par philémon.siclone » mer. 26 août 2009, 23:27
Bonjour,
Je reprends ici un sujet qui me tient à coeur depuis bien longtemps, et que j'avais évoqué dans un précédent post : le déroulement de l'Offertoire. Deux points en particulier : 1. L'étonnant contraste entre l'ancien et le nouveau missel. Je crois que c'est la partie qui a subi le plus grand remaniement. Avec une question : le sens de l'offertoire a-t-il changé ? 2. Le problème de la quête, qui me paraît abusivement associée au rite d'offertoire, et qui se pratique aussi bien dans les deux formes en France actuellement.
En fait, c'est surtout le 2e point qui me tient à coeur. J'ai toujours trouvé ça choquant d'intégrer dans l'action rituelle un geste aussi trivial que de fouiller le fond de sa poche pour en extraire un porte-monnaie. Ne peut-on pas faire ça à un autre moment (entrée ou sortie) ? Suis-je donc le seul à ressentir ce malaise ? L'Offertoire se résume-t-il donc, comme chez les protestants, à ce geste d'offrande somme toute assez païen ? On verse un tribut matériel au Dieu pour l'apaiser ? J'ai vu certains recourir au terme : "offrande", avec le discours très moralisant (style pensée bourgeoise du 19e s.) : c'est bien que le fidèle participe à l'offrande à ce moment-là. Or, le mot "Offrande" est justement celui que préfèrent les luthériens, par opposition au mot "Offertoire" typique de la liturgie catholique.
Donc une question : faites-vous une distinction entre Offrande et Offertoire ? L'Offertoire catholique ne revêt-il pas un sens bien plus spirituel et lié à la célébration du "mystère", donc au Sacrement ? Qu'est-ce que l'argent vient faire là-dedans ?
Que se passe-t-il donc pendant l'Offertoire ? Qu'est-ce qui se trouve offert sur l'autel ? Comment le fidèle peut-il se sentir concerné ?
Certains disaient, dans un topic précédent, que le don d'argent s'est institué très tôt dans les communautés chrétiennes. D'accord, on en voit même l'illustration dans les actes des apôtres, au moment où St Pierre collecte les dons faits à l'Eglise. Y a-t-il un lien direct avec l'offetoire de la messe ? Est-ce qu'on ne confond pas deux choses bien distinctes ? Ce que les fidèles offraient, durant la messe, n'était-ce pas plutôt du pain, et non de l'argent ?
Enfin, la pratique actuelle ne s'est-elle pas imposée au moment de la séparation de l'Eglise et de l'Etat, qui prive depuis les paroisses de ressources publiques ? Comment faisait-on jusqu'alors ?
Et de là, on peut remonter au 1er point : dans la nouvelle forme de la messe, le point le plus fragile me semble bien être l'Offertoire. N'avez-vous pas remarqué que c'est le moment où tout le monde se distrait ? On dirait une sorte d'entr'acte au milieu de la messe. Le prêtre marmonne un truc dans son coin, l'orgue joue, certains discutent, la quête passe entre les rangs, et tout le monde s'endort. Bref, on dirait qu'il ne se passe rien de particulier pendant ce temps-là. C'est simplement un temps mort avant de se lancer dans la Préface. On supprimerait carrément l'Offertoire tout entier (je veux dire, ce qui se passe à l'autel) qu'on ne verrait pas la différence. N'est-ce pas finalement la partie liturgique dont on comprend le moins la signification ? Pourquoi le missel Paul VI a-t-il escamoté à ce point le rituel d'Offertoire ?
Bonjour,
Je reprends ici un sujet qui me tient à coeur depuis bien longtemps, et que j'avais évoqué dans un précédent post : le déroulement de l'Offertoire. Deux points en particulier : 1. L'étonnant contraste entre l'ancien et le nouveau missel. Je crois que c'est la partie qui a subi le plus grand remaniement. Avec une question : le sens de l'offertoire a-t-il changé ? 2. Le problème de la quête, qui me paraît abusivement associée au rite d'offertoire, et qui se pratique aussi bien dans les deux formes en France actuellement.
En fait, c'est surtout le 2e point qui me tient à coeur. J'ai toujours trouvé ça choquant d'intégrer dans l'action rituelle un geste aussi trivial que de fouiller le fond de sa poche pour en extraire un porte-monnaie. Ne peut-on pas faire ça à un autre moment (entrée ou sortie) ? Suis-je donc le seul à ressentir ce malaise ? L'Offertoire se résume-t-il donc, comme chez les protestants, à ce geste d'offrande somme toute assez païen ? On verse un tribut matériel au Dieu pour l'apaiser ? J'ai vu certains recourir au terme : "offrande", avec le discours très moralisant (style pensée bourgeoise du 19e s.) : c'est bien que le fidèle participe à l'offrande à ce moment-là. Or, le mot "Offrande" est justement celui que préfèrent les luthériens, par opposition au mot "Offertoire" typique de la liturgie catholique.
Donc une question : faites-vous une distinction entre Offrande et Offertoire ? L'Offertoire catholique ne revêt-il pas un sens bien plus spirituel et lié à la célébration du "mystère", donc au Sacrement ? Qu'est-ce que l'argent vient faire là-dedans ?
Que se passe-t-il donc pendant l'Offertoire ? Qu'est-ce qui se trouve offert sur l'autel ? Comment le fidèle peut-il se sentir concerné ?
Certains disaient, dans un topic précédent, que le don d'argent s'est institué très tôt dans les communautés chrétiennes. D'accord, on en voit même l'illustration dans les actes des apôtres, au moment où St Pierre collecte les dons faits à l'Eglise. Y a-t-il un lien direct avec l'offetoire de la messe ? Est-ce qu'on ne confond pas deux choses bien distinctes ? Ce que les fidèles offraient, durant la messe, n'était-ce pas plutôt du pain, et non de l'argent ?
Enfin, la pratique actuelle ne s'est-elle pas imposée au moment de la séparation de l'Eglise et de l'Etat, qui prive depuis les paroisses de ressources publiques ? Comment faisait-on jusqu'alors ?
Et de là, on peut remonter au 1er point : dans la nouvelle forme de la messe, le point le plus fragile me semble bien être l'Offertoire. N'avez-vous pas remarqué que c'est le moment où tout le monde se distrait ? On dirait une sorte d'entr'acte au milieu de la messe. Le prêtre marmonne un truc dans son coin, l'orgue joue, certains discutent, la quête passe entre les rangs, et tout le monde s'endort. Bref, on dirait qu'il ne se passe rien de particulier pendant ce temps-là. C'est simplement un temps mort avant de se lancer dans la Préface. On supprimerait carrément l'Offertoire tout entier (je veux dire, ce qui se passe à l'autel) qu'on ne verrait pas la différence. N'est-ce pas finalement la partie liturgique dont on comprend le moins la signification ? Pourquoi le missel Paul VI a-t-il escamoté à ce point le rituel d'Offertoire ?