Les évangélistes ne sont pas dans le faux mais nous pensons qu'il leur manque des choses.
Jean Paul II a réaffirmé la nécessité du dialogue oeucuménique avec les autres chrétiens dans une encyclique.
Le Concile a déclaré: « Il est nécessaire que les catholiques reconnaissent avec joie et apprécient les valeurs réellement chrétiennes qui proviennent du patrimoine commun et qui se trouvent chez nos frères séparés. Il est juste et salutaire de reconnaître les richesses du Christ et les effets de sa puissance dans la vie d'autres qui portent témoignage au Christ, parfois jusqu'à l'effusion du sang; car Dieu est toujours admirable et il doit être admiré dans ses œuvres ».
http://www.vatican.va/edocs/FRA0080/__PE.HTM
Pour les catholiques et les orthodoxes l'eucharistie est tout à fait symbolique mais dans son sens traditionnel.
Nombreux sont les pères de l'Eglise qui parlaient de symbole tout en affirmant la présence réelle.
Ce n'est qu'à l'époque moderne du nominalisme (qui en gros sépare les choses d'avec leur idée) que le symbolique va commencer à exprimer l'idée d'une simple "image" irréaliste.
Le Concile de Trente et Jean Calvin utilisaient le terme symbole mais dans des conceptions du monde différente cela n'a plus du tout le même sens.
Le nominalisme qui émerge avec l'aristotélisme donne une vision du monde coupé en deux avec un monde terrestre parfaitement autonome ayant une consistance en lui même. Il y a, d'une part, une nature pure, du physique pure, et d'autre part le sens qu'on donne aux choses est une pure production de notre esprit.
Cette vision du monde n'autorise pas à voir dans le monde une trace du divin, toute preuve de Dieu devient philosophiquement impossible car la démarche de St Paul (Rom 1:19-20) n'a de sens que si le sens a une réalité.
A l'opposé, il y a une autre vision du monde plus traditionnelle qui fut notamment formalisée dans la philosophie platonicienne et qui est encore celle du catholicisme et de l'orthodoxie. Le monde terrestre est entièrement dépendant du monde céleste et n'a aucune autonomie en lui même. Il n'y a pas de nature pure, naturel et surnaturel se mêlent, le premier ayant besoin de l'autre pour se conserver.
Cela se traduit métaphysiquement par le fait que tout est dépendant de Dieu et que toute chose a son archétype (son modèle, son idée) en Dieu, mais aussi que le sens que les choses peuvent avoir soit un reflet de leur archétype, de Dieu. Donc contrairement à la conception précédente, le monde par le sens qu'il possède vraiment a ici le pouvoir d'orienter notre intellect vers Dieu.
A propos des créatures St Bonaventure dans son "Itinéraire de l'âme vers Dieu" explique : "Elles sont comme autant de vestiges, d'images, de spectacles, de signes divinement offerts à nos yeux pour nous aider à voir Dieu ... Elles sont, dis-je, des copies ou des exemples mis à la portée des gens grossiers et encore attachés à la vie des sens, afin de les élever par ces choses sensibles qui frappent leurs regards aux choses de l'intelligence qui sont invisibles, comme on arrive des signes à la chose signifiée."
et le catéchisme :
1147 Dieu parle à l’homme à travers la création visible. Le cosmos matériel se présente à l’intelligence de l’homme pour qu’il y lise les traces de son Créateur (cf. Sg 13, 1 ; Rm 1, 19-20 ; Ac 14, 17). La lumière et la nuit, le vent et le feu, l’eau et la terre, l’arbre et les fruits parlent de Dieu, symbolisent à la fois sa grandeur et sa proximité.
Une fois qu'on a un peu compris cette vision on peut comprendre le symbole, l'eucharistie et les icônes qui sont des fenêtres sur le divin comme disent les orthodoxes.
Si on suit St Paul, toute chose se présente comme un signifiant visible qui nous manifeste quelque chose d'invisible. Le sens profond des choses donne à connaitre quelque chose Dieu. Le sens nous tire vers l'ailleurs et en même temps cet ailleurs vient se "présentifier" dans le sensible. Le naturel et le surnaturel se mêlent.
