Le Collège des Bernardins

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Re: Des nouvelles du "Collège des Bernardins"...

par coeurderoy » mer. 29 juil. 2009, 7:38

Bonjour MB,
et d'accord avec vous pour cette analyse : ce que je disais sur David pénitent rejoint,me semble-t-il, cette vision libératrice et ouverte à la joie de la "bonne culpabilité" : celle qui nous pousse à nous rapprocher du Sauveur et à implorer sa grâce. J'ai en revanche pu croiser tel chrétien "libéré" heureux de me dire qu'il ne savait plus ce qu'était le péché, pensant s'être détaché enfin de toute forme de culpabilité (liée aux principes de la morale chrétienne en matière de fidélité conjugale..) Or celui qui se dit sans péché est un menteur nous avertit saint Jean et le tourment de l'âme triste d'avoir trahi son Dieu et soupirant dans son exil, est bien preuve que la vie de l'Esprit est toujours là, même affaiblie, et aspire à la plénitude de la joie : cette culpabilité là est plutôt à écouter (comme une grâce) car elle est motion divine permettant au pécheur de se relever.
In Christo !

Re: Des nouvelles du "Collège des Bernardins"...

par MB » mer. 29 juil. 2009, 0:03

Avé

La polémique - que je trouve un peu triste et inutile - à laquelle nous avons le déplaisant privilège d'assister me semble venir d'une erreur d'appréciation, d'un malentendu. Pneumatis critique une manière de voir la "culpabilité", ce que Charles interprète, de manière un peu rapide peut-être, comme le souhait latent de pouvoir - enfin ? - renoncer aux affres de la conscience tourmentée par le péché originel.

Je crois qu'il ne s'agit pas de cela. J'ai l'impression que Pneumatis critique une forme narcissique de culpabilité, qui ne nous amène pas à nous tourner vers le Christ, mais à s'occuper morbidement de nous-mêmes. Dans un autre domaine, on pourrait faire une comparaison entre le "louseur" et le "ouineur" lorsqu'ils sont soumis aux mêmes tribulations : le "louseur", par égocentrisme, cherche en permanence à se justifier en se contorsionnant dans la haine de ce qui l'environne : il prend plaisir à creuser encore plus profond le trou dans lequel il se trouve, en sachant qu'il se fait du mal ; le "ouineur", lui, admet ses défauts et les corrige pour atteindre un but supérieur.
Il en va de même pour nous ; il y a une manière maladive de nous dévaloriser, de ressasser nos insuffisances, non par amour de Dieu que nous voudrions rejoindre, mais par amour de nous-mêmes dont nous voulons avoir le plaisir de nous entendre parler. Peut-être est-ce de cette "culpabilité"-là que Pneumatis voulait parler ?

A cela, il faut ajouter une situation dans laquelle on vit effectivement une forme de culpabilité (le cas des parents d'un bébé mort subitement est typique, en effet, ou celui d'une femme violée, bien souvent), dans laquelle elle est injustifiée. Est-ce vouloir tout chambouler, nier la Tradition, l'Eglise, pécher contre l'Esprit, que de vouloir arranger cela ?

Amicalement
MB

Re: Des nouvelles du "Collège des Bernardins"...

par coeurderoy » sam. 18 juil. 2009, 19:01

Bonjour Pneumatis,
je suis d'accord avec votre analyse sur un certain type de culpabilité (finalement confortable) : celle qu'on peut se fabriquer quasi automatiquement par peur des béances et bouleversements que peut entraîner une attitude vraiment ouverte à la grâce. Je crois qu'on peut "s'installer" dans un certain type d'attitudes relevant de la pose en ce domaine. David pénitent nous donne me semble-t-il le modèle parfait de la bonne culpabilité, repentante, amoureuse et aimantant la miséricorde du Seigneur.
Psychologie et psychiatrie au service d'une anthropologie chrétienne permettent, je le crois, d'éviter effectivement les blocages (blindages) que nous nous fabriquons trop souvent en pensant adopter une attitude "pieuse" qui finalement nous arrange par son côté formaliste, convenu, rassurant. Je parle d'expérience et, c'est vrai, une mésestime de soi, (non-amour) servant de prétexte à entretenir cette mauvaise culpabilité n'est certainement pas dans le plan de Dieu à notre égard...
Lorsque je disais "ras des pâquerettes" : j'annonçais ma question (financière...), le programme des Bernardins me rappelant assez fâcheusement par pas mal d'aspects, les symposiums ou expos rencontrés au sein du Ministère auquel j'appartiens.
Je sais que le Collège des Bernardins était déjà lieu de réflexions intellectuelles à sa création, mais j'avoue que ce site si "clean" et branché m'agace un peu... J'ai l'impression d'assister à un programme "d'ateliers occupationnels pieux" réservé à la crème bien-pensante, mais je me trompe peut-être (chat échaudé craint l'eau froide)
Cordialement !

