Légitimité de l'impôt de solidarité sur la fortune (ISF) ?

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L'IMPOT C'EST DU VOL !

par Renaud » lun. 13 mars 2006, 12:35

À Christian

Ce n'est pas très fréquent, mais pour cette question je suis bien d'accord avec vous. Savez-vous que les créditises, ceux qui travaillent le plus pour l'application du Crédit-Social, mettent en gros caractères sur leurs voitures: L'IMPOT C'EST DU VOL, et: MORT AUX TAXES!
Sur les autoroutes canadiennes, nombre de ceux qui les dépassent, ou qu'ils dépassent, font des signes d'approbation et d'encouragement.
Renaud
Deus in adjutorium

par Christian » lun. 13 mars 2006, 11:46

Je suis contre l'ISF. Si son rôle est de lisser les inégalités sociales, alors il devrait être de 100% au-delà d'une certaine fortune et créer un véritable plafond. S'il ne s'agit que de prendre le plus possible d'argent là où on le trouve, alors il est certainement un mauvais calcul parce que c'est souvent aussi là où tout simplement la richesse dont nous bénéficions tous est produite.

L"effet de l'ISF conjugué avec les hausses immobilières fait qu'on virent des pauvres qui ne peuvent pas payer l'ISF pour les remplacer par des très riches... ce qui est absurde.

Il y a aussi la question des droits de succession qui y ressemble beaucoup dans cet effet de détruire un lien entre la population française et ses racines. Les droits de successions sont un pur racket, le plus injustifié qui soit, une vraie honte.
Je souscris des pieds et des mains à cette analyse.

Tout impôt est un racket, par définition, puisqu’il est perçu indépendamment du consentement de celui qui est mis à contribution, mais le plus responsabilisant est l’impôt sur le revenu, le plus vicieux, la TVA, le plus dommageable, l’impôt sur les sociétés.

Cordialement

Christian

par Charles » mar. 07 mars 2006, 18:38

Je suis contre l'ISF. Si son rôle est de lisser les inégalités sociales, alors il devrait être de 100% au-delà d'une certaine fortune et créer un véritable plafond. S'il ne s'agit que de prendre le plus possible d'argent là où on le trouve, alors il est certainement un mauvais calcul parce que c'est souvent aussi là où tout simplement la richesse dont nous bénéficions tous est produite.

L'effet de l'ISF conjugué avec les hausses immobilières fait qu'on vire des pauvres qui ne peuvent pas payer l'ISF pour les remplacer par des très riches... ce qui est absurde.

Il y a aussi la question des droits de succession qui y ressemble beaucoup dans cet effet de détruire un lien entre la population française et ses racines. Les droits de succession sont un pur racket, le plus injustifié qui soit, une vraie honte.

par gregory » jeu. 27 oct. 2005, 15:13

Bonjour
Je suis opposé a l'ISF!
Il est indeniable que certaines personnes peuvent payer cet impôt,mais on assiste a des situations de plus en plus cocasse!
Taxer un patrimoine n'est pas une solution!
Je trouve ca même injuste vis à vis des gens qui ont travaillé toute leur vie pour acquerir un bien immobiler!
Certaines personnes entretiennent des chateaux avec peu de moyens,donc les frapper d'un impôt sur la question est forcement injuste!
Donc,pour moi,la suppression de l'ISF serait normale!

par Christian » mer. 26 oct. 2005, 17:41

J’élargis la réflexion au-delà du seul ISF dans un article sur le fil Légitimité de l’impôt viewtopic.php?t=1149

par MB » mer. 26 oct. 2005, 16:32

Bonjour

Il y a encore un autre problème lorsqu'on utilise les épîtres de St Paul pour justifier certaines choses. Ce n'est pas pour ressortir une tarte à la crème, mais il doit être lu dans son contexte.

