par Semtex » jeu. 22 oct. 2009, 18:36
Hmmm je ne sais pas vraiment par où commencer...
Au niveau historique, il ne faut pas oublier que Savonarole a "officié" de 1494 à 1498, durant le pontificat d'Alexandre VI dont les mœurs étaient plus que contestables (et son prédécesseur Innocent VIII avait "préparé" le terrain). La situation d'alors était très tendue, les amitiés se liaient et se déliaient, les français étaient en Italie, le régime médicéen était contesté... Il serait inutile de chercher des similitudes entre la situation d'alors et l'actuelle. Raison pour laquelle le cas Savonarole ne me paraît pas étonnant. Selon Fernand Braudel, la politique culturelle médicéenne réservée à une élite aurait pu frustrer le peuple florentin qui était habitué à une culture "publique" (ne serait-ce que les églises...) et non à une culture "privée" (l'Académie avec Fin, de la Mirandole et une flopée d'autres dont les noms m'échappent), et aurait ainsi pu servir de tremplin à ce qu'aujourd'hui nous qualifierions de populisme.
Concernant le point de vue religieux, c'est différent. Comme je l'ai dit, le pape d'alors n'était pas un modèle de ferveur ni même de pudicité. La réponse de Savonarole me paraît presque être à la hauteur du comportement d'Alexandre VI (que dirions-nous si aujourd'hui le pape menait une vie dissolue ?). De ce que j'ai pu lire du personnage, il semblait avoir une vision complètement apocalyptique de l'ère dans laquelle il vivait, la comparaison entre la Jérusalem Céleste, cité de Dieu, principe qu'il essayait d'appliquer concrètement à Florence, et la Babylone, Rome, se faisait chaque jour plus palpable.
Curieux cas que cet homme...
Pour ceux que le sujet intéresse : Savonarole, Marie Viallon, Editions Ellipses, 2008
Quelques recueils des prêches de Savonarole et d'autres de son ouvrage sur la poésie hantent parfois certaines bibliothèques. Il me semble qu'on en a un exemplaire à la BU de Toulouse Est.
Hmmm je ne sais pas vraiment par où commencer...
Au niveau historique, il ne faut pas oublier que Savonarole a "officié" de 1494 à 1498, durant le pontificat d'Alexandre VI dont les mœurs étaient plus que contestables (et son prédécesseur Innocent VIII avait "préparé" le terrain). La situation d'alors était très tendue, les amitiés se liaient et se déliaient, les français étaient en Italie, le régime médicéen était contesté... Il serait inutile de chercher des similitudes entre la situation d'alors et l'actuelle. Raison pour laquelle le cas Savonarole ne me paraît pas étonnant. Selon Fernand Braudel, la politique culturelle médicéenne réservée à une élite aurait pu frustrer le peuple florentin qui était habitué à une culture "publique" (ne serait-ce que les églises...) et non à une culture "privée" (l'Académie avec Fin, de la Mirandole et une flopée d'autres dont les noms m'échappent), et aurait ainsi pu servir de tremplin à ce qu'aujourd'hui nous qualifierions de populisme.
Concernant le point de vue religieux, c'est différent. Comme je l'ai dit, le pape d'alors n'était pas un modèle de ferveur ni même de pudicité. La réponse de Savonarole me paraît presque être à la hauteur du comportement d'Alexandre VI (que dirions-nous si aujourd'hui le pape menait une vie dissolue ?). De ce que j'ai pu lire du personnage, il semblait avoir une vision complètement apocalyptique de l'ère dans laquelle il vivait, la comparaison entre la Jérusalem Céleste, cité de Dieu, principe qu'il essayait d'appliquer concrètement à Florence, et la Babylone, Rome, se faisait chaque jour plus palpable.
Curieux cas que cet homme...
Pour ceux que le sujet intéresse : [i]Savonarole[/i], Marie Viallon, Editions Ellipses, 2008
Quelques recueils des prêches de Savonarole et d'autres de son ouvrage sur la poésie hantent parfois certaines bibliothèques. Il me semble qu'on en a un exemplaire à la BU de Toulouse Est.