Des saints non catholiques ?

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Re: Des saints non catholiques ?

par Olivier C » lun. 04 mars 2013, 16:52

archi a écrit :Il me semble bien que la constitution Pastor Aeternus n'est pas d'accord avec vous! [...] La raison invoquée venant du fait que l'autorité sur le troupeau a été confiée à Pierre et à personne d'autre.
Certes, je voulais insister sur le fait que l'on ne squeeze pas les évêques locaux. Mais puisque nous y sommes autant nous pencher sur le sens des formulations de Pastor Æternus :

En préalable, rappelons que Pastor Æternus ne donne pas au pape le gouvernement ordinaire et immédiat sur les diocèses, la proposition sauvegarde donc l'autorité de chaque évêque sur son église.

Mais surtout, nous savons que l'interprétation maximaliste de la formule « primauté de juridiction sur toute l’Église de Dieu » du chapitre 1 - notamment portée par Bismarck - n'a pas été validée par les évêques allemands à l'époque qui soutenait une autre interprétation. Or c'est cette dernière interprétation qui a été soutenue par le magistère, à savoir : le pape est épiscope avec les évêques locaux et ceux-ci ont un pouvoir propre.

Plus tard Lumen Gentium (LG 18-23) rééquilibrera la proposition par l'explicitation du principe de collégialité.

Alors oui, le pape possède bien une juridiction sur toute l'Eglise, mais celle-ci doit être comprise dans l'expression et la réalisation de la communion entre les églises.
archi a écrit :En revanche, ce dépôt peut parfois être compris de façons différentes...
Oui, la différence de culture entre catholiques et orthodoxes a conduit à ce que l'on a appelé "l'estrangement" : « Nous avons deux réalités qui sont devenues étrangères (estrangement) l’une envers l’autre » (Y. Gongar). La querelle sur le filioque en est l'un des fruits.
archi a écrit :... si c'est justifiable historiquement, et tant que la question n'a pas été tranchée par l'autorité de l'Eglise.
Tout à fait, dans ce cas il ne s'agit pas d'une hérésie (ou nombre de docteurs seraient déclarés hérétiques, Thomas d'Aquin en tête de liste). On ne peut être hérétique qu'en prenant position contre une affirmation claire de la foi, ce qui suppose donc aussi que le point concerné soit connu de celui qui prend position.
archi a écrit :Il reste à savoir quoi faire des débats qui ont été tranchés après le schisme par l'autorité reconnue d'un seul côté, mais là ça devient compliqué...
Il ne s'agit pas d'hérésies à proprement parler, l'objet des éventuels contentieux ne pouvant s'appliquer qu'au donné révélé explicité au moment de l'indivisibilité des églises désormais séparées. Mais un retour a l'unité passera immanquablement par la résolution de ces questions.
archi a écrit :A votre avis, le téléspectateur moyen, est-ce qu'il va éplucher le CEC ?
Jean-Paul II n'est responsable ni de la qualité des informations journalistiques, ni de la mauvaise foi des personnes qui déforment ses propos.

Re: Des saints non catholiques ?

par archi » lun. 04 mars 2013, 15:43

Olivier C a écrit :
archi a écrit :Quelle est donc cette "primauté en matière de foi" qui serait distincte de la primauté de juridiction? Après tout, c'est bien parce qu'il est au sommet et à la source de la juridiction ecclésiale que les déclarations du Pape en matière de foi lient toute l'Eglise.
C'est justement une grave erreur ecclésiologique, mais qui est tout a fait pardonnable à notre niveau puisqu'elle a eu cours pendant mille ans environ.

Le sujet est complexe, durant mon temps de séminaire je l'avais beaucoup étudié. Le pape n'a pas TOUTE la juridiction, il a la juridiction de l'église de Rome.
Il me semble bien que la constitution Pastor Aeternus n'est pas d'accord avec vous!
Si donc quelqu'un dit que le Pontife romain n'a qu'une charge d'inspection ou de direction et non un pouvoir plénier et souverain de juridiction sur toute l'Église, non seulement en ce qui touche à la foi et aux mœurs, mais encore en ce qui touche à la discipline et au gouvernement de l'Église répandue dans le monde entier, ou qu'il n'a qu'une part plus importante et non la plénitude totale de ce pouvoir suprême ; ou que son pouvoir n'est pas ordinaire ni immédiat sur toutes et chacune des églises comme sur tous et chacun des pasteurs et des fidèles, qu'il soit anathème.
La raison invoquée venant du fait que l'autorité sur le troupeau a été confiée à Pierre et à personne d'autre:
Et c'est au seul Simon Pierre que Jésus, après sa résurrection, conféra la juridiction de souverain pasteur et de chef suprême sur tout son troupeau en disant : " Pais mes agneaux, pais mes brebis " [Jn 21,15 sv.].
Olivier C a écrit :Ou plus justement encore : il a autorité en matière de foi sur les autres Eglises dans la mesure où il est assi sur le siège de l'église reconnue de tout temps comme infaillible. Le pape n'est pas infaillible par lui-même
Absolument.
En fait, il me semble même qu'on devrait dire que le Pape est lui-même au service du Siège Apostolique et de la juridiction qui émane de celui-ci (la juridiction de l'Apôtre Pierre).