Or l'époque de St Paul était un temps dans lequel les détenteurs du pouvoir, élus, désignés ou non, que ce soit à Rome ou dans les autres cités de la Méditerranée, étaient toujours les notables, les puissants et les riches (tout cela se confondant). Le pouvoir était une chose de riches, et cela par définition ; tout le monde l'acceptait et trouvait cela normal. Or il était également normal qu'un grand personnage, pour montrer entre autres son aptitude au pouvoir, menât un splendide train de vie ; en gros, qu'il eût l'équivalent de trois, que dis-je, de trente Ferrari (ou plutôt, pour rester dans l'époque, de litières en bois précieux avec rideaux de soie et esclaves bien baraqués pour la porter) - tout cela dans un monde dont les disparités économiques étaient incroyablement plus grandes et plus rigides qu'aujourd'hui. Wanderer, si vous aviez vécu au temps de St Paul, vous auriez trouvé normal de justifier le pouvoir des puissants, précisément parce qu'ils déployaient l'équivalent de trente Ferrari et que cela était le signe visible de leur prééminence.

Il faut également insister sur le fait que l'impôt direct, de son temps, était considéré comme une marque de servitude ; les cités et les nations soumises à Rome, en fonction de leur statut qui était variable, pouvaient avoir à payer un tribut. Et par définition, au début de l'Empire, les citoyens romains ne le payaient pas, à l'exception de taxes particulières. Or St Paul est citoyen romain, peut-être n'est-il pas le mieux placé pour en parler ?

Donc il me paraît quelque peu piquant de s'appuyer sur les écrits de ce grand homme pour justifier l'impôt par un souci de redistribution sociale... à plus forte raison s'il s'agit de l'ISF.

Cordialement
MB

par sola » mer. 26 oct. 2005, 16:10

:) je suis de gauche mais l'isf me met très mal à l'aise, dans la mesure où elle frappe aujourd'hui des gens de classe moyenne ou même modeste, qui ont travaillé toute leur vie pour acquérir un bien immobilier, lequel a pris une valeur telle qu'ils se retrouvent obligés de payer cet impôt ou d'aller habiter ailleurs...
il n'y a pas que les gens de l'île de ré, il y en a beaucoup d'autres, surtout en région parisienne et à paris, au train où est allée la flambée des prix de l'immobilier... je ne trouve pas ça bon.
de même que je trouve dommage de pénaliser des gens fortunés oui, certes, mais qui entretiennent un château ou autre bien, je ne sais pas comment dire, "culturel". ça me gêne. cette manière de tout ramener à l'argent. la valeur d'un patrimoine n'est pas que financier. je ressens cela alors que je n'en ai aucun, soyons clairs là-dessus.

par Christian » mer. 26 oct. 2005, 15:51

Un grand bonjour à tous

Je raccroche à ce débat après un petit voyage de 3 jours. :dog:

Tout à fait d’accord avec l’analyse de MB de l’amertume éprouvée par certains devant les Ferrari d’autrui. :clap: L’aigreur devant la bonne fortune de son prochain est bien peu chrétienne. La masquer sous la rationalisation de ‘justice sociale’ ne trompe que ceux qui partagent ce vilain ressentiment.

Pourquoi en vouloir à mon voisin d’avoir des gamins plus doués et plus beaux que les miens ? ou d’être en meilleure santé que moi ? ou d’être plus heureux ? Mon voisin n’a pas acquis ces avantages à mon détriment. Il n’a pas détourné à son profit ma propre santé, ma capacité de bonheur ni les dons de mes enfants. Alors pourquoi reprocherais-je à des footballeurs d’être payés des millions ? Je ne vais jamais à un match et je ne possède pas de téléviseur. Ces footballeurs ne m’ont rien pris. Et si j’étais un supporter, je pourrais encore moins leur reprocher une richesse que je contribuerais moi-même à augmenter.

En revanche, le maigrichon salaire de la petite secrétaire de ministère m’horripile. :ranting: Car chaque euro qu’elle perçoit est piqué de la poche des gens, sous la menace des armes.

