par philémon.siclone » sam. 13 févr. 2010, 17:28
coeurderoy a écrit :Ouais, dites donc Laurent, c'est le goût des confiseurs à Noël qui s'empare de l'image de Marie "forte comme une armée en bataille"... stratégie de l"autre" pour en détourner les fidèles ma parole !!! La Sainte-Vierge est bien bonne et compatissante de continuer à déverser les grâces du Ciel, malgré tout !
Philémon je crois que les différentes réformes liturgiques ont correspondu aux besoins et charismes propres à des moments précis de l'Histoire de l'Eglise : les hommes des XII-XIIIème s. n'avaient plus rien à voir avec les serfs de l'époque mérovingienne : l'abbaye de Ligugé au temps de saint Martin n'était pas un prieuré grandmontain de 1200, un moine de Fleury des alentours de 800 n'avait rien à voir avec un Dominicain urbain du XIV ème... Bref, que saint Bernard ait considéré que les moines de son ordre, tout en rendant le culte dû à Dieu, devaient entrer aussi dans une certaine simplicité liturgique me semble intéressant en un temps qui revalorise fortement le travail manuel et se soucie de l'apostolat auprès des laïcs urbains...
Et que les musicologues regrettent telle ou telle perte... Louent-ils Dieu ces spécialistes ou se contentent-ils d'érudition et d'esthétisme liturgiques ?
Personnellement n'ayant guère le goût (malgré mon intérêt pour le symbolisme) de la "sacralisation du détail liturgique", je crois qu'il faut être pragmatique et rester conscients des besoins du temps ...
Que des Bénédictins soient experts dans l'exécution des neumes : bravo !
Que des ordres à vocation apostolique permettent aux fidèles de se sanctifier et de jubiler en pouvant s'associer facilement à la louange communautaire, c'est merveilleux je trouve (car on en vient vite à penser que les "spécialistes de l'office divin" sont juste bons à produire de beaux enregistrements de musique sacrée). Bref je trouve que la simplicité est souvent vertu lorsqu"elle ne tombe pas dans l'indigence...
Cordialement !
Certes, il faut accepter le développement organique de la vie de l'Eglise. Mais je vous rapportais seulement une opinion que je ne partage pas nécessairement. Et Marcel Perez est très loin d'être musicologue. C'est avant tout un artiste qui s'intéresse avant tout à l'esthétique de la liturgie. Cela ne veut pas dire pour autant que sa démarche soit dénuée de motifs spirituels.
Je suis d'accord qu'il ne faut pas sacraliser, voir fétichiser le "détail liturgique", de peur de tomber dans quelque idolâtrie. Cependant, il serait temps que l'on se soucie un jour du caractère esthétique qui se manifeste globalement dans la vie de l'Eglise, que ce soit dans l'art chrétien, l'architecture des nouveaux édifices, et même de l'aménagement des anciens monuments souvent dénaturés à l'intérieur, de leur mobilier, et bien sûr de l'expression musicale.
La MUSIQUE ! Un vaste problème de notre temps, ne trouvez-vous pas ? Aucun mode d'expression ne pose autant problème, ne dérange la sensibilité, ne viole les coeurs, n'indigne les sentiments, et ne divise les hommes autant que la musique. Personne n'est indifférent face à la musique. Les musulmans ont réglé le problème de façon radicale. Chez nous, il reste entier, surtout aujourd'hui.
Mais Benoît XVI, au début de son pontificat, a dit que tout rentrerait naturellement dans l'ordre, globalement en matière artistique, le jour où les catholiques auraient retrouvé une vraie vie de prière. Et je comprends donc où il veut en venir. Le Saint-Esprit d'abord. Après tout, ça relève de sa compétence. Et si les catholiques sont sincères, au-delà de leur sensibilité, ils doivent s'en remettre à ce que leur insuffle le Saint-Esprit. Ce dernier est, je crois, resté bien muet depuis 40 ans que souffle le fameux "Esprit du Concile", qui à mon avis n'est rien d'autre que les "fumées de Satan", pour reprendre le mot de Paul VI.
Si on repense à l'histoire d'Élie, c'est bien après le tonnerre, les éclairs, et la tempête, qu'enfin survient la légère brise divine. On a eu le tonnerre, les éclairs et la tempête du grand n'importe quoi des réformes post-Vatican II. Maintenant que les hommes ont tout gueulé, tout fracassé et tout piétiné, ils se retrouvent face à leur propre néant, au néant de leur "création", qui est davantage une destruction. On devait voir ce qu'on allait voir, avec l'Esprit du Concile. Et bien, à présent, que voit-on ? Rien. Désolation, ruine, langueurs. Voilà ce que l'on voit. Peut-être qu'après 40 ans de ce vrai concert de klaxon, ce tohu-bohu, que fut la réforme liturgique, ce vacarme tonitruant, ce Capharnaüm sonore, peut-être qu'à présent les hommes vont se mettre en prière pour invoquer réellement le Saint-Esprit, qui ne se manifeste jamais lorsque les hommes font du bruit, tout en se réclamant de lui.
