par Jean-Mic » jeu. 27 mars 2025, 20:41
La récitation du chapelet, et la formule-même du Je vous salue Marie ne sont pas des sacrements, mais ce que la liturgie comme la théologie appellent des sacramentaux. C'est le cas de la plupart des formes de dévotion à la Vierge et aux saints (cierges, formules de prières, gestes spécifiques, etc.) et de certaines manières de louer Dieu. Ils sont pour la plupart forts de longues habitudes, et fruits d'une tradition plus ou moins longue, tradition avec un tout petit "t".
(Parfois aussi, quelques-uns portent la trace d'habitudes beaucoup moins bonnes, frisant parfois avec la superstition, mais cela n'est pas le sujet ici avec les cas cités.)
Parler de sacramental (à bien différentier de l'adjectif sacramentel - avec un e - relatif aux sacrements) et reconnaître ce statut à certaines de nos dévotions signifie notamment deux choses qui ne sont contradictoires qu'en première apparence :
1/ ils sont foncièrement bons et justes, approuvés et encouragés par l'Eglise,
2/ leur forme, quoique forgée par l'habitude, n'est pas fixée de manière intangible et définitive.
Par voie de conséquence, leur forme peut varier, mais il est bon qu'en un même lieu et un même temps, ils revêtent une forme commune à tous les participants.
Un premier exemple simple : l'usage des cierges dans les dévotions. C'est un acte fortement encouragé par l'Eglise, mais rien n'en détermine la forme, la couleur, la taille. Et pourtant, dans un sanctuaire ou une église, pour des raisons aisées à comprendre, on ne vous proposera qu'un seul modèle, éventuellement décliné en deux ou trois tailles. Un choix éminemment pragmatique qui s'impose sans peine !
Dans le même esprit, les cierges sont souvent faits de cire blanche, mais à Fatima ils sont jaunes, et vous ne trouverez pas de brûloir adéquat pour le cierge que vous aurez apporté de chez vous.
Deuxième exemple : le chemin de croix. Il semble répondre à des codes solidement établis, et pourtant ! il n'est écrit nulle part que le nombre des stations soit définitivement fixé à 14 (15 avec la résurrection), ni que les stations soient toujours les mêmes. Lors de ses chemins de croix publics dans les rues de Paris, Mgr Lustiger (dont l'attachement à la Tradition avec un grand "T" ne peut être mis en doute) n'en retenait habituellement que cinq ou six, toutes rigoureusement choisies parmi les textes évangéliques et évitant les références apocryphes (comme les trois chutes). A ma connaissance, ses successeurs en font autant.
Troisième exemple : le Je vous salue Marie, et la prière du Rosaire. On conçoit aisément que dans une récitation collective, il est plus qu'utile que tout le monde emploie la même formule. Et a fortiori, si on le chante ! Et pourtant, des variantes parfaitement valides peuvent co-exister, notamment sur certains points : l'emploi du tutoiement/vouvoiement (une question typiquement francophone qui n'a pas de sens dans beaucoup d'autres langues), ou l'usage de certaines formules issues de traductions différentes.
Fée Violine dit utiliser des formules plus proches du texte latin ("bénie entre les femmes" "pour nous pécheurs"), et elle a raison ! D'autres, dont la très belle version de l'Angelus de la communauté de l'Emmanuel préfèrent se rapprocher de la traduction du grec ("comblée de grâce"), et ils ont raison aussi ! Dans un cadre de première évangélisation, auprès des enfants mais pas seulement, certains privilégient une formule immédiatement compréhensible sans exégèse ("ton enfant"), et ils ont eux aussi raison ! L'important n'est-il pas avant tout d'éveiller le sens de la prière et de donner le goût de la proximité de Dieu, de sa mère et de ses saints ?
La récitation du chapelet, et la formule-même du [i]Je vous salue Marie[/i] ne sont pas des sacrements, mais ce que la liturgie comme la théologie appellent [b]des sacramentaux[/b]. C'est le cas de la plupart des formes de dévotion à la Vierge et aux saints (cierges, formules de prières, gestes spécifiques, etc.) et de certaines manières de louer Dieu. Ils sont pour la plupart forts de longues habitudes, et fruits d'une tradition plus ou moins longue, tradition avec un tout petit "t".
([size=85]Parfois aussi, quelques-uns portent la trace d'habitudes beaucoup moins bonnes, frisant parfois avec la superstition, mais cela n'est pas le sujet ici avec les cas cités.[/size])
Parler de [i]sacramental[/i] ([size=85]à bien différentier de l'adjectif [i]sacramentel[/i] - avec un e - relatif aux sacrements[/size]) et reconnaître ce statut à certaines de nos dévotions signifie notamment deux choses qui ne sont contradictoires qu'en première apparence :
1/ ils sont foncièrement bons et justes, approuvés et encouragés par l'Eglise,
2/ leur forme, quoique forgée par l'habitude, n'est pas fixée de manière intangible et définitive.
Par voie de conséquence, leur forme peut varier, mais il est bon qu'en un même lieu et un même temps, ils revêtent une forme commune à tous les participants.
Un premier exemple simple : l'usage des cierges dans les dévotions. C'est un acte fortement encouragé par l'Eglise, mais rien n'en détermine la forme, la couleur, la taille. Et pourtant, dans un sanctuaire ou une église, pour des raisons aisées à comprendre, on ne vous proposera qu'un seul modèle, éventuellement décliné en deux ou trois tailles. Un choix éminemment pragmatique qui s'impose sans peine !
Dans le même esprit, les cierges sont souvent faits de cire blanche, mais à Fatima ils sont jaunes, et vous ne trouverez pas de brûloir adéquat pour le cierge que vous aurez apporté de chez vous.
Deuxième exemple : le chemin de croix. Il semble répondre à des codes solidement établis, et pourtant ! il n'est écrit nulle part que le nombre des stations soit définitivement fixé à 14 (15 avec la résurrection), ni que les stations soient toujours les mêmes. Lors de ses chemins de croix publics dans les rues de Paris, Mgr Lustiger (dont l'attachement à la Tradition avec un grand "T" ne peut être mis en doute) n'en retenait habituellement que cinq ou six, toutes rigoureusement choisies parmi les textes évangéliques et évitant les références apocryphes (comme les trois chutes). A ma connaissance, ses successeurs en font autant.
Troisième exemple : le [i]Je vous salue Marie[/i], et la prière du Rosaire. On conçoit aisément que dans une récitation collective, il est plus qu'utile que tout le monde emploie la même formule. Et a fortiori, si on le chante ! Et pourtant, des variantes parfaitement valides peuvent co-exister, notamment sur certains points : l'emploi du tutoiement/vouvoiement (une question typiquement francophone qui n'a pas de sens dans beaucoup d'autres langues), ou l'usage de certaines formules issues de traductions différentes.
Fée Violine dit utiliser des formules plus proches du texte latin ("bénie entre les femmes" "pour nous pécheurs"), et elle a raison ! D'autres, dont la très belle version de l'Angelus de la communauté de l'Emmanuel préfèrent se rapprocher de la traduction du grec ("comblée de grâce"), et ils ont raison aussi ! Dans un cadre de première évangélisation, auprès des enfants mais pas seulement, certains privilégient une formule immédiatement compréhensible sans exégèse ("ton enfant"), et ils ont eux aussi raison ! L'important n'est-il pas avant tout d'éveiller le sens de la prière et de donner le goût de la proximité de Dieu, de sa mère et de ses saints ?