par MB » sam. 21 janv. 2006, 18:07
Bonjour DC
Je crois qu'il y a un certain nombre de malentendus. Je vous cite, et commente au fur et à mesure.
1° Quand je vous dis "Les Chiliens n'ont pas choisi Pinochet, les Russes n'ont pas désiré le régime communiste, etc.", vous me répondez : "Certes, mais les Espagnols ont choisis Zapatero, les Français ont choisis Chirac, et pourtant, ces deux-là sont fichtrement douteux". Zapatero est gauchiste ; Chirac est un clown ; assurément, ils ne sont pas des dirigeants idéaux. Mais vous jouez sur les mots ; les mettre en équivalence avec Pinochet ou Staline est tout à fait inapproprié. En 1973, si vous disiez non à Pinochet, vous finissiez torturé dans des geôles ; aujourd'hui, quand vous dites non à Chirac ou à Zapatero, ils ne peuvent rien vous faire. Il y a là une grande différence, me semble-t-il ; vouloir l'ignorer me paraît témoigner d'un étrange aveuglement.
2° "Sur quelles bases établissez-vous qu'un régime est totalitaire ou ne l'est pas? J'affirme pour ma part que la France a un état totalitaire. Qu'en pensez-vous ? "
Je pense beaucoup de mal de ce que vous dites. On peut dire qu'il y a des problèmes dans notre pays ; affirmer qu'il est totalitaire, c'est dire n'importe quoi. Est-ce qu'on met les gens en prison pour leurs opinions ? pour leur nationalité, leur race, leur appartenance de classe ? Ne peut-on pas dire ce que l'on pense, critiquer le pouvoir ou n'importe qui si l'on en a envie ? et, à l"inverse, approuver tout ce qu'on veut si cela nous chante ? Vivre comme on l'entend ? Ne me dites pas qu'avec tout ça, nous sommes un Etat totalitaire - la preuve même que nous ne le sommes pas, c'est l'existence de ce forum, sur lequel nous venons converser librement, sans nous sentir gênés ni importunés. Vous aurez compris qu'il suffit d'inverser toutes mes propositions pour avoir une idée de ce que peut être un Etat totalitaire.
Entre nous, dire ce que vous dites, ce n'est pas seulement de mauvaise foi, mais c'est aussi immoral ; cela revient à relativiser la portée des camps, des goulags, des laogaï, des génocides, etc. En vous lisant, un dictateur peut se dire : "ben quoi ? Vous m'accusez d'être totalitaire ? et chez vous alors"? et continuer ses crimes de plus belle.
3° "C'est sur nos propres perceptions du bien et du mauvais que nous établissons que tel régime est mauvais. Tant que la Vérité Universelle n'existera pas, je ne vois pas où serait notre légitimité à décider qu'untel est mauvais et untel est bon."
Assumez cette opinion à fond : dites, noir sur blanc, que le régime nazi ne peut pas faire l'objet d'un jugement moral.
4° "Avec des "si", on refait toute l'Histoire du monde en deux heures autour d'une table."
Avec des raisonnements pareils, on se résigne à tout accepter dans l'avenir.
Bien à vous
MB
Bonjour DC
Je crois qu'il y a un certain nombre de malentendus. Je vous cite, et commente au fur et à mesure.
1° Quand je vous dis "Les Chiliens n'ont pas choisi Pinochet, les Russes n'ont pas désiré le régime communiste, etc.", vous me répondez : "[i]Certes, mais les Espagnols ont choisis Zapatero, les Français ont choisis Chirac, et pourtant, ces deux-là sont fichtrement douteux[/i]". Zapatero est gauchiste ; Chirac est un clown ; assurément, ils ne sont pas des dirigeants idéaux. Mais vous jouez sur les mots ; les mettre en équivalence avec Pinochet ou Staline est tout à fait inapproprié. En 1973, si vous disiez non à Pinochet, vous finissiez torturé dans des geôles ; aujourd'hui, quand vous dites non à Chirac ou à Zapatero, ils ne peuvent rien vous faire. Il y a là une grande différence, me semble-t-il ; vouloir l'ignorer me paraît témoigner d'un étrange aveuglement.
2° "[i]Sur quelles bases établissez-vous qu'un régime est totalitaire ou ne l'est pas? J'affirme pour ma part que la France a un état totalitaire. Qu'en pensez-vous ?[/i] "
Je pense beaucoup de mal de ce que vous dites. On peut dire qu'il y a des problèmes dans notre pays ; affirmer qu'il est totalitaire, c'est dire n'importe quoi. Est-ce qu'on met les gens en prison pour leurs opinions ? pour leur nationalité, leur race, leur appartenance de classe ? Ne peut-on pas dire ce que l'on pense, critiquer le pouvoir ou n'importe qui si l'on en a envie ? et, à l"inverse, approuver tout ce qu'on veut si cela nous chante ? Vivre comme on l'entend ? Ne me dites pas qu'avec tout ça, nous sommes un Etat totalitaire - la preuve même que nous ne le sommes pas, c'est l'existence de ce forum, sur lequel nous venons converser librement, sans nous sentir gênés ni importunés. Vous aurez compris qu'il suffit d'inverser toutes mes propositions pour avoir une idée de ce que peut être un Etat totalitaire.
Entre nous, dire ce que vous dites, ce n'est pas seulement de mauvaise foi, mais c'est aussi immoral ; cela revient à relativiser la portée des camps, des goulags, des laogaï, des génocides, etc. En vous lisant, un dictateur peut se dire : "ben quoi ? Vous m'accusez d'être totalitaire ? et chez vous alors"? et continuer ses crimes de plus belle.
3° "[i]C'est sur nos propres perceptions du bien et du mauvais que nous établissons que tel régime est mauvais. Tant que la Vérité Universelle n'existera pas, je ne vois pas où serait notre légitimité à décider qu'untel est mauvais et untel est bon[/i]."
Assumez cette opinion à fond : dites, noir sur blanc, que le régime nazi ne peut pas faire l'objet d'un jugement moral.
4° "[i]Avec des "si", on refait toute l'Histoire du monde en deux heures autour d'une table.[/i]"
Avec des raisonnements pareils, on se résigne à tout accepter dans l'avenir.
Bien à vous
MB