par Théo d'Or » ven. 22 juil. 2011, 13:45
Extrait issu de la discussion "Faire la volonté de Dieu et aimer mon conjoint" dans la rubrique Spiritualité:
philémon.siclone a écrit : Si l'apôtre entendait le concept de soumission comme l'équivalent féminin de l'amour, du coup il devrait préciser aussi son équivalent masculin. Or ce n'est pas ce qu'il fait : il oppose l'amour du mari à la soumission de la femme : deux attitudes et deux expressions complètement différentes et distinctes. En réalité, l'apôtre ne nous parle pas de l'amour chez la femme, il n'évoque que sa soumission, c'est-à-dire son attitude sociale.
Comme le dit Papillon, il y a un contexte à préciser. On sait bien que depuis la nuit des temps, un homme se sent assuré vis-à-vis des femmes lorsqu'il possède une situation sociale. Inversement, une belle femme que tous les hommes regardent ne peut pas s'empêcher d'y voir un atout pour trouver un mari aisé, qui lui permettra de vivre dans le confort sans travailler, ce qui suppose en échange qu'elle devra entretenir le foyer, et y être présente à disposition du mari lorsque celui-ci sera de retour après sa dure journée de labeur... Bien des mariages, même à notre époque, reposent sur cet accord tacite : le mari possède sa femme grâce à son argent, celle-ci en bénéficie, mais doit être soumise en retour. Certains comparent même, pour cette raison, le mariage à de la prostitution déguisée, ce qui, franchement, n'est pas loin de la vérité. La femme est la servante de l'homme (servante ménagère, servante sexuelle), et celui-ci la rémunère en lui offrant un cadre de vie, ce qui se prête assez bien au conseil paulinien : la femme doit être soumise, ne pas tenir tête au mari, ne pas lui chercher querelle (évidemment, autrement c'est l'enfer pour lui), et remarquez bien qu'il ne demande pas à la femme "d'aimer". Elle est là pour l'argent, la relation est totalement intéressée à la base, et le mari le sait bien, donc on ne pas exiger de l'amour de sa part (l'amour ne s'achète pas), mais au moins d'être une bonne servante soumise en tout point. En retour le mari doit aimer sa femme, c'est à dire la traiter convenablement, ne pas la battre, être bon et généreux, ne pas l'humilier, etc. Le précepte paulinien, en résumé, concerne la relation entre un maître et sa servante (que l'on nomme "mari" et "épouse"), et se retrouvera ailleurs dans les épîtres s'agissant des maîtres et de leurs esclaves.
Je sais que ce que je dis est très choquant, mais après tout c'est la plus pure vérité, malgré le tabou énorme qui interdit absolument qu'on ébruite le sujet ! Et d'un certain point de vue, si tel est l'accord qui doit exister entre un mari et sa femme, je ne vois pas ce que le conseil de St Paul a d'étrange et de mystérieux. Il est évident que pour que ce genre de couple soit vivable, la femme doit être soumise et le mari respecter sa femme. Enfin..., c'est évident pour nous ! Mais peut-être qu'à cette époque, c'était une vision assez nouvelle du couple. D'ailleurs, la notion de "couple" n'est-elle pas anachronique jusqu'à St Paul ? Il me semble que c'est plutôt St Paul qui fonde, ici, la notion moderne du couple que nous connaissons : un foyer réunissant un mari et une épouse. Jusque là, on avait finalement un maître de maison, avec une servante qui lui était liée par contrat (révocable...). Nul besoin d'amour dans une telle relation. Et la servante en question pouvait éventuellement se rebeller contre un maître trop autoritaire. St Paul fait évoluer cette situation archaïque vers une relation plus humaine.
Vous remarquerez en passant que dans l'exemple que vous citez, l'un des deux ne remplit pas son contrat. Ce qui débouche sur une situation très humiliante pour l'autre (en l'occurrence la femme).
