Sécurité dans les collèges et les lycées

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Re: Sécurité dans les collèges et les lycées

par FturChretiienne » jeu. 21 mai 2009, 10:24

Je l'avoue, il y a de plus en plus de morts, accidents, violences, injures ...
Dans l'enceinte d'un college ou d'une ecole primaire.
Mon avis ; Quand je serais parent j'expliquerai bien a mon enfant la difference de la realité et la fiction .

Voilà .
Marion .


Allez, de toutes les nations faites des disciples, les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, et leur apprenant à observer tout ce que je vous ai prescrit. Et moi, je suis avec vous pour toujours, jusqu’à la fin du monde " (Mt 28, 19-20).

Re: Sécurité dans les collèges et les lycées

par Fée Violine » mer. 20 mai 2009, 23:24

Oui, j'avais vu ! ;)

Re: Sécurité dans les collèges et les lycées

par zélie » mer. 20 mai 2009, 22:10

tiens, un bel exemple d'humour non compris par une ado, et en plus c'est moi la fautive!

viewtopic.php?f=128&t=8618&p=81854#p81854

Re: Sécurité dans les collèges et les lycées

par Fée Violine » mer. 20 mai 2009, 19:45

Une fois, un directeur de mes connaissances, devant la centième fois qu'un grand de presque 10 ans lui montrait un bobo invisible, m'a raconté qu'il lui a répondu "bon, allez, je vais chercher la hache", sur quoi le gamin, loin d'en rire et de se remettre de son bobo indolore, a changé de couleur et y a cru dur comme fer; soit, du coup, il n'a plus eu mal. Mais cela illustre le décalage entre la vision d'un même monde par deux personnes différentes, l'adulte expérimenté et l'enfant, même déjà un peu grand.
En effet les enfants manquent d'humour, ils ont tendance à croire ce qu'on leur dit. J'ai toujours veillé à ne pas raconter de salades à mes enfants, mais je n'y ai encore pas assez veillé car une de mes filles, devenue grande, m'a dit (à ma grande confusion) qu'étant petite elle croyait à l'histoire de la petite souris que je leur avais racontée. Pour moi c'était évident que c'était une histoire, mais elle l'avait prise au mot, jusqu'au jour où elle m'a vue mettre la pièce sous l'oreiller et où elle a compris qu'il s'agissait d'une grosse souris ! Elle ne m'en a pas voulu.

Re: Sécurité dans les collèges et les lycées

par zélie » mer. 20 mai 2009, 18:35

Cher BLJP,

il n'y a pas de solution toute prête, de modélisation psychologique de ce genre de cas. La solution, s'il y en a une, ne peut être qu'une construction qui s'inscrit dans le temps et qui demande à chaque protagoniste d'être acteur de cette démarche; vous comprenez bien que c'est loin d'être gagné; il n'y a pire sourd que celui qui ne veut pas entendre!
La personnalité des parents et leur niveau de compréhension de ce qui se joue dans l'éducation d'un enfant est primordiale, mais sans vouloir jeter la pierre à qui que ce soit, il me paraît évident que la première épine du problème que vous soulevez est là -et c'est loin d'être la seule-. Ces situations que l'on constate -dans les écoles pour vous- ne sont que la surface émergée d'un iceberg prenant ses racines dans l'histoire personnelle des ascendants de l'enfant. Comment a-t-il été élevé ce papa? ou comment a-t-il été abandonné à s'élever tout seul?
Parce que comme s'insurge Féé Violine, les enfants ne s'éduquent jamais tout seuls, c'est vrai, mais ce n'est pas acquis dans la tête de beaucoup de parents; les discours démissionnaires et les attitudes résignées des parents sont légion, et on ne peut que le constater, où que l'on croise un enfant.

Pour en revenir au cas qui vous préoccupe, soyez certain que le temps révèlera dans la douleur la négation de l'enfantsi elle est réelle, surtout à partir de son adolescence; il y aura un moment où cet homme en devenir, pour se réaliser, devra le faire en réalisant ce qui le porte, et ce qui le portera, ce sera son projet personnel, pas celui de son père, comme cela semble être le cas actuellement. Maintenant quel sera le degré de rupture ou d'adhésion de son projet, personne ne peut le savoir. On a tous vu des artisans (horlogers, ébénistes ou autre) passer le relais dans le bonheur à cinq générations après eux; mais certes il est plus facile d'imaginer ce relais autour d'une passion et d'un amour constructif pour la belle ouvrage que dans le cas du catch.