Si les icônes sont pour les orthodoxes des fenêtres vers le ciel, c'est que le sens sacré qu'elles donnent à l'intellect transportent la personne ailleurs. Et ce n'est pas de l'idolâtrie car l'idolâtrie c'est prendre le signifiant à la place du signifié, c'est ne pas aller là ou le sens veut nous amener.
Encore une fois tout ceci dans une vision nominaliste est absurde car le sens qui lie le signifiant au signifié est purement conventionnelle.
Tout d'abord le symbole a deux multiples aspects qui se rejoignent. D'abord étymologiquement symbolon vient de symballein , sym exprime l'idée "d'être ensemble" et ballein de "mise (mettre) en mouvement".
Les définitions générales donnent l'idée donnent d'un signe de reconnaissance qui permettaient aux initiés notamment les pythagoriciens de se comprendre et il fallait donc pour cela avoir l'autre partie, le sens, du symbole permettant de se comprendre. Le symbole exprime déjà l'idée d'un lien et cela permet aussi de comprendre un aspect de la fonction spirituelle de l'eucharistie.
C'est le symbole parfait qui réalise l'unité totale du signifiant avec le signifié et qui rassemble les chrétiens dans leur archétype, donc en Dieu. Il rassemble l'Adam intérieurement dispersé par le pêché par la grâce d'inhabitation et le rassemble avec les autres hommes et les faisant vivre dans le Corps du Christ.
Double rassemblement donc : d'abord le pain copie sensible se rassemble lui même avec son archétype le vrai pain le Christ, puis l'eucharistie rassemble les chrétiens entre eux avec leur modèle le Christ le Dieu-Homme.
Il est vrai qu'aujourd'hui la théologie catholique utilise le vocabulaire aristotélicien de la transubstantiation (la substance change mais les accidents c'est à dire l'aspect physique reste) mais le vocabulaire symbolique permet de comprendre le sens profond de l'eucharistie.
Les évangélistes ne sont pas dans le faux mais nous pensons qu'il leur manque des choses.
Jean Paul II a réaffirmé la nécessité du dialogue oeucuménique avec les autres chrétiens dans une encyclique.
Le Concile a déclaré: « Il est nécessaire que les catholiques reconnaissent avec joie et apprécient les valeurs réellement chrétiennes qui proviennent du patrimoine commun et qui se trouvent chez nos frères séparés. Il est juste et salutaire de reconnaître les richesses du Christ et les effets de sa puissance dans la vie d'autres qui portent témoignage au Christ, parfois jusqu'à l'effusion du sang; car Dieu est toujours admirable et il doit être admiré dans ses œuvres ». http://www.vatican.va/edocs/FRA0080/__PE.HTM
Pour les catholiques et les orthodoxes l'eucharistie est tout à fait symbolique mais dans son sens traditionnel.
Nombreux sont les pères de l'Eglise qui parlaient de symbole tout en affirmant la présence réelle.
Ce n'est qu'à l'époque moderne du nominalisme (qui en gros sépare les choses d'avec leur idée) que le symbolique va commencer à exprimer l'idée d'une simple "image" irréaliste.
Le Concile de Trente et Jean Calvin utilisaient le terme symbole mais dans des conceptions du monde différente cela n'a plus du tout le même sens.
Le nominalisme qui émerge avec l'aristotélisme donne une vision du monde coupé en deux avec un monde terrestre parfaitement autonome ayant une consistance en lui même. Il y a, d'une part, une nature pure, du physique pure, et d'autre part le sens qu'on donne aux choses est une pure production de notre esprit.
Cette vision du monde n'autorise pas à voir dans le monde une trace du divin, toute preuve de Dieu devient philosophiquement impossible car la démarche de St Paul (Rom 1:19-20) n'a de sens que si le sens a une réalité.
