par Serge BS » mar. 17 févr. 2009, 20:46
Il y a un problème que le droit canonique n'avait pas prévu. En effet, le canon 401, en son paragraphe 2, dispose que l'Evêque diocésain qui, pour une raison de santé ou pour toute autre cause grave, ne pourrait plus remplir convenablement son office, est instamment prié de présenter la renonciation à cet office, cette disposition étant étendue aux Evêques coadjuteurs et auxiliaires par le canon 411. Mais, d'ores et déjà, on peut dire que le § 1 du canon 402 précise que cette renonciation doit faire l'objet d'une acceptation. Donc, un Evêque peut proposer sa renonciation, maisl e Pape n'est pas obligé d'accepter cette renonciation du même Evêque.
Reste que se pose déjà une première difficulté. En effet, le Père Wagner était-il déjà Evêque avant cette nomination ? Si oui (car je n'ai pas vérifié ce point, mais il ne semble pas, de mémoire), le Pape n'est pas obligé. Mais s'il ne l'était pas et qu'il n'avait pas été consacré, peut-il être considéré comme déjà Evêque puisque, selon les canons 379 et 380, celui qui est promu à l'Episcopat doit recevoir la consécration épiscopale dans les trois mois suivant la réception des lettres apostoliques, émettre sa profession de foi et prêter serment de fidélité au Siège Apostolique.
Est aussi posée une difficulté au regard du canon 377, et notamment de ses paragraphes 2 et 3, celle liée à l'inscription du promu sur une liste transmises par les Evêques de la province ecclésiastique concernée. Il ne semble pas que ce soit le cas. Mais, néanmoins, le § 4 du même canon dispose, dans le cas d'un Evêque auxiliaire, que cette liste de trois puisse être établie par l'Evêque diocésain de manière autonome. La question est donc de savoir, non pas si les Evêques autrichiens, mais si l'Evêque titulaire du siège de Linz a établi cette liste en y faisant figurer le nom du Père Wagner. Et le pouvoir de nomination directe et libre par le Pontife romain est de principe dans l'Eglise latine, sous ces seules réserves, le diocèse de Linz ne faisant, de plus, pas partie des diocèses à régime spécial d'intervention du chapitre cathédral suite à des concordats, seul le diocèse de Salzburg étant concerné pour l'Autriche.
S'il n'est pas encore consacré, restant donc Prêtre et seulement Evêque "en puissance", le Père Wagner ne doit pas oublié qu'il reste soumis au § 2 du canon 274, qui dispose qu'il est tenu d'accepter et de remplir fidèlement la fonction que lui a confié son Ordinaire, bref son Evêque diocésain en tant que Prêtre et le Pape en tant qu'Evêque nommé, même s'il n'est pas encore consacré ! Donc, en démissionnant unilatéralement, il désobéit au Pape, et ce dernier pourrait dès lors effectivement douter de l'idoineté de la nomination de Monseigneur Wagner, celle-ci étant définie selon les dispositions du canon 378...
Je rappelle aussi que de nos jours, car ce ne fut pas le cas dans le passé en Autriche, que le Pape est totalement libre de son choix, compte tenu des formes précitées, et que les autorités civiles quelles qu'elles soient, même s'il existe encore en Autriche du fait du concordat une communication civile ex ante au pouvoir civil, n'ont plus leur mot à dire dès lors que le nom du promu a été rendu public.
Bref, Benoît XVI reste seul juge d'accepter ou non, même s'il peut désormais peut-être douter des qualités du Père Wagner à exercer son office (cf. canon 378, § 1, 1°) du fait même de son annonce de se retirer, car il désobéit d'une certaine façon de manière assez grave, prenant même le risque de sanctions ecclésiales graves du fait même de cette désobéissance qu'est finalement sa démission aussi rapide ! Il devait être au courant de sa promotion avant sa publication, non, ne serait-ce que du fait de l'intervention du Légat pontifical ? Il avait dès lors le temps de refuser avant publication !
Que l'on soit d'accord ou non avec la nomination de Monseigneur Wagner, ceci ne nous concerne plus, que nous soyons laïcs ou clercs, pratiquant ou non ! Seul le Pape, en son for intérieur, est maître de sa décision d'accepter ou non, en tenant compte des besoins du diocèse de Linz, dès lors que les formes canoniques ont été observées !
