par Virgile » lun. 09 mars 2009, 7:46
Bonjour,
suite au message de "touriste" et pour compléter ses informations, il y a un document de 1993, assez "ancien" donc, et rédigé par la Commission Biblique Pontificale. Ce document avait été présenté au Pape Jean-Paul II par le cardinal Joseph Ratzinger à l'occasion de la commémoration du centenaire de l'Encyclique de Léon XIII, "Providentissimus Deus", et du cinquantenaire de l'Encyclique de Pie XII "Divino afflante Spiritu".
Le nom de ce document est "
Interprétation de la Bible dans l'Eglise".
On peut le lire, en italien, ici:
http://www.vatican.va/roman_curia/congr ... ne_it.html
1.C. Approches basées sur la Tradition
1.C.2. Approche par le recours aux traditions juives d’interprétation
L'Ancien Testament a pris sa forme finale dans le Judaïsme des quatre ou cinq derniers siècles qui ont précédé l'ère chrétienne. Ce judaïsme a aussi été le milieu d'origine du Nouveau Testament et de l'Église naissante. De nombreuses études d’histoire juive ancienne et notamment les recherches suscitées par les découvertes de Qumran ont mis en relief la complexité du monde juif, en terre d'Israël et dans la diaspora, tout au long de cette période.
C'est dans ce monde qu'a commencé l'interprétation de l'écriture. Un des plus anciens témoins de l'interprétation juive de la Bible est la traduction grecque des Septante. Les Targoumirn araméens constituent un autre témoignage du même effort, qui s'est poursuivi jusqu'à nos jours, accumulant une somme prodigieuse de procédés savants pour la conservation du texte de l'Ancien Testament et pour l'explication du sens des textes bibliques. De tout temps, les meilleurs exégètes chrétiens, depuis Origène et S. Jérôme, ont cherché à tirer profit de l’érudition biblique juive pour une meilleure intelligence de l'écriture. De nombreux exégètes modernes suivent cet exemple.
Les traditions juives anciennes permettent, en particulier, de mieux connaître la Septante, Bible juive, devenue ensuite la première partie de la Bible chrétienne pendant au moins les quatre premiers siècles de l'église et en Orient jusqu'à nos jours. La littérature juive extra-canonique, appelée apocryphe ou intertestamentaire, abondante et diversifiée, est une source importante pour l'interprétation du Nouveau Testament. Les procédés variés d'exégèse pratiqués par le judaïsme des différentes tendances se retrouvent dans l'Ancien Testament lui-même, par ex. dans les Chroniques par rapport aux Livres des Rois, et dans le Nouveau Testament, par ex. dans certains raisonnements scripturaires de S. Paul. La diversité des formes (paraboles, allégories, anthologies et centons, relectures, pesher, rapprochements entre textes éloignés, psaumes et hymnes, visions, révélations et songes, compositions sapientiales) est commune à l'Ancien et au Nouveau Testament ainsi qu'à la littérature de tous les milieux juifs avant et après le temps de Jésus. Les Targournim et les Midrashim représentent l'homilétique et l'interprétation biblique de larges secteurs du judaïsme des premiers siècles.
De nombreux exégètes de l'Ancien Testament demandent en outre aux commentateurs, grammairiens et lexicographes juifs médiévaux et plus récents des lumières pour l'intelligence de passages obscurs ou de mots rares et uniques. Plus souvent qu'autrefois apparaissent aujourd’hui des références à ces ouvrages juifs dans la discussion exégétique.
La richesse de l'érudition juive mise au service de la Bible, depuis ses origines dans l'antiquité jusqu'à nos jours, est une aide de première valeur pour l'exégèse des deux Testaments, à condition toutefois de l'employer à bon escient. Le Judaïsme ancien était d'une grande diversité. La forme pharisienne, qui a prévalu ensuite dans le rabbinisme, n'était pas la seule. Les textes juifs antiques s'échelonnent sur plusieurs siècles; il est important de les situer chronologiquement avant de procéder à des comparaisons. Surtout, le cadre d'ensemble des communautés juives et chrétiennes est fondamentalement différent : du côté juif selon des formes très variées, il s'agit d'une religion qui définit un peuple et une pratique de vie à partir d'un écrit révélé et d'une tradition orale, tandis que du côté chrétien, c'est la foi au Seigneur Jésus, mort, ressuscité et désormais vivant, Messie et Fils de Dieu, qui rassemble une communauté. Ces deux points de départ créent, pour l'interprétation des écritures, deux contextes qui, malgré beaucoup de contacts et de similitudes, sont radicalement différents.
De la même Commission Pontificale Biblique, le document intitulé "
Le Peuple juif et ses Saintes Ecritures dans la Bible chrétienne" est consultable en français ici:
http://www.vatican.va/roman_curia/congr ... co_fr.html
Amicalement.
Virgile.
