par Serge BS » dim. 17 août 2008, 19:38
Une réponse d'Hermas :
" -
(...) le diable est dur et il domine les hommes.
-
Il ne peut, dit-il (note : l'ange)
, dominer les serviteurs de Dieu, si du fond du coeur, ils espèrent en Lui. Le diable a le pouvoir de lutter, il n'a pas celui de triompher. Si donc vous lui opposez de la résistance, vaincu, il vous fuira tout honteux (Jc 4, 7). Mais tous ceux qui sont vides, dit-il, craignent le diable comme s'il avait du pouvoir. "
(Hermas,
Le Pasteur, 47)
Qui était Hermas ?
Frère de Pie I, évêque de Rome, Hermas devait composer vers 140 Le Pasteur, ouvrage d’apparence apocalyptique rédigé en réaction au dualisme théologique et au libertinisme morale prônés par les gnostiques, et en particulier par Valentin ; il ne s’agit donc en aucun cas de l’Hermas que salue saint Paul en (Rm 16, 14) comme l’ont cru certains.
Plus qu’un livre unique, il semble que
Le Pasteur soit une compilation ou la réunion de plusieurs ouvrages et non pas un ouvrage unique rédigé tel quel.
Toute la morale d’Hermas est une morale d’action, mais non pas de violence. Pour Hermas, la foi ne suffit pas ; elle doit être renforcée, perfectionnée par les œuvres, et l’on est proche ici de l’esprit de l’Épître de Jacques. Les vertus et les vices sont donc à vivre pour les premières, à rejeter pour les seconds, ce qui nous impose d’en faire une liste rapide :
- « Quels sont (…) les vices dont il nous faut s’abstenir ? (…) l’adultère, la fornication, les excès de boisson, la mollesse coupable, les festins multipliés, le luxe que permet la richesse, l’ostentation, l’orgueil, la jactance, le mensonge, la médisance, l’hypocrisie, la rancune et tout méchant propos. Voilà de loin les plus mauvaises actions dans la vie des hommes (…) Et beaucoup, dit-il, dont le serviteur de Dieu doit s’abstenir : le vol, le mensonge, la spoliation, le faux témoignage, la cupidité, la passion mauvaise, la tromperie, la vaine gloire, la vantardise et tous les vices semblables. » (Past. 38, 3-5).
Mais, il ne faut pas en rester à cette liste de vices et de mauvaises actions ; il faut la confronter à la liste des vertus :
- « Écoute (…) les œuvres du bien qu’il te faut accomplir et non éviter. (…) La foi, la crainte du Seigneur, la charité, la concorde, la parole de justice, la vérité, la résignation (…) Assister les veuves, visiter les orphelins et les indigents, racheter de l’esclavage les serviteurs de Dieu, être hospitalier (…), ne s’opposer à personne, être calme, se faire l’inférieur de tout le monde, honorer les vieillards, pratiquer la justice, garder la fraternité, supporter la violence, être patient, n’avoir pas de rancune, consoler les âmes affligées, ne pas rejeter ceux qui sont inquiets dans leur foi (…) et autres actions semblables. » (Past. 38, 8-10).
Pratiquer la justice, supporter la violence, être patient, autant d’actes qui, avec d’autres aussi cités, s’opposent à l’usage de la force – du moins de la force matérielle -, car
le mal est destructeur de la vie des hommes (
Past. 27, 1), ce mal étant rejeté avec absolu par Hermas :
- « Si tu veux faire le mal, crains le Seigneur, et tu ne le feras pas. » (Past. 37, 4) ;
« Abstiens-toi du mal et ne le fais pas, mais ne t’abstiens pas du bien. » (Past. 38, 2) ;
« Celui qui détient l’Esprit venant d’en haut, est doux, calme, modeste ; il s’abstient de tout mal. » (Past. 43, 8) …
Enfin, il y a obligation pour le chrétien de respecter tous les commandements de Dieu :
- « Crains, dit-il, le Seigneur, et garde ses commandements. En gardant les commandements de Dieu, tu seras fort en toute action… » (Past. 37, 1).
Comment ne pas penser au livre de l’Ecclésiaste :
- « Crains Dieu et observe ses commandements, car c'est là tout l'homme » (Qo 12, 13) ?
