par Peccator » mar. 29 oct. 2013, 22:23
Je me suis dit que ce petit texte, écrit plus particulièrement à l'intention d'un membre du forum, pouvait être utile à d'autres. Je le recopie donc ici.
La spiritualité ignacienne cherche à trouver Dieu dans le quotidien de nos vies. Elle repose beaucoup sur des pratiques de "lecture de vie", telle la prière d'alliance.
Quand je peux, je préfère faire oraison avec une méditation ou une contemplation d'une page de la Bible. Mais on n'a pas toujours le temps, et cette façon de prier permet de prendre un temps pour Dieu, un temps pour soi, même quand on n'a que peu de temps. Elle est aussi fort utile quand on a l'impression que Dieu nous abandonne, pour nous aider à ouvrir notre coeur et sentir à nouveau sa présence (puisque bien sûr, en réalité il reste toujours à nos côtés).
Comment prier ainsi ?
Se donner un peu de temps, typiquement avant d'aller se coucher. Pas besoin de beaucoup, 5 ou 10 minutes peuvent être suffisantes (ce qui n'interdit pas de se donner plus de temps si on en a la possibilité).
Décider avant du temps que l'on se donne, et s'y tenir : ne pas raccourcir si on a l'impression que "ça ne vient pas".
Aller dans un coin calme, où on pourra passer des quelques minutes sans être dérangé. Le soir, quand les enfants sont couchés, c'est plus facile.
Demander à Dieu une grâce : celle de nous donner Sa lumière pour qu'elle éclaire notre journée et nous aide à relire ce qui s'est passé.
Ensuite, on prie avec ce que mon curé appelle la "prière des enfants", celle qu'on peut leur apprendre en 3 mots au cathéchisme : merci, pardon, s'il te plait.
Merci
Se rappeler le déroulement de sa journée, depuis le réveil et le lever du lit jusqu'à maintenant. Les revisiter dans sa mémoire des faits, mais aussi dans son coeur, essayer de se rappeler les émotions ressenties, les "mouvements de l'âme" : joie, espoir, tristesse, peur, contrition, découragement, trouble, désir...
Remercier Dieu pour tous les moments où l'on constate qu'Il a été là, à nos côtés. Là dans notre coeur, mais aussi là par une présence humaine, lorsque quelqu'un d'autre a été notre prochain. Même dans les journées les plus noires, on trouve généralement des passages moins durs. Et si la journée a été particulièrement heureuse, alors en rendre grâce avec d'autant plus de joie.
Pardon
Sans faire un examen de conscience complet, regarder quand même les moments où on s'est replié sur soi, où on s'est éloigné de Dieu, de son prochain... ou de soi-même (aimer son prochain comme soi-même). Ne pas se juger pour ces faiblesses, mais les offrir à Dieu : il s'agit de reconnaître ses limites, de voir que malgré nos belles intentions, nos limites font qu'il nous arrive d'abîmer des relations auxquelles nous tenons. Et de lui demander alors de réparer ce que nous avons abîmé en nous.
S’il te plaît
On peut penser un peu à la nuit qui vient, à la journée de demain, et les offrir à Dieu. Il est bon alors d'oser lui demander ce dont nous avons besoin. Nous pouvons aussi prier pour d'autres : pour des personnes que nous allons rencontrer, pour une démarche à faire, une tâche à effectuer alors que nous n'en avons pas envie, ou encore pour que se lève en nous un obstacle intérieur. Demander à Dieu d'agir dans notre vie, comme nous constatons qu'Il l'a fait aujourd'hui.
Pour finir, on se quitte avec un petit rituel d'au-revoir, comme quand on quitte un ami après avoir passé un peu de temps à lui parler. Je ne connais pas meilleure prière pour ça que le Notre Père, qui rassemble fort bien cette prière d'alliance.
Noter pour pouvoir relire
Comme je le disais, la spiritualité ignacienne travaille beaucoup sur la relecture de vie. Pour pouvoir faire cette relecture au long cours, il est bon de prendre des notes, car la mémoire ne suffit pas. On peut par exemple noter des points de notre prière qui nous ont plus particulièrement marqués. Il est bon aussi de noter quelque chose des mouvements d'âme que l'on a identifié, ainsi que ceux ressentis pendant ce temps de prière.
Petit à petit, on conserve ainsi une trace écrite de notre relation à Dieu, et de la manière dont notre âme "travaille" dans cette relation. En relisant ces notes, de temps en temps, on peut voir très concrètement comment Dieu agit dans notre vie quotidienne. On voit aussi comment Dieu répond à nos prières, avec des réponses parfois rassurantes, parfois surprenantes, parfois dérangeantes même. Et parfois aussi en disant non

Je me suis dit que ce petit texte, écrit plus particulièrement à l'intention d'un membre du forum, pouvait être utile à d'autres. Je le recopie donc ici.