Ceci étant dit, depuis St Paul, la société a un petit peu évolué, et le christianisme n'y est pas étranger. St Paul suggérait déjà à son correspondant Philémon qu'il affranchisse son esclave désobéissant, pour l'amour de Dieu. Et le christianisme en général pousse à l'humanisation des rapports sociaux, et donc à l'évolution de la société vers des rapports plus fraternels, et non plus faits de domination. Lorsque St Paul conseille aux maris d'aimer leurs femmes, c'est peut-être que les femmes étaient plutôt maltraitées à cette époque (songez à la législation en vigueur sur la répudiation, ou la lapidation), et que tout le monde trouvait cela parfaitement normal. L'exhortation paulinienne va donc dans le sens d'une évolution vers plus d'humanité, où l'épouse n'est plus seulement une servante, une esclave docile prête à recevoir une correction si elle n'a pas donné entière satisfaction, et redoutant d'être chassée du domicile (comme les maris en avaient le droit, ce qui les plongeait aussitôt dans une vie misérable), mais à présent elle devient une épouse aimée et respectée. En réalité, St Paul fait monter la femme d'un degré vers l'égalité. Il ne pouvait pas prôner cette égalité encore à cette époque, pas plus qu'il ne pouvait réclamer un affranchissement général des esclaves, et d'ailleurs le christianisme n'a pas pour rôle de faire des revendications sociales, n'ayant pas vocation à régir la cité terrestre (contrairement à l'Islam), mais au moins il pouvait réclamer plus d'humanité, d'amour, de fraternité, qui est au coeur de toute la doctrine d'amour de l'Evangile, et voilà précisément le message qu'il adresse aux hommes et aux femmes de tout temps.
Si l'on croit que St Paul veut figer la société dans des carcans sociaux (les esclaves bien traités par leurs maîtres, les épouses soumises aux maris), à mon avis on passe complètement à côté du vrai message d'amour de l'Evangile prêché par St Paul aux gens de son époque comme à nous.
Extrait issu de la discussion "Faire la volonté de Dieu et aimer mon conjoint" dans la rubrique Spiritualité:
[quote="philémon.siclone"] Si l'apôtre entendait le concept de soumission comme l'équivalent féminin de l'amour, du coup il devrait préciser aussi son équivalent masculin. Or ce n'est pas ce qu'il fait : il oppose l'amour du mari à la soumission de la femme : deux attitudes et deux expressions complètement différentes et distinctes. En réalité, l'apôtre ne nous parle pas de l'amour chez la femme, il n'évoque que sa soumission, c'est-à-dire son attitude sociale.
Comme le dit Papillon, il y a un contexte à préciser. On sait bien que depuis la nuit des temps, un homme se sent assuré vis-à-vis des femmes lorsqu'il possède une situation sociale. Inversement, une belle femme que tous les hommes regardent ne peut pas s'empêcher d'y voir un atout pour trouver un mari aisé, qui lui permettra de vivre dans le confort sans travailler, ce qui suppose en échange qu'elle devra entretenir le foyer, et y être présente à disposition du mari lorsque celui-ci sera de retour après sa dure journée de labeur... Bien des mariages, même à notre époque, reposent sur cet accord tacite : le mari possède sa femme grâce à son argent, celle-ci en bénéficie, mais doit être soumise en retour. Certains comparent même, pour cette raison, le mariage à de la prostitution déguisée, ce qui, franchement, n'est pas loin de la vérité. La femme est la servante de l'homme (servante ménagère, servante sexuelle), et celui-ci la rémunère en lui offrant un cadre de vie, ce qui se prête assez bien au conseil paulinien : la femme doit être soumise, ne pas tenir tête au mari, ne pas lui chercher querelle (évidemment, autrement c'est l'enfer pour lui), et remarquez bien qu'il ne demande pas à la femme "d'aimer". Elle est là pour l'argent, la relation est totalement intéressée à la base, et le mari le sait bien, donc on ne pas exiger de l'amour de sa part (l'amour ne s'achète pas), mais au moins d'être une bonne servante soumise en tout point. En retour le mari doit aimer sa femme, c'est à dire la traiter convenablement, ne pas la battre, être bon et généreux, ne pas l'humilier, etc. Le précepte paulinien, en résumé, concerne la relation entre un maître et sa servante (que l'on nomme "mari" et "épouse"), et se retrouvera ailleurs dans les épîtres s'agissant des maîtres et de leurs esclaves.