Re: Des nouvelles du "Collège des Bernardins"...

par Pneumatis » sam. 18 juil. 2009, 16:55

Bonjour Coeuderoy,

Mon propos n'avait pas pour but de se prononcer sur la pertinence du lieu pour y travailler le sujet dont il est question. Je ne saurai avoir cette appréciation. Je ne cherchais d'ailleurs aucune polémique, mais uniquement à indiquer que je trouvais le sujet de ce séminaire, et son atelier, intéressant. Tout le monde n'est pas obligé d'être de cet avis, mais je vois mal où il y a sujet à polémiquer.
Bref, je ne comprends pas bien Charles la nature de votre intervention. "Très important la "réalité psychologique" de la chose... Jésus nous en a beaucoup parlé." Autant qu'on sache, Jésus n'a pas tellement parlé non plus de cancérologie, je me permets cependant de ne pas considérer comme superflue la recherche dans cette discipline médicale comme dans les autres. En plus, dénigrer la connaissance des mécanismes psychologiques c'est refuser de voir par exemple les raisons pour lesquelles NSJC enseignait en paraboles plutôt que de faire des cours de théologie : c'est bien parce que la psyché humaine a ses règles de fonctionnement et qu'il ne suffit donc pas de dire quelque chose à quelqu'un pour que ce soit miraculeusement rendu intelligible par cette personne. Sans quoi vous pourriez être très convaincant, même quand vous agressez les gens, ce qui qui n'est vraisemblablement pas le cas. J'en arrive même parfois à avoir mal d'être d'accord avec vous sur certains sujets, tant vous exprimez les choses avec agressivité, colère ou condescendance.

Pour faire simple et reprendre la série de vos remarques qui vont dans le sens de dénigrer la psychologie ou le travail des psychanalystes, psychologues et/ou psychiatres : la psychologie est une science de l'homme qui nous permet de mieux comprendre ses tensions internes, ses troubles, ses angoisses, bref en un mot ses troubles de l'âme, comme ceux par exemple qui l'enferment dans la culpabilité.
Charles a écrit :C'est cela, oui... nous avions besoin de psychanalystes pour enfin retrouver la grâce... Mais j'ai une immense gratitude envers vous, Pneumatis ! L'Eglise n'était vraiment qu'un ramassis d'abrutis et ses Docteurs, les saints Augustin ou Jean de la Croix, de la roupie de sansonnet en comparaison de vos psychanalystes.... :zut: Je le savais, mais je n'arrivais à l'exprimer aussi bien que vous.
Voyez-vous, ce n'est pas parce que j'aurai lu la Bible et les Pères de l'Eglise que je m'arrêterai de penser et de chercher. Si vous avez décidé d'arrêter de penser sous le seul prétexte que l'Eglise a eu son lot de penseurs avant vous, libre à vous. Mais vous devez oublier probablement que l'Eglise invite toujours à la recherche et à la compréhension de l'homme et du monde, à la lumière de la tradition, dans bien des disciplines y compris la psychologie. Mais probablement ignorez-vous tout du travail du Conseil Pontifical pour la Famille par exemple. Dois-je comprendre que cette commission fait un travail totalement obsolète ? Plus généralement, dois-je comprendre que de rechercher les raisons qui poussent une femme violée à culpabiliser au point d'en désirer la mort est un travail à négliger ? Dois-je comprendre que de rechercher les meilleures approches pour délivrer de la culpabilité des parents ne réussissant pas à faire le deuil de leur bébé mort sans raisons apparentes (mort subite du nourrisson) est un travail à négliger ? Dois-je comprendre que le meurtrier dont vous donner l'exemple ne mérite pas qu'on se penche sur son sort pour l'aider à dépasser le sentiment de culpabilité et le mener au-delà, vers la véritable contrition ?

Car, si vous relisez bien ce que j'ai écrit, la culpabilité c'est avant tout quelque chose dont nous devons sortir, et c'est pourquoi il me semble important de mieux la connaitre, de mieux la définir, et donc de la déconstruire. Mais si vous savez déjà tout sur tout, évidemment ce séminaire doit vous sembler superflue. Je n'ai pas cette science infuse dont vous semblez disposer et qui vous fait regarder de si haut les efforts des uns et des autres pour tenter de mieux comprendre certains noeuds psychologiques dans lesquels s'enferment des personnes malgré elles. Aussi je trouve ce travail intéressant et il m'invite à réfléchir sur cette notion de culpabilité, qui est plus qu'un mot, et dont l'appréciation et la compréhension évolue à travers les siècles.

