par coeurderoy » lun. 18 mai 2009, 10:26
En écho à la Vierge de Douleur de Germain Pilon (terre cuite du Louvre présentée par Anne) ce Marbre (en l'église St-Paul-St-Louis de la rue St Antoine), Germain Pilon, 1586.
témoignage sur Edith Stein, soeur Thérèse Bénédicte de la Croix, recueilli auprès de Mme Bromberg, internée à Westerbork en compagnie de ses deux fils, jumeaux : tous trois échappèrent à la mort, l'un des frères devint prêtre Dominicain :
"Ce qui la distinguait des autres religieuses c'était son silence. J'ai eu l'impression qu'elle était triste jusqu'au fond de l'âme, mais non pas angoissée. Je ne sais comment dire mais le poids sa douleur semblait immense, écrasant, si bien que, lorsqu'elle souriait, ce sourire venait d'une telle profondeur de souffrance, qu'il faisait mal. Elle parlait à peine, et regardait souvent sa soeur Rose avec une indicible expression de tristesse. Sans doute prévoyait-elle leur sort à toutes. Elle était la seule qui, ayant fui l'Allemagne, pressentait le pire, tandis que les Trappistines nourrissaient encore des illusions, parlant entre-elles de possibilités d'apostolat.
"...Oui, je crois bien qu'elle mesurait par avance la souffrance qui les attendait, non pas la sienne - elle était trop calme pour cela, et je dirais même : par trop calme ! - mais celle des autres.
Toute son attitude, quand je la revois en esprit, assise dans cette baraque, éveille en moi une seule pensée : celle d'une Vierge des Douleurs, une Pietà sans le Christ..."
(Article du R.P Bromberg, O.P, dans "la Vie spirituelle hollandaise, novembre 1950. (Ons Geestelijk leven).
"Au temps de sa profession, Edith Stein avait trouvé ces mots pour remercier une artiste qui lui avait envoyé une Pietà :"...le soir du vendredi saint, au pied de la Croix, la douleur de la Mère de Dieu est grande comme la mer, elle y est plongée, mais c'est une douleur contenue, dominée, elle retient fermement son coeur de la main afin qu'il ne puisse pas se briser. La mort véritable apparaît de façon presque effrayante à la bouche entrouverte du Sauveur. Mais la tête est tournée vers sa Mère, comme pour la consoler et la Croix est toute Lumière : le bois de la Croix est devenu Lumière du Christ (Lignum Crucis...Lumen Christi)"
Lettre d'Edith Stein à une artiste, Pâques 1935.
Cité in "Edith Stein, par une moniale française" (Elisabeth de Miribel) La Vigne du Carmel, Seuil,1953.
Pour les Parisiens : Pilon a sculpté un très beau Saint François d'Assise : église Ste Croix-des Arméniens (cathédrale catholique arménienne de Paris :angle rue Charlot -rue du Perche, 3ème arr. à deux pas des Archives Nationales) : hélas, en quatre ans je n'ai vu cette église ouverte qu'une ou deux fois, en préparatifs de concerts).
- Pièces jointes
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En écho à la Vierge de Douleur de Germain Pilon (terre cuite du Louvre présentée par Anne) ce Marbre (en l'église St-Paul-St-Louis de la rue St Antoine), Germain Pilon, 1586.
témoignage sur Edith Stein, soeur Thérèse Bénédicte de la Croix, recueilli auprès de Mme Bromberg, internée à Westerbork en compagnie de ses deux fils, jumeaux : tous trois échappèrent à la mort, l'un des frères devint prêtre Dominicain :
"Ce qui la distinguait des autres religieuses c'était son silence. J'ai eu l'impression qu'elle était triste jusqu'au fond de l'âme, mais non pas angoissée. Je ne sais comment dire mais le poids sa douleur semblait immense, écrasant, si bien que, lorsqu'elle souriait, ce sourire venait d'une telle profondeur de souffrance, qu'il faisait mal. Elle parlait à peine, et regardait souvent sa soeur Rose avec une indicible expression de tristesse. Sans doute prévoyait-elle leur sort à toutes. Elle était la seule qui, ayant fui l'Allemagne, pressentait le pire, tandis que les Trappistines nourrissaient encore des illusions, parlant entre-elles de possibilités d'apostolat.
"...Oui, je crois bien qu'elle mesurait par avance la souffrance qui les attendait, non pas la sienne - elle était trop calme pour cela, et je dirais même : par trop calme ! - mais celle des autres.
Toute son attitude, quand je la revois en esprit, assise dans cette baraque, éveille en moi une seule pensée : celle d'une Vierge des Douleurs, une Pietà sans le Christ..."
(Article du R.P Bromberg, O.P, dans "la Vie spirituelle hollandaise, novembre 1950. (Ons Geestelijk leven).
"Au temps de sa profession, Edith Stein avait trouvé ces mots pour remercier une artiste qui lui avait envoyé une Pietà :"...le soir du vendredi saint, au pied de la Croix, la douleur de la Mère de Dieu est grande comme la mer, elle y est plongée, mais c'est une douleur contenue, dominée, elle retient fermement son coeur de la main afin qu'il ne puisse pas se briser. La mort véritable apparaît de façon presque effrayante à la bouche entrouverte du Sauveur. Mais la tête est tournée vers sa Mère, comme pour la consoler et la Croix est toute Lumière : le bois de la Croix est devenu Lumière du Christ (Lignum Crucis...Lumen Christi)"
Lettre d'Edith Stein à une artiste, Pâques 1935.
Cité in "Edith Stein, par une moniale française" (Elisabeth de Miribel) La Vigne du Carmel, Seuil,1953.
Pour les Parisiens : Pilon a sculpté un très beau Saint François d'Assise : église Ste Croix-des Arméniens (cathédrale catholique arménienne de Paris :angle rue Charlot -rue du Perche, 3ème arr. à deux pas des Archives Nationales) : hélas, en quatre ans je n'ai vu cette église ouverte qu'une ou deux fois, en préparatifs de concerts).