Cette réponse est la suite de celle donnée à votre sujet "homosexualité" :
Cette question me touche depuis bien plus longtemps que celle de l'homosexualité. Le message de l'Eglise est très suivi dans les pays pauvres notamment d'Afrique, la population refuse donc d'utiliser les préservatifs (seul moyen d'enrayer le SIDA)
Alors là je vous arrête tout de suite. Cet argument est complètement faux.
1) Si vraiment le message de l'Église était très suivi l'épidémie serait largement enrayée pour la simple et bonne raison que l'Église professe la chasteté.
2) Le problème "culturel" ne vient pas de l'Église mais d'une superstition très présente qui consiste à croire que pour se délivrer du sida l'homme doit "ensemencer" une... vierge. Cette superstition, vous vous en doutez, à largement contribué à l'extension du virus.
Dans une logique purement humanitaire je pense donc, que l'Eglise devrais évoluer sur ce point, en prônant par exemple l'utilisation du préservatif dans les situations à risque comme c'est souvent le cas dans ces pays, en continuant si Elle le désire à interdire aux croyants de l'utiliser pendant le mariage (avec peut-être test de séropositivité avant tout acte sexuel).
L'Église encourage bien évidemment les tests de séropositivité.
Pour répondre à votre question je vais vous raconter une anecdote. Connaissez-vous cette histoire célèbre, et vraie : constatant l'état déplorable des femmes du Caire subissant le contrecoup des grossesses à répétition, Sœur Emmanuelle a distribuée des contraceptifs, la pilule, à ces femmes, et a parlé de son action et de ce problème à Jean-Paul II dans une lettre.
Jean-Paul II n'a pas répondu. Nombreux furent ceux qui crurent qu'il ne le fit pas car il n'était pas d'accord avec sœur Emmanuelle, il voulait couver l'affaire etc. Qu'en pensait sœur Emmanuelle ? Ceci :
Il ne lui répondit pas précisément parce qu'il comprenait son action, mais qu'il ne pouvait la soutenir "officiellement".
Ce qui est en jeu c'est précisément la question de la morale. L'Église a un rôle de guide moral. Un membre de l'Église peut accepter, voire recommander, l'utilisation de choses jugée "illicites" par l'Église dans des situations particulières, il est libre, et il aura des comptes à rendre, au final, devant Dieu. Mais l'Église ne peut pas "officialiser", accepter moralement, de telles choses, car ce serait laisser la porte ouverte à toutes les dérives.
Pour prendre un exemple encore plus parlant, voyez la question de la torture.
La torture est jugée mauvaise, elle l'est. Pourtant nous savons qu'elle est constamment utilisée en guerre, et qu'elle a parfois aidée à sauver des milliers de vie. Pourtant nous ne pouvons pas la rendre licite ! La rendre licite ce serai la banaliser exactement au sens ou Hanah Arendt entend le concept de "banalité du mal".
Non, la personne qui torture, même pour de bonnes raisons, doit sentir sur elle peser la culpabilité du mal. Cela est nécessaire au maintient de la moralité, et cela est nécessaire au salut de cette personne.
En revanche ! Nous devons savoir pardonner ! Et devant le trouble de cet homme torturé par le mal qu'il a infligé par la torture pour essayer de sauver des vies, nous devons savoir comprendre et compatir à ses tribulations. Même nous n'avons pas le droit de juger son action comme étant bonne, c'est à Dieu seul que revient ce jugement. Et cela est un gage, pour nous hommes ici-bas, de liberté.
Le problème est dans le fond le même avec sœur Emmanuelle. Nous pouvons tout à fait considérer qu'elle a fait le bon choix en distribuant les pilules, mais avons-nous le droit de tirer de cela seul la conclusion selon laquelle la pilule serait en soi bonne ? Non.
La morale catholique ne peut pas se comprendre sans la miséricorde divine.
Pour revenir au cas de l'Afrique, nous pouvons constater une chose : la distribution des préservatifs ne fonctionne pas en soi. Les humanitaires le savent bien, c'est pour cette raison qu'ils lancent des programmes de sensibilisation à son utilisation.
Quitte à apprendre, à sensibiliser, autant directement sensibiliser à la chasteté. Car contrairement au préservatif qui ne protège pas à 100%, ni de toutes les pratiques coïtales, la chasteté, elle, est à 100% efficace. Ainsi, si nous restons sur une ligne strictement "pragmatique", la doctrine Catholique est encore la meilleure.