Ce n’est pas la somme d’argent que les uns ou les autres possèdent qui concerne la justice, mais la façon dont elle a été acquise : sans violence, par des échanges et des dons ; ou sous la contrainte, par l’escroquerie, le vol ou l’impôt.
Bajulans
Quant à opposer St Paul au Seigneur Jésus, ce n'est pas possible, St Paul est inspiré de l'Esprit Saint, et il ne peut y avoir désaccord
La trentaine de pages de l’épitre aux Romains contient en germe toutes les dérives de l’Eglise depuis l’assimilation ou la soumission au pouvoir temporel jusqu’au protestantisme. Sans doute, St Paul est éclairé par l’Esprit Saint. Mais son discours n’a pas cette valeur d’atemporalité que donne aux Siens le Fils de l’Eternel.

Si nous considérons que l’obligation de maintenir l’esclavage à notre époque n’est pas inscrite dans l’injonction «l’esclave doit obéir à son maître» (Eph. VI, 5) ; ni l’inégalité entre les sexes dans le fameux «Femmes, soyez soumises à vos maris» (Eph. V, 22) ; ni le droit pour le père d’interdire à sa fille de se marier ou l’obliger à le faire dans I Cor. VII, 36-38, alors la justification de l’impôt n’est pas plus contenue dans « Payez le tribut ».

Ces prescriptions de l’apôtre valaient peut-être à l’époque pour les destinataires des épitres, elles ne sauraient être érigées en règle universelle nous concernant aujourd'hui.

Cordialement
Christian

Légitimité ou Efficacité ?

par Christophe » lun. 24 oct. 2005, 22:50

[align=justify]Salut à tous ! :cool:

Pour faire très synthétique, le but unique de l'impôt est de faire rentré du blé dans les caisses de l'Etat pour financer les très légitimes politiques publiques. Tant qu'à le faire, il faut le faire avec intelligence et justice. Servir la "justice fiscale" et ne pas tuer la poule aux oeufs d'or. Trop d'impôts tue l'impôt ! dit le slogan libéral. Pas faux. Si l'ISF provoque une évasion fiscale telle que in fine les recettes fiscales de l'Etat sont moindres qu'elles ne le seraient sans cet impôt, alors il s'agirait d'une ineptie uniquement justifiable par l'aveuglement idéologique.

Christian l'a très bien expliqué, dès lors que l'on admet la légitimité de l'impôt, il faut bien décider où le prélever. C'est un choix arbitraire qui peut paraître injuste ( Ne semble-t-il pas toujours injuste d'être taxé sur sa propriété légitime ? ) mais ne l'est plus si l'on admet la nécessité de l'impôt. Parfois, c'est inefficace - voir contre-productif, mais pas foncièrement injuste. On quitte alors le domaine de la morale pour celui de la science économique. C'est - je crois - le cas avec l'ISF...

A la science économique de nous dire si l'ISF est une absurdité car l'Evangile ne nous aidera pas à répondre.


PaX vobiscum
Christophe[/align]

par wanderer » lun. 24 oct. 2005, 18:32

Bien entendu, il faudrait cependant savoir ce qu'est exactement un riche. À ce sujet je ne peux encore une fois m'empêcher de songer aux enseignements de Saint Josémaria Escriva qui écrit dans Chemin, point 362: « La véritable pauvreté ne consiste pas à ne rien posséder, mais à être détaché des choses, à renoncer volontairement à leur possession. - C'est pourquoi il y a des pauvres vraiment riches. Et inversement. » Il ne me semble pas inutile de rappeler cette conception chrétienne de la pauvreté et de la richesse dans un monde où les esprits sont brouillés par la dialectique marxiste. Tu me pardonneras cette légère digression.
Certes, mais entre quelqu'un qui vit en dessous du seuil de pauvreté et un Mr Pinaud, on voit quand même une différence objective. Est-ce qu'obliger Mr Pinaud à aider ceux qui vivent en dessous du mimnimum de pauvreté serait illégitime? On peut se poser la question. Je ne connais pas suffisament les modalités de l'ISF, peut-être qu'il touche des personnes qu'il ne devrait pas toucher, je ne peux pas m'en rendre vraiment compte à ma petite échelle. Disons que nous pourrions peut-être nous mettre d'accord sur un impôt sur la très grande fortune. Après, il y a des seuils, des choses forcément un peu subjectives, des conséquences néfastes sur les entreprises, c'est évident. Je ne suis pas un naïf, je sais tout ça. Je ne suis pas non plus économiste et à même de régler un tel impôt, je voulais juste dire que dans le principe, je suis plutôt très favorable à un tel impôt.

