par etienne lorant » mer. 29 oct. 2008, 12:54
Evangile de Jésus-Christ selon saint Luc 13,22-30.
Dans sa marche vers Jérusalem, Jésus passait par les villes et les villages en enseignant. Quelqu'un lui demanda : « Seigneur, n'y aura-t-il que peu de gens à être sauvés ? » Jésus leur dit : « Efforcez-vous d'entrer par la porte étroite, car, je vous le déclare, beaucoup chercheront à entrer et ne le pourront pas. Quand le maître de la maison se sera levé et aura fermé la porte, si vous, du dehors, vous vous mettez à frapper à la porte, en disant : 'Seigneur, ouvre-nous', il vous répondra : 'Je ne sais pas d'où vous êtes.'
Alors vous vous mettrez à dire : 'Nous avons mangé et bu en ta présence, et tu as enseigné sur nos places.'
Il vous répondra : 'Je ne sais pas d'où vous êtes. Éloignez-vous de moi, vous tous qui faites le mal.'
L'Evangile complet de ce jour parle en même temps de l'époque où le Christ est venu et n'a pas été reconnu par son peuple, et s'adresse également à nous au travers des siècles. J'ai préféré scindé le texte et gardé ces versets pour mieux recentrer ma méditation.
"Efforcez-vous d'entrer par la porte étroite": je vois un homme qui essaie de se glisser dans un interstice entre deux murs, et qui transpire pour y arriver. J'en déduis le temps d'épreuve que nous traversons, du fait de la sueur, de la concentration de la volonté, des nombreux essais qui échouent mais que l'on renouvelle.
Pour moi, c'est en tout cas un temps d'épreuve. C'était déjà difficile lorsque je servais mes deux parents, et à présent qu'aucun des deux n'est plus à la maison, l'épreuve a pris d'autres formes. J'avance seul, je n'ai plus personne à embrasser le matin ou à qui confier des soucis ordinaires, et le sommeil est long à venir dans mes nuits. Socialement, je suis fragilisé, car je ne participe pas aux festivités du monde. Spirituellement, il me manque une chapelle ou une église dans laquelle l'Eucharistie du matin serait célébrée avec plus de recueillement. C'est dur chaque jour depuis avril, mais mon coeur, mon esprit et même mon corps se sont affermis dans ces nouveaux efforts.
Est-il possible qu'avec la crise financière, la baisse du pouvoir d'achat, le nombre de sans-abris qui s'envole et le froid... est-il possible que pour les autres la porte semble toujours aussi large et simple à passer ? A certaines réflexions que j'ai entendues, en ces jours de veille de la Toussaint, tandis que je sautille sur mes deux pieds dans ma boutique pour me maintenir en forme, eh bien oui, il n'existe pas de raison valable de changer telle ou telle attitude de vie. C'est ainsi que mon ami Eric m'a parlé de sa dernière réunion de famille (plus de douze personnes, à manger jusqu'à plus faim, et beaucoup à boire), la ville s'est vidée et les avions "low cost" se sont remplis, direction les plages d'Afrique du Nord : Algérie, Maroc et Tunisie. La réflexion "C'est toujours çà de pris !" est typique du refus d'ouvrir les yeux sur les nuages sombres qui s'accumulent, et de penser à autrui.
Advienne une catastrophe aérienne, due peut-être au fait qu'on a négligé un entretien technique par souci d'économie, et l'on se plaindra à Dieu de ne jamais intervenir positivement dans les affaires humaines. Alors, beaucoup se présenteront devant saint Pierre, et dirons: "Ouvre-nous cette porte ! Nous sommes de bonnes personnes, nous ne sommes pas responsables et d'ailleurs, nous allons à l'église une fois par an pour Pâques"... " Mais par deux fois, comme dans l'Evangile, une voix s'élèvera de l'intérieur et dira : "Je ne sais pas d'où vous êtes, allez vous-en vous qui faîtes le mal". Et ils iront, car la voix de l'intérieur du Paradis est déjà aujourd'hui dans chaque conscience - et le mal de l'indifférence, c'est le mal; et ne pas chercher à rendre sa vie plus juste, plus vraie et plus belle c'est le mal aussi; et ne pas désirer connaître la vérité sur notre condition d'homme, c'est appeler Satan chaque jour.
Réjouissons-nous au contraire de la sueur qui nous coule de la tête et des bras, apprenons à nous réjouir d'un coin de ciel bleu, du froid vif, de l'air transparent et de toutes les grâces qui nous sont données pour nous permettre de poursuivre l'effort. Nous avons vu la Lumière et désormais nous savons que le temps est court, mais que le Seigneur nous ouvrira la porte où Il a lui-même frappé: "Je prendrai mon repas avec lui, il prendra son repas avec moi".
