par etienne lorant » sam. 29 nov. 2008, 16:06
Bonjour Zélie,
J'admire beaucoup votre force d'âme, et il me vient à l'esprit de dire que la force d'âme est surtout la capacité d'abandon de foi que nous avons acquise, un peu comme ces territoires conquis sur la mer par les Hollandais, mais par des actes de confiance en Dieu.
Je dois admettre que j'ai difficile. Dimanche dernier, à la table de ma mère dans sa maison de repos, nous étions de nouveau trois, avec ma sœur cadette. Mais il y a entre nous une telle "distance acquise", moins de neuf mois depuis le décès de mon père, que c'en est effrayant. A un moment donné, je me suis adressé à ma cadette et j'ai dit: je ne supporte vraiment plus de prendre tous mes repas seul, je suis prêt à t'offrir celui de jeudi midi, au Pizza Hut devant ton bureau. Je me déplace moi-même et c'est moi qui invite. Mais non, m'a-t-elle répondu, c'est tout simplement que je n'ai pas le temps (ce qui n'est même pas crédible). J'ai remis ma proposition dans ma poche, avec mon mouchoir au-dessus: soit, on ne m'y reprendrait plus.
Nous avions un autre rendez-vous possible le samedi - le jour où c'est elle qui me demande où vas-tu manger ?, mais moi, après avoir essuyé cette rebuffade, je suis parti de l'avant. Aujourd'hui, en compagnie d'une vague connaissance, j'ai dégusté un Tournedos "façon Rossini" (j'ai passé cinquante ans et j'ignorais cette tranche de foie gras posé sur la viande, elle même sur un toast... un vrai régal !)
Malgré tout, au moment du café, je me suis posé certaines questions... Ce rendez-vous du samedi avec ma sœur, le voici reporté sine die... car le weekend prochain, j'ai rendez-vous à midi avec une vieille amie à une heure de route d'ici (et en fait, c'est un prodigieux saut en arrière de vingt ans - puisque je vais retrouver une ville où je fus étudiant). Mais bref, si l'on va ainsi, ce qui reste de la famille arrivera-t-elle donc à Noël complètement dispersée ?
Pourquoi la société occidentale a-t-elle tant privilégié l'individu - et sa rentabilité, qu'il faille, en définitive, que chacun prépare sa propre fin en solitaire - en tout cas vu de loin, les apparences sont sinistres...
Bonjour Zélie,
J'admire beaucoup votre force d'âme, et il me vient à l'esprit de dire que la force d'âme est surtout la capacité d'abandon de foi que nous avons acquise, un peu comme ces territoires conquis sur la mer par les Hollandais, mais par des actes de confiance en Dieu.
Je dois admettre que j'ai difficile. Dimanche dernier, à la table de ma mère dans sa maison de repos, nous étions de nouveau trois, avec ma sœur cadette. Mais il y a entre nous une telle "distance acquise", moins de neuf mois depuis le décès de mon père, que c'en est effrayant. A un moment donné, je me suis adressé à ma cadette et j'ai dit: je ne supporte vraiment plus de prendre tous mes repas seul, je suis prêt à t'offrir celui de jeudi midi, au Pizza Hut devant ton bureau. Je me déplace moi-même et c'est moi qui invite. Mais non, m'a-t-elle répondu, c'est tout simplement que je n'ai pas le temps (ce qui n'est même pas crédible). J'ai remis ma proposition dans ma poche, avec mon mouchoir au-dessus: soit, on ne m'y reprendrait plus.
Nous avions un autre rendez-vous possible le samedi - le jour où c'est elle qui me demande où vas-tu manger ?, mais moi, après avoir essuyé cette rebuffade, je suis parti de l'avant. Aujourd'hui, en compagnie d'une vague connaissance, j'ai dégusté un Tournedos "façon Rossini" (j'ai passé cinquante ans et j'ignorais cette tranche de foie gras posé sur la viande, elle même sur un toast... un vrai régal !)
Malgré tout, au moment du café, je me suis posé certaines questions... Ce rendez-vous du samedi avec ma sœur, le voici reporté sine die... car le weekend prochain, j'ai rendez-vous à midi avec une vieille amie à une heure de route d'ici (et en fait, c'est un prodigieux saut en arrière de vingt ans - puisque je vais retrouver une ville où je fus étudiant). Mais bref, si l'on va ainsi, ce qui reste de la famille arrivera-t-elle donc à Noël complètement dispersée ?
Pourquoi la société occidentale a-t-elle tant privilégié l'individu - et sa rentabilité, qu'il faille, en définitive, que chacun prépare sa propre fin en solitaire - en tout cas vu de loin, les apparences sont sinistres...