Les passions, nécessaires ?

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Re: Les passions, nécessaires ?

par Jeremy43 » dim. 29 mars 2015, 14:13

Bonjour,

Merci FéeVioline pour votre réponse et merci d'avoir pris le temps de rechercher dans le CEC kisito, les passions n'ont donc que la qualification morale qu'on leur donne.

Bon dimanche

Re: Les passions, nécessaires ?

par Belin » dim. 29 mars 2015, 10:32

Voyons d'abord ce que l'Eglise enseigne, je vais citer tout l’article du CEC qui en parle:
CEC a écrit : Article 5

La moralité des passions

1762 La personne humaine s’ordonne à la béatitude par ses actes délibérés : les passions ou sentiments qu’elle éprouve peuvent l’y disposer et y contribuer.
1763 Le terme de " passions " appartient au patrimoine chrétien. Les sentiments ou passions désignent les émotions ou mouvements de la sensibilité, qui inclinent à agir ou à ne pas agir en vue de ce qui est ressenti ou imaginé comme bon ou comme mauvais.

1764 Les passions sont des composantes naturelles du psychisme humain, elles forment le lieu de passage et assurent le lien entre la vie sensible et la vie de l’esprit. Notre Seigneur désigne le cœur de l’homme comme la source d’où jaillit le mouvement des passions (cf. Mc 7, 21).

1765 Les passions sont nombreuses. La passion la plus fondamentale est l’amour provoqué par l’attrait du bien. L’amour cause le désir du bien absent et l’espoir de l’obtenir. Ce mouvement s’achève dans le plaisir et la joie du bien possédé. L’appréhension du mal cause la haine, l’aversion et la crainte du mal à venir. Ce mouvement s’achève dans la tristesse du mal présent ou la colère qui s’y oppose.

1766 " Aimer, c’est vouloir du bien à quelqu’un " (S. Thomas d’A., s. th. 2-2, 26, 4). Toutes les autres affections ont leur source dans ce mouvement originel du cœur de l’homme vers le bien. Il n’y a que le bien qui soit aimé (cf. S. Augustin, Trin. 8, 3, 4). " Les passions sont mauvaises si l’amour est mauvais, bonnes s’il est bon " (S. Augustin, civ.14, 7).


1767 En elles-mêmes, les passions ne sont ni bonnes ni mauvaises. Elles ne reçoivent de qualification morale que dans la mesure où elles relèvent effectivement de la raison et de la volonté. Les passions sont dites volontaires, " ou bien parce qu’elles sont commandées par la volonté, ou bien parce que la volonté n’y fait pas obstacle " (S. Thomas d’A., s. th. 2-2, 24, 1). Il appartient à la perfection du bien moral ou humain que les passions soient réglées par la raison (cf. s. th. 2-2, 24, 3).

1768 Les grands sentiments ne décident ni de la moralité, ni de la sainteté des personnes ; ils sont le réservoir inépuisable des images et des affections où s’exprime la vie morale. Les passions sont moralement bonnes quand elles contribuent à une action bonne, et mauvaises dans le cas contraire. La volonté droite ordonne au bien et à la béatitude les mouvements sensibles qu’elle assume ; la volonté mauvaise succombe aux passions désordonnées et les exacerbe. Les émotions et sentiments peuvent être assumés dans les vertus, ou pervertis dans les vices.

1769 Dans la vie chrétienne, l’Esprit Saint lui-même accomplit son œuvre en mobilisant l’être tout entier y compris ses douleurs, craintes et tristesses, comme il apparaît dans l’Agonie et la Passion du Seigneur. Dans le Christ, les sentiments humains peuvent recevoir leur consommation dans la charité et la béatitude divine.

1770 La perfection morale est que l’homme ne soit pas mû au bien par sa volonté seulement, mais aussi par son appétit sensible selon cette parole du Psaume : " Mon cœur et ma chair crient de joie vers le Dieu vivant " (Ps 84, 3).

Re: Les passions, nécessaires ?

par Fée Violine » sam. 28 mars 2015, 14:40

Bonjour Jérémy,
eh bien, vos réflexions me semblent très pertinentes.
La passion est une énergie. Une énergie peut être utilisée bien ou mal. Comme vous le disiez, la raison est le gouvernail, ou le volant de votre voiture. Mais si votre voiture n'a pas de moteur, elle n'ira en effet pas bien loin...

Les passions, nécessaires ?

par Jeremy43 » jeu. 26 mars 2015, 19:13

Bonsoir,

Je ne savais pas où poster, du coup je poste ici : je me demandais dans quelle mesure les passions étaient nécessaires à toute vie chrétienne ?

En effet, de ma très maigre expérience (mais comme j'ai le don d'accumuler les conneries), j'ai détruit les passions pour n'être qu'esprit, mais le résultat est l'inverse de celui escompté; je suis devenu incapable de quoique ce soit, même se nourrir est devenu un fardeau. La raison ne semble donc pas un moteur suffisant mais simplement un gouvernail indiquant la route à suivre: ce sont les passions qui permettent, elles, d'avancer et de progresser dans la vertu; les passions semblent donc indispensables. Je me demande d'ailleurs dans quelle mesure la passion amoureuse du Christ pour l'humanité a joué dans Sa Passion : Dieu serait-Il un être passionné parce qu'Il fait et pas seulement une raison "froide" ?

Qu'en pensez-vous ? Je me trompe peut-être totalement.

Bonne soirée.

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