D'ailleurs, puisque vous citez Saint Jean, sans doute aurez-vous remarqué que le verset sur la culpabilité a presque autant de traductions différentes qu'il y a de traductions en français de la Bible. 3 petits exemples pour faire court, qui vous donne une idée sur le fait que la notion de culpabilité n'est pas un concept figé et qu'il demande à être approfondie pour que notre intelligence puisse mieux le saisir :
BJ : Et lui, une fois venu, il établira la culpabilité du monde en fait de péché, en fait de justice et en fait de jugement
AELF : Quand il viendra, il dénoncera l'erreur du monde sur le péché, sur le bon droit, et sur la condamnation.
Darby : Et quand celui-là sera venu, il convaincra le monde de péché, et de justice, et de jugement

Bref, mon propos, très néophyte sur la question, c'était de dire que la culpabilité est une prison dans laquelle on s'enferme et on se coupe justement de la grâce. Si donc on se ferme à la grâce, comment accueillir la miséricorde. En quoi je trouve intéressante la collaboration des psychanalystes ayant l'expérience des mécanismes de blocage et déblocage de la psyché, et des théologiens pouvant éclairer et donner une ligne directrice à cette démarche de libération et d'ouverture à la grâce. Sans quoi, oui on tourne en rond ! D'où ma réflexion et ma comparaison entre culpabilité et contrition, et le chemin qu'il y a à faire entre l'un et l'autre.
Charles a écrit :Oui mais pas seulement dans la Nouvelle Evangélisation, l'Eglise n'a pas attendu la fin du XX° siècle pour sauver des âmes, ou bien si ?
Non, je n'ai pas dit que c'était le seul moyen. Je dis que c'en est un nouveau, supplémentaire, permettant d'approfondir. L'Eglise n'a pas attendu la fin du XXème siècle pour sauver des âmes, cependant elle continue d'enrichir son magistère, de publier des encycliques, etc... Encore une fois, je ne vois pas les raisons qui vous poussent à croire qu'il faudrait subitement s'arrêter de réfléchir et de penser la morale et l'anthropologie.
Que ta volonté soit faite... et non la mienne... terrible mimétisme, il faut tout tirer de son propre fond comme disait je ne sais plus qui ?
Allez dire ça à Saint Paul qui nous enseigne que ce n'est pas l'obéissance à la loi qui sauve, mais la foi ! Le mimétisme dont je parle c'est celui d'une obéissance aveugle à des préceptes moraux : ce qu'on appelle le pharisaïsme.

Bonne journée.

Re: Des nouvelles du "Collège des Bernardins"...

par coeurderoy » sam. 18 juil. 2009, 9:23

Bon, une visite sur le site des Bernardins m'a éclairé sur les tarifs : il faut payer les intervenants (les prédications d'Antoine de Padoue ou de Vincent Ferrier c'était bien gratos dans les temps obscurs non ? J'ai pas les moyens d'investir dans les pavés que sont les catalogues d'expos m'expliquant, qu'ignare, j'ai vraiment rien saisi au truc !. Quand on n'a pas le sou on se contente de la douce lumière d'Ile-de-France caressant les pierres et les toits de Paris, des ombrages du square Viviani et de la façade jubilante de Notre-Dame : de l'avantage...d'être pauvre !

http://www.collegedesbernardins.fr/

Re: Des nouvelles du "Collège des Bernardins"...

par coeurderoy » sam. 18 juil. 2009, 8:04

Très "ras des pâquerettes" : ça coûte combien l'organisation de ces synodes artistico-culturels, manifestations ecclésio-parisiennes (?), théosophico-conciliabulaires ? Oui, je semble rejetter la réflexion intellectuelle, l'art contemporain et le dialogue inter-religieux, je voudrais simplement signaler qu'en temps de crise le financement de manifestations qui profitent, j'imagine, au "happy-few" fréquentant ce type d'évènements a quelque chose qui me choque...
Si les souliers vernis qui hantent ces lieux magnifiques voulaient se rappeler qu'il est à l'origine un lieu...cistercien, ça serait bien tout de même : l'esprit des lieux ce n'est pas rien et Saint Bernard savait combien les clercs de son temps sacrifiaient à l'orgueil élitiste de l'intelligence...
Voulez pas faire un stage de "frères convers" dans une trappe un peu paumée histoire de moissonner en plein mois d'août ? (lire Merton à ce propos): quand la bure est trempée de sueur et que le corps rechigne on doit avoir conscience des conséquences du péché originel et sentir la différence entre "l'absence de mouvement et le déplacement dans l'espace"...
Bon j'arrête, pour être passé souvent rue de Poissy au temps où les pompiers de Paris occupaient encore les lieux, je finis par penser que c'était peut-être un moindre mal : le bâtiment avait au moins son utilité à l'époque !

