L’évolution est bien démontrée : les choses changent, se transforment, se reproduisent avec des modifications qui se transmettent. La création n’est pas une réalité figée, mais une réalité en mouvement, qui vit. On peut discuter des détails, mais la Genèse elle-même, par la présentation d’un processus de création en six jours successifs, confirme l’évolution.
Il n’y a là aucune contradiction avec notre foi en l’action de Dieu. Nous ne sommes pas là par hasard, mais par sa volonté. Il a vraiment créé toutes choses et il continue à agir dans sa création selon les règles qu’il fixe lui-même, tout en respectant mystérieusement l’autonomie de sa création, la liberté des humains qu’il a créés avec la possibilité du mal.
Le fait que la Genèse ait expliqué l’essentiel de la création en utilisant les mythes, les symboles, les allégories, les images, et même les évènements de l’époque de sa rédaction ne supprime pas la vérité historique qu’elle nous révèle. La Genèse a puisé dans ce que les gens pouvaient comprendre pour expliquer l’essentiel de la création, utile à leur foi et à leur vie.
De nombreux détails des premiers chapitres de la Genèse se réfèrent à des évènements vécus lors de sa rédaction, un peu comme l’apocalypse se réfère à des évènements du premier siècle pour parler de la fin des temps.
Les auteurs de la Genèse ont trouvé, dans leurs connaissances concrètes religieuses, scientifiques et historiques, même très élémentaires ou naïves, des images ou des synthèses qu’ils ont trouvées adéquates et vraies pour représenter le passé de la création et de l’histoire. Par eux, Dieu a révélé sa présence et son action. Il n’a pas eu besoin d’attendre nos super-connaissances actuelles, immensément plus exactes sur le plan scientifique et historique, pour se révéler.
La Genèse ne vient pas concurrencer les connaissances modernes, elle vient seulement nous révéler l’essentiel de la réalité historique de la création d’une manière toujours actuelle.
Nous savons que la science n’a qu’une vue très partielle du réel, que son point de vue n’est pas exclusif, que des exceptions sont possibles dans toutes les généralités qu’elle indique. Bien sûr que la science laisse beaucoup de réalités dans l’ombre. Cela n’enlève rien au crédit qu’il faut accorder à ses découvertes et ses constatations.
L’Eglise n’est pas prisonnière du matérialisme qui nie l’action puissante de Dieu qui continue dans sa création.
Notre foi chrétienne, fondée sur une incarnation historique bien concrète de Dieu lui-même, a toujours eu les deux pieds bien sur terre, sans accepter que des théories ou des convictions religieuses soient contraires à la raison, même si la raison ne suffit pas et ne dit pas tout.
Les derniers travaux sur l’évolution de la Commission Pontificale des sciences montrent tout le sérieux que l’Eglise accorde aux découvertes de la science et même la compatibilité persistante de la Genèse avec ces découvertes :
http://www.vatican.va/roman_curia/ponti ... acta20.pdf
(en anglais)
Un extrait de l’introduction du Cardinal Schönborn :
Le cardinal Schönborn a écrit : Dès 1985, le cardinal Ratzinger avait, à l'occasion du colloque romain sur «L'évolutionnisme et le christianisme» (Weinheim 1986), constaté que «l'évolution» a aujourd'hui été élevée au-dessus et au-delà de son contenu scientifique et a été transformée en un modèle intellectuel qui prétend expliquer l’ensemble de la réalité et donc est devenu une sorte de "philosophie première" » (cité en: Création et Evolution, p. 9). Tout, même les connaissances, l'éthique, la religion, doit être déduit de l'économie générale de l'évolution. Il soutient finalement que « toute réalité provient de la matière» (loc. cit., p. 10).
Dans le contexte de cette revendication totalitaire du modèle explicatif de «Évolution», «l'idée chrétienne de Dieu est nécessairement considérée comme non scientifique» (Adresse de la Sorbonne à: vérité et la tolérance, p. 178).
Lors du symposium de 1985, le cardinal Ratzinger a déclaré sans équivoque: «En aucun cas, l'apparition d'un nouveau différend entre les sciences naturelles et la foi ne peut être créé, parce qu'en fait, ce n'est pas du tout de cela qu’il s’agit dans ce dialogue » (cité dans: Création et évolution, p. 10). Il n’y pas de problème pour la foi de laisser « l'hypothèse scientifique de l'évolution se développer en paix, selon ses propres méthodes » (ibid.).
Ce n'est pas le travail scientifique exact sur la théorie de l'évolution qui est le problème, mais sa « transformation» en un modèle philosophique explicatif avec une revendication à la totalité.
Le Pape lui-même a rappelé l’essentiel dans son discours d’ouverture :
S.S. Benoît XVI a écrit : Mes prédécesseurs le Pape Pie XII et le Pape Jean-Paul II ont noté qu'il n'y avait pas d'opposition entre la compréhension de la création par la foi et la preuve des sciences empiriques.
Il a remis l’accent sur la question principale qui nous intéresse davantage que la science : quand, comment et pourquoi, à un moment, Dieu a créé une première âme immortelle, des humains à son image.