Il y a un problème que le droit canonique n'avait pas prévu. En effet, le canon 401, en son paragraphe 2, dispose que [i]l'Evêque diocésain qui, pour une raison de santé [u]ou pour toute autre cause grave[/u], ne pourrait plus remplir convenablement son office, est instamment prié de présenter la renonciation à cet office[/i], cette disposition étant étendue aux Evêques coadjuteurs et auxiliaires par le canon 411. Mais, d'ores et déjà, on peut dire que le § 1 du canon 402 précise que cette renonciation doit faire l'objet d'une acceptation. Donc, un Evêque peut proposer sa renonciation, maisl e Pape n'est pas obligé d'accepter cette renonciation du même Evêque.
Reste que se pose déjà une première difficulté. En effet, le Père Wagner était-il déjà Evêque avant cette nomination ? Si oui (car je n'ai pas vérifié ce point, mais il ne semble pas, de mémoire), le Pape n'est pas obligé. Mais s'il ne l'était pas et qu'il n'avait pas été consacré, peut-il être considéré comme déjà Evêque puisque, selon les canons 379 et 380, celui qui est promu à l'Episcopat doit recevoir la consécration épiscopale dans les trois mois suivant la réception des lettres apostoliques, émettre sa profession de foi et prêter serment de fidélité au Siège Apostolique.
Est aussi posée une difficulté au regard du canon 377, et notamment de ses paragraphes 2 et 3, celle liée à l'inscription du promu sur une liste transmises par les Evêques de la province ecclésiastique concernée. Il ne semble pas que ce soit le cas. Mais, néanmoins, le § 4 du même canon dispose, dans le cas d'un Evêque auxiliaire, que cette liste de trois puisse être établie par l'Evêque diocésain de manière autonome. La question est donc de savoir, non pas si les Evêques autrichiens, mais si l'Evêque titulaire du siège de Linz a établi cette liste en y faisant figurer le nom du Père Wagner. Et le pouvoir de nomination directe et libre par le Pontife romain est de principe dans l'Eglise latine, sous ces seules réserves, le diocèse de Linz ne faisant, de plus, pas partie des diocèses à régime spécial d'intervention du chapitre cathédral suite à des concordats, seul le diocèse de Salzburg étant concerné pour l'Autriche.
S'il n'est pas encore consacré, restant donc Prêtre et seulement Evêque "en puissance", le Père Wagner ne doit pas oublié qu'il reste soumis au § 2 du canon 274, qui dispose qu'il est [i]tenu d'accepter et de remplir fidèlement la fonction que lui a confié son Ordinaire[/i], bref son Evêque diocésain en tant que Prêtre et le Pape en tant qu'Evêque nommé, même s'il n'est pas encore consacré ! Donc, en démissionnant unilatéralement, il désobéit au Pape, et ce dernier pourrait dès lors effectivement douter de l'idoineté de la nomination de Monseigneur Wagner, celle-ci étant définie selon les dispositions du canon 378...
Je rappelle aussi que de nos jours, car ce ne fut pas le cas dans le passé en Autriche, que le Pape est totalement libre de son choix, compte tenu des formes précitées, et que les autorités civiles quelles qu'elles soient, même s'il existe encore en Autriche du fait du concordat une communication civile [u]ex ante[/u] au pouvoir civil, n'ont plus leur mot à dire dès lors que le nom du promu a été rendu public.
Bref, Benoît XVI reste seul juge d'accepter ou non, même s'il peut désormais peut-être douter des qualités du Père Wagner à exercer son office (cf. canon 378, § 1, 1°) du fait même de son annonce de se retirer, car il désobéit d'une certaine façon de manière assez grave, prenant même le risque de sanctions ecclésiales graves du fait même de cette désobéissance qu'est finalement sa démission aussi rapide ! Il devait être au courant de sa promotion avant sa publication, non, ne serait-ce que du fait de l'intervention du Légat pontifical ? Il avait dès lors le temps de refuser avant publication !
Que l'on soit d'accord ou non avec la nomination de Monseigneur Wagner, ceci ne nous concerne plus, que nous soyons laïcs ou clercs, pratiquant ou non ! Seul le Pape, en son for intérieur, est maître de sa décision d'accepter ou non, en tenant compte des besoins du diocèse de Linz, dès lors que les formes canoniques ont été observées !