Ce qui peut être fait à moindre frais, c'est d'élargir l'horizon de cet enfant, par tout ce que quelqu'un comme vous peut lui apporter; ailleurs, dans d'autres familles, ça se passe autrement, on partage d'autres passions, et on les partage autrement; ça peut faire l'objet d'un débat de classe.
La classe, c'est aussi l'occasion de découvrir des tas de choses intéressantes qui peuvent accrocher un enfant, le monde de la connaissance est tellement vaste; les animaux, les techniques, la littérature, surtout celle qui donne à penser et à ne pas se satisfaire du confort habituel dépourvu de questionnement; la poésie, la découverte plastique, etc... trouver un fil en fait et y tirer dessus pour dérouler un chemin accessible à cet enfant.
En fait, au bout du compte, ce qu'il faut qu'il réalise, c'est cette question: "est-ce que la situation telle qu'elle est lui va parfaitement? Est-ce qu'il a envie qu'elle dure? Si on lui donne suffisamment d'espace intellectuel pour lui permettre d'établir des comparaisons, qu'est-ce qu'il aurait vraiment envie de voir changer dans ses rapports avec son père?", mais il ne faut pas lui poser cette question, juste donner un maximum d'occasion pour que cette réflexion se fasse un jour.
Et il se peut qu'à ce questionnement il estime que tout va bien ainsi et que rien ne doive changer; mais au moins, ce sera alors son choix.

Il y a quand même un point qui mérite discussion: quel est le rapport réel de l'enfant et de son père? Le projet autour du catch rend-il l'enfant heureux et épanoui? Même si de l'extérieur on ne voit qu'un enfant violent, de l'intérieur, le partage entre le père et le fils ne s'arrête-t-il qu'à une somme de violence et de bêtise? Si la position des soeurs devient trop inconfortable, il faut encourager les filles à parler de leur inconfort à leurs parents, autant de fois qu'il le faudra pour que les choses se calment au moins. Mais ça aussi c'est dur à faire, pour les filles s'entend.
Quelle est la mesure de sa violence envers sa fratrie, et quel en est le regard du père? Un premier pas vers la prise de conscience peut se faire par là.

Mais il y a encore une chose que le papa semble ignorer, et de fait que 90% des parents ignorent: c'est que la vision d'un même monde par un enfant et par un adulte sont aux antipodes l'une de l'autre; ce phénomène est bien pointé dans la pub visant à mettre les parents en garde contre ce que voit l'enfant à la télé en leur compagnie, et qui à eux leur semble anodin, alors que c'est loin de l'être pour le petit.
Ce cas de figure peut être généralisé, parce que l'enfant, jusqu'à l'âge où il va mettre en place une critique de son parent, voit le monde comme son parent veut qu'il le voit tellement il se situe dans l'adhésion au parent, objet de son amour, vecteur de sa survie.
Dans l'esprit d'un garçon de sept ans, "si le catch c'est bien pour papa, alors c'est que c'est bien", point. C'est pas bien que pour papa, c'est BIEN, et pour tout le monde; sur ce point aussi un enseignant peut travailler pour inviter l'enfant à réfléchir, à se reculer de sa position d'enfant trop fusionnel.
Et d'autre part, le rapport à la réalité de l'enfant étant sans nuance faute d'expérience, ce qu'il voit c'est toujours vrai, puisqu'il le voit; s'il voit un homme tomber et se faire tordre le bras, il ne se dit jamais :
"mais en fait, c'est du vent il ne l'a pas vraiment tordu"
non, il se dit :
"j'ai vu le bras se tordre, donc on lui a tordu le bras, et ça fait mal";
il prend sa vision du monde pour argent comptant parce qu'il ne peut se fier qu'à ce qu'il a, sa vue, et son vécu d'enfant, où tordre un bras, ça fait toujours mal.
Une fois, un directeur de mes connaissances, devant la centième fois qu'un grand de presque 10 ans lui montrait un bobo invisible, m'a raconté qu'il lui a répondu "bon, allez, je vais chercher la hache", sur quoi le gamin, loin d'en rire et de se remettre de son bobo indolore, a changé de couleur et y a cru dur comme fer; soit, du coup, il n'a plus eu mal. Mais cela illustre le décalage entre la vision d'un même monde par deux personnes différentes, l'adulte expérimenté et l'enfant, même déjà un peu grand.
Et l'expérience chez l'enfant est déterminante de sa personnalité, ne serait-ce que par les limites, les garde-fous, qu'elle impose à l'enfant et qui lui permettent de mettre en place un comportement prudent et sécurisant. Mais il faut du temps pour cela.

