par camino » mer. 15 avr. 2009, 13:08
Bonjour à tous,
Content de me sentir un peu moins seul dans cette idée là : ils m'usent !
D'autant que la gratuité se criminalise, que l'argent est devenu le dieu universel de ceux qui raillent une spiritualité affranchie d'ostentation.
Concernant "le monde de la chanson", il m'est justement arrivé une chose extrêmement désagréable, qui m'a fait penser a ce sujet hier. On m'a transmis cette vidéo, qui a beaucoup touché la personne qui me l'a recommandé. Si ce débat vous intéresse, je vous recommande de visionner cette vidéo avant de lire le commentaire qu'elle m'a inspiré et dont je me mords les lèvres depuis... (il n'est pas vraiment nécessaire de parler anglais)
http://www.wat.tv/video/nouvelle-star-a ... dzyt_.html
Voilà. Comme le nom l'indique, il s'agit d'une émission de télé réalité anglaise. Originalité de la scène : exceptionnellement ce n'est pas une nymphette pré-pubère qui pousse la chansonnette mais une dame à peu près comme tout le monde, d'apparence du moins. Pendant son discours de présentation, il y a des zooms dans le public, et sur ce fameux "jury" qui décore si bien toutes nos émissions de télé. La blonde de service n'est pas oubliée... Mine légèrement dégoutée. Ricanement quand la dame prétend vouloir gagner.
Tout le monde se moque un peu. La dame se met à chanter, assez bien, on se laisse émouvoir. Les gens applaudissent, debout, etc.
Mon commentaire : je me suis fait avoir. Au début, je trouve touchant cette sublime leçon, cette victoire de ce qu'on fait par rapport à ce qu'on est... Je fais même venir mon enfant, pour lui montrer qu'on peut être ainsi applaudi non parce qu'on est un héros, mais bien parce qu'on est "comme tout le monde". Et surtout qu'on se moque un peu vite des gens... Et puis me sont venues les questions que l'émotion ont fort habilement occulté :
- pourquoi je suis ému de "la moche qui chante bien" alors qu'une femme plus conforme aux pochettes de disques actuelles ne m'aurait rien évoqué ? Pourquoi ai-je moi même jugé sur une apparence ? Qui m'a conditionné au point que je trouve dans cette scène quelque chose d'unique et de cocasse ?
- Pourquoi je me suis reconnu dans ce public sceptique et qui applaudit ensuite debout, alors qu'il y a là l'expression la plus humiliante de notre "businesssystem" : AIMER ou DETESTER, dans la même minute, la même personne ?
- Que veut-on me prouver en faisant circuler cette vidéo à la gloire "des normaux mieux que les faux", présentés au fond comme une exception ? La sensibilité pardonne-t-elle des instincts aussi peu dignes ?
A première vue, cette vidéo peut aller dans le sens de mon propos : "soyons nous même, nous valons bien leurs chanteurs, leurs systèmes, leur paillette, leur envie féroce de briller". En y réfléchissant un peu, elle est le miroir terrible de ce qu'elle prétend combattre. Je ne suis pas vraiment près d'oublier ces visages dégoutés qui applaudissent, ces scènes de "triomphe" qui semble pour une fois mérité mais qui tue, par leur seule présence, la beauté qu'on pourrait trouver à leur justification.
A première vue, cette scène est touchante. Elle m'a pourtant mis face à une réalité bien pénible à admettre : celle de mon bourrage de crâne, de mes préjugés, de cette quête de la gloire qui touche tout le monde, qui pousse ma voisine devant des caméras, qui excite un peuple conditionné par la médiocrité de ses élites à ne voir que ce qu'on lui montre. "Panem et circens". Le panem a un goût bien amère, parfois. Que vous inspire cela ?
Bonjour à tous,
Content de me sentir un peu moins seul dans cette idée là : ils m'usent !
D'autant que la gratuité se criminalise, que l'argent est devenu le dieu universel de ceux qui raillent une spiritualité affranchie d'ostentation.
Concernant "le monde de la chanson", il m'est justement arrivé une chose extrêmement désagréable, qui m'a fait penser a ce sujet hier. On m'a transmis cette vidéo, qui a beaucoup touché la personne qui me l'a recommandé. Si ce débat vous intéresse, je vous recommande de visionner cette vidéo avant de lire le commentaire qu'elle m'a inspiré et dont je me mords les lèvres depuis... (il n'est pas vraiment nécessaire de parler anglais)
http://www.wat.tv/video/nouvelle-star-angleterre-susan-1fbf4_dzyt_.html
Voilà. Comme le nom l'indique, il s'agit d'une émission de télé réalité anglaise. Originalité de la scène : exceptionnellement ce n'est pas une nymphette pré-pubère qui pousse la chansonnette mais une dame à peu près comme tout le monde, d'apparence du moins. Pendant son discours de présentation, il y a des zooms dans le public, et sur ce fameux "jury" qui décore si bien toutes nos émissions de télé. La blonde de service n'est pas oubliée... Mine légèrement dégoutée. Ricanement quand la dame prétend vouloir gagner.
Tout le monde se moque un peu. La dame se met à chanter, assez bien, on se laisse émouvoir. Les gens applaudissent, debout, etc.
Mon commentaire : je me suis fait avoir. Au début, je trouve touchant cette sublime leçon, cette victoire de ce qu'on fait par rapport à ce qu'on est... Je fais même venir mon enfant, pour lui montrer qu'on peut être ainsi applaudi non parce qu'on est un héros, mais bien parce qu'on est "comme tout le monde". Et surtout qu'on se moque un peu vite des gens... Et puis me sont venues les questions que l'émotion ont fort habilement occulté :
- pourquoi je suis ému de "la moche qui chante bien" alors qu'une femme plus conforme aux pochettes de disques actuelles ne m'aurait rien évoqué ? Pourquoi ai-je moi même jugé sur une apparence ? Qui m'a conditionné au point que je trouve dans cette scène quelque chose d'unique et de cocasse ?
- Pourquoi je me suis reconnu dans ce public sceptique et qui applaudit ensuite debout, alors qu'il y a là l'expression la plus humiliante de notre "businesssystem" : AIMER ou DETESTER, dans la même minute, la même personne ?
- Que veut-on me prouver en faisant circuler cette vidéo à la gloire "des normaux mieux que les faux", présentés au fond comme une exception ? La sensibilité pardonne-t-elle des instincts aussi peu dignes ?
A première vue, cette vidéo peut aller dans le sens de mon propos : "soyons nous même, nous valons bien leurs chanteurs, leurs systèmes, leur paillette, leur envie féroce de briller". En y réfléchissant un peu, elle est le miroir terrible de ce qu'elle prétend combattre. Je ne suis pas vraiment près d'oublier ces visages dégoutés qui applaudissent, ces scènes de "triomphe" qui semble pour une fois mérité mais qui tue, par leur seule présence, la beauté qu'on pourrait trouver à leur justification.
A première vue, cette scène est touchante. Elle m'a pourtant mis face à une réalité bien pénible à admettre : celle de mon bourrage de crâne, de mes préjugés, de cette quête de la gloire qui touche tout le monde, qui pousse ma voisine devant des caméras, qui excite un peuple conditionné par la médiocrité de ses élites à ne voir que ce qu'on lui montre. "Panem et circens". Le panem a un goût bien amère, parfois. Que vous inspire cela ?