Je sais que ce que je dis est très choquant, mais après tout c'est la plus pure vérité, malgré le tabou énorme qui interdit absolument qu'on ébruite le sujet ! Et d'un certain point de vue, si tel est l'accord qui doit exister entre un mari et sa femme, je ne vois pas ce que le conseil de St Paul a d'étrange et de mystérieux. Il est évident que pour que ce genre de couple soit vivable, la femme doit être soumise et le mari respecter sa femme. Enfin..., c'est évident pour nous ! Mais peut-être qu'à cette époque, c'était une vision assez nouvelle du couple. D'ailleurs, la notion de "couple" n'est-elle pas anachronique jusqu'à St Paul ? Il me semble que c'est plutôt St Paul qui fonde, ici, la notion moderne du couple que nous connaissons : un foyer réunissant un mari et une épouse. Jusque là, on avait finalement un maître de maison, avec une servante qui lui était liée par contrat (révocable...). Nul besoin d'amour dans une telle relation. Et la servante en question pouvait éventuellement se rebeller contre un maître trop autoritaire. St Paul fait évoluer cette situation archaïque vers une relation plus humaine.
Vous remarquerez en passant que dans l'exemple que vous citez, l'un des deux ne remplit pas son contrat. Ce qui débouche sur une situation très humiliante pour l'autre (en l'occurrence la femme).
Ceci étant dit, depuis St Paul, la société a un petit peu évolué, et le christianisme n'y est pas étranger. St Paul suggérait déjà à son correspondant Philémon qu'il affranchisse son esclave désobéissant, pour l'amour de Dieu. Et le christianisme en général pousse à l'humanisation des rapports sociaux, et donc à l'évolution de la société vers des rapports plus fraternels, et non plus faits de domination. Lorsque St Paul conseille aux maris d'aimer leurs femmes, c'est peut-être que les femmes étaient plutôt maltraitées à cette époque (songez à la législation en vigueur sur la répudiation, ou la lapidation), et que tout le monde trouvait cela parfaitement normal. L'exhortation paulinienne va donc dans le sens d'une évolution vers plus d'humanité, où l'épouse n'est plus seulement une servante, une esclave docile prête à recevoir une correction si elle n'a pas donné entière satisfaction, et redoutant d'être chassée du domicile (comme les maris en avaient le droit, ce qui les plongeait aussitôt dans une vie misérable), mais à présent elle devient une épouse aimée et respectée. En réalité, St Paul fait monter la femme d'un degré vers l'égalité. Il ne pouvait pas prôner cette égalité encore à cette époque, pas plus qu'il ne pouvait réclamer un affranchissement général des esclaves, et d'ailleurs le christianisme n'a pas pour rôle de faire des revendications sociales, n'ayant pas vocation à régir la cité terrestre (contrairement à l'Islam), mais au moins il pouvait réclamer plus d'humanité, d'amour, de fraternité, qui est au coeur de toute la doctrine d'amour de l'Evangile, et voilà précisément le message qu'il adresse aux hommes et aux femmes de tout temps.
Si l'on croit que St Paul veut figer la société dans des carcans sociaux (les esclaves bien traités par leurs maîtres, les épouses soumises aux maris), à mon avis on passe complètement à côté du vrai message d'amour de l'Evangile prêché par St Paul aux gens de son époque comme à nous.
[/quote]