Bonjour,
suite au message de "touriste" et pour compléter ses informations, il y a un document de 1993, assez "ancien" donc, et rédigé par la Commission Biblique Pontificale. Ce document avait été présenté au Pape Jean-Paul II par le cardinal Joseph Ratzinger à l'occasion de la commémoration du centenaire de l'Encyclique de Léon XIII, "Providentissimus Deus", et du cinquantenaire de l'Encyclique de Pie XII "Divino afflante Spiritu".
Le nom de ce document est "[u]Interprétation de la Bible dans l'Eglise[/u]".
On peut le lire, en italien, ici:
http://www.vatican.va/roman_curia/congregations/cfaith/pcb_documents/rc_con_cfaith_doc_19930415_interpretazione_it.html
[b]1.C. Approches basées sur la Tradition[/b]
[u]1.C.2. Approche par le recours aux traditions juives d’interprétation[/u]
L'Ancien Testament a pris sa forme finale dans le Judaïsme des quatre ou cinq derniers siècles qui ont précédé l'ère chrétienne. Ce judaïsme a aussi été le milieu d'origine du Nouveau Testament et de l'Église naissante. De nombreuses études d’histoire juive ancienne et notamment les recherches suscitées par les découvertes de Qumran ont mis en relief la complexité du monde juif, en terre d'Israël et dans la diaspora, tout au long de cette période.
C'est dans ce monde qu'a commencé l'interprétation de l'écriture. Un des plus anciens témoins de l'interprétation juive de la Bible est la traduction grecque des Septante. Les Targoumirn araméens constituent un autre témoignage du même effort, qui s'est poursuivi jusqu'à nos jours, accumulant une somme prodigieuse de procédés savants pour la conservation du texte de l'Ancien Testament et pour l'explication du sens des textes bibliques. De tout temps, les meilleurs exégètes chrétiens, depuis Origène et S. Jérôme, ont cherché à tirer profit de l’érudition biblique juive pour une meilleure intelligence de l'écriture. De nombreux exégètes modernes suivent cet exemple.
Les traditions juives anciennes permettent, en particulier, de mieux connaître la Septante, Bible juive, devenue ensuite la première partie de la Bible chrétienne pendant au moins les quatre premiers siècles de l'église et en Orient jusqu'à nos jours. La littérature juive extra-canonique, appelée apocryphe ou intertestamentaire, abondante et diversifiée, est une source importante pour l'interprétation du Nouveau Testament. Les procédés variés d'exégèse pratiqués par le judaïsme des différentes tendances se retrouvent dans l'Ancien Testament lui-même, par ex. dans les Chroniques par rapport aux Livres des Rois, et dans le Nouveau Testament, par ex. dans certains raisonnements scripturaires de S. Paul. La diversité des formes (paraboles, allégories, anthologies et centons, relectures, pesher, rapprochements entre textes éloignés, psaumes et hymnes, visions, révélations et songes, compositions sapientiales) est commune à l'Ancien et au Nouveau Testament ainsi qu'à la littérature de tous les milieux juifs avant et après le temps de Jésus. Les Targournim et les Midrashim représentent l'homilétique et l'interprétation biblique de larges secteurs du judaïsme des premiers siècles.
De nombreux exégètes de l'Ancien Testament demandent en outre aux commentateurs, grammairiens et lexicographes juifs médiévaux et plus récents des lumières pour l'intelligence de passages obscurs ou de mots rares et uniques. Plus souvent qu'autrefois apparaissent aujourd’hui des références à ces ouvrages juifs dans la discussion exégétique.
La richesse de l'érudition juive mise au service de la Bible, depuis ses origines dans l'antiquité jusqu'à nos jours, est une aide de première valeur pour l'exégèse des deux Testaments, à condition toutefois de l'employer à bon escient. Le Judaïsme ancien était d'une grande diversité. La forme pharisienne, qui a prévalu ensuite dans le rabbinisme, n'était pas la seule. Les textes juifs antiques s'échelonnent sur plusieurs siècles; il est important de les situer chronologiquement avant de procéder à des comparaisons. Surtout, le cadre d'ensemble des communautés juives et chrétiennes est fondamentalement différent : du côté juif selon des formes très variées, il s'agit d'une religion qui définit un peuple et une pratique de vie à partir d'un écrit révélé et d'une tradition orale, tandis que du côté chrétien, c'est la foi au Seigneur Jésus, mort, ressuscité et désormais vivant, Messie et Fils de Dieu, qui rassemble une communauté. Ces deux points de départ créent, pour l'interprétation des écritures, deux contextes qui, malgré beaucoup de contacts et de similitudes, sont radicalement différents.
De la même Commission Pontificale Biblique, le document intitulé "[u]Le Peuple juif et ses Saintes Ecritures dans la Bible chrétienne[/u]" est consultable en français ici:
http://www.vatican.va/roman_curia/congregations/cfaith/pcb_documents/rc_con_cfaith_doc_20020212_popolo-ebraico_fr.html
Amicalement.
Virgile.