par Petit Matthieu » lun. 31 oct. 2011, 22:14
Je poursuis ce fil par une petite méditation sur des passage du livre VIe, chapitre III, des "
Frères Karamazov" de Dostoïevski que je vous écris ci-dessous. Il s'agit des paroles du moine Zossima, figure magnifique de ce roman :

"Souviens-toi particulièrement que tu ne peux être le juge de personne. Car il ne peut y avoir sur terre de juge d'un criminel avant que ce juge ne comprenne qu'il est lui-même tout aussi criminel que celui qui comparaît devant lui, et que c'est peut-être lui le premier coupable de son crime."

"Si tu peux prendre sur toi le crime de criminel qui comparaît devant toi et que tu juges dans ton coeur, accepte sur-le-champ de souffrir et souffre pour lui, en le laissant libre, sans lui faire aucun reproche."

"Mais si, avec ton baiser, il s'en va insensible et se moquant de toi, n'en sois pas ébranlé non plus : c'est que son heure n'est pas encore venue, mais elle viendra ; et si elle ne vient pas, peu importe : un autre comprendra à sa place et souffrira et se condamnera et s'accusera lui-même, et la justice sera accomplie. Crois en cela, crois-le sans nul doute, car c'est en cela même que réside toute l'espérance et toute la foi des saints."

"Accepte ces souffrances et subis-les, ton cœur sera apaisé et tu comprendras que, toi aussi, tu es coupable, car pouvant, comme l'unique être pur, éclairer les scélérats, tu ne l'as pas fait. Si tu avais répandu ta lumière, tu eusses éclairé aussi le chemin des autres, et celui qui a commis le crime ne l'eût peut-être pas fait dans ta lumière."

"Ne cherche jamais de récompense car déjà ta récompense est grande sur cette terre : ta joie spirituelle que n'acquiert que le juste."
Ce passage m'a vraiment beaucoup percuté, exhumant jusqu'à mon coeur plusieurs passages des Evangiles. Il me rappelle surtout l'épisode de la prière du publicain, qui ne cherche pas à s'échapper au jugement de Dieu, contrairement au pharisien qui se persuade de sa droiture.
Cette idée d'une responsabilité universelle qu'expose Dostoïevski paraît bien étrange, on pourrait la croire juste sortie de sa tête tourmentée et pessimiste de russe. Mais elle est purement sortie des Evangiles. Effectivement, si nous rayonnions de la lumière du Christ, état qui nous est possible selon les dires de Jésus lui-même, alors combien de péchés pourrions-nous stopper chez nous-mêmes et chez nos frères ?
Je ne vais pas paraphraser plus encore ce que l'auteur a dit ici avec tant de justesse et de simplicité.
Ce soir, par ces passages, je réfléchis au fond de mon coeur sur le fait que nous sommes tous dans le même navire, je veux parler de l'humanité. Le péché nous lie, mais aussi le salut. Voilà ce qui est bouleversant, voilà ce qui serre le coeur et donne envie de pleurer dans les bras de nos frères et soeurs en regardant le ciel et la croix. Nous sommes unis pour le meilleur et pour le pire, le péché et le salut d'un homme ou d'un femme appartient à notre histoire.
Finalement, pleurer du péché d'un de nos frères ou soeurs en se sentant en partie responsable de ce péché, n'est-ce pas la plus belle chose que nous sommes en mesure d'offrir à notre Dieu ?
Cette "joie spirituelle" serait-elle cachée là ?
Je poursuis ce fil par une petite méditation sur des passage du livre VIe, chapitre III, des "[i]Frères Karamazov[/i]" de Dostoïevski que je vous écris ci-dessous. Il s'agit des paroles du moine Zossima, figure magnifique de ce roman :
:arrow: "Souviens-toi particulièrement que tu ne peux être le juge de personne. Car il ne peut y avoir sur terre de juge d'un criminel avant que ce juge ne comprenne qu'il est lui-même tout aussi criminel que celui qui comparaît devant lui, et que c'est peut-être lui le premier coupable de son crime."
:arrow: "Si tu peux prendre sur toi le crime de criminel qui comparaît devant toi et que tu juges dans ton coeur, accepte sur-le-champ de souffrir et souffre pour lui, en le laissant libre, sans lui faire aucun reproche."
:arrow: "Mais si, avec ton baiser, il s'en va insensible et se moquant de toi, n'en sois pas ébranlé non plus : c'est que son heure n'est pas encore venue, mais elle viendra ; et si elle ne vient pas, peu importe : un autre comprendra à sa place et souffrira et se condamnera et s'accusera lui-même, et la justice sera accomplie. Crois en cela, crois-le sans nul doute, car c'est en cela même que réside toute l'espérance et toute la foi des saints."
:arrow: "Accepte ces souffrances et subis-les, ton cœur sera apaisé et tu comprendras que, toi aussi, tu es coupable, car pouvant, comme l'unique être pur, éclairer les scélérats, tu ne l'as pas fait. Si tu avais répandu ta lumière, tu eusses éclairé aussi le chemin des autres, et celui qui a commis le crime ne l'eût peut-être pas fait dans ta lumière."
:arrow: "Ne cherche jamais de récompense car déjà ta récompense est grande sur cette terre : ta joie spirituelle que n'acquiert que le juste."
Ce passage m'a vraiment beaucoup percuté, exhumant jusqu'à mon coeur plusieurs passages des Evangiles. Il me rappelle surtout l'épisode de la prière du publicain, qui ne cherche pas à s'échapper au jugement de Dieu, contrairement au pharisien qui se persuade de sa droiture.
Cette idée d'une responsabilité universelle qu'expose Dostoïevski paraît bien étrange, on pourrait la croire juste sortie de sa tête tourmentée et pessimiste de russe. Mais elle est purement sortie des Evangiles. Effectivement, si nous rayonnions de la lumière du Christ, état qui nous est possible selon les dires de Jésus lui-même, alors combien de péchés pourrions-nous stopper chez nous-mêmes et chez nos frères ?
Je ne vais pas paraphraser plus encore ce que l'auteur a dit ici avec tant de justesse et de simplicité.
Ce soir, par ces passages, je réfléchis au fond de mon coeur sur le fait que nous sommes tous dans le même navire, je veux parler de l'humanité. Le péché nous lie, mais aussi le salut. Voilà ce qui est bouleversant, voilà ce qui serre le coeur et donne envie de pleurer dans les bras de nos frères et soeurs en regardant le ciel et la croix. Nous sommes unis pour le meilleur et pour le pire, le péché et le salut d'un homme ou d'un femme appartient à notre histoire.
Finalement, pleurer du péché d'un de nos frères ou soeurs en se sentant en partie responsable de ce péché, n'est-ce pas la plus belle chose que nous sommes en mesure d'offrir à notre Dieu ?
Cette "joie spirituelle" serait-elle cachée là ?