par Attestatio » jeu. 07 mai 2009, 11:24
Gerardh,
J'imagine que certaines difficultés liées au pardon ont été longuement discutées, d'ailleurs si vous pouvez m'indiquer des textes de théologiens influent qui en parlent je suis tout ouïe. En général, je trouve que les Saintes Ecritures sont assez interprétables sur le plan non pas du fond du devoir moral mais du choix et de l'acte moral, non pas du contenu mais de l'opportunité et de la forme disons, non pas du devoir matériel mais du devoir organique, donc ça m'interesse beaucoup.
Je me pose des questions car ce que tu me dis me donne l'impression qu'il y a plusieurs pardons. En lisant des passages du Nouveau Testament et en relisant notamment Kant j'ai cru comprendre qu'au moment où nous avons à agir à cette fin, pour devenir meilleur (la décision performative en pratique), il ne fallait pas se reposer mollement en Dieu et simplement reproduire sans ethique un savoir moral comme ce que nous entendons par Amour ou Charité, de façon univoque voir archétypé. C'est le probleme du libre-arbitre si on veut, je veux dire que nous ne pouvons pas penser au moment d'agir que le Seigneur limite notre libre arbitre, c'est presque comme si nous devions oublier non pas qu'il est mais qu'il intervient ou se préoccuppe de nous, sinon le rapport à Christ, à la dette, au lien, et à notre malignité, ne sert plus des fins proprement morales, sinon il est possible qu'un choix ne soit jamais moral car je n'en serait pas responsable, non ?
Je veux dire que cette vie éternelle permise, promise, présente à soi dans la foi même, semble bien différente du moment de la décision dont je parlais. Je me demande alors en quoi elle le serait. Ce qui pardonne instaure selon moi toujours et le pardon et un rapport au pardon. La portée de la source pardonnante disons de révélation testamentaire, de réponse, ouvre le pardon en se divisant, mais en direction d'un au dela de l'histoire ou d'une fin de l'histoire, une éternité, bien que la source soit dans l'histoire elle l'interrompt, le temps est réactualisé et repart en quelque sorte.
Le moment ethique de ce qu'il y a à pardonner ou du pardon par le chrétien, est quant à lui la répétition fragile, instable, de ce modèle binaire, d'où que je n'arrive pas à envisager un pardon sans conscience de ce modèle, je n'arrive pas à envisager que nous puissions affirmer que Dieu a pardonné tel pécheur si ce dernier rejette toute croyance et ne demande pas pardon sincèrement. Parce que biensur il est déja pardonné, mais cela me semble juste dire que nous sommes les fils du Seigneur, c'est en "nous" qu'il a déja été pardonné, un "nous" comme un lien qui met l'homme en relation avec toutes les formes de propriété, mais en dehors de nous, disons en lui ou entre lui et notre Seigneur, ce ne serait pas un parjure s'il s'octroyait le droit d'etre pardonné pour ce qu'il a fait sans assumer ce que "nous" implique ?
Nous existe il ne dépend pas de notre libre arbitre biensur, je ne veux pas faire une sorte de théologie négative à la limite du blasphème, mais notre libre arbitre ne nous interdit il pas de pardonner sans véritable confession, disons humainement, le pécheur dont j'ai parlé, justement puisque Dieu pardonne de toute éternité et que nous ne connaissons pas cette dernière ? Je ne plaide que pour que pardon reste chrétien et reste exceptionnel, pas forcément rare, juste pas la règle. Je ne plaide pas pour le relativisme, mais pour une certaine pudeur devant ce qui reste impardonnable.
Gerardh,
J'imagine que certaines difficultés liées au pardon ont été longuement discutées, d'ailleurs si vous pouvez m'indiquer des textes de théologiens influent qui en parlent je suis tout ouïe. En général, je trouve que les Saintes Ecritures sont assez interprétables sur le plan non pas du fond du devoir moral mais du choix et de l'acte moral, non pas du contenu mais de l'opportunité et de la forme disons, non pas du devoir matériel mais du devoir organique, donc ça m'interesse beaucoup.
Je me pose des questions car ce que tu me dis me donne l'impression qu'il y a plusieurs pardons. En lisant des passages du Nouveau Testament et en relisant notamment Kant j'ai cru comprendre qu'au moment où nous avons à agir [i]à cette fin, pour devenir meilleur[/i] (la décision performative en pratique), il ne fallait pas se reposer mollement en Dieu et simplement reproduire sans ethique un savoir moral comme ce que nous entendons par Amour ou Charité, de façon univoque voir archétypé. C'est le probleme du libre-arbitre si on veut, je veux dire que nous ne pouvons pas penser au moment d'agir que le Seigneur limite notre libre arbitre, c'est presque comme si nous devions oublier non pas qu'il est mais qu'il intervient ou se préoccuppe de nous, sinon le rapport à Christ, à la dette, au lien, et à notre malignité, ne sert plus des fins proprement morales, sinon il est possible qu'un choix ne soit jamais moral car je n'en serait pas responsable, non ?
Je veux dire que cette vie éternelle permise, promise, présente à soi dans la foi même, semble bien différente du moment de la décision dont je parlais. Je me demande alors en quoi elle le serait. Ce qui pardonne instaure selon moi toujours [b]et[/b] le pardon [b]et[/b] un rapport au pardon. La portée de la source pardonnante disons de révélation testamentaire, de réponse, ouvre le pardon en se divisant, mais en direction d'un au dela de l'histoire ou d'une fin de l'histoire, une éternité, bien que la source soit dans l'histoire elle l'interrompt, le temps est réactualisé et repart en quelque sorte.
Le moment ethique de ce qu'il y a à pardonner ou du pardon par le chrétien, est quant à lui la répétition fragile, instable, de ce modèle binaire, d'où que je n'arrive pas à envisager un pardon sans conscience de ce modèle, je n'arrive pas à envisager que nous puissions affirmer que Dieu a pardonné tel pécheur si ce dernier rejette toute croyance et ne demande pas pardon sincèrement. Parce que biensur il est déja pardonné, mais cela me semble juste dire que nous sommes les fils du Seigneur, c'est en "nous" qu'il a déja été pardonné, un "nous" comme un lien qui met l'homme en relation avec toutes les formes de propriété, mais en dehors de nous, disons en lui ou entre lui et notre Seigneur, ce ne serait pas un parjure s'il s'octroyait le droit d'etre pardonné pour ce qu'il a fait sans assumer ce que "nous" implique ?
Nous existe il ne dépend pas de notre libre arbitre biensur, je ne veux pas faire une sorte de théologie négative à la limite du blasphème, mais notre libre arbitre ne nous interdit il pas de pardonner sans véritable confession, disons humainement, le pécheur dont j'ai parlé, justement puisque Dieu pardonne de toute éternité et que nous ne [i]connaissons[/i] pas cette dernière ? Je ne plaide que pour que pardon reste chrétien et reste exceptionnel, pas forcément rare, juste pas [i]la règle.[/i] Je ne plaide pas pour le relativisme, mais pour une certaine pudeur devant ce qui [i]reste[/i] impardonnable.