Hermas insiste aussi sur la force du chrétien, et sur le lien qu’elle a avec la paix :
- « Vous, vous avez rejeté votre mollesse et la force vous est revenue et vous vous êtes affermis dans la foi. Et voyant votre force, le Seigneur s’est réjoui ; c’est pourquoi il vous a montré la construction de la tour et il vous fera d’autres révélations, si du fond du cœur vous faites la paix entre vous. » (Past. 20, 3).
Mais cette force n’est pas violence, du moins pas au sens courant ; elle n’a rien à voir avec la violence aveugle ou avec la violence des armes. Cette violence n’est dirigée que vers la seule justice, vers le seul bien. Cette force est au service de la paix, la paix étant une idée au cœur du message que nous transmet Hermas, soit en tant que signe du chrétien comme dans le passage précédent qui rappelle (1Th 5, 13) («
Ayez pour eux la plus haute estime, avec amour, en raison de leur travail. Vivez en paix entre vous »), que comme marque du démon lorsqu’elle est absente ; ainsi,
la médisance est mauvaise, c’est un démon agité, jamais en paix, il ne se plaît que dans les discordes (
Past. 27, 3). Enfin, Hermas insiste sur l’idée de justice :
- « Soit patient, dit-il, et prudent, et tu triompheras de toutes les turpitudes et tu réaliseras toute justice. » (Past. 33, 1) ;
« Écoute, dit-il, quels sont les effets de la colère, comment elle est mauvaise, comment par sa puissance elle pervertit les serviteurs de Dieu, comment elle les détourne de la justice. » (Past. 34, 1) ;
« Il y a deux anges avec l’homme : l’un de justice, l’autre du mal. (…) L’ange de justice est délicat, modeste, doux, calme. » (Past. 36, 1 & 3).
[b]Une réponse d'Hermas :[/b]
" - [i](...) le diable est dur et il domine les hommes.[/i]
- [i]Il ne peut, dit-il [/i](note : l'ange)[i], dominer les serviteurs de Dieu, si du fond du coeur, ils espèrent en Lui. [b]Le diable a le pouvoir de lutter, il n'a pas celui de triompher.[/b] [b]Si donc vous lui opposez de la résistance, vaincu, il vous fuira tout honteux (Jc 4, 7). [/b]Mais tous ceux qui sont vides, dit-il, craignent le diable comme s'il avait du pouvoir.[/i] "
(Hermas, [i]Le Pasteur[/i], 47)
[b]Qui était Hermas ?[/b]
Frère de Pie I, évêque de Rome, Hermas devait composer vers 140 Le Pasteur, ouvrage d’apparence apocalyptique rédigé en réaction au dualisme théologique et au libertinisme morale prônés par les gnostiques, et en particulier par Valentin ; il ne s’agit donc en aucun cas de l’Hermas que salue saint Paul en (Rm 16, 14) comme l’ont cru certains.
Plus qu’un livre unique, il semble que [i]Le Pasteur [/i]soit une compilation ou la réunion de plusieurs ouvrages et non pas un ouvrage unique rédigé tel quel.
