par coeurderoy » lun. 08 juin 2009, 15:46
Dimanche prochain 14 juin Fête-Dieu :
en réponse à Zélie :
"Au début du XIIIème s. vivait en Brabant, dans les environs de Nivelles, une pieuse femme qui jouissait d'une grande réputation de sainteté : quoique mariée, on l'avait vue, de concert avec son mari, se vouer de très bonne heure à une vie d'immolation et de prière, d'abord à Willammbrouck, auprès des lépreux, puis à Oignies, où elle devait mourir et d'où elle devait tirer son nom : Marie d'Oignies. La Vita de Marie d'Oignies, rédigée peu de temps après par Jacques de Vitry, est un incomparable document sur cette époque vraiment cruciale dans l'histoire spirituelle du Moyen-Age. (...) Elle fut peut-être l'une des premières à oser, dès l'aube du XIIIème siècle, exprimer le désir d'une communion plus fréquente. (...) Marie ne se contentait pas d'une adoration purement intérieure : après la Messe, elle aimait regarder longuement le calice vide posé sur l'autel, rejoignant ainsi une pratique suggérée par Anselme de Laon pour communier spirituellement. Elle est l'animatrice de tout un groupe de femmes pieuses, béguines, cisterciennes, augustines, dont l'influence devait creuser un profond sillon dans le terroir spirituel des Flandres et du Brabant.(...) En 1208, la religieuse augustine Julienne de Retinne eut cette célèbre vision, qu'à la lumière de ses révélations elle interpréta comme le désir formel d'une fête solennelle en l'honneur de l'Eucharistie (...) bientôt des prophéties, des communications célestes vinrent encourager Julienne à persévérer dans cette voie (...) le plus notable de ces phénomènes divins fut la vision mémorable où le Christ l'invita, dès 1208, à faire instituer une fête en l'honneur de Son Corps et de Son Sang (....) la fête pour laquelle, dès 1232, Julienne avait composé un office, put être célébrée pour la première fois à Liège en 1247. (...) Qu'aurait dit Julienne, morte en 1258, si elle avait pu prévoir que le pape Urbain IV, se déciderait, avant de mourir à imposer la fête nouvelle à l'Eglise universelle, et que saint Thomas d'Aquin en composerait lui-même l'office, la même année 1264 ?
(...) Les ordres religieux ne semblent pas avoir tardé à adopter la nouvelle solennité : les Carmes de Paris dès le XIVème s. comme les Franciscains de Toulouse ou les Bénédictins de Saint-Vaast. (...) Il paraît certain par ailleurs que que la date à laquelle la Fête-Dieu s'établit dans beaucoup d'églises ne doit pas être éloignée de l'année 1320. (...) une fête instituée en 1264 était encore appelée soixante ans plus tard "la nouvelle solennité du Corpus Christi". En 1320 (...) la Fête-Dieu avait dans la plupart des églises l'attrait de la nouveauté"
in : Le Christ selon la chair et la vie liturgique au Moyen-Age, par l'Abbé Edouard Dumoutet, directeur du séminaire d'Issy, Beauchesne et fils éd. 1932.
un ouvrage important sur la représentation eucharistique dans l'Art : L'Eucharistie dans l'Art, Maurice Vloberg, Arthaud 1946.
Un très beau cortège de la Fête-Dieu est représenté, notamment, sur la "Lettre d'indulgences en faveur d'Herkenrode", 1363, conservée à St-Trond (Belgique), reproduite page 170 in Saint Bernard et le monde cistercien, sous la direction de Léon Pressouyre et Terryl N. Kinder, CNMHS/Sand, 1990.
Dimanche prochain 14 juin Fête-Dieu :
en réponse à Zélie :
"Au début du XIIIème s. vivait en Brabant, dans les environs de Nivelles, une pieuse femme qui jouissait d'une grande réputation de sainteté : quoique mariée, on l'avait vue, de concert avec son mari, se vouer de très bonne heure à une vie d'immolation et de prière, d'abord à Willammbrouck, auprès des lépreux, puis à Oignies, où elle devait mourir et d'où elle devait tirer son nom : Marie d'Oignies. La [i]Vita[/i] de Marie d'Oignies, rédigée peu de temps après par Jacques de Vitry, est un incomparable document sur cette époque vraiment cruciale dans l'histoire spirituelle du Moyen-Age. (...) Elle fut peut-être l'une des premières à oser, dès l'aube du XIIIème siècle, exprimer le désir d'une communion plus fréquente. (...) Marie ne se contentait pas d'une adoration purement intérieure : après la Messe, elle aimait regarder longuement le calice vide posé sur l'autel, rejoignant ainsi une pratique suggérée par Anselme de Laon pour communier spirituellement. Elle est l'animatrice de tout un groupe de femmes pieuses, béguines, cisterciennes, augustines, dont l'influence devait creuser un profond sillon dans le terroir spirituel des Flandres et du Brabant.(...) En 1208, la religieuse augustine Julienne de Retinne eut cette célèbre vision, qu'à la lumière de ses révélations elle interpréta comme le désir formel d'une fête solennelle en l'honneur de l'Eucharistie (...) bientôt des prophéties, des communications célestes vinrent encourager Julienne à persévérer dans cette voie (...) le plus notable de ces phénomènes divins fut la vision mémorable où le Christ l'invita, dès 1208, à faire instituer une fête en l'honneur de Son Corps et de Son Sang (....) la fête pour laquelle, dès 1232, Julienne avait composé un office, put être célébrée pour la première fois à Liège en 1247. (...) Qu'aurait dit Julienne, morte en 1258, si elle avait pu prévoir que le pape Urbain IV, se déciderait, avant de mourir à imposer la fête nouvelle à l'Eglise universelle, et que saint Thomas d'Aquin en composerait lui-même l'office, la même année 1264 ?
(...) Les ordres religieux ne semblent pas avoir tardé à adopter la nouvelle solennité : les Carmes de Paris dès le XIVème s. comme les Franciscains de Toulouse ou les Bénédictins de Saint-Vaast. (...) Il paraît certain par ailleurs que que la date à laquelle la Fête-Dieu s'établit dans beaucoup d'églises ne doit pas être éloignée de l'année 1320. (...) une fête instituée en 1264 était encore appelée soixante ans plus tard "la nouvelle solennité du Corpus Christi". En 1320 (...) la Fête-Dieu avait dans la plupart des églises l'attrait de la nouveauté"
in : [i]Le Christ selon la chair et la vie liturgique au Moyen-Age,[/i] par l'Abbé Edouard Dumoutet, directeur du séminaire d'Issy, Beauchesne et fils éd. 1932.
un ouvrage important sur la représentation eucharistique dans l'Art : [i]L'Eucharistie dans l'Art[/i], Maurice Vloberg, Arthaud 1946.
Un très beau cortège de la Fête-Dieu est représenté, notamment, sur la "Lettre d'indulgences en faveur d'Herkenrode", 1363, conservée à St-Trond (Belgique), reproduite page 170 in [i]Saint Bernard et le monde [/i][i]cistercien,[/i] sous la direction de Léon Pressouyre et Terryl N. Kinder, CNMHS/Sand, 1990.