La miséricorde aux pécheurs comme aux justes

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Re: La miséricorde aux pécheurs comme aux justes

par papillon » mer. 12 janv. 2011, 5:21

:-D
Philémon, si l'automobiliste qui a failli vous écraser repartait en trombe après avoir freiné, vous pourriez peut-être penser de lui: "Quel goujat!"
Mais dans la très grande majorité des cas, les automobilistes qui se retrouvent dans la situation que vous décrivez...ne sont pas des goujats et ils sentent très mal d'avoir failli heurter un piéton. En fait, quand après un incident de ce genre ils vous invitent à passer, ce n'est pas tant une politesse qu'ils vous font qu'une demande qu'ils vous adressent de les excuser.
C'est 'cool' d'accepter leur invitation à traverser, en leur adressant un sourire et un salut amical. Ils se sentent mieux, ils vous sont reconnaissants de ne pas leur en vouloir et de leur faire confiance et ça les dispose à être plus prudents et vigilants avec les piétons.
Comme on dit, ça fait du bien (à l'un comme à l'autre) et ça coûte pas cher. :)

(et même si, dans les faits, ça ne se passe pas toujours exactement comme ça dans la tête de l'automobiliste, ça reste une bonne habitude à prendre que d'accorder le bénéfice du doute au gens... ;))

Re: La miséricorde aux pécheurs comme aux justes

par philémon.siclone » mer. 12 janv. 2011, 1:38

cracboum a écrit :J'ai tenu la porte à une vieille dame qui marchait difficilement avec sa canne (pourquoi diable ne s'en séparait-elle pas ?), et pour ne pas me faire attendre la vieille dame a forcé l'allure, esquissant une grimace de douleur.
Le sourire qu'elle m'a adressé ensuite contrastait avec son regard ou se lisaient offrande de soi et pardon, que j'imagine être celui des martyres à leur bourreau.
N'étant pas une petite vieille moi-même, mais un homme parfaitement valide et encore droit sur mes deux pieds, chaque fois qu'un individu poli et obligeant me tient la porte alors que je ne suis encore qu'à 30 mètres de lui, cela me pousse inévitablement à presser le pas, voire courir ! pour éviter de faire attendre, répondant ainsi à une politesse par une autre politesse (plus ou moins contrainte). Avec cette idée désagréable que je serais parfaitement salaud si je décidais au contraire de ne rien changer à mon allure, et de laisser mon bienfaiteur attrapper quelques crampes le temps que je le rejoigne, alors que finalement, c'est mon droit le plus légitime...

Dans le même style de politesse : l'automobiliste qui veut vous obliger à traverser alors que vous ne voulez pas. Vous avez mis un premier pied sur le trottoir, avant de remonter précipitamment pour ne pas vous faire écraser. Et à présent, la voiture décide de poireauter tant que vous n'aurez pas traversé. Finalement après une petite hésitation (traversera... traversera pas... ?), vous vous décidez à tenter de nouveau votre chance sur la chaussée, lorsque l'automobiliste, exactement au même moment, a l'idée de redémarrer (parce qu'il vous voit hésiter) : 2e retour précipité sur le trottoir pour ne pas se faire écraser ! Cette fois-ci, c'est décidé : vous ne remettrez pas les pieds sur la route tant que la voiture sera là devant. Et ça peut durer longtemps comme ça... Aussi, à présent, systématiquement, je contourne la voiture par l'arrière, ainsi aucun risque (sauf cas rarissime de marche arrière délibérée pour écraser le piéton récalcitrant, qui ose résister à la politesse la plus élémentaire).

Re: La miséricorde aux pécheurs comme aux justes

par cracboum » mar. 11 janv. 2011, 20:11

Dieu merci, avec le vieillissement de la population, nous ne manquerons pas de petites vieilles pour accomplir nos bonnes actions. Quant aux petites vieilles, qu'elles s'appliquent à être petites et vieilles tant pour le salut des bons que la condamnation des méchants qui en veulent à leurs économies.