Ca éviterait d'emblée de placer la personne du Pape au-dessus de l'Eglise et des canons qu'elle a établi, travers dans lequel, hélas, je crains que l'Eglise catholique ne soit largement tombée, et qui donne cette impression d'absolutisme papal caricatural - en gros: le Pape a tous les droits puisqu'il est lui-même l'origine du droit dans l'Eglise... or cette origine est celle du Siège pétrinien, pas du Pape, donc le Pape est notamment soumis à tout ce qui a été légitimement établi ou reconnu jusque-là par le même Siège pétrinien, y compris les droits des autres Sièges, les coutumes anciennes, les rites établis... et pas seulement les définitions en matière de foi et de moeurs.

Quelque part, je pense qu'une telle conception serait plus compatible avec l'appréhension orthodoxe - et Orthodoxe - des canons, qu'avec celle du catholicisme moderne où le "canon" change quand l'autorité le décide et n'est donc plus vraiment un "canon" (on sous-estime le précédent grave qu'a été à cet égard le Code de Droit Canonique de 1917, abolissant la conception traditionnelle du droit de l'Eglise au profit d'une conception... issue de la Révolution française!).

(d'ailleurs l'hérésie est l'un des critères canoniques rendant la deposition d'un pape possible),
A ceci près que la déposition est un jugement, et que personne n'est au-dessus du Pape dans la hiérarchie de la juridiction pour le juger, donc qui aura l'autorité pour déclarer de façon juridiquement valable que le Pape est hérétique? C'est une contradiction qui n'a à ma connaissance jamais été résolue de façon satisfaisante (le cas historique le plus proche étant celui d'Honorius qui a été déclaré hérétique... après sa mort).

Ca reste un problème épineux, d'autant que certains Papes récents ne sont certainement pas à l'abri de critiques!

archi a écrit :Mais on est là dans l'ecclésiologie, pas directement dans la foi trinitaire. Peut-on vraiment parler d'"hérésie"?
L'Eglise étant le moyen incontournable de l'Économie divine, tout ce qui contribue à masquer son importance est forcément une hérésie.
Bon, ça m'a amené à chercher à préciser la notion d'hérésie. St Thomas lie cette notion à tout ce qui revient à rejeter une partie du dépôt de la Foi, donc l'Ecriture et la Tradition. Si l'on admet que la primauté de Pierre fait partie du dépôt de la Tradition, vous avez effectivement raison de parler d'hérésie. :>

En revanche, ce dépôt peut parfois être compris de façons différentes, si c'est justifiable historiquement, et tant que la question n'a pas été tranchée par l'autorité de l'Eglise. Il reste à savoir quoi faire des débats qui ont été tranchés après le schisme par l'autorité reconnue d'un seul côté, mais là ça devient compliqué... <:
archi a écrit :Il me semble qu'en matière de confusion, Rome a des soucis beaucoup plus graves à régler en ce moment - et des soucis qu'elle a elle-même créés dans sa folie oecuméniste et interreligieuse. Quand un Pape organise Assise sans que ça entraîne une révolution dans l'Eglise et que ça ne l'empêche d'être béatifié, les questions de savoir si on peut vénérer un Saint "pas en pleine communion" avec Rome deviennent tout à fait secondaires.
Au cours de ces sessions Jean-Paul II aurait-t-il déclaré l'Eglise comme n'étant plus une médiation obligatoire ?
A votre avis, le téléspectateur moyen, est-ce qu'il va éplucher le CEC? :siffle:
La responsabilité de l'Eglise ne se limite pas à maintenir un CEC irréprochable (même si c'est bien), quand par ailleurs des actes contraire à la Foi et à tous les canons de l'Eglise (participation à des cultes païens) sont tolérés au plus haut niveau.