Re: Des nouvelles du "Collège des Bernardins"...

par Pneumatis » jeu. 16 juil. 2009, 14:16

Charles a écrit :Un commentaire et-il vraiment nécessaire ?
Nécessaire, je ne sais pas, mais en tout cas ça m'a l'air très intéressant le travail sur la culpabilité et les nouveaux chemins de sagesse à rechercher. En effet, force est de constater que l'exacerbation de la culpabilité comme seul rapport au bien n'a fait qu'entrainer une rébellion des consciences, témoignant ainsi de la réalité du sentiment de culpabilité : un enfermement, une prison. On dira que dans ce cas c'est la miséricorde divine qui libère, mais il ne faut pas ignorer la réalité psychologique de la chose. Encore faut-il avoir conscience de cette miséricorde... et donc on tourne très vite en rond. Le problème de la culpabilité comme seule manifestation de conscience morale est bel et bien un conditionnement pré-fabriqué et n'a pas grand chose à voir avec la réelle contrition. C'est un sentiment, une émotion, qui nous fait croire à une conscience morale mais fini par nous opposer au bien plutôt que de nous attirer à lui. Enfin je crois, je n'y ai pas vraiment pris le temps d'y réfléchir.

Je crois que c'est dans la Nouvelle Evangélisation que se trouve ces nouveaux chemins de sagesse, dans une meilleure intelligence de la Vérité, faisant naitre un amour vrai (Caritas in Veritate ;) ) qui est la vrai conscience de ses actes et qui conduit à la vrai contrition, c'est-à-dire reconnaitre son péché à la lumière de l'esprit. C'est dans l'intelligence, et non dans le mimétisme à une conscience morale faisant autorité sans qu'on la comprenne que se trouve le salut. Cela Saint Paul nous l'apprend déjà. Il est facile d'en déduire que la culpabilité nait de la désobéissance à la Loi, et il faut alors se souvenir que ce n'est pas l'obéissance à la Loi qui sauve. La culpabilité est donc déjà la conséquence d'une démarche viciée. C'est la foi qui sauve, et face au péché, c'est donc l'ouverture de l'intelligence qui permet de reconnaitre ce péché et conduit le coeur à la vrai contrition. C'est l'intelligence de la Vérité révélée (définition de la foi par St Thomas d'Aquin) qui permet vraiment d'ouvrir son âme à la miséricorde divine.

Je crois qu'il y a beaucoup à gagner de voir les travaux des psychanalystes tentant de déconstruire les conditionnements psychologiques, éclairés par la pensée des théologiens catholiques ramenant dans l'équation la grâce première qui nourri le coeur de Vérité. Ce n'est qu'en ayant l'intelligence de la Vérité que l'homme devient vraiment libre, et non par l'obéissance aveugle à une obscure conscience morale dont on ne sait ce qu'elle comporte de divin, de naturel et de culturel.

D'où le dernier atelier me semble assez intéressant aussi : d'une part il va dans le sens de "mieux comprendre, mieux connaitre", mais aussi il semble chercher à faire la part des choses, au niveau moral, entre le divin, le naturel et le culturel. Tout cela serait très malodorant si c'était le travail de quelques philosophes existentialistes post-modernes, mais il semble qu'ici il y ait une démarche vraiment théologique, qui laisse donc présager de saines conclusions. Déconstruire est toujours intéressant du moment que cela reste l'Amour et la Vérité qui ordonnent la démarche : ça nous permet souvent de faire beaucoup de ménage dans tout ce que nous croyons "catholique" et qui s'avère souvent n'être que des constructions culturelles, des fantasmes couleur catho que nous projetons sur le monde.

Re: Des nouvelles du "Collège des Bernardins"...

par coeurderoy » mar. 23 juin 2009, 13:03

pour info c'est un certain Courageux (maitre verrier) qui est responsable de ces "dissonnances chromatiques" délicieusement dégoulinantes au dessus des admirables boiseries XVIIème du choeur : vues de la nef c'est un vrai...crève-coeur (nom du village de l'Oise, Crèvecoeur-le Grand, où est installé l'atelier de ce verrier qui a fait bien mieux en restaurant des verrières anciennes !)

Re: Des nouvelles du "Collège des Bernardins"...

par coeurderoy » mar. 23 juin 2009, 11:47

L'Eglise de France phagocytée par la jet-set du Non-Art : à lire les gloses des catalogues d'expos, c'est de l'ultra-cérébral...ça donne du boulot aux écrivassiers non ?
Je viens de découvrir des vitraux installés (en 2002) dans l'église Saint Denis de Crépy-en-Valois dans des tons marronnasse-dégueulis de framboise qui devraient vous plaire Charles !!! (c'est censé évoquer l'Eden :incertain: !). Manque de pot, l'église fourmillant d'oeuvres anciennes de haute qualité, ça fait vraiment tache !

