L'histoire du foulard blanc

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Re: L'histoire du foulard blanc

par camino » lun. 23 mars 2009, 0:07

Bonsoir,

J'ai du lire "tout Guy Gilbert" étant jeune mais j'ai raté cette anecdote. A vrai dire je ne m'attendais pas à cette fin : peut-être aurais-je préféré qu'il n'y ait pas de foulard blanc, car enfin, tout est bien entendu bien simple, quand le pardon est acquis d'avance, mais n'y a-t-il pas une lâcheté à attendre le pardon pour se présenter à ceux dont on veut s'approcher ?

Ne passons-nous pas notre vie à guetter un foulard blanc, dans le regard de cet homme qui accepterait une fraternelle accolade ? Ne cherchons nous pas un foulard blanc dans l'arbre de nos voisins, pour aller partager avec eux un peu plus qu'une haie, qu'une clôture ?
Ne cherchons nous pas un foulard blanc avant de tendre la main à celui qui souffre, à un frère qui nous a fâché, à des parents que nous avons perdu de vue... Même en sachant très bien qu'eux aussi attendent un signe de notre part.

Finalement, je pense que ce foulard pourrait être notre Foi, assumée, pourquoi pas affichée. Encore que...
Depuis 2 ans maintenant je crois le curé de mon village. J'aime son regard qui sourit, on s'échange souvent quelques mots, à peine à vrai dire. Il doit croire que je l'évite, ne cherche pas à faire plus connaissance, et il me semble que, bien souvent, nous cherchons sans le trouver un foulard blanc pour faire le vrai premier pas l'un vers l'autre.

L'histoire du foulard blanc

par etienne lorant » lun. 16 mars 2009, 18:28

Je l'ai toujours trouvée merveilleuse. En même temps moderne, elle rappelle celle du fils prodigue:

L'histoire du foulard blanc

« Un jeune de vingt ans avait sali ses parents. Le genre d’affaire qui détruit un peu la réputation des parents. Et le père à dit à Jean qui avait mal agi : « Jean, fous le camp ! Vas-t-en et ne remets jamais plus les pieds à la maison ! » Alors Jean est parti, la mort dans l’âme, mais il est parti. Quelques semaines plus tard, pris de remords, il se dit : « Je suis vraiment une ordure, un salaud ; il faut que je demande pardon à mon père. »
Mais il avait tellement peur que son père le jette de la maison qu’il préfère lui écrire : « Papa, vraiment, je vous ai fait du mal, je vous demande pardon. Je voudrais tellement revenir à la maison. Je t’écris, je te mets pas d’adresse. J’ai tellement peur que tu me dises non. Si tu me pardonnes, mets un foulard blanc sur le pommier devant la maison, je t’en prie. Tu sais, la grande allée des pommiers qui conduit à la maison. Mets un foulard blanc sur le dernier pommier. »
Quelque temps plus tard, il dit à son frère et ami Marc : « Je t’en supplie, Marc, accompagne-moi. Je dois savoir. Voilà ce que nous allons faire. Je te conduirai jusqu’à la maison. A cinq cent mètres de la maison, tu prendras le volant, je me mettrai à côté, à la place du passager. Là, je fermerai les yeux. Lentement, tu descendras l’allée des pommiers. Tu t’arrêteras. S’il y a un foulard blanc, alors je foncerai à la maison… S’il n’y a pas de foulard, jamais plus je ne reviendrai. » Ainsi dit, ainsi fait. A cinq cent mètres, Jean donne le volant à Marc, s’assied à la place du passager, ferme les yeux et lentement la voiture descend la grande allée des pommiers, jusqu’au dernier pommier devant la maison. Et Jean, les yeux fermés, demande à Marc : « S’il te plaît, Marc, mon ami, mon frère, dis-moi si mon père a mis le foulard blanc sur le pommier, devant la maison ! » Et Marc lui répond : « Non, Jean, il n’y a pas un foulard sur le pommier devant la maison. Il y en a des centaines, tout au long de l’allée… »

Cité par Guy Gilbert, prêtre, éducateur de rue.

Un grand merci à Christiane, car c'est elle qui l'avait racontée en premier, et je la redécouvre dans mes "archives"...

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