Participation des fidèles à la messe du XVIIIe siècle.

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Re: Participation des fidèles à la messe du XVIIIe siècle.

par coeurderoy » lun. 16 mai 2011, 9:39

Et ajoutons que l'écart était très grand (au niveau de la pompe liturgique, des ornements, des prédicateurs, de la musique liturgique) entre la Messe à St-Paul-St-Louis par ex. et celle d'un village retiré de l'Argonne ou du Gévaudan...Ceci dit les âmes ont toujours pu se sanctifier, à Paris comme à Ars-en-Dombes mais la qualité du clergé (issu des réformes qui ont suivi le Concile de Trente) y est pour beaucoup... Les enquêtes épiscopales de la fin d'Ancien Régime montrent des prêtres proches de leurs ouailles mais beaucoup d'églises peu entretenues, pauvres, des ornements "indignes", etc...
La bourgeoisie des villes et l'aristocratie utilisent des "paroissiens", missels avec traduction en français. Les paysans (pas tous inalphabètes au XVIIIème s.) suivent aussi une messe en latin, avec prédication et chants populaires en français ou en patois. Les fidèles, catéchisés dès l'enfance, connaissent par coeur les "répons" latins de la messe. Des prédicateurs itinérants réchauffent le zèle lors de missions prévues afin de rechristianiser les secteurs les plus défavorisés ou ceux où le protestantisme est vivace.

Comme le dit Anne, nos aïeux bénéficient aussi d'un vieux terreau chrétien (iconographie des vitraux, sculptures, tapisseries, etc...) qui constituent toujours la base de l'enseignement de l'Ancien Testament et des Evangiles pour ceux qui n'ont pas accès aux livres...Les fêtes liturgiques servent toujours de repères pour les dates importantes de l'année, la louée des domestiques, le début des veillées, etc : "à la St Jean d'été" , "à la Bonne Dame de septembre" , "à Pâques fleuries", etc...
Le seigneur du village et sa famille, généralement bienfaiteurs de l'église paroissiale où ils assistent à la messe, ont des stalles ou sièges réservés. Selon la richesse des paroisses, il existe des bancs de bois , ou pas, pour les autres fidèles : attention cependant à ne pas tomber dans la vision très manichéenne véhiculée par "Jacquou le Croquant" : la noblesse provinciale, souvent assez pauvre au XVIIIème s. (comme le bas clergé et la plupart des curés de campagne) reste très proche des villageois : et pour cause...

Même si cela concerne le XVI ème s. le Journal du sire de Gouberville (Cotentin) est très révélateur à cet égard : voir les études de Madeleine Foisil, Pierre Goubert pour le XVIIème s. et les ouvrages de François Bluche et Bernard Plongeron sur la vie quotidienne des Français au XVIII ème s.


Cordialement !

http://ulysse.ange.free.fr/Jardindel'Ange_accueil.html

Un petit joyau : toute l'âme du peuple dans ces complaintes et chants inspirés de l'Histoire sainte !

Re: Participation des fidèles à la messe du 18e siècle.

par Anne » lun. 16 mai 2011, 3:14

On peut peut-être ajouter que l'église elle-même était une catéchèse par ses statues, ses tableaux, ses sculptures et ses vitraux.

Re: Participation des fidèles à la messe du 18e siècle.

par Rudy » dim. 08 mai 2011, 14:37

Désolé d'arriver si tard après votre demande -- je viens juste vous dire que les églises n'étaient pas sonorisées. Que passés les premiers mètres, les paroles parvenaient donc de manière... moins distincte. Que pour que les prêches soient entendus, il fallait les tenir depuis une chaire située typiquement en surplomb, au centre de l'Eglise. Que les fidèles avaient rarement un livre, et que c'était alors un livre de dévotions, et non un missel. Que la foule n'y suivait pas un mouvement uniforme comme c'est le cas aujourd'hui. Que la messe était dite en latin. Que l'on avait pas encore popularisé les joies de la communion fréquente. Que le peuple participait au culte sans forcément participer à l'action liturgique.

Sans vouloir être trivial, je vous propose de passer par la comparaison d'avec une opération chirurgicale, à laquelle vous assisteriez, plein d'admiration et d'effroi pour ce que fait le chirurgien, mais sans faire les mêmes gestes que lui, ni même sans comprendre chacune de ses formules.

Pour autant, leur foi était grande, et s'ils étaient ignorants du détail des paroles, ils avaient une pleine conscience de ce que l'Eglise entend faire dans le sacrifice eucharistique. Suis-je trop pessimiste en craignant que nous soyons dans la position inverse?

Participation des fidèles à la messe du XVIIIe siècle.

par Mael » sam. 16 oct. 2010, 14:25

Bonjour,

J'écris une petite histoire qui se déroule au XVIIIe siècle et je suis à la recherche d'éléments historiques.

Je cherche à savoir comment se déroulait la messe à cette époque.

Elle était probablement en latin, mais elle commençait à être traduite. En français ? Pouvait-on la dire en patois local ?
Les fidèles répondaient-ils aux prières comme aujourd'hui ? Chantaient-ils ? A priori, seul le prêtre connaissait le latin, rarement les fidèles.
Disaient-ils les "Et cum spiritu tuo", "Kýrie, eléison", "Deo grátias", "Amen", etc... Disaient-ils le Notre Père ?

D'autre part, il semble qu'ils étaient debout voire assis par terre sur de la paille et que seule la noblesse soit assis sur des sièges. Est-ce vrai encore au 18e ?

Existe-t-il des livres qui raconteraient en détail le déroulement d'une messe au 18e siècle, avec ce qui se passait aussi dans l'assistance ?

Merci de votre aide.

Mael.

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