De mon coté, j'adorerais avoir votre avis d'enseignant averti sur ce cas.

Amicalement,

Zélie

Re: Sécurité dans les collèges et les lycées

par BJLP » mer. 20 mai 2009, 14:34

BLJP, lorsque vous parlez du papa accro au catch et y poussant allègrement son rejeton miniature mais pour l'instant, et croyez-moi quand les proportions du rejeton changeront, le regard de la famille changera aussi, mais trop tard, j'ai l'impression que c'est un exemple-typique de la négation de l'enfant deuxième génération: à un papa anciennement symboliquement abandonné par ses parents dans leur rôle de constructeurs de la personnalité, correspond une attitude en regard aujourd'hui; "je suis complice de mon enfant, mais à travers mon caprice, pour mon plaisir, que j'impose à l'enfant, pas pour la réalisation de lui-même de cet enfant, à travers ses propres choix".
Comment faire pour que ce père de famille comprenne que ce qu'il agit avec son fils est négatif pour ce jeune de sept ans?

Re: Sécurité dans les collèges et les lycées

par BJLP » mer. 20 mai 2009, 14:17

Cgs a écrit :
Fée Violine a écrit :Merci pour cette intéressante vidéo. Mais il s'agit là d'instruction, pas d'éducation. Et concernant l'instruction, j'étais bien sûr au courant de cette idée que l'enfant doit redécouvrir le savoir par lui-même (et il me semble que la bonne façon de l'appliquer est la maïeutique, et ça c'est pas nouveau !)
Mais concernant l'éducation ? Je ne pense pas qu'il y ait des théoriciens pour dire que les parents sont inutiles. Les parents qui laissent leurs enfants seuls devant la télé le font par négligence ou par fatigue, mais sûrement pas par idéologie ! Non ?
Bonjour,

Vous avez tout à fait raison sur la distinction éducation / instruction. Je vais préciser les choses.

Etant enseignant depuis plusieurs années, j'ai pu observer plusieurs choses. Tout d'abord, l'instruction ne peut bien se passer que si l'éducation a été menée correctement. Il y a une forte corrélation entre absence d'éducation (ou insuffisance, c'est selon) et réussite de l'instruction, c'est indéniable. En effet, l'institution scolaire a ses règles impératives à respecter (pas de retard, fournir le travail demandé, conserver de bons rapports sociaux avec ses camarades et les enseignants, etc). Si à la maison les cadres n'ont pas été posés, comment espérer que les règles scolaires seront respectées ? C'est une utopie...

Deuxièmement, vous avez des parents qui estiment qu'il ne faut pas brimer l'enfant avec des contraintes trop fortes, il faut lui donner une autonomie très jeune, le laisser faire ses expériences sans le gronder quand il fait une bêtise, etc. C'est destructeur, dans le sens où l'enfant manquera de repères clairs pour construire sa vie d'adulte. Et là, je parle bien d'éducation.

Quelques exemples actuels où l'éducation est laxiste dans de nombreuses familles : les horaires de coucher et de lever de l'enfant (il veille tard pour regarder la télévision), les horaires de repas et la rigueur de l'alimentation (on ne mange pas trop sucré, varié, et seulement à heures fixes ; malheureusement, le grignotage est légion chez les enfants, ce qui explique en partie l'augmentation de l'obésité infantile), les règles de politesse et de savoir-vivre, l'hygiène corporelle, le nettoyage de son espace de vie (ménage, vaisselle, participation à la vie de famille), etc.

Pour avoir rencontré des pelletés d'élèves (et même d'étudiants, donc dans l'enseignement supérieur !) qui manquaient de la plus élémentaire éducation, on peut dire que l'idée d'une éducation laxiste a imprégné les consciences depuis des décennies. On n'arrive pas à un tel résultat par hasard.