La spiritualité ignacienne cherche à trouver Dieu dans le quotidien de nos vies. Elle repose beaucoup sur des pratiques de "lecture de vie", telle la prière d'alliance.
Quand je peux, je préfère faire oraison avec une méditation ou une contemplation d'une page de la Bible. Mais on n'a pas toujours le temps, et cette façon de prier permet de prendre un temps pour Dieu, un temps pour soi, même quand on n'a que peu de temps. Elle est aussi fort utile quand on a l'impression que Dieu nous abandonne, pour nous aider à ouvrir notre coeur et sentir à nouveau sa présence (puisque bien sûr, en réalité il reste toujours à nos côtés).
[b]Comment prier ainsi ?[/b]
Se donner un peu de temps, typiquement avant d'aller se coucher. Pas besoin de beaucoup, 5 ou 10 minutes peuvent être suffisantes (ce qui n'interdit pas de se donner plus de temps si on en a la possibilité).
Décider avant du temps que l'on se donne, et s'y tenir : ne pas raccourcir si on a l'impression que "ça ne vient pas".
Aller dans un coin calme, où on pourra passer des quelques minutes sans être dérangé. Le soir, quand les enfants sont couchés, c'est plus facile.
Demander à Dieu une grâce : celle de nous donner Sa lumière pour qu'elle éclaire notre journée et nous aide à relire ce qui s'est passé.
Ensuite, on prie avec ce que mon curé appelle la "prière des enfants", celle qu'on peut leur apprendre en 3 mots au cathéchisme : merci, pardon, s'il te plait.
[b]Merci[/b]
Se rappeler le déroulement de sa journée, depuis le réveil et le lever du lit jusqu'à maintenant. Les revisiter dans sa mémoire des faits, mais aussi dans son coeur, essayer de se rappeler les émotions ressenties, les "mouvements de l'âme" : joie, espoir, tristesse, peur, contrition, découragement, trouble, désir...
Remercier Dieu pour tous les moments où l'on constate qu'Il a été là, à nos côtés. Là dans notre coeur, mais aussi là par une présence humaine, lorsque quelqu'un d'autre a été notre prochain. Même dans les journées les plus noires, on trouve généralement des passages moins durs. Et si la journée a été particulièrement heureuse, alors en rendre grâce avec d'autant plus de joie.
[b]Pardon[/b]
Sans faire un examen de conscience complet, regarder quand même les moments où on s'est replié sur soi, où on s'est éloigné de Dieu, de son prochain... ou de soi-même (aimer son prochain comme soi-même). Ne pas se juger pour ces faiblesses, mais les offrir à Dieu : il s'agit de reconnaître ses limites, de voir que malgré nos belles intentions, nos limites font qu'il nous arrive d'abîmer des relations auxquelles nous tenons. Et de lui demander alors de réparer ce que nous avons abîmé en nous.
[b]S’il te plaît[/b]
On peut penser un peu à la nuit qui vient, à la journée de demain, et les offrir à Dieu. Il est bon alors d'oser lui demander ce dont nous avons besoin. Nous pouvons aussi prier pour d'autres : pour des personnes que nous allons rencontrer, pour une démarche à faire, une tâche à effectuer alors que nous n'en avons pas envie, ou encore pour que se lève en nous un obstacle intérieur. Demander à Dieu d'agir dans notre vie, comme nous constatons qu'Il l'a fait aujourd'hui.
Pour finir, on se quitte avec un petit rituel d'au-revoir, comme quand on quitte un ami après avoir passé un peu de temps à lui parler. Je ne connais pas meilleure prière pour ça que le Notre Père, qui rassemble fort bien cette prière d'alliance.
[b]Noter pour pouvoir relire[/b]
Comme je le disais, la spiritualité ignacienne travaille beaucoup sur la relecture de vie. Pour pouvoir faire cette relecture au long cours, il est bon de prendre des notes, car la mémoire ne suffit pas. On peut par exemple noter des points de notre prière qui nous ont plus particulièrement marqués. Il est bon aussi de noter quelque chose des mouvements d'âme que l'on a identifié, ainsi que ceux ressentis pendant ce temps de prière.
Petit à petit, on conserve ainsi une trace écrite de notre relation à Dieu, et de la manière dont notre âme "travaille" dans cette relation. En relisant ces notes, de temps en temps, on peut voir très concrètement comment Dieu agit dans notre vie quotidienne. On voit aussi comment Dieu répond à nos prières, avec des réponses parfois rassurantes, parfois surprenantes, parfois dérangeantes même. Et parfois aussi en disant non ;)