Paris : Le collège des Bernardins

par jean_droit » mar. 03 févr. 2009, 7:30

Le collège des Bernardins inauguré par Benoît XVI lors de sa visite à Paris propose tout un ensemble de coférences "culturelles".
Il est possible de connaitre toutes ses activités sur :

http://www.collegedesbernardins.fr/

Et recevoir sur son email une lettre ( mensuelle ? ) qui donne la liste des activités à venir.

Pour s'abonner :
http://www.collegedesbernardins.fr/inde ... etter.html

Re: Le Collège des Bernardins

par Charles » mer. 26 nov. 2008, 15:41

Sur le site de la Conférence des Evêques de France :

"Une programmation artistique ancrée dans le monde contemporain

Le lieu propose, ensuite, avec une présence artistique importante, -musique, cinéma, exposition d'art contemporain- comme « une école du regard ». « Les artistes sont des témoins de notre société, de son espérance, de ses douleurs », assure le directeur culturel. Et si le choix d'une approche contemporaine peut être déroutante pour le public, l'invitation est de regarder le monde d'aujourd'hui au-delà des idées préconçues."

"Vincent Aucante précise encore : « Nous ne souhaitons pas mettre tout le monde d'accord, mais nous espérons de vrais débats, un échange de savoir. Ce projet est sans précédant, inattendu et oblige à certaines remise en cause. Il bouleverse les habitudes, nous marchons sur la ligne de crête de l'Église et de la société ! »"

Sur le site des Bernardins :

"Il s'agit de donner à voir et à entendre l'art tel qu'il est sans a priori thématique ou religieux...

Regarder donc le monde contemporain au-delà de la foi catholique et de l'esprit de Vérité, le regarder sans cet "'Esprit de Vérité, que le monde ne peut pas recevoir, parce qu'il ne le voit pas ni ne le reconnaît" (Jn 14, 17). Et donner à voir non pas l"'art tel qu'il est" mais l'imposture contemporaine d'un simulacre d'art.

Au sujet des simulacres et mensonges ainsi que des "idées préconçues" :

"Sache bien, par ailleurs, que dans les derniers jours surviendront des moments difficiles.
Les hommes en effet seront égoïstes, cupides, vantards, orgueilleux, diffamateurs, rebelles à leurs parents, ingrats, sacrilèges,
sans cœur, sans pitié, médisants, intempérants, intraitables, ennemis du bien,
délateurs, effrontés, aveuglés par l'orgueil, plus amis de la volupté que de Dieu,
ayant les apparences de la piété mais reniant ce qui en est la force. Ceux-là aussi, évite-les.
Ils sont bien du nombre, ceux qui s'introduisent dans les maisons et envoûtent des femmelettes chargées de péchés, entraînées par toutes sortes de passions et qui,
toujours à s'instruire, ne sont jamais capables de parvenir à la connaissance de la vérité
.
A l'exemple de Jannès et de Jambrès qui se dressèrent contre Moïse, ils se dressent, eux aussi, contre la vérité, hommes à l'esprit corrompu, sans garantie en matière de foi.
Mais ils n'iront pas plus loin, car leur folie sera démasquée aux yeux de tous, comme le fut celle des deux autres.
Pour toi, tu m'as suivi dans mon enseignement, ma conduite, mes projets, ma foi, ma patience, ma charité, ma constance
dans les persécutions et les souffrances qui me sont survenues à Antioche, à Iconium, à Lystres. Quelles persécutions n'ai-je pas eu à subir ! Et de toutes le Seigneur m'a délivré.
Oui, tous ceux qui veulent vivre dans le Christ avec piété seront persécutés.
Quant aux pécheurs et aux charlatans, ils feront toujours plus de progrès dans le mal, à la fois trompeurs et trompés.
Pour toi, tiens-toi à ce que tu as appris et dont tu as acquis la certitude. Tu sais de quels maîtres tu le tiens..." (2 Timothée 3, 1-14)

Avec l'art contemporain, le Collège des Bernardins a fait le choix du charlatanisme et du mensonge. Il a choisi des "témoins de notre société", et les plus corrompus, plutôt que des témoins de la vérité et du Christ. Le Collège des Bernardins témoigne donc du nihilisme, du relativisme et de l'athéisme contemporains. Il rejette les artistes d'aujourd'hui qui ont quelque chose à dire sur le mode intemporel de l'art et parmi eux, les quelques artistes dont l'art ajoute à l'expression de la vérité humaine celle de l'Evangile. Les commanditaires des Bernardins appellent la sensibilité artistique : "a priori", "idées préconçues"... Pour faire accepter les simulacres des charlatans, ils veulent obliger "à certaines remises en cause", c'est-à-dire à abandonner la sensibilité artistique et à se soumettre au mensonge et au néant. Telle est l'ambition des Bernardins.