Evangile de Jésus-Christ selon saint Luc 13,22-30.
Dans sa marche vers Jérusalem, Jésus passait par les villes et les villages en enseignant. Quelqu'un lui demanda : « Seigneur, n'y aura-t-il que peu de gens à être sauvés ? » Jésus leur dit : « Efforcez-vous d'entrer par la porte étroite, car, je vous le déclare, beaucoup chercheront à entrer et ne le pourront pas. Quand le maître de la maison se sera levé et aura fermé la porte, si vous, du dehors, vous vous mettez à frapper à la porte, en disant : 'Seigneur, ouvre-nous', il vous répondra : 'Je ne sais pas d'où vous êtes.'
Alors vous vous mettrez à dire : 'Nous avons mangé et bu en ta présence, et tu as enseigné sur nos places.'
Il vous répondra : 'Je ne sais pas d'où vous êtes. Éloignez-vous de moi, vous tous qui faites le mal.'
L'Evangile complet de ce jour parle en même temps de l'époque où le Christ est venu et n'a pas été reconnu par son peuple, et s'adresse également à nous au travers des siècles. J'ai préféré scindé le texte et gardé ces versets pour mieux recentrer ma méditation.
"Efforcez-vous d'entrer par la porte étroite": je vois un homme qui essaie de se glisser dans un interstice entre deux murs, et qui transpire pour y arriver. J'en déduis le temps d'épreuve que nous traversons, du fait de la sueur, de la concentration de la volonté, des nombreux essais qui échouent mais que l'on renouvelle.
Pour moi, c'est en tout cas un temps d'épreuve. C'était déjà difficile lorsque je servais mes deux parents, et à présent qu'aucun des deux n'est plus à la maison, l'épreuve a pris d'autres formes. J'avance seul, je n'ai plus personne à embrasser le matin ou à qui confier des soucis ordinaires, et le sommeil est long à venir dans mes nuits. Socialement, je suis fragilisé, car je ne participe pas aux festivités du monde. Spirituellement, il me manque une chapelle ou une église dans laquelle l'Eucharistie du matin serait célébrée avec plus de recueillement. C'est dur chaque jour depuis avril, mais mon coeur, mon esprit et même mon corps se sont affermis dans ces nouveaux efforts.
Est-il possible qu'avec la crise financière, la baisse du pouvoir d'achat, le nombre de sans-abris qui s'envole et le froid... est-il possible que pour les autres la porte semble toujours aussi large et simple à passer ? A certaines réflexions que j'ai entendues, en ces jours de veille de la Toussaint, tandis que je sautille sur mes deux pieds dans ma boutique pour me maintenir en forme, eh bien oui, il n'existe pas de raison valable de changer telle ou telle attitude de vie. C'est ainsi que mon ami Eric m'a parlé de sa dernière réunion de famille (plus de douze personnes, à manger jusqu'à plus faim, et beaucoup à boire), la ville s'est vidée et les avions "low cost" se sont remplis, direction les plages d'Afrique du Nord : Algérie, Maroc et Tunisie. La réflexion "C'est toujours çà de pris !" est typique du refus d'ouvrir les yeux sur les nuages sombres qui s'accumulent, et de penser à autrui.
Advienne une catastrophe aérienne, due peut-être au fait qu'on a négligé un entretien technique par souci d'économie, et l'on se plaindra à Dieu de ne jamais intervenir positivement dans les affaires humaines. Alors, beaucoup se présenteront devant saint Pierre, et dirons: "Ouvre-nous cette porte ! Nous sommes de bonnes personnes, nous ne sommes pas responsables et d'ailleurs, nous allons à l'église une fois par an pour Pâques"... " Mais par deux fois, comme dans l'Evangile, une voix s'élèvera de l'intérieur et dira : "Je ne sais pas d'où vous êtes, allez vous-en vous qui faîtes le mal". Et ils iront, car la voix de l'intérieur du Paradis est déjà aujourd'hui dans chaque conscience - et le mal de l'indifférence, c'est le mal; et ne pas chercher à rendre sa vie plus juste, plus vraie et plus belle c'est le mal aussi; et ne pas désirer connaître la vérité sur notre condition d'homme, c'est appeler Satan chaque jour.
Réjouissons-nous au contraire de la sueur qui nous coule de la tête et des bras, apprenons à nous réjouir d'un coin de ciel bleu, du froid vif, de l'air transparent et de toutes les grâces qui nous sont données pour nous permettre de poursuivre l'effort. Nous avons vu la Lumière et désormais nous savons que le temps est court, mais que le Seigneur nous ouvrira la porte où Il a lui-même frappé: "Je prendrai mon repas avec lui, il prendra son repas avec moi".