Bien à vous,
_______________________________________
Fée Violine fait remarquer que de dire : " les enfants s'éduquent tout seul cela n'existe pas "
Ce n'est pas tout à fait vrai dans sa réponse car les bandes de jeunes créent leurs propres règles et lois puisque les règles élémentaires qui devraient venir des parents n'existent plus.
Pourquoi a-t-on retirer les phrases de morales et l'instruction civique dans les écoles du primaire public?
Ces petites phrases de morales et de civismes le maitre nous demandait d’ écrire au début de chaque semaine ou chaque jour avaient du bon.
Les élèves respectaient leurs maîtres et maitresses.
Il n'y avait pas de réplique de la part des jeunes du style : " tu es une femme je ne t'obéi pas" ou tu es une femme je n'ai pas d'ordre à recevoir de toi" Une de mes nièce professeur des écoles en primaire ( CM1) a eu ce genre de réflexion en pleine classe. (50% de musulmans)
Qui éduque un enfant mâle à répondre ainsi?
Les enfant se copient les uns les autres pas forcement en bien.

Ayant fait de la J OC de 1958 à 1968 je constate qu'à cette époque les jeunes même en bande n' avaient pas ces comportement agressifs avec une telle hargne envers les adultes et l'autorités des parents, des enseignant, de la société.
Je crois que nous payons au prix fort les excès de 1968. Et pourtant je suis de ceux qui ont fait mai 68.
Ne pas brimer au sens punition physique cela passe, mais faire preuve de laxisme il y a un pas qu’il ne faut pas franchir sur ce pont je rejoins votre propos.
J’ai reçu des fessées de mon père et des coups de règle sur les doigts de la part d’un maîtresse en CM1 dont je me souviens.
Je ne suis pas pour autant devenu un demeuré, ou un révolté.
Tout est dans la manière de punir un enfant.
Si on ne fait que punir on fait naître la révolte.
Si on punit et que l’on explique la punition et surtout qu’on l’applique ont éduque .
D’autre part si un père estime justement de punir un de ses enfants il ne faut pas que la mère contredise cette punition , la réciproque est valable.
Si un professeur, un maitre d’école punit un de ses élèves , justement, il ne faut pas que les parents contredisent la punition si elle est réellement justifiée.

Actuellement si un maitre dit un mot de travers envers un élève c’est le maitre qui aux yeux des parents et de l’élève qui a tord.
Mais si un élève insulte un maitre on réagit avec mollesse et il faut y aller avec des pincettes.
Cela va jusqu'au coup de couteau.

Il faudrait créer l’école des parents car en fin de compte on est parents sans avoir vraiment reçu une formation de parents.
On ne fait que reproduire ce que nous avons reçu et je vous laisse penser à ce qui arrive à ceux qui n’ont jamais rien reçu de leurs parents . C’est jeunes Là s’éduquent eux même avec tous les débordements que cela entraine.

Ce qui est grave actuellement c’est que seul la répression est mise en avent.

Si Mai 68 a entrainer un changement de société il faudrait vite fait bien fait revoir la copie avec le recule et l’ expériences des erreurs commises .
Ai-t-on prêt à le faire et à la vouloir ?

Je fais confiance aux jeunes actuellement même si il y a des dérapages .
Si demain ont veut vivre encore libre et digne il leur faudra réagir et je crois que nous reviendrons à plus de sagesse.
Mais au fait à quel âge est-on sage ?
« « Le plus grand savant du monde est un imbécile si il n’a pas d’éducation » »
Ne me demandez pas qui a dit cela c’est une simple réflexion de ma part

Amicalement

Re: Sécurité dans les collèges et les lycées

par BJLP » mer. 20 mai 2009, 12:06

Fée Violine a écrit :J'ai entendu à la radio l'avocat du gamin, (qui proteste parce que son client a été mis en prison avec des adolescents beaucoup plus âgés, alors qu'il y avait des solutions moins traumatisantes), il disait que le gamin commence à réaliser ce qu'il a fait. Encore heureux qu'il prenne conscience ! Mais ça veut dire qu'au début, il ne réalisait pas ce qu'il avait fait, son acte n'avait donc peut-être aucun sens, aucune intention...

D'autre part, je n'ai jamais entendu le slogan que cite BJLP "les enfants s'éduquent tout seuls". Qui peut bien dire une chose aussi fausse ???
désolé de confirmer mais j'ai entendu ce genre de réflexion .
Elle est navrante mais elle a été.