Et ce n'est pas que "le choix d'une approche contemporaine" puisse "être déroutante pour le public", c'est que la foi catholique est sensée donner un sens intime de la vérité qui retient d'adhérer aux simulacres et mensonges quels qu'ils soient. Etre catholique, c'est aussi refuser d'admettre que 2+2=5 comme le voulaient les régimes totalitaires, et c'est forcément refuser de confondre les simulacres les plus pathétiques produits par des charlatans avec des oeuvres d'art, c'est savoir que si La Pravda s'appelait "La Vérité" cela ne suffisait pas à convertir tous ses mensonges en vérités, et savoir que si on parle "d'art" contemporain, cela ne suffit pas à convertir ses simulacres stériles en oeuvres d'art.

Le Collège des Bernardins annonce l'ultime abdication de l'Eglise de France. Il y a avait eu le ralliement à la République, c'est maintenant l'heure du ralliement à la post-modernité et à la mondialisation. Et qui est à l'avant-garde de notre soumission ? Toujours les mêmes, trop heureux de réintégrer le conformisme social le plus servile...

Re: Le Collège des Bernardins

par Charles » mer. 26 nov. 2008, 13:08

A noter bien sûr aussi, en plus de l'absence de tout crucifix dans les locaux des Bernardins, l'absence de chapelle ou d'oratoire. Sur 5 000 m2 de surface utile, on n'a pas même trouvé de quoi mettre une croix et un prie-dieu dans un placard !

"« LA FOI COMME CULTURE, EXPRESSION DE LA DIGNITÉ DE L’HOMME
Pour tout chrétien, la vie humaine est culture en ce sens que par elle, l’homme se distingue et se différencie de tout ce qui existe par ailleurs dans le monde visible. L’homme ne peut pas se passer de culture, qui peut être définie dans une société donnée comme une mémoire et un langage commun, un mode de vie dont le langage symbolique est compréhensible par chacun. Chaque culture exprime une conception de l’homme portée solidairement par une société. Il est donc important que la foi chrétienne puisse se faire culture. Reconnaître l’homme dans sa foi, c’est lui donner la possibilité, au nom de sa foi et au nom même du Christ, de comprendre sa culture – voire de la critiquer – et de discerner la façon dont la Révélation chrétienne interroge chaque culture et chaque conception de l’homme. La question est de savoir s’il peut y avoir une conception de l’homme commune et comment celle-ci est portée par la société d’aujourd’hui. C’est cette interrogation qui nous permet d’entrer en débat avec le monde contemporain. Pour chacun, qu’il soit croyant ou non, la question « qu’est ce que le bien de l’homme ? » va trouver son interprétation dans la liberté du dialogue avec l’autre ainsi que dans celui qu’il a au plus profond de lui-même. Pour le chrétien, elle rappelle à chacun que l’homme ne trouve sa dignité que dans sa relation à Dieu et que le chrétien ne trouve sa liberté qu’en acquérant la capacité de rendre compte rationnellement de sa foi dans la culture de son temps. »
(Par Mgr Beau, évêque auxiliaire de Paris, directeur du Collège des Bernardins.)

"Il est donc important que la foi chrétienne puisse se faire culture."
- Phrase étonnante : si elle est à faire, cela signifie-t-il qu'il n'existe pas déjà de culture chrétienne ? En plus encore, pour la foi, "se faire culture", cela ne s'appelle-t-il pas sécularisation ?

"La question est de savoir s’il peut y avoir une conception de l’homme commune et comment celle-ci est portée par la société d’aujourd’hui."
- Fausse question. Bien sûr qu'il y a une conception de l'homme commune portée par la société d'aujourd'hui, Jean-Paul II l'a très bien définie comme "culture de mort". Et cette conception commune exclue absolument tout ce qui relève du catholicisme. Le catholicisme n'appartient pas à cette communauté, car s'il y avait une conception de l'homme commune au catholicisme et à la société d'aujourd'hui, on n'en serait pas à l'avortement, la contraception, au divorce, l'eugénisme, au clonage, à la pornographie de masse, aux hybrides et manipulations sur les embryons, au PACS, au refus de Chirac d'inscrire la mention de l'héritage chrétien de l'Europe dans le projet de constitution de l'UE, aux déclarations de Sarkozy sur le Nouvel Ordre Mondial et bientôt à l'euthanasie et à l'adoption d'enfants par les couples homosexuels.