Re: La miséricorde aux pécheurs comme aux justes

par archi » mar. 11 janv. 2011, 15:10

AnneT a écrit :En terminant, votre commentaire me met mal à l'aise: vous pré-jugez des intentions d'Étienne, sans compter de celles de membres qui répondront à cette invitation...
Hmmoui... Personnellement, si, après réflexion pour me rappeler ma dernière B.A. en date, mettons que j'ai aidé une petite vieille, j'en parlais ici, même si mon intention était simplement de répondre honnêtement à la question d'Etienne, j'aurais quand même du mal à ne pas penser quelque chose comme "quand même, qu'est-ce-que je suis un type bien pour avoir aidé cette vieille dame qui avait tellement besoin", ou bien "ouf, je suis capable de répondre quelque chose à ce quiz, je ne suis pas le dernier des derniers..."

Pourtant, la vie des Saints nous montre que pour arriver à la sainteté, ils se considéraient toujours, précisément, comme le dernier des derniers, tout comme le publicain de la célèbre parabole.

Bref, je rejoins l'avis de Philémon: je dirais que c'est une fausse bonne idée et un exercice dangereux qui stimule merveilleusement bien le pharisien qui sommeille en chacun de nous.

In Xto,
archi.

Re: La miséricorde aux pécheurs comme aux justes

par cracboum » mar. 11 janv. 2011, 14:37

J'ai tenu la porte à une vieille dame qui marchait difficilement avec sa canne (pourquoi diable ne s'en séparait-elle pas ?), et pour ne pas me faire attendre la vieille dame a forcé l'allure, esquissant une grimace de douleur.
Le sourire qu'elle m'a adressé ensuite contrastait avec son regard ou se lisaient offrande de soi et pardon, que j'imagine être celui des martyres à leur bourreau.

Re: La miséricorde aux pécheurs comme aux justes

par philémon.siclone » mar. 22 sept. 2009, 18:38

AnneT a écrit :Perso, je pense qu'il y a une différence entre "étaler" sa miséricorde et partager avec d'autres des manières de la pratiquer...

Sait-on jamais? Ça peut donner des idées, inspirer ou tout simplement rappeler que, "tiens, j'ai fait ça récemment, tout bonnement!".

En terminant, votre commentaire me met mal à l'aise: vous pré-jugez des intentions d'Étienne, sans compter de celles de membres qui répondront à cette invitation...
Soyez tranquille, je faisais simplement part de mes scrupules personnels. Je suis incapable de rendre publiques mes rarissimes bonnes actions...

Re: La miséricorde aux pécheurs comme aux justes

par etienne lorant » mar. 22 sept. 2009, 10:31

Merci pour tous ces témoignages. Je ne pense pas que vos bonnes oeuvres soient perdues parce que vous en avez témoigné. Ce n'est pas si courant, et le témoignage est aussi une oeuvre utile ! En plus, nous aurons appris (moi aussi) qu'il n'est pas si facile qu'on peut se le représenter de venir au secours du prochain, ou d'avoir un mot réconfortant lorsqu'on a l'esprit à autre chose, ou encore d'accorder une minute de prière en faveur d'un malheureux qui passe...

Re: La miséricorde aux pécheurs comme aux justes

par Anne » mar. 22 sept. 2009, 1:45

philémon.siclone a écrit :ha oui, encore un de ces "témoignages" consistant à étaler en place publique ses bonnes actions... le meilleur moyen, à mon avis, d'en annuler la récompense éventuelle.
Perso, je pense qu'il y a une différence entre "étaler" sa miséricorde et partager avec d'autres des manières de la pratiquer...

Sait-on jamais? Ça peut donner des idées, inspirer ou tout simplement rappeler que, "tiens, j'ai fait ça récemment, tout bonnement!".

En terminant, votre commentaire me met mal à l'aise: vous pré-jugez des intentions d'Étienne, sans compter de celles de membres qui répondront à cette invitation...

Re: La miséricorde aux pécheurs comme aux justes

par Fée Violine » lun. 21 sept. 2009, 21:16

Je suppose qu'une fois l'enfant pris en charge par l'hôpital, elle devait être moins anxieuse, et n'avait peut-être plus besoin de compagnie pour attendre son mari. La charité consiste aussi à savoir s'effacer quand on n'est plus indispensable. Donc finalement, vous avez peut-être fait exactement ce qu'il fallait ?