Re: Sécurité dans les collèges et les lycées

par zélie » mer. 20 mai 2009, 11:36

Cgs a écrit : On n'arrive pas à un tel résultat par hasard.
Oh oui, tout à fait.
Et ce non-hasard, cette préparation pluri-décennale, doit nous faire élargir le débat au-delà des symptômes; ce qu'on voit aujourd'hui, et que l'on nomme "défaut d'éducation" ne peut s'inscrire que dans un phénomène bien antérieur et bien plus vaste, et ce serait intéressant d'en débattre. Mais là je risque d'être un peu larguée, manque de recul oblige.

Re: Sécurité dans les collèges et les lycées

par Cgs » mer. 20 mai 2009, 9:58

Fée Violine a écrit :Merci pour cette intéressante vidéo. Mais il s'agit là d'instruction, pas d'éducation. Et concernant l'instruction, j'étais bien sûr au courant de cette idée que l'enfant doit redécouvrir le savoir par lui-même (et il me semble que la bonne façon de l'appliquer est la maïeutique, et ça c'est pas nouveau !)
Mais concernant l'éducation ? Je ne pense pas qu'il y ait des théoriciens pour dire que les parents sont inutiles. Les parents qui laissent leurs enfants seuls devant la télé le font par négligence ou par fatigue, mais sûrement pas par idéologie ! Non ?
Bonjour,

Vous avez tout à fait raison sur la distinction éducation / instruction. Je vais préciser les choses.

Etant enseignant depuis plusieurs années, j'ai pu observer plusieurs choses. Tout d'abord, l'instruction ne peut bien se passer que si l'éducation a été menée correctement. Il y a une forte corrélation entre absence d'éducation (ou insuffisance, c'est selon) et réussite de l'instruction, c'est indéniable. En effet, l'institution scolaire a ses règles impératives à respecter (pas de retard, fournir le travail demandé, conserver de bons rapports sociaux avec ses camarades et les enseignants, etc). Si à la maison les cadres n'ont pas été posés, comment espérer que les règles scolaires seront respectées ? C'est une utopie...

Deuxièmement, vous avez des parents qui estiment qu'il ne faut pas brimer l'enfant avec des contraintes trop fortes, il faut lui donner une autonomie très jeune, le laisser faire ses expériences sans le gronder quand il fait une bêtise, etc. C'est destructeur, dans le sens où l'enfant manquera de repères clairs pour construire sa vie d'adulte. Et là, je parle bien d'éducation.

Quelques exemples actuels où l'éducation est laxiste dans de nombreuses familles : les horaires de coucher et de lever de l'enfant (il veille tard pour regarder la télévision), les horaires de repas et la rigueur de l'alimentation (on ne mange pas trop sucré, varié, et seulement à heures fixes ; malheureusement, le grignotage est légion chez les enfants, ce qui explique en partie l'augmentation de l'obésité infantile), les règles de politesse et de savoir-vivre, l'hygiène corporelle, le nettoyage de son espace de vie (ménage, vaisselle, participation à la vie de famille), etc.

Pour avoir rencontré des pelletés d'élèves (et même d'étudiants, donc dans l'enseignement supérieur !) qui manquaient de la plus élémentaire éducation, on peut dire que l'idée d'une éducation laxiste a imprégné les consciences depuis des décennies. On n'arrive pas à un tel résultat par hasard.

Bien à vous,

Re: Sécurité dans les collèges et les lycées

par Fée Violine » mer. 20 mai 2009, 9:45

Merci pour cette intéressante vidéo. Mais il s'agit là d'instruction, pas d'éducation. Et concernant l'instruction, j'étais bien sûr au courant de cette idée que l'enfant doit redécouvrir le savoir par lui-même (et il me semble que la bonne façon de l'appliquer est la maïeutique, et ça c'est pas nouveau !)
Mais concernant l'éducation ? Je ne pense pas qu'il y ait des théoriciens pour dire que les parents sont inutiles. Les parents qui laissent leurs enfants seuls devant la télé le font par négligence ou par fatigue, mais sûrement pas par idéologie ! Non ?

