par Toni Dotone » sam. 19 déc. 2009, 17:10
J'ai un ami qui possède quelques manies qui lui gâtent la vie : il entasse.
Or, il demeure dans une petite chambre de bonne, d'environ 10 m2. Autrefois cette chambre avait un aspect normal : un lit, une table, une chaise, des étagères...
A cette époque, il était maître auxiliaire. Mais il lui est arrivé une tuile qui lui a fait perdre son statut, alors qu'il espérait une titularisation, et par là une stabilisation de sa situation financière, qui lui aurait permis de prendre un appartement plus grand. Depuis, il "survit", comme il dit, continuant à assurer des missions de vacation quelques mois par an pour l'Education nationale, et touchant le RMI en guise de complément.
Sous l'effet d'une énorme frustration de ne pouvoir mener une vie normale, dans un espace normal, dans un appartement normal, cet ami s'est mis à récupérer à droite à gauche des objets de toute sorte, et à les entasser chez lui. Il y a quelques années, alors que je lui rendais visite, je m'aperçus qu'il ne pouvait même plus s'allonger, et dormait quasiment à la verticale, tant cette pièce s'était remplie. Son lit se trouvait enseveli depuis belle lurette sous cet amas hétéroclite. Il me demanda de l'aider, ce que je fis, ou plutôt, tentai de faire. Car cette chambre était tout un univers à elle toute seule. On y trouvait des millions d'objets en vrac ! Il fallait donc sortir tout cela dans le couloir, trier, jeter, remplir des sacs. Des heures, des journées entières de travail. Au bout de quelques temps, on avait réussi à dégager le lit, dans lequel il n'avait plus dormi depuis des années, un espace au centre pour circuler un peu, et à entasser le reste selon un certain ordre. Mais il y avait encore beaucoup trop de choses. Voyant que les lieux étaient de nouveau à peu près vivables, il se braqua, et je ne pus jamais le persuader d'aller plus loin. Il ne veut pas jeter ce qui lui a coûté de l'argent. J'ai tenté de lui expliquer : est-ce que ça ne vaut pas le coup de perdre cet argent dépensé en échange d'un gain de place ? Il en convient, mais ne veut rien en faire. J'ai fini par abandonner la bataille. Nous avons simplement fait quelques cartons entreposés dans un centre de stockage, en attendant.
Les années ont passé, et depuis, la chambre s'est de nouveau remplie. Comme depuis, j'ai changé d'appartement, et qu'à présent je possède une cave, j'ai décidé de libérer le local de sotckage, afin de tout transférer chez moi. De son côté, sa situation s'améliore, il vient d'obtenir un poste de prof en BTS, pour quelques heures, plus des cours en collège et en lycée. Mais sa tenue s'est complètement clochardisée. Par manque d'hygiène, il a perdu plein de dents. Voilà un an que j'essaye de le persuader d'aller voir un dentiste, de se faire poser des prothèses. Je lui ai également promis mon aide : passer une semaine ou deux à donner une configuration normale et définitive à cette chambre, et en profiter pour la retaper et la remeubler. Il était d'accord. Mais au dernier moment, a décliné pour repousser aux calendes grecques. Pareil pour les dents : impossible de l'amener chez le dentiste.
Bref : je me pose la question aujourd'hui : que puis-je faire de plus ? Quelle doit être mon attitude ? Un jour, j'ai entendu un catholique très fervent dire : je ne suis chargé que de moi-même. Est-ce tiré d'un enseignement chrétien ? En ai-je donc trop fait ? Est-ce que je ne devrais pas, à présent, prendre ce parti : chacun n'est chargé que de lui-même ?
EDIT : version résumée.
J'ai un ami qui possède quelques manies qui lui gâtent la vie : il [b]entasse[/b].
Or, il demeure dans une petite chambre de bonne, d'environ 10 m2. Autrefois cette chambre avait un aspect normal : un lit, une table, une chaise, des étagères...
A cette époque, il était maître auxiliaire. Mais il lui est arrivé une tuile qui lui a fait perdre son statut, alors qu'il espérait une titularisation, et par là une stabilisation de sa situation financière, qui lui aurait permis de prendre un appartement plus grand. Depuis, il "survit", comme il dit, continuant à assurer des missions de vacation quelques mois par an pour l'Education nationale, et touchant le RMI en guise de complément.
Sous l'effet d'une énorme frustration de ne pouvoir mener une vie normale, dans un espace normal, dans un appartement normal, cet ami s'est mis à récupérer à droite à gauche des objets de toute sorte, et à les entasser chez lui. Il y a quelques années, alors que je lui rendais visite, je m'aperçus qu'il ne pouvait même plus s'allonger, et dormait quasiment à la verticale, tant cette pièce s'était remplie. Son lit se trouvait enseveli depuis belle lurette sous cet amas hétéroclite. Il me demanda de l'aider, ce que je fis, ou plutôt, tentai de faire. Car cette chambre était tout un univers à elle toute seule. On y trouvait des millions d'objets en vrac ! Il fallait donc sortir tout cela dans le couloir, trier, jeter, remplir des sacs. Des heures, des journées entières de travail. Au bout de quelques temps, on avait réussi à dégager le lit, dans lequel il n'avait plus dormi depuis des années, un espace au centre pour circuler un peu, et à entasser le reste selon un certain ordre. Mais il y avait encore beaucoup trop de choses. Voyant que les lieux étaient de nouveau à peu près vivables, il se braqua, et je ne pus jamais le persuader d'aller plus loin. Il ne veut pas jeter ce qui lui a coûté de l'argent. J'ai tenté de lui expliquer : est-ce que ça ne vaut pas le coup de perdre cet argent dépensé en échange d'un gain de place ? Il en convient, mais ne veut rien en faire. J'ai fini par abandonner la bataille. Nous avons simplement fait quelques cartons entreposés dans un centre de stockage, en attendant.
Les années ont passé, et depuis, la chambre s'est de nouveau remplie. Comme depuis, j'ai changé d'appartement, et qu'à présent je possède une cave, j'ai décidé de libérer le local de sotckage, afin de tout transférer chez moi. De son côté, sa situation s'améliore, il vient d'obtenir un poste de prof en BTS, pour quelques heures, plus des cours en collège et en lycée. Mais sa tenue s'est complètement clochardisée. Par manque d'hygiène, il a perdu plein de dents. Voilà un an que j'essaye de le persuader d'aller voir un dentiste, de se faire poser des prothèses. Je lui ai également promis mon aide : passer une semaine ou deux à donner une configuration normale et définitive à cette chambre, et en profiter pour la retaper et la remeubler. Il était d'accord. Mais au dernier moment, a décliné pour repousser aux calendes grecques. Pareil pour les dents : impossible de l'amener chez le dentiste.
Bref : je me pose la question aujourd'hui : que puis-je faire de plus ? Quelle doit être mon attitude ? Un jour, j'ai entendu un catholique très fervent dire : je ne suis chargé que de moi-même. Est-ce tiré d'un enseignement chrétien ? En ai-je donc trop fait ? Est-ce que je ne devrais pas, à présent, prendre ce parti : chacun n'est chargé que de lui-même ?
EDIT : version résumée.