"Pour chacun, qu’il soit croyant ou non, la question « qu’est ce que le bien de l’homme ? » va trouver son interprétation dans la liberté du dialogue avec l’autre ainsi que dans celui qu’il a au plus profond de lui-même."
- La "question" va trouver son "interprétation" ? Cette "interprétation", il semble que c'est une façon de ne pas dire "réponse", "réponse" étant politiquement incorrect, c'est beau la langue de bois... Noter aussi comment il s'agit du "croyant" en général.

"le chrétien ne trouve sa liberté qu’en acquérant la capacité de rendre compte rationnellement de sa foi dans la culture de son temps"
- Je croyais que c'était la Vérité qui nous libérait, la Grâce et la fréquentation des Sacrements. Et comment les catholiques ont-ils rendu compte rationnellement de la foi catholique dans les cultures nazie, fasciste ou soviétique ? Par le martyre. Il n'y a aucune obligation pour le catholicisme de s'intégrer à la culture de son temps, tout au contraire :

"ne vous modelez pas sur le monde présent, mais que le renouvellement de votre jugement vous transforme et vous fasse discerner quelle est la volonté de Dieu, ce qui est bon, ce qui lui plaît, ce qui est parfait." (Rm 12, 2)

Le monde présent expulse le catholicisme et c'est l'occasion pour l'Eglise de s'unir encore plus étroitement au Christ qui a lui aussi été expulsé de la même façon.

"Heureux êtes-vous, quand les hommes vous haïront, quand ils vous frapperont d'exclusion et qu'ils insulteront et proscriront votre nom comme infâme, à cause du Fils de l'homme.
Réjouissez-vous ce jour-là et tressaillez d'allégresse, car voici que votre récompense sera grande dans le ciel. C'est de cette manière, en effet, que leurs pères traitaient les prophètes." (Lc 6, 22-23)

Ce n'est certainement pas avec un comité de parrainage composé de membres du Bilderberg et une programmation artistique tout ce qu'il y de plus compromise avec le mensonge et les simulacres, et servile envers le monde présent, que le Collège des Bernardins fera entendre une voix prophétique. Mais en paiement de leur compromission, les Bernardins reçoivent les louanges de Bertrand Delanoé, Jean-Paul Huchon, de Golias, des médias rompus aux attaques contre tout ce que l'Eglise entreprend de saint.

Re: Le Collège des Bernardins

par Charles » mer. 26 nov. 2008, 11:39

Le N°1 des Bernardins, Félix Rohatyn...

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Felix George Rohatyn, né le 29 mai 1928 à Vienne, a travaillé dans plusieurs groupes bancaires et a été ambassadeur des États-Unis en France de 1997 à 2000. Parlant anglais, allemand, portugais et français, licencié de physique du Middlebury College en 1949, il rejoint comme stagiaire à 20 ans la banque Lazard Frères et travaille sous la direction du banquier français André Meyer. Il devient associé en 1961, puis Managing Director (directeur de la branche américaine de Lazard) jusqu'en 19975, date à laquelle il deviendra ambassadeur. Felix Rohatyn a appartenu à la Conférence des Gouverneurs du New York Stock Exchange de 1968 à 1972. Bill Clinton nomme Felix Rohatyn ambassadeur des États-Unis en France en mai 1997, après qu'a été évoquée sa nomination en Grande-Bretagne. Felix Rohatyn avait déjà eu des contacts avec François Mitterrand (qui l'avait nommé Chevalier de la Légion d'Honneur en 1983), et où la banque Lazard est implantée. Il est en poste en France du 11 septembre 1997 au 28 décembre 2000. Il a travaillé avec la France sur les questions de croissance, l'Afrique et l'OTAN. Ancien président de Lazard, il est ou a été administrateur de Lagardère, LVMH, Rothschild Continuation Holding AG, Comcast, MCA, Pfizer et Suez, ainsi que membre du conseil de surveillance de Publicis depuis 2001.
Il est également le PDG de Rohatyn Associates LLC, entreprise qu'il a créée en 2001 et spécialisée dans les fusions-acquisitions. Depuis 2006, il est président et haut conseiller des comités de conseil internationaux de Lehman Brothers. Après sa carrière diplomatique, il est entré au Council on Foreign Relations, et est l'un des administrateurs du Center for Strategic and International Studies (CSIS).