Et que dire de Nostra Aetate? Après tout, la pensée de Jean-Paul II est dans la droite ligne de la vision irénique des autres religions développée par Nostra Aetate, dont on ne voit pas de quelle manière elle se trouverait en continuité avec la Révélation ainsi que la Tradition ecclésiale ininterrompue, où la vision négative l'emporte sur tout ce qu'on peut entrevoir de positif avec une uniformité impressionante.

Si rien ne vient contrebalancer les éléments positifs sur d'autres religions, comment en effet ne pas y entrevoir une négation de la médiation obligatoire de l'Eglise?
Donc je maintiens, il règne actuellement dans l'Eglise catholique une grande confusion en matière d'interreligieux.

In Xto,
archi.

Re: Des saints non catholiques ?

par Olivier C » lun. 04 mars 2013, 11:58

Philochristos a écrit :Ce canon lie très clairement la primauté de Rome au statut de la ville et non à la fondation apostolique de l'Eglise. Du coup tous ceux qui l'acceptent ne sont-ils pas hérétiques ?
Oui, comme je le disais plus haut :
L'Eglise étant le moyen incontournable de l'Économie divine, tout ce qui contribue à masquer son importance est forcément une hérésie.
Ceci étant dit il y a des niveaux de gravité dans un schisme ou une hérésie (d'ailleurs la contraoverse c'est alimenté de bien d'autres sujets, comme celui du filioque).

Et n'oublions pas que le monde de l'orthodoxie bénéficie toujours de la succession apostolique : ces églises, bien que n'étant pas en pleine communion avec Rome, sont pleinement légitimes et reconnues comme telle par l'église catholique.

Re: Des saints non catholiques ?

par Philochristos » sam. 02 mars 2013, 14:45

Bonjour Oliver,

J'avais en fait mal compris vos propos. Je pensais que vous ne voyiez aucune objection à la reconnaissance d'un saint orthodoxe.

Mais sinon pour rebondir sur votre remarque, que penser alors des saints orientaux post-chalcédonien ?

Le canon 28, refusé par le pape, a pourtant été accepté en Orient.
28. Voeu pour la primauté du siège de Constantinople.

Suivant en tout les décrets des saints pères et reconnaissant le canon lu récemment des cent cinquante évêques aimés de Dieu, réunis dans la ville impériale de Constantinople, la nouvelle Rome, sous Théodose le grand, de pieuse mémoire, nous approuvons et prenons la même décision au sujet de la préséance de la très sainte Église de Constantinople, la nouvelle Rome. Les pères en effet ont accordé avec raison au siège de l'ancienne Rome la préséance, parce que cette ville était la ville impériale, mûs par ce même motif les cent cinquante évêques aimés de Dieu ont accordé la même préséance au très saint siège de la nouvelle Rome, pensant que la ville honorée de la présence de l'empereur et du sénat et jouissant des mêmes privilèges civils que Rome, l'ancienne ville impériale, devait aussi avoir le même rang supérieur qu'elle dans les affaires d'église, tout en étant la seconde après elle; en sorte que les métropolitains des diocèses du Pont, de l'Asie (proconsulaire) et de la Thrace, et eux seuls, ainsi que les évêques des parties de ces diocèses occupés par les barbares, seront sacrés par le saint siège de l'église de Constantinople; bien entendu, les métropolitains des diocèses mentionnés sacreront régulièrement avec les évêques de leur provinces les nouveaux évêques de chaque province, selon les prescriptions des canons, tandis que, comme il vient d'être dit, les métropolitains de ces diocèses doivent être sacrés par l'évêque de Constantinople, après élection concordante faite en la manière accoutumée et notifiée au siège de celui-ci.
Ce canon lie très clairement la primauté de Rome au statut de la ville et non à la fondation apostolique de l'Eglise. Du coup tous ceux qui l'acceptent ne sont-ils pas hérétiques ?

Re: Des saints non catholiques ?

par Toto » sam. 02 mars 2013, 1:14

Rép à Olivier C : j'ai bien pris la précaution d'utiliser le conditionnel, et "on m'a dit", car justement je n'ai pas la moindre source. C'est donc peut-être effectivement faux.