Re: Sécurité dans les collèges et les lycées

par Cgs » mer. 20 mai 2009, 9:28

Fée Violine a écrit : D'autre part, je n'ai jamais entendu le slogan que cite BJLP "les enfants s'éduquent tout seuls". Qui peut bien dire une chose aussi fausse ???
Bonjour,

Malheureusement, certaines pédagogies partent de ce principe. Il s'agit non de transmettre à l'enfant des savoirs, savoir-faire, savoir-être, mais de lui faire reconstruire la connaissance, de manière inductive. Preuves que cela ne fonctionne pas : l'échec patent des méthodes de lecture globale, d'apprentissage des mathématiques par l'exercice uniquement, ou la négligence d'apprentissage de la grammaire, de la conjugaison, du vocabulaire en français et en langues étrangères.

Un documentaire qui évoque la question :

http://www.dailymotion.com/relevance/se ... -le_school

Et imaginez ce que cela peut être à la maison, quand on laisse les enfants devant la télévision ou seuls livrés à eux-mêmes. Il y a donc un vrai problème éducatif de la jeunesse actuelle. Ce n'est pas un problème récent, mais notre société cosmopolite rend les choses plus visibles.

Bien à vous,

Re: Sécurité dans les collèges et les lycées

par Fée Violine » mer. 20 mai 2009, 9:19

C'est sans doute plus compliqué que ça, car certains de ces jeunes agresseurs sont des enfants sans problèmes venant de familles normales (j'ai entendu, toujours à la radio, le cas d'un ado bon élève sans problème scolaire ni familial, qui pris d'un coup de folie (?) a poignardé un de ses profs). Mais vu tout le temps qu'ils passent tous sur internet à voir Dieu sait quoi, les enfants de maintenant sont davantage élevés par les médias que par leurs parents, qui ne savent pas toutes les influences que leurs enfants reçoivent...
Même ici dans notre petite ville où il ne se passe jamais rien, il y a eu récemment une affaire de "happy slapping" (je crois que c'est le nom) : des ados tabassent quelqu'un pour s'amuser et filment la scène. Deux filles de 17 ans ont torturé et humilié une fille de 14 ans prise au hasard, pendant qu'une fille de 15 ans filmait le tout. Et ce que je trouve le plus effrayant, c'est que ces filles rigolaient en sortant du commissariat, elles ne réalisaient absolument pas qu'elles avaient fait quelque chose de mal...

Re: Sécurité dans les collèges et les lycées

par zélie » mer. 20 mai 2009, 8:46

tout à fait, Anne, la victime reste avec son traumatisme, et son isolement, parce qu'on va s'interroger sur l'agresseur, et elle rien. Je vois bien de quoi tu parles.

Mais si on accepte pas de s'interroger beaucoup sur cet agresseur-là, il continuera à agresser, et il continuera un "phénomène en arbre": il va agresser quelqu'un, qui va à son tour agresser (autrement, mais agresser quand même) quelqu'un d'autre, et ainsi de suite... Certains agressés seront les agresseurs de demain, en surenchère de violence de ce qu'ils ont subi, parce que leur personnalité, leur mentalité socio-culturelle les conditionne ainsi. Autant quand on nous donne de l'amour on a envie de le rendre décuplé, et cela semble normal à tous, autant il en est de même pour l'acte violent, même si cela ne semble normal à personne.
Et aujourd'hui, tous les agresseurs ne trouvent pas forcément une personne inspirée sur leur chemin qui arrivera à les tirer assez vers le haut pour les sortir de leur spirale infernale, semeuse d'autres spirales infernales.

Et il est vrai qu'il faut aussi s'interroger sur les causes multiples de ces comportements violents; on ne peut en exclure ni l'influence du milieu, ni l'influence du phénomène de société, la télé, et le cortège des jeux.
BLJP s'interroge sur le rôle du père; c'est effectivement un rôle primordial, peut-être le rôle principal dans la construction du surmoi de l'individu; mais pour cela il faudrait au père un emploi stable et valorisant, un repas suffisant sur la table pour sa famille quotidiennement, un logement convenable, et un père impliqué totalement dans l'éducation des ses rejetons. On est loin du compte, et la société crée cela. Comment reconnaître, pour un garçon, l'autorité et les conseils d'un père dans un ivrogne, chômeur, père abandonnique, bref, le genre de père que l'on croise partout (enfin, moi en tout cas).
Mais c'est vrai que le milieu n'exclut pas la souffrance de l'enfant, mais justement, quand on écoute un agresseur des beaux quartiers, son discours rejoint étrangement le discours de l'adolescent suicidaire des beaux quartiers: il y a eu souffrance, et pas qu'un peu.