S.S. Benoît XVI a écrit : La distinction entre un simple être vivant et un être spirituel qui est capax Dei indique l'existence d'une âme intellective d'un sujet transcendant libre. En effet, le magistère de l'Eglise a constamment affirmé que "chaque âme spirituelle est immédiatement créée par Dieu - elle n'est pas "produite" par les parents - [et] qu'elle est immortelle" (Catéchisme de l'Eglise catholique, n. 366). Cela indique le caractère distinctif de l'anthropologie, et invite à l'exploration de celle-ci par la pensée moderne.
Constater l’existence d’un « homo erectus » ou d’un « homo sapiens » ne nous dit pas quand a existé le premier « homo capax Dei ».
En ce samedi saint, la question est plus précise encore.
Dans son inimaginable descente aux enfers, après avoir subi la mort physique, le Christ a refranchi la mort en sens inverse d’Adam et de tous ses descendants. Il a rejoint une réalité où subsistaient tous les humains créés immortels après la cessation de leur vie physique.
Dès la création d’Adam et Eve, tous les humains, créés à l’image de Dieu, ont eu en eux-mêmes une âme immortelle qui les a laissé subsister dans une réalité immortelle après leur mort physique à laquelle le péché originel les a soumis.
Cela ne concerne pas nos ancêtres biologiques qui nous ont précédé il y a des millions d’années, mais tous les humains, les capax Dei. Ils n’ont pas toujours existé. Ils ont été créés à un moment et à un endroit bien précis. Tous leurs descendants morts dans le péché ont été rejoints par le Christ descendu aux enfers.
Des milliards d’humains en attente dans une situation bloquée par le péché originel. Et voilà que surgit le Christ au delà du voile de la mort. Il amène la vie même de Dieu là où elle avait cessé d’être par la faute de l’homme. Il va faire plus encore : non seulement il vient dans la réalité des morts, mais il va ouvrir un chemin de retour à la vie par sa résurrection. Il va créer quelque chose de neuf, un chemin de retour du mort dans la vie. Une nouveauté inouïe !
[14 janvier 2012 : L’ensemble de mes messages de ce fil ont été revus et intégrés dans un ensemble de réflexions sur l’évolution, la création et l’incarnation intitulé « Adam et Eve : quelle réalité concrète ? » dont le document de travail actuel est disponible dans le sous-forum de l’Ecriture Sainte :
viewtopic.php?f=91&t=20369]
L’évolution est bien démontrée : les choses changent, se transforment, se reproduisent avec des modifications qui se transmettent. La création n’est pas une réalité figée, mais une réalité en mouvement, qui vit. On peut discuter des détails, mais la Genèse elle-même, par la présentation d’un processus de création en six jours successifs, confirme l’évolution.
Il n’y a là aucune contradiction avec notre foi en l’action de Dieu. Nous ne sommes pas là par hasard, mais par sa volonté. Il a vraiment créé toutes choses et il continue à agir dans sa création selon les règles qu’il fixe lui-même, tout en respectant mystérieusement l’autonomie de sa création, la liberté des humains qu’il a créés avec la possibilité du mal.
Le fait que la Genèse ait expliqué l’essentiel de la création en utilisant les mythes, les symboles, les allégories, les images, et même les évènements de l’époque de sa rédaction ne supprime pas la vérité historique qu’elle nous révèle. La Genèse a puisé dans ce que les gens pouvaient comprendre pour expliquer l’essentiel de la création, utile à leur foi et à leur vie.
De nombreux détails des premiers chapitres de la Genèse se réfèrent à des évènements vécus lors de sa rédaction, un peu comme l’apocalypse se réfère à des évènements du premier siècle pour parler de la fin des temps.
Les auteurs de la Genèse ont trouvé, dans leurs connaissances concrètes religieuses, scientifiques et historiques, même très élémentaires ou naïves, des images ou des synthèses qu’ils ont trouvées adéquates et vraies pour représenter le passé de la création et de l’histoire. Par eux, Dieu a révélé sa présence et son action. Il n’a pas eu besoin d’attendre nos super-connaissances actuelles, immensément plus exactes sur le plan scientifique et historique, pour se révéler.
La Genèse ne vient pas concurrencer les connaissances modernes, elle vient seulement nous révéler l’essentiel de la réalité historique de la création d’une manière toujours actuelle.
Nous savons que la science n’a qu’une vue très partielle du réel, que son point de vue n’est pas exclusif, que des exceptions sont possibles dans toutes les généralités qu’elle indique. Bien sûr que la science laisse beaucoup de réalités dans l’ombre. Cela n’enlève rien au crédit qu’il faut accorder à ses découvertes et ses constatations.
L’Eglise n’est pas prisonnière du matérialisme qui nie l’action puissante de Dieu qui continue dans sa création.
Notre foi chrétienne, fondée sur une incarnation historique bien concrète de Dieu lui-même, a toujours eu les deux pieds bien sur terre, sans accepter que des théories ou des convictions religieuses soient contraires à la raison, même si la raison ne suffit pas et ne dit pas tout.