Re: Des saints non catholiques ?

par Olivier C » ven. 01 mars 2013, 1:28

archi a écrit :Il y a sans doute une différence entre les orthodoxes, reconnus (officiellement) comme des Eglises pleines et entières par Rome, vivant des sacrements, et des protestants qui ont justement abandonné les sacrements donc la vie dans l'Eglise. Un Saint étant par définition qulequ'un qui est pleinement "vivant" dans le Christ, on peut y voir une contradiction.
Oui Archi, je suis assez d'accord avec ceci. Et puis... ayant traîné pas mal de temps dans les communautés nouvelles j'ai pris acte de la vénération de tels saints dans ces communautés, avec Séraphim de Sarov en tête de liste.

Bien vu pour la source sur Séraphim de Sarov, je n'avais pas remarqué. À Lyon j'allais à Saint-Irénée des Grecs, une paroisse byzantine... de tradition russe (et oui, il faut suivre! je suis le premier à m'y perdre <: ).
archi a écrit :Quelle est donc cette "primauté en matière de foi" qui serait distincte de la primauté de juridiction? Après tout, c'est bien parce qu'il est au sommet et à la source de la juridiction ecclésiale que les déclarations du Pape en matière de foi lient toute l'Eglise.
C'est justement une grave erreur ecclésiologique, mais qui est tout a fait pardonnable à notre niveau puisqu'elle a eu cours pendant mille ans environ.

Le sujet est complexe, durant mon temps de séminaire je l'avais beaucoup étudié. Le pape n'a pas TOUTE la juridiction, il a la juridiction de l'église de Rome. Ou plus justement encore : il a autorité en matière de foi sur les autres Eglises dans la mesure où il est assi sur le siège de l'église reconnue de tout temps comme infaillible. Le pape n'est pas infaillible par lui-même (d'ailleurs l'hérésie est l'un des critères canoniques rendant la deposition d'un pape possible), il est infaillible par extension du charisme de son église, Rome, fondée sur SS Pierre et Paul, reconnue infaillible par les autres Eglises depuis les origines. Et non, comme disent les orthodoxes polémiques, parce que Rome bénéficiait du statut de capitale de l'Empire (le fait de lier Rome à un pouvoir temporel était un moyen de rabaisser son statut dans les controverses théologiques).

Il y aurait beaucoup à dire, ce n'est peut-être pas le lieu ici. J'avais fait deux topos à ce sujet :

- Les déclarations de Saint Irénée sur l’Église de Rome et son évêque
- Les conséquences d’une distinction entre pouvoir d’ordre et pouvoir de juridiction

Bien mieux encore que mon blabla :

- Commission catholique-orthodoxe, Conséquences ecclésiologiques et canoniques de la nature sacramentelle de l’Eglise

- Commission catholique-orthodoxe, Le sacrement de l’ordre dans la structure sacramentelle de l’Église, L'importance de la succession apostolique pour la sanctification et l’unité du peuple de Dieu

Par exemple, pour ce dernier document (conclusion qui corrobore ce que je disais plus haut) :
§ 55 a écrit :C’est dans cette perspective de la communion entre les Églises locales que pourrait être abordé le thème de la primauté dans l’ensemble de l’Église et en particulier celui de la primauté de l’évêque de Rome, qui constitue une divergence grave entre nous et qui sera discuté ultérieurement.
archi a écrit :Mais on est là dans l'ecclésiologie, pas directement dans la foi trinitaire. Peut-on vraiment parler d'"hérésie"?
L'Eglise étant le moyen incontournable de l'Économie divine, tout ce qui contribue à masquer son importance est forcément une hérésie.
archi a écrit :Il me semble qu'en matière de confusion, Rome a des soucis beaucoup plus graves à régler en ce moment - et des soucis qu'elle a elle-même créés dans sa folie oecuméniste et interreligieuse. Quand un Pape organise Assise sans que ça entraîne une révolution dans l'Eglise et que ça ne l'empêche d'être béatifié, les questions de savoir si on peut vénérer un Saint "pas en pleine communion" avec Rome deviennent tout à fait secondaires.
Au cours de ces sessions Jean-Paul II aurait-t-il déclaré l'Eglise comme n'étant plus une médiation obligatoire ? Je crois surtout que les détracteurs ne comprennent pas grand chose au message d'Assise, ou bien plutôt qu'ils trouvent ici un prétexte pour y plaquer leurs contentieux, phénomène que l'on retrouve autant du côté "tradi" que progressiste d'ailleurs.

