par loki » jeu. 30 avr. 2009, 16:08
Bonjour à tous,
Ci-dessous un texte que m'envoie un ami de la Défense, qui me rappelle qu'aujourd'hui la Légion étrangère célèbre la mémoire du sacrifice des siens à Camerone.
Je me suis souvenu, à la lecture de ce papier, des mots que de VIGNY écrivait au sujet de la grandeur et la servitude du métier de soldat, dans une perspective chrétienne.
"L'armée française assiégeait Puebla..."
Affiche_de_la_ceremonie_de_camerone_2009 Où qu'ils soient, les Légionnaires
célèbrent aujourd'hui la fête de Camerone. Chaque 30 avril, la Légion étrangère
commémore les combats de Camerone durant la campagne du Mexique en 1863. En
voici le récit traditionnel, tel qu'il est lu chaque année lors des cérémonies.
Joyeux Camerone !
"L’armée française assiégeait Puebla. La Légion avait pour mission d’assurer,
sur cent vingt kilomètres, la circulation et la securité des convois. Le colonel
Jeanningros, qui commandait, apprend, le 29 avril 1863, qu’un gros convoi
emportant trois millions en numéraire, du matériel de siège et des munitions
était en route pour Puebla. Le capitaine Danjou, son adjudant-major, le décide à
envoyer au devant du convoi, une compagnie. La 3e compagnie du Régiment étranger
fut designée mais elle n’avait pas d’officier disponible. Le capitaine Danjou en
prend lui-même le commandement et les sous-lieutenants Maudet, porte-drapeau, et
Vilain, payeur, se joignent à lui volontairement.
Le 30 avril, à 1 heure du matin, la 3e compagnie, forte de trois officiers et
soixante quatre hommes, se met en route. Elle avait parcouru environ vingt
kilomètres, quand, à 7 heures du matin, elle s’arrête à Palo Verde pour faire le
café. À ce moment, l’ennemi se dévoile et le combat s’engage aussitôt. Le
capitaine Danjou fait former le carré et, tout en battant en retraite, repousse
victorieusement plusieurs charges de cavalerie, en infligeant à l’ennemi des
premières pertes sévères.
Arrivé à la hauteur de l’auberge de Camerone, vaste bâtisse comportant une cour
entourée d’un mur de trois mètres de haut, il décide de s’y retrancher, pour
fixer l’ennemi, et retarder ainsi le plus possible le moment où celui-ci pourra
attaquer le convoi.
Pendant que les hommes organisent à la hâte la défense de cette auberge, un
officier mexicain, faisant valoir la grosse supériorite du nombre, somme le
capitaine Danjou de se rendre. Celui-ci fait répondre : "Nous avons des
cartouches et ne nous rendrons pas". Puis, levant la main, il jura de se
défendre jusqu’à la mort et fit prêter à ses hommes le même serment. Il était 10
heures. Jusqu’à 6 heures du soir, ces soixante hommes, qui n’avaient pas mangé
ni bu depuis la veille, malgré l’extrême chaleur, la faim, la soif, résistent à
2000 Mexicains : huit cents cavaliers, mille deux cents fantassins.
A midi, le capitaine Danjou est tué d’une balle en pleine poitrine. À 2 heures,
le sous-lieutenant Vilain tombe, frappé d’une balle au front. À ce moment, le
colonel mexicain réussit à mettre le feu à l’auberge.
Malgré la chaleur et la fumée qui viennent augmenter leurs souffrances, les
légionnaires tiennent bon, mais beaucoup d’entre eux sont frappés. À 5 heures,
autour du sous-lieutenant Maudet, ne restent que douze hommes en état de
combattre. À ce moment, le colonel mexicain rassemble ses hommes et leur dit de
quelle honte ils vont se couvrir s’ils n’arrivent pas à abattre cette poignée de
braves (un légionnaire qui comprend l’espagnol traduit au fur et à mesure ses
paroles). Les Mexicains vont donner l’assaut général par les brèches qu’ils ont
réussi a ouvrir, mais auparavant, le colonel Milan adresse encore une sommation
au sous-lieutenant Maudet ; celui-ci la repousse avec mépris.