Cordialement,

Wanderer

:)

par FMD » lun. 24 oct. 2005, 18:00

[align=justify]Merci à tous pour vos réponses. Ne souhaitant pas rentrer dans un débat sur la légitimité de l'imopôt de manière générale, légitimité que je reconnais, vous me permettrez de ne répondre qu'aux passages concernant l'ISF.
wanderer a écrit :Il sera dur pour un riche d'entrer dans le Royaume des Cieux.
Bien entendu, il faudrait cependant savoir ce qu'est exactement un riche. À ce sujet je ne peux encore une fois m'empêcher de songer aux enseignements de Saint Josémaria Escriva qui écrit dans Chemin, point 362: « La véritable pauvreté ne consiste pas à ne rien posséder, mais à être détaché des choses, à renoncer volontairement à leur possession. - C'est pourquoi il y a des pauvres vraiment riches. Et inversement. » Il ne me semble pas inutile de rappeler cette conception chrétienne de la pauvreté et de la richesse dans un monde où les esprits sont brouillés par la dialectique marxiste. Tu me pardonneras cette légère digression.
Dire qu'un impôt qui taxerait les plus riches est injuste me semble être profondément discutable.
Ce n'est pas mon propos, sinon je m'en serais également pris à l'impôt sur le revenu notamment. Je m'interroge uniquement sur la légitimité d'un impôt dont les motivations idéologiques sont loin d'être claires et qui se révèle de surcroît être néfaste pour le Bien commun.
De fait, quand je vois comment vivent les footballeurs ou autres chefs d'entreprise et quand je vois comment vivent certains, je me dis que c'est tout à fait juste que le footballeur paye tant d'impôts, il pourrait en payer plus, ça ne l'empêche pas d'avoir trois ferrari alors qu'il pourrait aisément se contenter d'une, non? Je roule en R5 et je m'en porte très bien.
Ne nous y trompons pas, ces très grandes fortunes n'hésitent pas à s'exiler pour échapper à la la fiscalité française, les footballeurs sont à ce titre un exemple significatif. Toutefois on ne peut ignorer que l'ISF touche de plus de français et débouche parfois sur des situations ubuesques comme sur l'île de Ré où de simples cultivateurs d'huîtres y sont désormais assujettis! L'ISF participe également activement à la dispersion du patrimoine culturel français à travers le monde dans des proportions qu'on ne peut plus ignorer aujourd'hui.
Le problème, c'est que parmi ceux qui le payent, il y a des gens qui se vautrent dans un luxe tellement insupportable que j'ai du mal à ne pas me féliciter d'un tel impôt.

Tu sais il existe des « pauvres » qui ont la même mentalité mais qui n'ont pas l'occasion de la manifester. Sont-ils meilleurs pour autant? Je ne le pense pas. Gardons nous donc bien de ramener un véritable exercice de casuistique économique à des remarques empiriques pas nécessairement erronées mais bien trop subjectives pour être généralisables.

PaX
Franck :)[/align]

par wanderer » lun. 24 oct. 2005, 14:58

Comme souvent, je crois que nous ne nous sommes pas très bien compris. Il y a des méprises partout !
Effectivement. Vous êtes je crois la personne avec laquelle j'ai le plus de mal à me faire comprendre au monde et réciproquement. ;-)

Toutes nos méprises se résument à une divergence sur le fond, votre attachement vicéral au libéralisme que je déteste. Peu importe le mal qui est fait, la liberté doit rester sauve. Ce parti pris inacceptable et condamné par l'Eglise est source de toutes nos incompréhensions, mais surtout de tellement de maux pour les plus faibles.

Ma R5 roule au sans plomb 95, elle consomme 5l/100km et si les gens qui conduisent en 205 ont plus d'accidents que ceux qui roulent en ferrari, c'est parce qu'il y a sans doute 1000 fois plus de 205 que de ferrari.