Sur la pensée de Jean-Paul II en la matière je vous invite à consulter le CEC § 846-848, catéchisme qui je le rappelle a été écrit sous son pontificat.

Re: Des saints non catholiques ?

par archi » jeu. 28 févr. 2013, 14:04

Olivier C a écrit :
Philochristos a écrit :Concernant Bonhoeffer, puisqu'il est luthérien, son baptême n'est-il pas reconnu par l'Eglise catholique ?
Il est reconnu tout comme celui du monde de l'orthodoxie. Mais la communion entre les Eglise n'est pas pleine et entière. Il faut prendre acte de ce phénomène, que Saint Paul et après lui les Pères de l'Eglise considérait comme gravissime, autant que l'hérésie.
Il y a sans doute une différence entre les orthodoxes, reconnus (officiellement) comme des Eglises pleines et entières par Rome, vivant des sacrements, et des protestants qui ont justement abandonné les sacrements donc la vie dans l'Eglise. Un Saint étant par définition qulequ'un qui est pleinement "vivant" dans le Christ, on peut y voir une contradiction.

Pour ce qui est du schisme, il me semble qu'on est obligé de faire la différence entre un Saint "polémique" canonisé par les orthodoxes, ayant pris une part active aux schismes (e.g.: Photius, Marc d'Ephèse) et un Saint qui n'a eu que le tort de naître du "mauvais" côté du schisme, comme Séraphim de Sarov. A partir du moment où il est un exemple de vie chrétienne, je ne vois pas pourquoi on l'exclurait de notre vénération.
D'ailleurs le fait d'être séparé est souvent l'aveu d'une hérésie sur un point ou un autre de la fois, ne serait-ce que de ne pas reconnaitre la primauté pétrinienne en matière de fois (et non de juridiction comme on l'entend souvent dire).
Quelle est donc cette "primauté en matière de foi" qui serait distincte de la primauté de juridiction? Après tout, c'est bien parce qu'il est au sommet et à la source de la juridiction ecclésiale que les déclarations du Pape en matière de foi lient toute l'Eglise.

Mais on est là dans l'ecclésiologie, pas directement dans la foi trinitaire. Peut-on vraiment parler d'"hérésie"?

mais introduire des personnages non catholique est une erreur d'autant plus grave qu'elle introduit la confusion.
Il me semble qu'en matière de confusion, Rome a des soucis beaucoup plus graves à régler en ce moment - et des soucis qu'elle a elle-même créés dans sa folie oecuméniste et interreligieuse. Quand un Pape organise Assise sans que ça entraîne une révolution dans l'Eglise et que ça ne l'empêche d'être béatifié, les questions de savoir si on peut vénérer un Saint "pas en pleine communion" avec Rome deviennent tout à fait secondaires.

Reste que si les Eglises orientales peuvent fêter St Séraphim de Sarov, c'est que c'est un Saint reconnu.
(si vous voulez une source, p. ex:
http://www.schola-sainte-cecile.com/201 ... rov-ton-6/

En principe, c'est la même Eglise que celle de Lyon...

In Xto,
archi.

Re: Des saints non catholiques ?

par Olivier C » mer. 27 févr. 2013, 18:07

Toto a écrit :On m'avait indiqué qu'il y a fort longtemps un Pape avait canonisé un monophysite...
Source ? Peut-être que cette personne avait injustement été qualifiée de monophysite, il y a eu des précédents.
Toto a écrit :... plus récemment, que Jean-Paul II aurait canonisé des non-catholiques.
Le quand dit-on... ce que j'en pense... la citation de source fiable est plus sage. De mon côté de n'ai jamais rien entendu de tel.
Toto a écrit :En outre, on m'a dit que l'Eglise catholique russe de rite grecque-catholique devait se conformer aux saints déclarés par l'Eglise orthodoxe, et donc considérer comme saints ce qu'elle déclare comme saints.
Là encore, et ce n'est pas faute d'avoir trempé dans le milieu greco-catho lyonnais, je n'ai jamais rien entendu de tel. Et là encore, la citation de sources s'impose.

Re: Des saints non catholiques ?

par Toto » mer. 27 févr. 2013, 0:32

On m'avait indiqué qu'il y a fort longtemps un Pape avait canonisé un monophysite ; plus récemment, que Jean-Paul II aurait canonisé des non-catholiques.
En outre, on m'a dit que l'Eglise catholique russe de rite grecque-catholique devait se conformer aux saints déclarés par l'Eglise orthodoxe, et donc considérer comme saints ce qu'elle déclare comme saints.

