Les crises de la foi ne sont pas la perte de la foi

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Re: Les crises de la foi ne sont pas la perte de la foi

par Invité » ven. 06 mars 2009, 0:50

Quand on marche nous ne faisons pas attention aux mouvements de nos pieds. Si nous décomposons le pas. Un premier temps d'équilibre, un deuxième de déséquilibre quand nous levons un pied pour le mettre devant l'autre et nous revenons au premier temps de l'équilibre avec les deux pieds qui touchent le sol.

Notre foi c'est de marcher à la suite de Jésus à la gloire de Dieu et la charité envers l'humanité. Notre foi connait des temps d'équilibre et des temps de déséquilibre si nous voulons marcher. Nous sommes tentés de rester "en équilibre" avec toutes sortes d'affirmations de foi. Mais nous n'avançons pas. Il faut le temps du déséquilibre, c'est à dire celui de la question qui ouvre un avenir car elle peut avoir plusieurs réponses. Il y a le temps du nouvel équilibre suivant les réponses que nous donnons.

L'écoute de la parole de Dieu nous permet de regarder le chemin, le sens de la marche et la route parcourue. Je situerai les crises de la foi dans ce temps de déséquilibre, du questionnement qui nous fait avancer à la suite du Seigneur pour la gloire de Dieu qui est l'homme vivant.

Saint Irénée

Re: Les crises de la foi ne sont pas la perte de la foi

par gerardh » jeu. 05 mars 2009, 14:00

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Bonjour,

Je suis tout à fait d'accord avec le titre : "les crises de la foi ne sont pas la perte de la foi". Et même je pense qu'une foi véritable peut faillir, "faire naufrage", mais ne peut pas se perdre et faire perdre le salut du croyant.


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Re: Les crises de la foi ne sont pas la perte de la foi

par Anne » jeu. 05 mars 2009, 6:53

Vous vous rappelez peut-être, il y a quelque temps, le "scandale" des écrits de Mère Térésa qu'on avait publié et dans lesquels on trouvait une partie dans laquelle elle racontait sa "perte de foi"? La réaction dans les médias soulignait cet aspect sans, bien sur, remarquer qu'elle avait continué quand même son oeuvre pour retrouver (du moins je le présume, n'ayant pas lu le livre et les médias négligeant d'en parler) sa foi éventuellement.

Moi, ça m'a soulagée d'entendre cette nouvelle! J'en étais toute heureuse! :-D

Je me suis dit que si quelqu'un comme Mère Térésa (et combien d'autres saints et saintes) pouvait avoir des doutes, pouvait connaître ces périodes où on a l'impression d'être "abandonné(e)", c'est que ça faisait de moi une croyante normale!

Tu as bien raison, Étienne de titrer ainsi ton commentaire! Ça remet bien des choses en perspective!

Re: Les crises de la foi ne sont pas la perte de la foi

par coeurderoy » mer. 04 mars 2009, 23:05

"...tous ceux qui, reconnaissant leur culpabilité, confessent leur péché avec repentir et implorent leur délivrance Il [Jésus] leur tend la main, mais Il exige d'eux qu'ils Le suivent sans conditions, et renoncent à tout ce qui s'oppose en eux à Son esprit. Ce faisant, Il suscite la rage de l'enfer et la haine de la méchanceté et de la faiblesse humaines qui vont se déchainer jusqu'à lui préparer la mort sur la Croix. C'est alors qu'Il acquitte, dans les suprêmes tortures du corps et de l'âme, et plus encore dans la nuit de l'abandon du Père, les dettes accumulées envers la justice divine par les péchés des hommes de tous les temps, et qu'Il ouvre les écluses de la miséricorde du Père sur tous ceux qui ont le courage d'embrasser la Croix et le Crucifié. En eux se déversent sa vie et sa lumière divines, mais celles-ci, ne cessant d'anéantir tout ce qui leur fait obstacle, pourront paraître d'abord causer la nuit et la mort. C'est la nuit obscure de la contemplation, la mort crucifiée du "vieil homme". Plus la sollicitation de l'amour divin se fait puissante, plus l'âme s'y abandonne sans réserves, plus noire sera la nuit et douloureuses les affres de la mort. L'écroulement progressif de la nature humaine fait une place grandissante à la lumière surnaturelle et à la vie divine. Celle-ci va s'emparer des forces naturelles, les spiritualiser, les diviniser. Ansi s'accomplit, en quelque sorte une nouvelle incarnation du Christ dans le chrétien, et une véritable résurrection à partir de la mort de la Croix. L'homme nouveau porte en son corps les stigmates du Christ, comme un rappel de la misère du péché, de laquelle il est venu vers la vie divine et du prix qu'il a fallu payer pour son rachat. Il garde une douloureuse nostalgie de la plénitude de vei, jusqu'à ce qu'il lui soit pemis d'accéder, par la porte d'une mort corporelle véritable à la lumière sans ombre. Ainsi le mariage spirituel de l'âme avec Dieu, but pour lequel elle a été créée, est-il acheté par la Croix, consommé sur la Croix et scellé pour toute l'éternité du sceau de la Croix"

Edith Stein : Science de la Croix (Kreuzeswissenschaft), pp.240-241, Editions Nauwelaerts, Louvain, 1950.