Wanderer

:) [/quote]

par MB » lun. 24 oct. 2005, 13:58

Avé Wanderer

Comme souvent, je crois que nous ne nous sommes pas très bien compris. Il y a des méprises partout !

Naturellement je ne vous prends pas pour un dangereux révolutionnaire. J'ai simplement dit que le sentiment d'indignation vis-à-vis de personnes qui utilisent leur propriété comme bon leur semble n'a pas lieu de constituer un programme politique. Si vous voulez en rester à des appréciations techniques concernant l'ISF, faites-le nommément ; mais ne partez pas de là pour tirer des généralités morales.

Réglons les détails à l'occasion ; vous avez le droit de penser que les Ferrari ne servent à rien, ce qui n'est pas faux au plan de la circulation automobile (encore que... les accidents type "samedi-soir-en-revenant-de-boîte" me semblent moins provoqués par des ferraristes que par des conducteurs de 205 trafiquées). Pour la pollution, elles consomment plus évidemment, mais j'aimerais bien savoir l'état du carburateur de votre R5 et mesurer les émissions de CO d'un moteur plus tout jeune. Enfin, ce n'est pas le sujet.

Vous pourfendez l'attachement excessif aux biens matériels, et vous avez raison ; mais c'est votre opinion. Elle est légitime, mais peu d'opinions sont si légitimes qu'elle permettent par nature qu'on les impose aux autres par la force publique. Je pense comme vous et je ne cherche pas à collectionner les Aston Martin ; mais je n'en profiterai pas pour faire payer les riches parce que leur comportement ne me plaît pas.
De plus, empiriquement, quand dans le monde il y a des gens qui n'ont pas à manger, cela apparaît plutôt dans les pays, soit dictatoriaux, soit qui empêchent la création de richesses (souvent les deux à la fois ; ex. Ethiopie, 1985). Les riches n'ont rien à voir là-dedans. Si vous vous plaignez que dans tel pays du Tiers Monde des gens aient faim, ne commencez pas par empêcher l'achat des Ferrari ; militez pour qu'on chasse du pouvoir le dictateur véreux qui l'opprime. Mais c'est plus difficile, n'est-ce pas ? ;-)

Bon allez, pour détendre l'atmosphère, un lien amusant : http://perso.wanadoo.fr/patrick.madroll ... eress1.htm
Le texte n'est plus tout jeune, il date d'il y a plus de 10 ans ; certaines données ont donc vieilli. Mais le fond, à part une ou deux idées qui me chifonnent, reste valable.

A bientôt !
MB

PS : en fait, encore un détail à régler. Quand je vous dis qu'à l'Est autrefois, on n'avait le choix qu'entre telle voiture minable et telle voiture minable, toutes peu solides, peu sûres, polluantes et inconfortables, ce n'est pas anodin. C'était le signe visible de l'oppression, traduit en termes de consommation (= l'Etat emm... les gens, donc on voit partout les mêmes voitures) ; il ne s'agit pas que d'une affaire de choix d'automobile. C'est pour cela que ceux qui avaient la chance de voir l'Ouest se réjouissaient tellement : ils étaient sûrs de ne pas voir sans arrêt la même chose.