L’assaut final est donné. Bientôt il ne reste autour de Maudet que cinq hommes :
le caporal Maine, les légionnaires Catteau, Wensel, Constantin, Leonhard. Chacun
garde encore une cartouche ; ils ont la baïonnette au canon et, réfugiés dans un
coin de la cour, le dos au mur, ils font face. À un signal, ils déchargent leurs
fusils à bout portant sur l’ennemi et se précipitent sur lui à la baionnette. Le
sous-lieutenant Maudet et deux légionnaires tombent, frappés a mort. Maine et
ses deux camarades vont être massacrés quand un officier mexicain se précipite
sur eux et les sauve. Il leur crie :"Rendez-vous" !
"Nous nous rendrons si vous nous promettez de relever et de soigner nos blessés
et si vous nous laissez nos armes". Leurs baïonnettes restent menaçantes.
"On ne refuse rien à des hommes comme vous !" répond l’officier.
Les soixante hommes du capitaine Danjou ont tenu jusqu’au bout leur serment.
Pendant 11 heures, ils ont résisté à deux mille ennemis, en ont tué trois cents
et blessé autant. Ils ont par leur sacrifice, en sauvant le convoi, rempli la
mission qui leur avait été confiée.
L’empereur Napoleon III décida que le nom de Camerone serait inscrit sur le
drapeau du Régiment Etranger et que, de plus, les noms de Danjou, Vilain et
Maudet seraient gravés en lettres d’or sur les murs des Invalides à Paris.
"Ils furent ici moins de soixante opposés à toute une armée, sa masse les
écrasa. La vie plutôt que le courage abandonna ces soldats Français le 30 avril
1863.
Capitaine Danjou, Sous-Lieutenant Vilain, Sous-Lieutenant Maudet "
En 1892, à leur mémoire, la patrie éleva un monument. Depuis, lorsque les
troupes mexicaines passent devant ce monument, elles présentent les armes.
Bonjour à tous,
Ci-dessous un texte que m'envoie un ami de la Défense, qui me rappelle qu'aujourd'hui la Légion étrangère célèbre la mémoire du sacrifice des siens à Camerone.
Je me suis souvenu, à la lecture de ce papier, des mots que de VIGNY écrivait au sujet de la grandeur et la servitude du métier de soldat, dans une perspective chrétienne.
"L'armée française assiégeait Puebla..."
Affiche_de_la_ceremonie_de_camerone_2009 Où qu'ils soient, les Légionnaires
célèbrent aujourd'hui la fête de Camerone. Chaque 30 avril, la Légion étrangère
commémore les combats de Camerone durant la campagne du Mexique en 1863. En
voici le récit traditionnel, tel qu'il est lu chaque année lors des cérémonies.
Joyeux Camerone !
"L’armée française assiégeait Puebla. La Légion avait pour mission d’assurer,
sur cent vingt kilomètres, la circulation et la securité des convois. Le colonel
Jeanningros, qui commandait, apprend, le 29 avril 1863, qu’un gros convoi
emportant trois millions en numéraire, du matériel de siège et des munitions
était en route pour Puebla. Le capitaine Danjou, son adjudant-major, le décide à
envoyer au devant du convoi, une compagnie. La 3e compagnie du Régiment étranger
fut designée mais elle n’avait pas d’officier disponible. Le capitaine Danjou en
prend lui-même le commandement et les sous-lieutenants Maudet, porte-drapeau, et
Vilain, payeur, se joignent à lui volontairement.
Le 30 avril, à 1 heure du matin, la 3e compagnie, forte de trois officiers et
soixante quatre hommes, se met en route. Elle avait parcouru environ vingt
kilomètres, quand, à 7 heures du matin, elle s’arrête à Palo Verde pour faire le
café. À ce moment, l’ennemi se dévoile et le combat s’engage aussitôt. Le
capitaine Danjou fait former le carré et, tout en battant en retraite, repousse
victorieusement plusieurs charges de cavalerie, en infligeant à l’ennemi des
premières pertes sévères.