Les derniers travaux sur l’évolution de la Commission Pontificale des sciences montrent tout le sérieux que l’Eglise accorde aux découvertes de la science et même la compatibilité persistante de la Genèse avec ces découvertes :
http://www.vatican.va/roman_curia/pontifical_academies/acdscien/documents/newpdf/acta20.pdf
(en anglais)
Un extrait de l’introduction du Cardinal Schönborn :
[quote="Le cardinal Schönborn"] Dès 1985, le cardinal Ratzinger avait, à l'occasion du colloque romain sur «L'évolutionnisme et le christianisme» (Weinheim 1986), constaté que «l'évolution» a aujourd'hui été élevée au-dessus et au-delà de son contenu scientifique et a été transformée en un modèle intellectuel qui prétend expliquer l’ensemble de la réalité et donc est devenu une sorte de "philosophie première" » (cité en: Création et Evolution, p. 9). Tout, même les connaissances, l'éthique, la religion, doit être déduit de l'économie générale de l'évolution. Il soutient finalement que « toute réalité provient de la matière» (loc. cit., p. 10).
Dans le contexte de cette revendication totalitaire du modèle explicatif de «Évolution», «l'idée chrétienne de Dieu est nécessairement considérée comme non scientifique» (Adresse de la Sorbonne à: vérité et la tolérance, p. 178).
Lors du symposium de 1985, le cardinal Ratzinger a déclaré sans équivoque: «En aucun cas, l'apparition d'un nouveau différend entre les sciences naturelles et la foi ne peut être créé, parce qu'en fait, ce n'est pas du tout de cela qu’il s’agit dans ce dialogue » (cité dans: Création et évolution, p. 10). Il n’y pas de problème pour la foi de laisser « l'hypothèse scientifique de l'évolution se développer en paix, selon ses propres méthodes » (ibid.).
Ce n'est pas le travail scientifique exact sur la théorie de l'évolution qui est le problème, mais sa « transformation» en un modèle philosophique explicatif avec une revendication à la totalité.[/quote]
Le Pape lui-même a rappelé l’essentiel dans son discours d’ouverture :
[quote="S.S. Benoît XVI"] Mes prédécesseurs le Pape Pie XII et le Pape Jean-Paul II ont noté qu'il n'y avait pas d'opposition entre la compréhension de la création par la foi et la preuve des sciences empiriques.[/quote]
Il a remis l’accent sur la question principale qui nous intéresse davantage que la science : quand, comment et pourquoi, à un moment, Dieu a créé une première âme immortelle, des humains à son image.
[quote="S.S. Benoît XVI"] La distinction entre un simple être vivant et un être spirituel qui est capax Dei indique l'existence d'une âme intellective d'un sujet transcendant libre. En effet, le magistère de l'Eglise a constamment affirmé que "chaque âme spirituelle est immédiatement créée par Dieu - elle n'est pas "produite" par les parents - [et] qu'elle est immortelle" (Catéchisme de l'Eglise catholique, n. 366). Cela indique le caractère distinctif de l'anthropologie, et invite à l'exploration de celle-ci par la pensée moderne.[/quote]
Constater l’existence d’un « homo erectus » ou d’un « homo sapiens » ne nous dit pas quand a existé le premier « homo capax Dei ».
En ce samedi saint, la question est plus précise encore.
Dans son inimaginable descente aux enfers, après avoir subi la mort physique, le Christ a refranchi la mort en sens inverse d’Adam et de tous ses descendants. Il a rejoint une réalité où subsistaient tous les humains créés immortels après la cessation de leur vie physique.
Dès la création d’Adam et Eve, tous les humains, créés à l’image de Dieu, ont eu en eux-mêmes une âme immortelle qui les a laissé subsister dans une réalité immortelle après leur mort physique à laquelle le péché originel les a soumis.
Cela ne concerne pas nos ancêtres biologiques qui nous ont précédé il y a des millions d’années, mais tous les humains, les capax Dei. Ils n’ont pas toujours existé. Ils ont été créés à un moment et à un endroit bien précis. Tous leurs descendants morts dans le péché ont été rejoints par le Christ descendu aux enfers.
Des milliards d’humains en attente dans une situation bloquée par le péché originel. Et voilà que surgit le Christ au delà du voile de la mort. Il amène la vie même de Dieu là où elle avait cessé d’être par la faute de l’homme. Il va faire plus encore : non seulement il vient dans la réalité des morts, mais il va ouvrir un chemin de retour à la vie par sa résurrection. Il va créer quelque chose de neuf, un chemin de retour du mort dans la vie. Une nouveauté inouïe !
[i][14 janvier 2012 : L’ensemble de mes messages de ce fil ont été revus et intégrés dans un ensemble de réflexions sur l’évolution, la création et l’incarnation intitulé « Adam et Eve : quelle réalité concrète ? » dont le document de travail actuel est disponible dans le sous-forum de l’Ecriture Sainte :
http://cite-catholique.org/viewtopic.php?f=91&t=20369][/i]