Toute la morale d’Hermas est une morale d’action, mais non pas de violence. Pour Hermas, la foi ne suffit pas ; elle doit être renforcée, perfectionnée par les œuvres, et l’on est proche ici de l’esprit de l’Épître de Jacques. Les vertus et les vices sont donc à vivre pour les premières, à rejeter pour les seconds, ce qui nous impose d’en faire une liste rapide :
[list]« [i]Quels sont (…) les vices dont il nous faut s’abstenir ? (…) l’adultère, la fornication, les excès de boisson, la mollesse coupable, les festins multipliés, le luxe que permet la richesse, l’ostentation, l’orgueil, la jactance, le mensonge, la médisance, l’hypocrisie, la rancune et tout méchant propos. Voilà de loin les plus mauvaises actions dans la vie des hommes (…) Et beaucoup, dit-il, dont le serviteur de Dieu doit s’abstenir : le vol, le mensonge, la spoliation, le faux témoignage, la cupidité, la passion mauvaise, la tromperie, la vaine gloire, la vantardise et tous les vices semblables.[/i] » ([i]Past.[/i] 38, 3-5). [/list]
Mais, il ne faut pas en rester à cette liste de vices et de mauvaises actions ; il faut la confronter à la liste des vertus :
[list]« [i]Écoute (…) les œuvres du bien qu’il te faut accomplir et non éviter. (…) La foi, la crainte du Seigneur, la charité, la concorde, la parole de justice, la vérité, la résignation (…) Assister les veuves, visiter les orphelins et les indigents, racheter de l’esclavage les serviteurs de Dieu, être hospitalier (…), ne s’opposer à personne, être calme, se faire l’inférieur de tout le monde, honorer les vieillards, pratiquer la justice, garder la fraternité, supporter la violence, être patient, n’avoir pas de rancune, consoler les âmes affligées, ne pas rejeter ceux qui sont inquiets dans leur foi (…) et autres actions semblables.[/i] » ([i]Past.[/i] 38, 8-10). [/list]
Pratiquer la justice, supporter la violence, être patient, autant d’actes qui, avec d’autres aussi cités, s’opposent à l’usage de la force – du moins de la force matérielle -, car [i]le mal est destructeur de la vie des hommes [/i]([i]Past.[/i] 27, 1), ce mal étant rejeté avec absolu par Hermas :
[list]« [i]Si tu veux faire le mal, crains le Seigneur, et tu ne le feras pas.[/i] » ([i]Past. [/i]37, 4) ;
« [i]Abstiens-toi du mal et ne le fais pas, mais ne t’abstiens pas du bien.[/i] » ([i]Past.[/i] 38, 2) ;
« [i]Celui qui détient l’Esprit venant d’en haut, est doux, calme, modeste ; il s’abstient de tout mal. [/i]» ([i]Past.[/i] 43, 8) … [/list]
Enfin, il y a obligation pour le chrétien de respecter tous les commandements de Dieu :
[list]« [i]Crains, dit-il, le Seigneur, et garde ses commandements. En gardant les commandements de Dieu, tu seras fort en toute action…[/i] » ([i]Past. [/i]37, 1). [/list]
Comment ne pas penser au livre de l’Ecclésiaste :
[list]« [i]Crains Dieu et observe ses commandements, car c'est là tout l'homme[/i] » (Qo 12, 13) ? [/list]
Hermas insiste aussi sur la force du chrétien, et sur le lien qu’elle a avec la paix :
[list]« [i]Vous, vous avez rejeté votre mollesse et la force vous est revenue et vous vous êtes affermis dans la foi. Et voyant votre force, le Seigneur s’est réjoui ; c’est pourquoi il vous a montré la construction de la tour et il vous fera d’autres révélations, si du fond du cœur vous faites la paix entre vous. [/i]» ([i]Past. [/i]20, 3). [/list]
Mais cette force n’est pas violence, du moins pas au sens courant ; elle n’a rien à voir avec la violence aveugle ou avec la violence des armes. Cette violence n’est dirigée que vers la seule justice, vers le seul bien. Cette force est au service de la paix, la paix étant une idée au cœur du message que nous transmet Hermas, soit en tant que signe du chrétien comme dans le passage précédent qui rappelle (1Th 5, 13) (« [i]Ayez pour eux la plus haute estime, avec amour, en raison de leur travail. Vivez en paix entre vous [/i]»), que comme marque du démon lorsqu’elle est absente ; ainsi, [i]la médisance est mauvaise, c’est un démon agité, jamais en paix, il ne se plaît que dans les discordes[/i] ([i]Past.[/i] 27, 3). Enfin, Hermas insiste sur l’idée de justice :
[list]« [i]Soit patient, dit-il, et prudent, et tu triompheras de toutes les turpitudes et tu réaliseras toute justice.[/i] » ([i]Past.[/i] 33, 1) ;
« [i]Écoute, dit-il, quels sont les effets de la colère, comment elle est mauvaise, comment par sa puissance elle pervertit les serviteurs de Dieu, comment elle les détourne de la justice.[/i] » ([i]Past. [/i]34, 1) ;
« [i]Il y a deux anges avec l’homme : l’un de justice, l’autre du mal. (…) L’ange de justice est délicat, modeste, doux, calme.[/i] » ([i]Past.[/i] 36, 1 & 3).[/list]