par MB » ven. 31 mai 2013, 2:01
antoinea a écrit :A premiére vue le sujet peut étre un peu litigieux , mais certaines perspectives peuvent étre discutées ( pour ma part ) . Prenons par exemple le gout du sacrifice ,( de l 'entraide^^ ) et de l 'effort . Aujourd 'hui aucune civilisation ne manifeste un tel entousiasme collectif .
Prenons aussi l 'échange , les citoyens communiquent entre eux , se soucient de l 'avenir de leur communauté .
Enfin , les habitants se reconnaissent dans une meilleur situation familliale dans une cooperation entre voisins aussi .
j 'espére que je suis encore dans les limites de la morale ...
Vos questions sont très intéressantes. Quelques éléments de réponse :
1° On passera sur les exemples concrets concernant la "suppression du chômage", qui est une théorie bidon. Un professeur le disait récemment à mon frère : l'Allemagne nazie, c'est 6 millions de chômeurs en moins, et 7 millions de morts allemands en plus. Plus sérieusement, la baisse du chômage entre 1933 et 1939 est due à un traficotage des chiffres, au fait qu'on envoyait les femmes des usines à la maison, etc. De plus, l'économie allemande nazie d'avant-guerre était fondée sur des emprunts massifs, irremboursables à long terme ; et les conditions concrètes de vie des gens étaient calamiteuses (exploitation des ouvriers, baisse massive du salaire réel, pénuries diverses...).
2° Le régime nazi est un régime totalitaire. C'est-à-dire que tout est faux : le langage, les chiffres, les comportements. Tout est influencé par la conscience de la terreur (qui était réelle), et nous ne nous pouvons pas nous en rendre compte, nous qui ne l'avons pas vécue. Donc dire que les gens étaient solidaires, enthousiastes, etc., est complètement surfait. De plus, à quoi bon vivre dans la camaraderie sympathique (qui était parfois réelle) si elle est fondée, en dernière analyse, sur la haine de l'autre ? Elle est pourrie dès le départ.
Je pressens, derrière cette apologie de la camaraderie, une critique de la société moderne, qui serait apathique, individualiste, etc., et à laquelle, dans le cas allemand, le régime de 1933 aurait insufflé une sorte d'enthousiasme. Cet arrière-fonds idéologique est bidon aussi, spécifiquement dans le cas allemand. Avant 1933, il y avait une ribambelle de mouvements de jeunesse, patronages, scouts, et ils ont été la première chose interdite par les nazis dès leur arrivée au pouvoir.
3° Dernière chose. Que les Allemands aient suivi la guerre et y aient participé, c'est un fait. Mais ils n'ont jamais soutenu le nazisme en majorité, ou plutôt, aucune consultation électorale ne permet de le constater. Le maximum que les nazis aient obtenu lors d'une élection libre, c'était, je crois, 34 % des voix en 1932 (ou dans ces eaux-là). Ce qui signifie que les deux tiers des électeurs n'en ont pas voulu. Les élections d'après 1933 ne veulent rien dire, car la terreur s'est déjà installée (sans parler des "consultations populaires" où la "bonne" option atteint 99 % des suffrages !). Personnellement, j'ai un principe : le doute profite à l'accusé.
J'espère avoir répondu !
Amicalement
MB
[quote="antoinea"]A premiére vue le sujet peut étre un peu litigieux , mais certaines perspectives peuvent étre discutées ( pour ma part ) . Prenons par exemple le gout du sacrifice ,( de l 'entraide^^ ) et de l 'effort . Aujourd 'hui aucune civilisation ne manifeste un tel entousiasme collectif .
Prenons aussi l 'échange , les citoyens communiquent entre eux , se soucient de l 'avenir de leur communauté .
Enfin , les habitants se reconnaissent dans une meilleur situation familliale dans une cooperation entre voisins aussi .
j 'espére que je suis encore dans les limites de la morale ...[/quote]
Vos questions sont très intéressantes. Quelques éléments de réponse :
1° On passera sur les exemples concrets concernant la "suppression du chômage", qui est une théorie bidon. Un professeur le disait récemment à mon frère : l'Allemagne nazie, c'est 6 millions de chômeurs en moins, et 7 millions de morts allemands en plus. Plus sérieusement, la baisse du chômage entre 1933 et 1939 est due à un traficotage des chiffres, au fait qu'on envoyait les femmes des usines à la maison, etc. De plus, l'économie allemande nazie d'avant-guerre était fondée sur des emprunts massifs, irremboursables à long terme ; et les conditions concrètes de vie des gens étaient calamiteuses (exploitation des ouvriers, baisse massive du salaire réel, pénuries diverses...).
2° Le régime nazi est un régime totalitaire. C'est-à-dire que tout est faux : le langage, les chiffres, les comportements. Tout est influencé par la conscience de la terreur (qui était réelle), et nous ne nous pouvons pas nous en rendre compte, nous qui ne l'avons pas vécue. Donc dire que les gens étaient solidaires, enthousiastes, etc., est complètement surfait. De plus, à quoi bon vivre dans la camaraderie sympathique (qui était parfois réelle) si elle est fondée, en dernière analyse, sur la haine de l'autre ? Elle est pourrie dès le départ.
Je pressens, derrière cette apologie de la camaraderie, une critique de la société moderne, qui serait apathique, individualiste, etc., et à laquelle, dans le cas allemand, le régime de 1933 aurait insufflé une sorte d'enthousiasme. Cet arrière-fonds idéologique est bidon aussi, spécifiquement dans le cas allemand. Avant 1933, il y avait une ribambelle de mouvements de jeunesse, patronages, scouts, et ils ont été la première chose interdite par les nazis dès leur arrivée au pouvoir.
3° Dernière chose. Que les Allemands aient suivi la guerre et y aient participé, c'est un fait. Mais ils n'ont jamais soutenu le nazisme en majorité, ou plutôt, aucune consultation électorale ne permet de le constater. Le maximum que les nazis aient obtenu lors d'une élection libre, c'était, je crois, 34 % des voix en 1932 (ou dans ces eaux-là). Ce qui signifie que les deux tiers des électeurs n'en ont pas voulu. Les élections d'après 1933 ne veulent rien dire, car la terreur s'est déjà installée (sans parler des "consultations populaires" où la "bonne" option atteint 99 % des suffrages !). Personnellement, j'ai un principe : le doute profite à l'accusé.
J'espère avoir répondu !
Amicalement
MB