A l'opposé, il y a une autre vision du monde plus traditionnelle qui fut notamment formalisée dans la philosophie platonicienne et qui est encore celle du catholicisme et de l'orthodoxie. Le monde terrestre est entièrement dépendant du monde céleste et n'a aucune autonomie en lui même. Il n'y a pas de nature pure, naturel et surnaturel se mêlent, le premier ayant besoin de l'autre pour se conserver.
Cela se traduit métaphysiquement par le fait que tout est dépendant de Dieu et que toute chose a son archétype (son modèle, son idée) en Dieu, mais aussi que le sens que les choses peuvent avoir soit un reflet de leur archétype, de Dieu. Donc contrairement à la conception précédente, le monde par le sens qu'il possède vraiment a ici le pouvoir d'orienter notre intellect vers Dieu.
A propos des créatures St Bonaventure dans son "Itinéraire de l'âme vers Dieu" explique : "Elles sont comme autant de vestiges, d'images, de spectacles, de signes divinement offerts à nos yeux pour nous aider à voir Dieu ... Elles sont, dis-je, des copies ou des exemples mis à la portée des gens grossiers et encore attachés à la vie des sens, afin de les élever par ces choses sensibles qui frappent leurs regards aux choses de l'intelligence qui sont invisibles, comme on arrive des signes à la chose signifiée."
et le catéchisme :
1147 Dieu parle à l’homme à travers la création visible. Le cosmos matériel se présente à l’intelligence de l’homme pour qu’il y lise les traces de son Créateur (cf. Sg 13, 1 ; Rm 1, 19-20 ; Ac 14, 17). La lumière et la nuit, le vent et le feu, l’eau et la terre, l’arbre et les fruits parlent de Dieu, symbolisent à la fois sa grandeur et sa proximité.
Une fois qu'on a un peu compris cette vision on peut comprendre le symbole, l'eucharistie et les icônes qui sont des fenêtres sur le divin comme disent les orthodoxes.
Si on suit St Paul, toute chose se présente comme un signifiant visible qui nous manifeste quelque chose d'invisible. Le sens profond des choses donne à connaitre quelque chose Dieu. Le sens nous tire vers l'ailleurs et en même temps cet ailleurs vient se "présentifier" dans le sensible. Le naturel et le surnaturel se mêlent.
Si les icônes sont pour les orthodoxes des fenêtres vers le ciel, c'est que le sens sacré qu'elles donnent à l'intellect transportent la personne ailleurs. Et ce n'est pas de l'idolâtrie car l'idolâtrie c'est prendre le signifiant à la place du signifié, c'est ne pas aller là ou le sens veut nous amener.
Encore une fois tout ceci dans une vision nominaliste est absurde car le sens qui lie le signifiant au signifié est purement conventionnelle.
Tout d'abord le symbole a deux multiples aspects qui se rejoignent. D'abord étymologiquement symbolon vient de symballein , sym exprime l'idée "d'être ensemble" et ballein de "mise (mettre) en mouvement".
Les définitions générales donnent l'idée donnent d'un signe de reconnaissance qui permettaient aux initiés notamment les pythagoriciens de se comprendre et il fallait donc pour cela avoir l'autre partie, le sens, du symbole permettant de se comprendre. Le symbole exprime déjà l'idée d'un lien et cela permet aussi de comprendre un aspect de la fonction spirituelle de l'eucharistie.
C'est le symbole parfait qui réalise l'unité totale du signifiant avec le signifié et qui rassemble les chrétiens dans leur archétype, donc en Dieu. Il rassemble l'Adam intérieurement dispersé par le pêché par la grâce d'inhabitation et le rassemble avec les autres hommes et les faisant vivre dans le Corps du Christ.
Double rassemblement donc : d'abord le pain copie sensible se rassemble lui même avec son archétype le vrai pain le Christ, puis l'eucharistie rassemble les chrétiens entre eux avec leur modèle le Christ le Dieu-Homme.
Il est vrai qu'aujourd'hui la théologie catholique utilise le vocabulaire aristotélicien de la transubstantiation (la substance change mais les accidents c'est à dire l'aspect physique reste) mais le vocabulaire symbolique permet de comprendre le sens profond de l'eucharistie.