Quant à moi, je n'ai pas fait spécialement de bonne action aujourd'hui. J'ai juste lu l'épître, parce qu'on me l'a demandé, à la messe de rentrée de mon lycée, mais comme j'adore faire la lecture, c'était pas vraiment un acte de vertu. Par contre, j'ai passé la plus grande partie de cette messe à penser du mal de l'élève qui était devant moi, une jolie fille très élégante qui ne participait pas, ne chantait pas etc., bref elle semblait assister à une messe pour la première fois, et n'être venue là que pour suivre son copain. Après quoi, vers la fin de la messe, le Saint Esprit a tout de même réussi à me suggérer que c'était très beau que cette jeune fille (ainsi que d'autres jeunes) soit venue à cette célébration, qu'elle a suivie avec attention.

Re: La miséricorde aux pécheurs comme aux justes

par papillon » lun. 21 sept. 2009, 19:05

Bonjour,
mon dernier geste de miséricorde, peut-être peut-on le qualifier de 'demi-geste' de miséricorde, m'a encore appris quelque chose sur moi-même.

C'était lors d'une escapade-vélo avec ma belle-soeur, fin août. Un soir, on laisse nos bécanes au gîte pour aller en ville (Québec). Après un bon repas, on déambule dans la vieille ville. C'était une soirée magnifique, il y avait foule, les gens avaient l'air heureux, l'ambiance générale était à la fête. Ma belle-soeur me fait remarquer alors une femme qui transporte avec peine un petit garçon de 4 ou 5 ans . Elle porte un sac à dos et semble être en visite comme nous. Une petite fille plus âgée la suit. Elle se dirige vers le coin de la rue et s'assoit sur le rebord d'un bac à fleurs en regardant à gauche et à droite, le regard angoissé. Sa détresse détonne de façon bouleversante avec toute la nonchalance et le bonheur qui l'entoure. La solitude dans une foule. Je vais la voir et lui demande "Madame, avez-vous besoin d'aide?" Alors elle nous raconte que son enfant a ressenti subitement une violente douleur à l'abdomen, qui l'a fait se plier en deux, et qu'il ne peut plus marcher. Son mari est allé chercher la voiture laissée quelque part dans un stationnement, et il tarde à arriver. Problème de circulation? Elle ne sait plus quoi faire. Ma belle-soeur fait remarquer que l'hôpital est tout près et que c'est beaucoup plus simple de s'y rendre à pied que d'attendre un taxi ou le mari. On pourrait l'aider à porter l'enfant. Je demande alors à la dame si elle ne préfère pas qu'on attende son mari sur place avec elle. Non, elle veut aller tout de suite à l'hôpital. Il va comprendre qu'elle s'y est rendue et ils pourront de toute manière se rejoindre.
Alors, on est parti tous ensemble. Elle n'a pas voulu qu'on porte son enfant. On s'est occupé de son sac à dos, et on l'a guidée jusqu'à l'urgence de l'hôpital, en arrêtant de temps en temps pour la laisser souffler, et là on a pu lui trouver un fauteuil roulant. Elle avait l'air très soulagée.

J'en ai gardé un regret, celui de ne pas être restée plus longtemps pour m'assurer qu'elle retrouve son mari. C'était la chose à faire. Mon erreur n'a pas été de ne pas y penser. En fait, c'était exactement ce que je voulais faire, rester. Mon erreur a été de ne pas avoir su le faire en dépit de ma belle-soeur qui elle, voulait qu'on parte (on devait voir un spectacle...). Comme quoi on a toujours du travail à faire sur soi-même.
J'ai toujours pensé qu'à n'être franc qu'à moitié, on ne l'est pas du tout. De même, je me suis demandée ce que vaut une demi-compassion.
Je sais le bien que ça m'a fait d'aller vers cette femme. J'imagine celui que ça m'aurait fait si j'étais allée au bout de ce que j'avais commencé.

Re: La miséricorde aux pécheurs comme aux justes

par coeurderoy » lun. 21 sept. 2009, 17:45

Il me semble que dans notre société nerveuse (frénétique !) hyperpressée et individualiste c'est une belle miséricorde d'accorder un minimum d'ATTENTION (regard, écoute) à notre prochain.
Des gestes simples et naturels semblent...presque exceptionnels de nos jours non ?
Bon, pour répondre à Etienne je me suis arrêté pour offrir une place dans ma voiture à un gars chargé de paquets lors d'une très violente averse. Cela tombait bien : il se rendait à la gare et c'était ma destination. Ceci dit quoi de plus normal !