Re: Les crises de la foi ne sont pas la perte de la foi

par coeurderoy » mer. 04 mars 2009, 20:23

Ce que vous écrivez Hélène, Etienne, c'est l'expérience de la "Scientia Crucis", si chère à Sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix, ce "passage" où le Seigneur semble bloquer tous les anciens chemins rassurants que nous avions pour "nous l'approprier", par nos petits moyens "à nous". Je songe aux chemins de purification par lesquels sont passés tant de croyants fidèles (la poétesse Marie Noël par exemple), je me rappelle aussi que Thérèse d'Avila raconte le martyre qu'elle endurait (dégoût, aversion...) lorsqu'elle entrait dans la chapelle de son couvent. Nous n'arrivons plus à croire alors, tant nous nous sentons abandonnés, que c'est l'heure privilégiée où le Seigneur nous quémande un véritable acte de foi, nu, total, confiant...
En union de prières :fleur:

Re: Les crises de la foi ne sont pas la perte de la foi

par Hélène » mer. 04 mars 2009, 19:56

C'est la perte de ce que croyions être la foi qui fait que nous trouvons davantage la foi. Aussi, il m'est arrivé dans des grands moments de désespoirs (je ne vous cacherai pas que je suis dedans présentement :oops: ) de me dire, "ça y est, j'ai perdu la foi" tellement tout est noir, mais au fond, je sais que je n'ai rien perdu mais qu'au contraire, c'est cela la foi (qui se purifie) : croire sans voir, croire sans rien sentir, croire même au plus profond de l'abîme. Pour renchérir à ce que disait le saint curé d'Ars : quand bien même je serais en enfer, je ne cesserai de croire en mon Seigneur. À vrai dire, la pire chose qui peut arriver à un croyant est de cesser de croire que Dieu l'aime. Or, jamais je n'ai douté de cela depuis ma conversion il y a 10 ans autant que les tourments se déchaînent dans mon âme : mon coeur profond sait, la fine pointe de l'âme ne cesse pas de croire envers et contre tout. L'apparente perte de foi est plutôt une perte de foi en soi-même et en l'homme et dans les puissants / puissances de ce monde... c'est en fait un appel à ne plus s'appuyer sur soi-même ni sur aucune créature (aussi belle et à l'image de Dieu fusse-t-elle) mais de mettre sa confiance entièrement en Dieu... parce que nous n'avons plus rien à perdre, car c'est en se perdant que l'on trouve et que Dieu seul suffit. La ténèbres n'est point ténèbres devant toi, la nuit comme le jour est lumière...

Seulement, j'ai juste hâte que ça se calme... car dans l'état où je suis, si je n'avais la foi, je me croirais perdue et damnée à jamais.

Merci pour ce partage Étienne...

Les crises de la foi ne sont pas la perte de la foi

par etienne lorant » mer. 04 mars 2009, 19:24

Cet après-midi, je me suis souvenu de ce mot de Bernanos: "Vous pensez que vous avez perdu la foi, mais elle a tout simplement cessé d'informer votre vie". Jusqu'à ce jour, je n'ai jamais traversé, même dans la maladie, ou dans l'épreuve de la part des hommes, de période où je me suis dit: "J'ai perdu la foi". Quand bien même cela m'arriverait, je connais le remède: demander à Dieu de me la rendre, ma petite foi de pauvre dont j'ai bien besoin! Ensuite, je me suis souvenu du saint curé d'Ars qui avait de belles envolées, dont celle-ci: "Quand bien même quelqu'un me persuaderait d'une façon évidente à mes yeux que Dieu n'existe pas, je ne m'arrêterais jamais de prier".

Certaines épreuves qui nous arrivent, nous les estimons parfois à la limite du supportable, ou même carrément "inadmissibles". En 1995, du fait d'un régime que j'avais suivi "à la dure", je m'étais levé un matin avec de la tachycardie (pouls à 140 p/m). "Et voilà, me suis-je dit, je n'ai plus qu'à prendre un rendez-vous chez un cardiologue". Aussitôt dit aussitôt fait, mais, à l'effort, le coeur est solide et je reçois comme conseil d'éviter le café pendant quelque temps... En réalité, c'était une dépression. Jusqu'alors, je n'avais eu idée que l'on puisse être dépressif, mais cette dépression a duré trois mois durant lesquels je n'ai pu que m'étendre raide sur mon lit chaque après-midi... et je disais: "Dieu m'a abandonné" (ce qui est tout à fait différent de : "J'ai perdu la foi"). Je me souviens j'ai prié suivant les recommandation de Padre Pio et jusqu'à frapper du poing sur un mur, car le Seigneur a dit : frappez et l'on vous ouvrira.

Tous les dix jours, un médecin ou un psy me proposait "une nouvelle molécule" (d'antidépresseur), cela ressemblait à une loterie. Finalement, un après-midi, je me suis relevé et je me suis dit et m'adressant à Dieu d'un ton un peu amer: tant pis, si je dois défaillir au travail, ce sera mieux que demeurer ainsi. Mais dès mon retour, tout s'est bien passé. Pour dire merci, le lendemain, j'étais pour la toute première fois au couvent des Soeurs Clarisses. Je m'y suis rendu chaque matin depuis lors et jusqu'à sa fermeture, en octobre de l'année dernière.

A présent, je traverse une autre épreuve - celle de la cinquantaine, dirions-nous. Je prie, je cherche un rythme de vie plus adapté. Mais je butte sur les questions de crise, d'âge de la pension ou de la pré-pension, de l'utilité des biens, etc. Pour l'instant, c'est la soupe dans ma tête. Néanmoins, j'ai eu cette chance : de retrouver la femme qui m'avait reconduit à l'Eglise après ma conversion. Je ne l'avais revue que deux ou trois fois sur vingt ans, mais désormais nous échangeons sur l'essentiel.

Conclusion (provisoire): tout concourt au bien pour celui croit.

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