par wanderer » lun. 24 oct. 2005, 13:14

faut-il suivre ses instincts de justice, ses sentiments d'indignation devant ce type de comportements ? je ne crois pas, pas ici en tout cas.
Que faut-il suivre alors? Sa résignation? Qu'il faille ou pas réformer l'ISF, je n'en sais fichtre rien. J'ai juste dit qu'un tel impôt ne me semblait pas en soit illégitime, bien au contraire. Après, dans les faits, il faut étudier les différents facteurs, ce qui ferait plus de bien ou de mal puisqu'un tel impôt peut avoir des conséquences sur l'emploi en particulier et donc sur le bien commun. Ca, ce n'est plus de ma compétence. Vous poussez un peu mémé dans les orties à me faire passer pour un révolutionnaire! Quand ai-je dit que je ne voulais pas des moyens réguliers? :blink:
en poursuivant dans cette veine, je trouve qu'il y a, à penser comme vous le faites, un grand risque de conformisme. Une R5 vous suffit, et tant mieux (en plus, je trouve que cette voiture est très jolie, surtout si on la compare à la Clio qui l'a remplacée). Mais pourquoi chacun devrait-il faire comme vous ? Je ne veux pas d'un monde où chacun s'habille en H&M, roule en Mégane et se meuble en Ikea. Et encore, ça c'est la bonne version ; il fut un temps où en Pologne, quand les gens réussissaient à s'acheter une voiture, ils avaient le choix entre une Fiat 126 et une Fiat 125. La variété dans le monde, telle qu'elle nous est offerte aujourd'hui, nous permet de ne pas nous ennuyer, de réellement inventer le cadre de notre vie, et cette diversité vaut bien quelques dommages collatéraux de type "3 Ferrari". Soit dit en passant, l'argent dépensé en Ferrari n'est pas totalement perdu, puisqu'il pourvoit d'emplois une marque qui donne dans la qualité - et d'emplois en ouvriers qualifiés qui plus est.
Là encore, je me demande si vous ne faîtes pas exprès de me titiller. En parlant de ma R5, je voulais juste dire que l'argent est une idôle et qu'on se trompe un peu sur ce qui rend heureux. Il y a peut-être un juste milieu entre la diversité et la consommation toutes voiles dehors qui nous fait acheter des choses dont on n'a même plus besoin. Que dit le Christ à votre avis de quelqu'un qui s'achète une ferrari ou même quatre alors que des gens n'ont pas à manger? Je trouve sincèrement qu'avoir trop d'argent en ce monde est immoral. Est-ce qu'il revient à l'Etat de s'occuper de ça ou non, c'est là qu'est la question. Versailles aussi c'est beau, ça fait partie de notre patrimoine, on l'entretient et c'est normal. Est-ce qu'on a bien fait de le construire en affamant la population? On peut se poser la question. Non? Comme je sens à l'avance que vous allez me parler de Saint Pierre de Rome ou des églises luxueuses, je tiens à dire tout de suite que ça n'a rien à voir et que la louange divine a besoin de faste, que cela procure un grand bien spirituel aux fidèles, pour moi en tout cas et je sais ne pas être le seul. En revanche, avoir une ferrari, ça ne sert à rien si ce n'est à exacerber la volonté de puissance de certains et polluer la planète qui est à tout le monde et faire en plus des morts sur la route. Le conformisme, ce n'est pas avoir soif de justice, c'est d'idôlatrer des choses sans valeur comme les ferrari et avoir du mépris pour les fiat 126.

Cordialement,

Wanderer

:)

par MB » lun. 24 oct. 2005, 12:15

Bonjour !

Je voudrais répondre à tout le monde, mais il faut se maîtriser un peu et y mettre un peu d'ordre...

"Le problème, c'est que parmi ceux qui le payent, il y a des gens qui se vautrent dans un luxe tellement insupportable que j'ai du mal à ne pas me féliciter d'un tel impôt. "


Cher Wanderer, votre indignation devant la consommation ostentatoire de certains riches ne peut que vous attirer le respect. Moi aussi, quand je me promène rive droite et que je vois des minets conduisant une Ferrari avec une pépée blonde à côté, ça m'énerve. Mais il faut se dire qu'ils ont déjà leur récompense et qu'elle leur suffira largement. De plus, il faut se demander plusieurs choses :

- faut-il suivre ses instincts de justice, ses sentiments d'indignation devant ce type de comportements ? je ne crois pas, pas ici en tout cas. C'est de cette manière que l'on prépare, bien souvent, les choses les pires. Les communards qui ont incendié le palais des Tuileries, et qui ont bien failli détruire le Louvre avec tout ce qui s'y trouvait, fonctionnaient avec leurs tripes, à force de voir passer tant de belles calèches.
En suivant mes sentiments de justice, je peux d'ailleurs aller dans le sens contraire au vôtre : quand je vois un guichetier de préfecture qui traite les étrangers, même réguliers, comme des chiens, quand je vois une secrétaire de fac qui insulte les étudiants venus la consulter, quand je vois un juge d'instruction maintenir des innocents en prison, quand je vois des cégétistes réclamer encore plus d'argent public pour financer leurs pauses café, je pourrais très bien réclamer des mesures, disons, drastiques, pour mettre de l'ordre là-dedans... mais je reste quelqu'un de civilisé et je préfère la voie régulière.