Je connais un petit garçon de trois ans, hyperviolent, qui manifeste clairement des signes de souffrance de la place d'enfant dans sa famille. Son papa n'a jamais travaillé, s'imagine geek alors qu'il ne fait que jouer à la guerre sur son ordi tout seul, et la famille vit dans 18 mètres carrés faute de travail des deux parents. Et je passe les détails. C'est ainsi que commence la vie des futurs agresseurs, par la négation de leur personne-enfant au sein du groupe qui les accueille le premier, la famille. Ils ont alors beau jeu ensuite, à l'adolescence, de rejeter cette famille qui ne s'est jamais aperçue qu'ils sont nés et d'intégrer une bande sauvage avec ses propres lois. Il y eu une époque où en faisait des romans dérangeants.
BLJP, lorsque vous parlez du papa accro au catch et y poussant allègrement son rejeton miniature mais pour l'instant, et croyez-moi quand les proportions du rejeton changeront, le regard de la famille changera aussi, mais trop tard, j'ai l'impression que c'est un exemple-typique de la négation de l'enfant deuxième génération: à un papa anciennement symboliquement abandonné par ses parents dans leur rôle de constructeurs de la personnalité, correspond une attitude en regard aujourd'hui; "je suis complice de mon enfant, mais à travers mon caprice, pour mon plaisir, que j'impose à l'enfant, pas pour la réalisation de lui-même de cet enfant, à travers ses propres choix".


D'un point de vue personnel, je ne sais pas si l'appareil légal doit être tant que ça remis en cause: cet appareil existe, et il n'est pas boudé par les juges. Peut-être que son inefficacité partielle vient du manque de juges face aux statistiques des délits, peut-être qu'une réflexion autour du système pénal mériterait de voir le jour, puisqu'on ne peut nier que ces agresseurs ont surtout besoin d'une refonte de leur rapport à l'autre, et qu'il n'est pas sûr que la prison soit la réponse qui permette de transformer l'agresseur en citoyen non violent.
Puisque c'est quand même cela qu'au bout du compte on cherche, pour la paix de tous.

Je reste quand même sur la position que la violence de l'agresseur doit être décelée en amont de l'acte, et que tout doit être fait avant l'adolescence pour que cela ne déborde pas en agression lors de l'adolescence. C'est vrai que le milieu n'exclut pas la souffrance de l'enfant, mais justement, quand on écoute un agresseur des beaux quartiers, son discours rejoint étrangement le discours de l'adolescent suicidaire des beaux quartiers: il y a eu souffrance, et pas qu'un peu.

C'est vrai aussi que si du jour au lendemain, on est parent, ça ne fait pas pour autant de nous des parents. On devient parent parce qu'on a un projet de parentalité et qu'on fait beaucoup d'effort pour comprendre de quoi il en retourne, et pour s'améliorer constamment. Mais le problème, c'est que souvent les bébés arrivent bien plus facilement que la compréhension des conséquences de nos actes.
Cette déparentalité pose aussi la question de la famille; quelle est l'image de la famille aujourd'hui? Cette image, qui a été pendant des siècles verticale, de trois ou quatre génération, est aujourd'hui réduite à "parents+enfants", et statistiquement, elle va bientôt se retrouver à "mère abandonnée et perdue+enfant+avortement de tous les bébés suivants". Comment un parent biologique peut être aidé à devenir parent affectif dans de telles conditions d'isolement? Comment un parent peut s'investir quand il faut deux boulots pour nourrir sa famille, et qu'il n'y a plus mamie pour garder les enfants?
Cette perte des repères reposant sur la famille nous replonge encore un coup au coeur de la société que nous construisons chaque jour, par nos actes, par nos choix.

Re: Sécurité dans les collèges et les lycées

par Fée Violine » mer. 20 mai 2009, 8:27

J'ai entendu à la radio l'avocat du gamin, (qui proteste parce que son client a été mis en prison avec des adolescents beaucoup plus âgés, alors qu'il y avait des solutions moins traumatisantes), il disait que le gamin commence à réaliser ce qu'il a fait. Encore heureux qu'il prenne conscience ! Mais ça veut dire qu'au début, il ne réalisait pas ce qu'il avait fait, son acte n'avait donc peut-être aucun sens, aucune intention...

D'autre part, je n'ai jamais entendu le slogan que cite BJLP "les enfants s'éduquent tout seuls". Qui peut bien dire une chose aussi fausse ???

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