par Cgs » sam. 24 oct. 2009, 11:48
Bonjour,
archi a écrit :
Je peux encore comprendre le but de l'Inquisition ; ce sont les méthodes employées qui me posent problème.
Je n'ai pas d'avis définitif sur l'emploi systématique ou non de la torture et sur le nombre de victimes; si vous me présentez des documents sérieux qui prouvent le contraire, je veux bien vous croire

Ce qui est choquant est l'utilisation de la torture à des fins judiciaires, comme source d'aveux. La logique la plus élémentaire indique que ça ne peut pas être un moyen de preuve acceptable, malgré cela, il s'est maintenu pendant plusieurs siècles, ce n'est d'ailleurs pas le seul exemple d'aberrations logiques se maintenant pendant des siècles malgré toutes les preuves de leur fausseté (on peut même dire que ça pullule dans la société moderne...). Celle-là a heureusement disparu.
Historiquement, il me semble que la torture judiciaire, ignorée pendant la plus grande partie du Moyen-Age, est revenue en force vers la fin du XIIIe Siècle, avec le retour du droit romain et de ses méthodes. Or, l'Inquisition est le 1er exemple historique de cette réapplication du droit romain. Est-ce-qu'elle a été pour autant la 1ere à réintroduire cette pratique, je n'en sais rien, mais je suis loin d'en être sûr. Toujours est-il que les pouvoirs séculiers l'ont pratiquée bien après la fin de l'Inquisition dans beaucoup de pays.
[/quote]
Ce que vous dites est inexact. D'après les études de Jean Sévilla, appuyées sur d'abondantes sources sérieuses, sur les milliers de procès en hérésie effectués par les différentes Inquisitions (il y a eu trois sorte d'Inquisition, sur une durée de 6 siècles), il n'y a eu qu'une poignée de condamnations à mort et de tortures (de l'ordre d'1% environ).
Il faut savoir, comme l'a très bien dit Raistlin, que l'Inquisition était bien plus clémente que la justice séculière, avec une procédure qui permettait vraiment à l'accusé de se défendre : récuser les témoins, voire l'inquisiteur, enquête minutieuse, etc. La justice civile était beaucoup plus dur et expéditive, et surtout, l'usage de la torture était banalisée dans toute la société du Moyen Age. Rien n'indique que la torture soit revenue avec la réapplication du droit romain.
Par ailleurs, l'Inquisition n'instruisait que les procès en hérésie, par les infractions communes. La plupart du temps, une fois son instruction terminée et la sentence prononcée (souvent une pénitence), l'Inquisition remettait l'accusé à la justice séculière, qui appliquait alors ses propres règles.
Bref, sans jeu de mot, on a fait pendant des siècles un mauvais procès à l'Inquisition, alors qu'elle a jeté les bases de la justice moderne.
Bien à vous,
Bonjour,
[quote="archi"]
Je peux encore comprendre le but de l'Inquisition ; ce sont les méthodes employées qui me posent problème.
Je n'ai pas d'avis définitif sur l'emploi systématique ou non de la torture et sur le nombre de victimes; si vous me présentez des documents sérieux qui prouvent le contraire, je veux bien vous croire :)[/quote]
Ce qui est choquant est l'utilisation de la torture à des fins judiciaires, comme source d'aveux. La logique la plus élémentaire indique que ça ne peut pas être un moyen de preuve acceptable, malgré cela, il s'est maintenu pendant plusieurs siècles, ce n'est d'ailleurs pas le seul exemple d'aberrations logiques se maintenant pendant des siècles malgré toutes les preuves de leur fausseté (on peut même dire que ça pullule dans la société moderne...). Celle-là a heureusement disparu.
Historiquement, il me semble que la torture judiciaire, ignorée pendant la plus grande partie du Moyen-Age, est revenue en force vers la fin du XIIIe Siècle, avec le retour du droit romain et de ses méthodes. Or, l'Inquisition est le 1er exemple historique de cette réapplication du droit romain. Est-ce-qu'elle a été pour autant la 1ere à réintroduire cette pratique, je n'en sais rien, mais je suis loin d'en être sûr. Toujours est-il que les pouvoirs séculiers l'ont pratiquée bien après la fin de l'Inquisition dans beaucoup de pays.
[/quote]
Ce que vous dites est inexact. D'après les études de Jean Sévilla, appuyées sur d'abondantes sources sérieuses, sur les milliers de procès en hérésie effectués par les différentes Inquisitions (il y a eu trois sorte d'Inquisition, sur une durée de 6 siècles), il n'y a eu qu'une poignée de condamnations à mort et de tortures (de l'ordre d'1% environ).
Il faut savoir, comme l'a très bien dit Raistlin, que l'Inquisition était bien plus clémente que la justice séculière, avec une procédure qui permettait vraiment à l'accusé de se défendre : récuser les témoins, voire l'inquisiteur, enquête minutieuse, etc. La justice civile était beaucoup plus dur et expéditive, et surtout, l'usage de la torture était banalisée dans toute la société du Moyen Age. Rien n'indique que la torture soit revenue avec la réapplication du droit romain.
Par ailleurs, l'Inquisition n'instruisait que les procès en hérésie, par les infractions communes. La plupart du temps, une fois son instruction terminée et la sentence prononcée (souvent une pénitence), l'Inquisition remettait l'accusé à la justice séculière, qui appliquait alors ses propres règles.
Bref, sans jeu de mot, on a fait pendant des siècles un mauvais procès à l'Inquisition, alors qu'elle a jeté les bases de la justice moderne.
Bien à vous,