Re: Des saints non catholiques ?

par Olivier C » mar. 26 févr. 2013, 22:56

Philochristos a écrit :Concernant Bonhoeffer, puisqu'il est luthérien, son baptême n'est-il pas reconnu par l'Eglise catholique ?
Il est reconnu tout comme celui du monde de l'orthodoxie. Mais la communion entre les Eglise n'est pas pleine et entière. Il faut prendre acte de ce phénomène, que Saint Paul et après lui les Pères de l'Eglise considérait comme gravissime, autant que l'hérésie. D'ailleurs le fait d'être séparé est souvent l'aveu d'une hérésie sur un point ou un autre de la fois, ne serait-ce que de ne pas reconnaitre la primauté pétrinienne en matière de fois (et non de juridiction comme on l'entend souvent dire).
Philochristos a écrit :Il y a simplement marqué "Litanies des saints".
J'ai cette litanie des Saints sur mon site, en plusieurs versions (l'un de mes articles les plus consultés, surtout en période de fête), il s'agit des versions officielles. Ces litanies sont souvent adaptées dans les liturgies, ce qui est tout a fait légitime (voir par exemple sur mon site l'adaptation des litanies des saints pour la mort de Jean-Paul II, mais introduire des personnages non catholique est une erreur d'autant plus grave qu'elle introduit la confusion.

Re: Des saints non catholiques ?

par Philochristos » mar. 26 févr. 2013, 19:21

Bonjour Oliver,

Concernant Bonhoeffer, puisqu'il est luthérien, son baptême n'est-il pas reconnu par l'Eglise catholique?

Sinon j'ai pu retrouver les références plus précises :
Veillez et priez de Jean-Paul Dufouraux éditions Pierre Téqui page 272

Il y a simplement marqué "Litanies des saints".

Re: Des saints non catholiques ?

par Olivier C » lun. 25 févr. 2013, 18:52

Profitons-en pour souligner un point important : le saint "canonisé" est une personne qui, par le témoignage de sa vie, est reconnue par l'Eglise comme ayant proposé un chemin vers la béatitude pour les autres membre du peuple de Dieu.

Le chemin est d'autant plus éclairant si la personne a vécue dans la pleine communion de l'unité de l'Eglise (le "Vêtement sans couture" aurait dit Cyprien de Carthage), c'est la raison pour laquelle aucune personne ne peut être déclarée sainte sans être baptisée, que ce soit par l'eau ou par le sang (des catéchumènes martyrs).

Des personnes comme Gandhi ou Bonhoeffer, bien qu'elles soient très estimées par les catholiques, ne peuvent donc être déclarées saintes.

Re: Des saints non catholiques ?

par Invité » lun. 25 févr. 2013, 2:32

Philochristos a écrit :
Cela veut-il dire que l'Eglise catholique peut reconnaitre comme saint des personnes non-catholiques ?
Généralement, la réponse est: non. Le Saint Séraphim n'apparaît pas dans le Martirologe: http://nominis.cef.fr/contenus/saint/ma ... e/S-1.html

Dans le cas particulier des Eglises catholiques de rite oriental, elles ont maintenu les Saints qui étaient considérés Saints au moment de l'accomplissement de leur unité avec l'Eglise de Notre Seigneur. Une "Eglise particulière sui iuris" a pleine autonomie en matière des rites, y compris le culte des saints.

Re: Des saints non catholiques ?

par Philochristos » ven. 15 févr. 2013, 13:13

Bonjour à tous,

gerardh : Effectivement, mais le saint en question est très postérieur au schisme puisqu'il a vécu à l'époque contemporaine.

archi : Merci pour l'information

jeanbaptiste : Il s'agit de l'ouvrage Veillez et priez de Jean-Paul Dufour. Malheureusement j'ai quelques problèmes de connexions et je ne peux pas me connecter de mon domicile. Je suis donc à l'extérieur et je n'ai pas les références, mais dès que je rentre, je les note.

Bien cordialement,

Re: Des saints non catholiques ?

par archi » mar. 12 févr. 2013, 7:43

Je sais que Saint Séraphim de Sarov (oui, c'est celui qui est représenté sur mon avatar, même si celui qui me "représente" le mieux, c'est plutôt l'ours :cool: ...) est non seulement reconnu, mais commémoré de façon liturgique par plusieurs Eglises catholiques orientales (russe et melkite entre autres).

In Xto,
archi.

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