Re: La miséricorde aux pécheurs comme aux justes

par philémon.siclone » lun. 21 sept. 2009, 17:29

Dúbida a écrit :
philémon.siclone a écrit :ha oui, encore un de ces "témoignages" consistant à étaler en place publique ses bonnes actions... le meilleur moyen, à mon avis, d'en annuler la récompense éventuelle.
Mince ! Qu'est-ce que j'aurai gagner pour avoir ouvert une porte :saint: ?
Tu seras privée de goûter, ça t'apprendra !

Re: La miséricorde aux pécheurs comme aux justes

par philémon.siclone » lun. 21 sept. 2009, 17:27

Dúbida a écrit :Etienne... tu te prends trop la tête.
Si tu en as envie, écrit. Si tu n'en a pas envie, n'écrit pas.

C'était Dúbida en direct de Psychologie de comptoir, à vous les studios.
Merci pour ce dicton chinois : si tu as froid, mets un vêtement ; si tu as faim, mange ; si tu as soif, bois ; si tu as envie de parler, parle ; si tu as envie de te taire, tais-toi ; et si tu te poses trop de questions, arrête de penser ! Car à force de se poser des questions sur tout, on n'avance pas. De la simplicité, avant toute chose. Sinon, on se transforme en Woody Allen, le mec qu'on a envie d'étrangler pour qu'il s'arrête de parler. :-D

Re: La miséricorde aux pécheurs comme aux justes

par philémon.siclone » lun. 21 sept. 2009, 17:21

etienne lorant a écrit :Ce sentiment d'avoir accompli quelque chose avec "hypocrisie", montre en réalité que vous avez vaincu la nature humaine. Si vous n'avez pas ressenti de joie particulière, cependant vous êtes bel et bien béni à cause de ce geste.

Il faut bien se dire que sans la grâce, vous n'auriez rien fait du tout, vous n'en auriez pas été capable !

En tout cas, moi je suis joyeux à cause de vous et je suis joyeux, je sais bien que c'est Jésus qui se réjouit en moi !

Merci !!!
Oui, mais ne pas oublier, cependant, cette parole du Christ : "Ainsi de vous, lorsque vous aurez fait tout ce qui vous a été prescrit, dites : Nous sommes des serviteurs inutiles ; nous avons fait ce que nous devions faire."

Re: La miséricorde aux pécheurs comme aux justes

par philémon.siclone » lun. 21 sept. 2009, 17:15

Touriste a écrit : J'ai invité ce garçon uniquement pour me montrer chrétien et plaire à Jésus.Un geste que je voulais être de miséricorde...
Au total, je voulais, je voudrais aimer mon prochain, et je n'y arrive pas de façon spontanée ! Je tente de "forcer" les choses, et ce n'est pas mieux !!
Je pense que l'amour véritable n'est pas un acte réfléchi, on ne décide pas d'aimer; c'est un élan du cœur et de l'esprit.
Pour essayer d'être un chrétien obéissant, je fais des choses, qui ne sont pas contre mon cœur tout de même, mais qui ne reflète pas mon attachement réel.
Que faut-il faire ? Pour mon invité, la journée fut excellente ( et j'en suis tout de même content !); quant à moi, j'ai eu le sentiment d'être un peu hypocrite quant à ce garçon et un peu lâche pour le fait de faire quelque chose par obéissance et crainte de Dieu, plus que par amour sincère d'autrui !!
.
A mon avis, René, vous êtes trop scrupuleux. Vous oubliez que nous sommes marqués par le Péché originel. C'est normal d'éprouver de la répugnance à faire certaines bonnes actions. De plus il faut un début à tout. Agir par crainte et obéissance est une sage décision. Il est même écrit que la crainte est le début de la sagesse. Nous ne sommes pas tous faits pareils. Certains sont aimants naturellement, d'autres non. On n'y est pour rien, on est comme on est. Ceux qui font le bien naturellement n'ont aucun mérite, puisqu'ils agissent selon leur nature. Mais ceux qui luttent contre eux-mêmes pour faire le bien, alors que leur nature y répugne, ceux-là sont engagés dans un véritable combat de sainteté. Il faut donc persévérer dans cette voie. L'hypocrisie est ailleurs : lorsqu'on est "content" d'avoir fait le bien, par exemple, c'est à mon avis une pente dangereuse qui conduit à l'hypocrisie. L'hypocrite est celui qui se persuade d'être bon alors qu'il est mauvais. Voyez dans quelles circonstances le Christ emploie le mot "hypocrite".

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