par Serge BS » mer. 30 juil. 2008, 14:27
Comme tout le monde ne le connaît pas forcément, quelques rappels sur Zoroastre.
Zoroastre – Zarathustra – fonda un système, certes religieux, mais aussi moral. De plus, l’attention que lui porta Nietzsche justifie à elle qu’on lui porte une certaine attention.
Contrairement à une idée reçue encore trop souvent répandue, le philosophe persan Zoroastre n’est pas né vingt-cinq siècles avant Jésus-Christ, mais vers le VIème-Vème avant Jésus-Christ. S’appuyant – comme Confucius d’ailleurs, voire même Hésiode – sur des traditions antiques pour donner une forme aux livres sacrés, son but est donc avant tout religieux, visant l’au-delà, l’ensemble de sa doctrine étant plus moral que métaphysique. Son œuvre majeure, qui fonde – ou plus exactement refonde – le mazdéisme, aura ainsi été le Zend-Avesta, mélange de code religieux et de recueil de textes sacrés persans tirés des Nackas.
La doctrine de Zoroastre peut se résumer en cinq points clés :
- il existe un dieu bon, Ormuzd, lumineux, très saint et très parfait. Le mazdéisme est ici une réaction au panthéisme hindou ;
- Ormuzd – Ahura Mazda – est le créateur des mondes existants, ainsi que des deux premiers humains : Meschia, le premier homme, et Meschiane, la première femme ;
- séduits par Ahriman, ces deux premiers humains allaient manger des fruits que celui-ci leur offrait, et, dès lors, des cent prérogatives qu’ils avaient, ils n’en gardèrent qu’une. Ce serait l’origine du mal, selon Zoroastre ;
- le mal moral, ainsi que tous les maux de ce monde, dériveraient de ce principe mauvais qui apparaît dès lors comme indépendant en face du dieu créateur : la doctrine de Zoroastre est donc par essence dualiste, c’est-à-dire fondée sur la conception un dieu bon, un dieu méchant. Nous reviendrons sur ce point ;
- au départ, la morale de Zoroastre est assez forte, recommandant la vérité et la pureté des pensées, des paroles et des œuvres. Néanmoins elle dégénère assez vite en un simple culte du feu et une pratique superstitieuses de la magie, Zoroastre n’ayant, semble t-il, jamais osé ou pu rompre totalement avec ces pratiques anciennes.
J’ai dit que le zoroastrisme était une doctrine dualiste, mais fondée au départ sur un dieu unique, non créateur du mal, celui-ci n’étant pas déifié. Elle allait cependant évoluer en un dualisme à deux dieux, vraisemblablement sous une influence chaldaïque, le temps éternel, Zervane-Akerene, étant présenté comme substrat commun à Ormuzd et à Ahriman. C’est ce que l’on retient aujourd’hui du zoroastrisme, alors que les conceptions panthéistes et plythéistes sont totalement étrangère au système initial de Zoroastre selon lequel Ahriman n’était en rien l’égal absolu d’Ormuzd, devant de plus être vaincu par ce dernier à la fin des temps. Il y a donc eu glissement progressif, par mauvaise compréhension du dualisme moral, d’un monothéiste vers un bithéisme soumis au destin…Au départ monothéisme pur, le zoroastrisme s’est transformé en dualisme absolu, par difficulté à résoudre la question de l’origine du mal, difficulté se retrouvant bien plus tard dans la gnose et le manichéisme. Néanmoins, le zoroastrisme aura été, à son époque, le plus remarquable effort d’évolution de l’homme vers la morale et vers le spiritualisme pour la zone indo-iranienne.
Comme tout le monde ne le connaît pas forcément, quelques rappels sur Zoroastre.
Zoroastre – Zarathustra – fonda un système, certes religieux, mais aussi moral. De plus, l’attention que lui porta Nietzsche justifie à elle qu’on lui porte une certaine attention.
Contrairement à une idée reçue encore trop souvent répandue, le philosophe persan Zoroastre n’est pas né vingt-cinq siècles avant Jésus-Christ, mais vers le VIème-Vème avant Jésus-Christ. S’appuyant – comme Confucius d’ailleurs, voire même Hésiode – sur des traditions antiques pour donner une forme aux livres sacrés, son but est donc avant tout religieux, visant l’au-delà, l’ensemble de sa doctrine étant plus moral que métaphysique. Son œuvre majeure, qui fonde – ou plus exactement refonde – le mazdéisme, aura ainsi été le [i]Zend-Avesta[/i], mélange de code religieux et de recueil de textes sacrés persans tirés des [i]Nackas[/i].
La doctrine de Zoroastre peut se résumer en cinq points clés :
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- le mal moral, ainsi que tous les maux de ce monde, dériveraient de ce principe mauvais qui apparaît dès lors comme indépendant en face du dieu créateur : la doctrine de Zoroastre est donc par essence dualiste, c’est-à-dire fondée sur la conception un dieu bon, un dieu méchant. Nous reviendrons sur ce point ;
- au départ, la morale de Zoroastre est assez forte, recommandant la vérité et la pureté des pensées, des paroles et des œuvres. Néanmoins elle dégénère assez vite en un simple culte du feu et une pratique superstitieuses de la magie, Zoroastre n’ayant, semble t-il, jamais osé ou pu rompre totalement avec ces pratiques anciennes.
J’ai dit que le zoroastrisme était une doctrine dualiste, mais fondée au départ sur un dieu unique, non créateur du mal, celui-ci n’étant pas déifié. Elle allait cependant évoluer en un dualisme à deux dieux, vraisemblablement sous une influence chaldaïque, le temps éternel, [i]Zervane-Akerene[/i], étant présenté comme substrat commun à [i]Ormuzd[/i] et à [i]Ahriman[/i]. C’est ce que l’on retient aujourd’hui du zoroastrisme, alors que les conceptions panthéistes et plythéistes sont totalement étrangère au système initial de Zoroastre selon lequel [i]Ahriman[/i] n’était en rien l’égal absolu d’[i]Ormuzd[/i], devant de plus être vaincu par ce dernier à la fin des temps. Il y a donc eu glissement progressif, par mauvaise compréhension du dualisme moral, d’un monothéiste vers un bithéisme soumis au destin…Au départ monothéisme pur, le zoroastrisme s’est transformé en dualisme absolu, par difficulté à résoudre la question de l’origine du mal, difficulté se retrouvant bien plus tard dans la gnose et le manichéisme. Néanmoins, le zoroastrisme aura été, à son époque, le plus remarquable effort d’évolution de l’homme vers la morale et vers le spiritualisme pour la zone indo-iranienne.