- en poursuivant dans cette veine, je trouve qu'il y a, à penser comme vous le faites, un grand risque de conformisme. Une R5 vous suffit, et tant mieux (en plus, je trouve que cette voiture est très jolie, surtout si on la compare à la Clio qui l'a remplacée). Mais pourquoi chacun devrait-il faire comme vous ? Je ne veux pas d'un monde où chacun s'habille en H&M, roule en Mégane et se meuble en Ikea. Et encore, ça c'est la bonne version ; il fut un temps où en Pologne, quand les gens réussissaient à s'acheter une voiture, ils avaient le choix entre une Fiat 126 et une Fiat 125. La variété dans le monde, telle qu'elle nous est offerte aujourd'hui, nous permet de ne pas nous ennuyer, de réellement inventer le cadre de notre vie, et cette diversité vaut bien quelques dommages collatéraux de type "3 Ferrari". Soit dit en passant, l'argent dépensé en Ferrari n'est pas totalement perdu, puisqu'il pourvoit d'emplois une marque qui donne dans la qualité - et d'emplois en ouvriers qualifiés qui plus est.

Ou s'arrêter dans la censure de la consommation ostentatoire ? D'abord on refuse les Ferrari, puis on trouve que les Mercedes ont qqch de scandaleux, puis les BMW, puis les Audi, et à la fin il ne reste plus que des Fiat. On n'en finit jamais avec ce genre de logique. Le palais Pitti à Florence, que tout le monde admire de nos jours, fut pourtant un exemple même de dépense ostentatoire, au point que lorsque Côme l'ancien, le grand banquier Médicis, eut le projet devant lui, refusa de le suivre pour ne pas troubler le peuple de sa cité ; le palais fut donc construit par un autre banquier qui récupéra le projet, et maintenant nous sommes bien contents de pouvoir en profiter. Vous préférez une maison Phénix ?

- la vraie question à se poser, quand vous voyez de la "conspicuous consumption", c'est plutôt : d'où vient cet argent. S'agit-il de capitaines d'industrie ? alors ils jouissent du résultat de leur travail (c'est-à-dire de la satisfaction de leurs clients). S'agit-il de leurs héritiers ? alors ils utilisent, comme bon leur semble, l'argent dont ils disposent à la suite d'un don. S'agit-il d'actionnaires oisifs ? Alors ils jouissent du bon choix qu'ils ont fait, d'avoir financé des entreprises qui fournissaient des services satisfaisant leurs clients. S'agit-il de footballeurs ? ils ont fait rêver des millions des (télé)spectateurs, ce dont nous-mêmes sommes largement incapables, alors que peut-on leur reprocher ? Dans ce dernier cas, faites plutôt grief aux télespectateurs prêts à regarder leur poste et à gober les annonces de réclame, les fans qui achètent les T-shirts, etc. Mais pas aux footballeurs eux-mêmes, qui profitent de l'argent qu'ils ont honnêtement gagné (toutes affaires de dopage mises à part). Et une fois de plus, dites-vous qu'ils ont leur récompense.

En revanche, si les minets en Ferrari disposent d'une thune qui leur provient, directement ou non, des fruits de la domination étatique (type Lyonnaise des Eaux, ou fils Kadhafi en vacances à Paris, d'ailleurs pour le coup, il ne paie pas l'ISF), là vous pouvez vous scandaliser. Voilà en effet des gens qui gaspillent l'argent du contribuable. Mais en réagissant ainsi, vous irez droit au coeur des libéraux. :heart: :heart:

J'ai encore d'autres observations à faire, notamment à Bajulans, mais on ne peut pas tout dire à la fois. A tout à l'heure !

Fraternellement
MB

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