Bonjour Héloïse
Je dois vous dire que votre message m'attriste. Je ne vous reproche rien, mais je ne peux que constater que la campagne de calomnie médiatique engagée contre Benoît XVI depuis décembre a atteint son but : de nombreuses personnes - mêmes proches ou dans l'Église - auront prises pour argent comptant ce que les médias ont rapporté sans aucun soucis d'objectivité. Pour qui écoute ces médias vendus à l'Adversaire, Benoît XVI et l'Église catholique sont homophobes, machistes, intégristes, négationnistes, impitoyables. On peut bien évidemment être en désaccord avec Benoît XVI, mais au moins faut-il lui rendre justice des propos véritables qu'il a tenu.
Pourquoi une personne qui viole une femme, un homme, un enfant, un être plus faible, qui l'oblige à des pratiques sexuelles violentes, contre nature, que sais-je encore..
Pourquoi cette personne là, qui commet un crime aux yeux du droit pénal et je l'espère aussi du droit canon, n'est-elle pas excommuniée ?
Parce que l'excommunication est une sanction disciplinaire interne à l'Église, et ce qui relève du droit pénal sort quasi-
ipso facto du champ du droit canonique comme le Bon Seb l'a expliqué ; le droit canonique se contente seulement d'énoncer les interdits auxquels s'exposent les clercs qui se rendent coupables de ces crimes.
Le Pape estime semble-t-il que ces violences sont je cite "indicibles" Pourquoi justement ne pas les dire ? ne pas les condamner avec autant de clarté qu'il l'a fait de l'usage du préservatif ? Pourquoi condamner la mère victime qui se fait avorter à la suite d'un viol ou d'un inceste et ne pas avoir la même attitude envers l'auteur de cette abjection...
Pourquoi dîtes-vous que tout cela n'est pas clairement condamné par l'Église ? Parce que cela ne fait pas les gros titres du Monde ou du Figaro ??? Mais dans la campagne de calomnie qui est en cours, parmi les dizaines de communications, discours, catéchèse que le Pape fait chaque semaine, les médias montent en épingles quelques phrases qui heurtent l'esprit du temps et les sortent de leur contexte pour discréditer le Pape et à travers lui l'Église. Je ne peux que vous inviter à vous abonner - si ce n'est pas déjà le cas - à la
newletter de Zenit si vous voulez recevoir une information fiable sur ce que se dit et fait réellement au Vatican :
http://www.zenit.org/600?l=french.
Il y a certainement des règles que je ne connais pas, mais dont l'Église ne parle pas non plus... Ou alors ???
L'Église ne parle pas ? Elle parle, mais c'est une voix dans le désert. Et ce ne sont pas les médias qui sont partie prenante de la campagne de désinformation actuelle qui contribueront à restaurer les droits de la vérité...
Donc, le seul risque, pour un laïc, c'est celui de perdre sa liberté en se voyant appliquer une peine de prison, par les tribunaux du pays ? et encore, cela dépendra des pays.
Rien de plus au regard de l'Église ?
Vous voudriez quoi ? que l'on monte un bûcher ?
Un criminel s'expose aux sanctions pénales de son pays. Aux yeux de l'Église, il se met en état de péché mortel et ne peut plus accéder à l'Eucharistie tant qu'il n'aura pas obtenu l'absolution pour ses péchés (ce qui nécessite une contrition sincère et une pénitence proportionnée - qui est en général conditionnée au fait d'assumer pénalement ses actes). Par rapport à l'économie du salut, s'il meurt en état de péché mortel, il n'accédera pas à la vision béatifique (Paradis) mais sera damné (Enfer) ; s'il a obtenu l'absolution de ses péchés, il sera quand même très vraisemblablement bon pour un séjour durable au purgatoire.
Un abus sexuel est effectivement considéré par l'Église comme étant moins grave qu'un homicide (
id est la suppression d'une vie humaine innocente) ; et comme il y a consensus sur la gravité de l'abus sexuel ou de l'homicide post-natal, l'Église - dont l'une des missions est d'éduquer les consciences - insiste plus spécifiquement sur la gravité morale du foeticide qui, lui, est socialement admis sinon encouragé.
Que Dieu vous garde.
Christophe