[quote="coeurderoy"]Ouais, dites donc Laurent, c'est le goût des confiseurs à Noël qui s'empare de l'image de Marie "forte comme une armée en bataille"... stratégie de l"autre" pour en détourner les fidèles ma parole !!! La Sainte-Vierge est bien bonne et compatissante de continuer à déverser les grâces du Ciel, malgré tout !
Philémon je crois que les différentes réformes liturgiques ont correspondu aux besoins et charismes propres à des moments précis de l'Histoire de l'Eglise : les hommes des XII-XIIIème s. n'avaient plus rien à voir avec les serfs de l'époque mérovingienne : l'abbaye de Ligugé au temps de saint Martin n'était pas un prieuré grandmontain de 1200, un moine de Fleury des alentours de 800 n'avait rien à voir avec un Dominicain urbain du XIV ème... Bref, que saint Bernard ait considéré que les moines de son ordre, tout en rendant le culte dû à Dieu, devaient entrer aussi dans une certaine simplicité liturgique me semble intéressant en un temps qui revalorise fortement le travail manuel et se soucie de l'apostolat auprès des laïcs urbains...
Et que les musicologues regrettent telle ou telle perte... Louent-ils Dieu ces spécialistes ou se contentent-ils d'érudition et d'esthétisme liturgiques ?
Personnellement n'ayant guère le goût (malgré mon intérêt pour le symbolisme) de la "sacralisation du détail liturgique", je crois qu'il faut être pragmatique et rester conscients des besoins du temps ...
Que des Bénédictins soient experts dans l'exécution des neumes : bravo !
Que des ordres à vocation apostolique permettent aux fidèles de se sanctifier et de jubiler en pouvant s'associer facilement à la louange communautaire, c'est merveilleux je trouve (car on en vient vite à penser que les "spécialistes de l'office divin" sont juste bons à produire de beaux enregistrements de musique sacrée). Bref je trouve que la simplicité est souvent vertu lorsqu"elle ne tombe pas dans l'indigence...
Cordialement ![/quote]
Certes, il faut accepter le développement organique de la vie de l'Eglise. Mais je vous rapportais seulement une opinion que je ne partage pas nécessairement. Et Marcel Perez est très loin d'être musicologue. C'est avant tout un artiste qui s'intéresse avant tout à l'esthétique de la liturgie. Cela ne veut pas dire pour autant que sa démarche soit dénuée de motifs spirituels.
Je suis d'accord qu'il ne faut pas sacraliser, voir fétichiser le "détail liturgique", de peur de tomber dans quelque idolâtrie. Cependant, il serait temps que l'on se soucie un jour du caractère esthétique qui se manifeste globalement dans la vie de l'Eglise, que ce soit dans l'art chrétien, l'architecture des nouveaux édifices, et même de l'aménagement des anciens monuments souvent dénaturés à l'intérieur, de leur mobilier, et bien sûr de l'expression musicale.
La MUSIQUE ! Un vaste problème de notre temps, ne trouvez-vous pas ? Aucun mode d'expression ne pose autant problème, ne dérange la sensibilité, ne viole les coeurs, n'indigne les sentiments, et ne divise les hommes autant que la musique. Personne n'est indifférent face à la musique. Les musulmans ont réglé le problème de façon radicale. Chez nous, il reste entier, surtout aujourd'hui.
Mais Benoît XVI, au début de son pontificat, a dit que tout rentrerait naturellement dans l'ordre, globalement en matière artistique, le jour où les catholiques auraient retrouvé une vraie vie de prière. Et je comprends donc où il veut en venir. Le Saint-Esprit d'abord. Après tout, ça relève de sa compétence. Et si les catholiques sont sincères, au-delà de leur sensibilité, ils doivent s'en remettre à ce que leur insuffle le Saint-Esprit. Ce dernier est, je crois, resté bien muet depuis 40 ans que souffle le fameux "Esprit du Concile", qui à mon avis n'est rien d'autre que les "fumées de Satan", pour reprendre le mot de Paul VI.
Si on repense à l'histoire d'Élie, c'est bien après le tonnerre, les éclairs, et la tempête, qu'enfin survient la légère brise divine. On a eu le tonnerre, les éclairs et la tempête du grand n'importe quoi des réformes post-Vatican II. Maintenant que les hommes ont tout gueulé, tout fracassé et tout piétiné, ils se retrouvent face à leur propre néant, au néant de leur "création", qui est davantage une destruction. On devait voir ce qu'on allait voir, avec l'Esprit du Concile. Et bien, à présent, que voit-on ? Rien. Désolation, ruine, langueurs. Voilà ce que l'on voit. Peut-être qu'après 40 ans de ce vrai concert de klaxon, ce tohu-bohu, que fut la réforme liturgique, ce vacarme tonitruant, ce Capharnaüm sonore, peut-être qu'à présent les hommes vont se mettre en prière pour invoquer réellement le Saint-Esprit, qui ne se manifeste jamais lorsque les hommes font du bruit, tout en se réclamant de lui.