Arrivé à la hauteur de l’auberge de Camerone, vaste bâtisse comportant une cour
entourée d’un mur de trois mètres de haut, il décide de s’y retrancher, pour
fixer l’ennemi, et retarder ainsi le plus possible le moment où celui-ci pourra
attaquer le convoi.
Pendant que les hommes organisent à la hâte la défense de cette auberge, un
officier mexicain, faisant valoir la grosse supériorite du nombre, somme le
capitaine Danjou de se rendre. Celui-ci fait répondre : "Nous avons des
cartouches et ne nous rendrons pas". Puis, levant la main, il jura de se
défendre jusqu’à la mort et fit prêter à ses hommes le même serment. Il était 10
heures. Jusqu’à 6 heures du soir, ces soixante hommes, qui n’avaient pas mangé
ni bu depuis la veille, malgré l’extrême chaleur, la faim, la soif, résistent à
2000 Mexicains : huit cents cavaliers, mille deux cents fantassins.
A midi, le capitaine Danjou est tué d’une balle en pleine poitrine. À 2 heures,
le sous-lieutenant Vilain tombe, frappé d’une balle au front. À ce moment, le
colonel mexicain réussit à mettre le feu à l’auberge.
Malgré la chaleur et la fumée qui viennent augmenter leurs souffrances, les
légionnaires tiennent bon, mais beaucoup d’entre eux sont frappés. À 5 heures,
autour du sous-lieutenant Maudet, ne restent que douze hommes en état de
combattre. À ce moment, le colonel mexicain rassemble ses hommes et leur dit de
quelle honte ils vont se couvrir s’ils n’arrivent pas à abattre cette poignée de
braves (un légionnaire qui comprend l’espagnol traduit au fur et à mesure ses
paroles). Les Mexicains vont donner l’assaut général par les brèches qu’ils ont
réussi a ouvrir, mais auparavant, le colonel Milan adresse encore une sommation
au sous-lieutenant Maudet ; celui-ci la repousse avec mépris.
L’assaut final est donné. Bientôt il ne reste autour de Maudet que cinq hommes :
le caporal Maine, les légionnaires Catteau, Wensel, Constantin, Leonhard. Chacun
garde encore une cartouche ; ils ont la baïonnette au canon et, réfugiés dans un
coin de la cour, le dos au mur, ils font face. À un signal, ils déchargent leurs
fusils à bout portant sur l’ennemi et se précipitent sur lui à la baionnette. Le
sous-lieutenant Maudet et deux légionnaires tombent, frappés a mort. Maine et
ses deux camarades vont être massacrés quand un officier mexicain se précipite
sur eux et les sauve. Il leur crie :"Rendez-vous" !
"Nous nous rendrons si vous nous promettez de relever et de soigner nos blessés
et si vous nous laissez nos armes". Leurs baïonnettes restent menaçantes.
"On ne refuse rien à des hommes comme vous !" répond l’officier.
Les soixante hommes du capitaine Danjou ont tenu jusqu’au bout leur serment.
Pendant 11 heures, ils ont résisté à deux mille ennemis, en ont tué trois cents
et blessé autant. Ils ont par leur sacrifice, en sauvant le convoi, rempli la
mission qui leur avait été confiée.
L’empereur Napoleon III décida que le nom de Camerone serait inscrit sur le
drapeau du Régiment Etranger et que, de plus, les noms de Danjou, Vilain et
Maudet seraient gravés en lettres d’or sur les murs des Invalides à Paris.
"Ils furent ici moins de soixante opposés à toute une armée, sa masse les
écrasa. La vie plutôt que le courage abandonna ces soldats Français le 30 avril
1863.
Capitaine Danjou, Sous-Lieutenant Vilain, Sous-Lieutenant Maudet "
En 1892, à leur mémoire, la patrie éleva un monument. Depuis, lorsque les
troupes mexicaines passent devant ce monument, elles présentent les armes.