, conservatrice et pro-occidentale, bien qu'islamique. Au total, près de 60 000 Turcs ont été touchés par les purges et la nouvelle chasse aux sorcières : outre de nombreux militaires incarcérés, démis de leurs fonctions ou inculpés, au moins 3000 juges ont été suspendus ou arrêtés, près de 10 000 suspects ont été placés en garde à vue ou arrêtés, la plupart du temps sans preuves ; une centaine de généraux et amiraux ont été placés en détention provisoire ou sont en attente de leur procès ; de très nombreux soldats putschistes, opposants-comploteurs présumés, militants du mouvement de Gülen, ont été torturés et privés de contacts avec leurs avocats et familles, ceci afin de leur soutirer au plus vite des "aveux."
http://www.atlantico.fr/rdv/geopolitico ... 71452.html
[b]Moins d'une semaine après la tentative de putsch contre le pouvoir AKP (parti de la Justice et du Développement, tendance islamiste) au pouvoir en Turquie, une nouvelle étape dans la dérive autoritaire et "national-islamiste" de la présidence de Recep Tayyip Erdogan a été franchie. [/b]
Sous le prétexte d'extirper le mal putschiste de Turquie qui serait le fruit d'une conspiration du mouvement islamique Fettulah Gülen (leader d'une puissance organisation religieuse modérée, Hizmet, "infiltrée" dans l'Etat et à la tête d'écoles religieuses et d'empires économico-médiatiques), le Néo-Sultan poursuit le processus de dékémalisation et de dérive dictatoriale du pays au nom de la démocratie et des valeurs de la République turque habilement subverties.
La répression consécutive au putsch, tout aussi prévisible voire planifiée que le putsch lui-même, concerne tous les pans de la société turque : enseignement, armée, tribunaux, police, partis politiques, médias.
Chaque jour, de nouvelles mesures de limitation des libertés et de répression sont prises et éloignent toujours plus la Turquie (candidate à l'Union européenne) de l'Etat de droit. Le pouvoir justifie cela par l'objectif fallacieux "d'éradiquer tous les éléments de l'organisation terroriste impliquée", en fait le mouvement de Fettulah Gülen, pourtant ancien complice de l'AKP qui permit à Erdogan d'arriver au pouvoir en 2002 mais qui s'est opposé depuis 2008 à la dérive anti-occidentale, autoritaire et radicale du néo-Sultan. Depuis, la guerre est totale entre les deux tendances islamistes : l'une, qui est à la fois nationaliste et islamiste, le parti de la Justice et du Développement, issu du fameux Milli Görüs, sorte de Frères musulmans turcs, produit d'une synthèse islamo-nationaliste et néo-ottomane qui signifie justement "vision nationale" en turc ; et l'autre, l'Hizmet de Gülen, très démocratique, conservatrice et pro-occidentale, bien qu'islamique. Au total, près de 60 000 Turcs ont été touchés par les purges et la nouvelle chasse aux sorcières : outre de nombreux militaires incarcérés, démis de leurs fonctions ou inculpés, au moins 3000 juges ont été suspendus ou arrêtés, près de 10 000 suspects ont été placés en garde à vue ou arrêtés, la plupart du temps sans preuves ; une centaine de généraux et amiraux ont été placés en détention provisoire ou sont en attente de leur procès ; de très nombreux soldats putschistes, opposants-comploteurs présumés, militants du mouvement de Gülen, ont été torturés et privés de contacts avec leurs avocats et familles, ceci afin de leur soutirer au plus vite des "aveux."
[url]http://www.atlantico.fr/rdv/geopolitico-scanner/synthese-national-islamiste-erdogan-alexandre-del-valle-2771452.html[/url]