Extraits de la programmation des Bernardins :

Cycle : Questions d’actualité
"L'avenir du Caucase : Abkhazie, Géorgie, Ossétie, Tchétchénie"
mardi 7 octobre
Avec la participation de :
Gwenaêlle Lenoir, grand reporter à FR3, envoyée spéciale en Géorgie

Colloque
"Les religions au risque de la mondialisation : Quel regard cinquante ans après celui de Teilhard ?"
les 7 et 8 novembre 2008
PREMIERE PARTIE : le samedi 8 novembre 2008, de 9 à 12h
Risques et opportunités de la mondialisation pour les religions ?
• Conférence débat : Les religions face à la globalisation du monde
• Table ronde : Quand la mondialisation interpelle les religions avec Jacques Attali, Prospectiviste et écrivain
DEUXIEME PARTIE : le samedi 8 novembre après-midi de 14 à 17h
Quelles réponses du christianisme ?
• Conférence débat : La construction de la noosphère et le dialogue interreligieux selon Teilhard de Chardin. Qu'en est-il aujourd'hui ?
• Table ronde : Le christianisme dans la mondialisation

Re: Le Collège des Bernardins

par Charles » mar. 25 nov. 2008, 19:17

Le Comité de parrainage des Bernardins comporte 16 membres qui mandatent le Comité d'orientation. En voici l'organigramme.

Dans l'ordre hiérarchique, on compte :

1 membre du Council on Foreign Relations : Felix Rohatyn

1 ancien ambassadeur des Etats-Unis en France (également administrateur du Center for Strategic and International Studies, Washington, D.C) : Felix Rohatyn

1 ancien ambassadeur d'Israël en France (également ancien directeur d'études à l'Institut de défense nationale, Tel-Aviv) : Elie Barnavi

6 membres ou anciens membres du Bilderberg : Michel Camdessus, Henri de Castries, Bertrand Collomb, Jacques Delors, Anne Lauvergeon, Felix Rohatyn

3 membres ou anciens membres de la Commision Trilatérale : Jacques Delors, Bertrand Collomb, Anne Lauvergeon

3 membres du club Le Siècle : Maurice Lévy, Michel Pébereau, Bertrand Collomb

2 membres de l'IFRI : Bertrand Collomb, Anne-Marie Idrac


C'est incroyable comme ce petit centre culturel catholique diocésain semble avoir de l'importance au niveau international !!!!

Je dis que loin, très loin de seulement pouvoir prononcer à voix basse les mots d'indépendance ou d'autonomie, ce dont il sera question aux Bernardins, c'est d'absolue soumission, du servage le plus brutal. Il ne faut pas rêver, jamais le Collège des Bernardins ne sera autorisé à poser la moindre question, à avoir la moindre action pouvant gêner le comité de parrainage. On ne pensera rien aux Bernardins qui puisse déranger les Etats-Unis et Israël ou menacer leurs intérêts. Les dangers de la mondialisation et du gouvernement mondial, les guerres états-uniennes et israéliennes, la politique mondiale de limitation des naissances, la question palestinienne, la situation en Irak, les causes de la crise financière et la perversion du système bancaire, la politique sécuritaire des gouvernements libéraux... si jamais ces choses viennent à être discutées aux Bernardins, vous pouvez être sûrs que les conclusions seront favorables aux intérêts des EU, d'Israël, aux programmes mondialistes et européistes. Quant aux voix de Mgr Beau et M. Aucante les directeur et directeur culturel des Bernardins, elle ne pèsent strictement rien face au Comité de parrainage, c'est de la crotte de moineau, ils ne feront qu'obéir. Et si jamais il y a un conflit, certainement pas avec Mgr Beau ni avec Aucante, mais peut-être avec le Père Antoine Guggenheim, responsable du "Pôle de recherche" et de la Chaire des Bernardins, Mgr vingt-Trois arbitrera dans le sens qu'il faut, comme il a su si bien le faire dans le cas du Lycée La Rochefoucauld...

Le Collège des Bernardins n'est pas un centre culturel catholique, c'est une courroie de transmission libérale et mondialiste.

Re: Le Collège des Bernardins

par Charles » mar. 25 nov. 2008, 17:52

Sur le site du collège des Bernardins, extraordinaire vidéo ou C. Parmiggiani définit l'art comme parasitisme et se définit lui-même comme parasite, sangsue, vermine :

"L'espace est le sang de l'oeuvre. [...] Donc ce que je cherche ce sont précisément ces lieux. Je cherche un abri pour mon oeuvre en essayant de la conduire en ces lieux où elle pourrait trouver ce sang qui lui donne la vie. [...] Cette vie, je la trouve dans les lieux qui la recèlent dans leurs murs [...] Il faut ressentir que ces lieux portent la culture en leur sein, qu'ils sont imprégnés du sentiment de la beauté de la culture, qu'ils portent en eux les sentiments dont l'oeuvre doit parler." (C. Parmiggiani)

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