[color=#008000]Cette réponse est la suite de celle donnée à votre sujet "homosexualité" :[/color]
[quote]Cette question me touche depuis bien plus longtemps que celle de l'homosexualité. Le message de l'Eglise est très suivi dans les pays pauvres notamment d'Afrique, la population refuse donc d'utiliser les préservatifs (seul moyen d'enrayer le SIDA)[/quote]
Alors là je vous arrête tout de suite. Cet argument est complètement faux.
1) Si vraiment le message de l'Église était très suivi l'épidémie serait largement enrayée pour la simple et bonne raison que l'Église professe la chasteté.
2) Le problème "culturel" ne vient pas de l'Église mais d'une superstition très présente qui consiste à croire que pour se délivrer du sida l'homme doit "ensemencer" une... vierge. Cette superstition, vous vous en doutez, à largement contribué à l'extension du virus.
[quote]Dans une logique purement humanitaire je pense donc, que l'Eglise devrais évoluer sur ce point, en prônant par exemple l'utilisation du préservatif dans les situations à risque comme c'est souvent le cas dans ces pays, en continuant si Elle le désire à interdire aux croyants de l'utiliser pendant le mariage (avec peut-être test de séropositivité avant tout acte sexuel).[/quote]
L'Église encourage bien évidemment les tests de séropositivité.
Pour répondre à votre question je vais vous raconter une anecdote. Connaissez-vous cette histoire célèbre, et vraie : constatant l'état déplorable des femmes du Caire subissant le contrecoup des grossesses à répétition, Sœur Emmanuelle a distribuée des contraceptifs, la pilule, à ces femmes, et a parlé de son action et de ce problème à Jean-Paul II dans une lettre.
Jean-Paul II n'a pas répondu. Nombreux furent ceux qui crurent qu'il ne le fit pas car il n'était pas d'accord avec sœur Emmanuelle, il voulait couver l'affaire etc. Qu'en pensait sœur Emmanuelle ? Ceci :
Il ne lui répondit pas précisément parce qu'il comprenait son action, mais qu'il ne pouvait la soutenir "officiellement".
Ce qui est en jeu c'est précisément la question de la morale. L'Église a un rôle de guide moral. Un membre de l'Église peut accepter, voire recommander, l'utilisation de choses jugée "illicites" par l'Église dans des situations particulières, il est libre, et il aura des comptes à rendre, au final, devant Dieu. Mais l'Église ne peut pas "officialiser", accepter moralement, de telles choses, car ce serait laisser la porte ouverte à toutes les dérives.
Pour prendre un exemple encore plus parlant, voyez la question de la torture.
La torture est jugée mauvaise, elle l'est. Pourtant nous savons qu'elle est constamment utilisée en guerre, et qu'elle a parfois aidée à sauver des milliers de vie. Pourtant nous ne pouvons pas la rendre licite ! La rendre licite ce serai la banaliser exactement au sens ou Hanah Arendt entend le concept de "banalité du mal".
Non, la personne qui torture, même pour de bonnes raisons, doit sentir sur elle peser la culpabilité du mal. Cela est nécessaire au maintient de la moralité, et cela est nécessaire au salut de cette personne.
En revanche ! Nous devons savoir pardonner ! Et devant le trouble de cet homme torturé par le mal qu'il a infligé par la torture pour essayer de sauver des vies, nous devons savoir comprendre et compatir à ses tribulations. Même nous n'avons pas le droit de juger son action comme étant bonne, c'est à Dieu seul que revient ce jugement. Et cela est un gage, pour nous hommes ici-bas, de liberté.
Le problème est dans le fond le même avec sœur Emmanuelle. Nous pouvons tout à fait considérer qu'elle a fait le bon choix en distribuant les pilules, mais avons-nous le droit de tirer de cela seul la conclusion selon laquelle la pilule serait en soi bonne ? Non.
La morale catholique ne peut pas se comprendre sans la miséricorde divine.
Pour revenir au cas de l'Afrique, nous pouvons constater une chose : la distribution des préservatifs ne fonctionne pas en soi. Les humanitaires le savent bien, c'est pour cette raison qu'ils lancent des programmes de sensibilisation à son utilisation.
Quitte à apprendre, à sensibiliser, autant directement sensibiliser à la chasteté. Car contrairement au préservatif qui ne protège pas à 100%, ni de toutes les pratiques coïtales, la chasteté, elle, est à 100% efficace. Ainsi, si nous restons sur une ligne strictement "pragmatique", la doctrine Catholique est encore la meilleure.