Le nationalisme

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Re: Le nationalisme

par Xose » mer. 26 nov. 2008, 16:54

Je crois que je effectivement comprendre la différence fondamentale entre le patriotisme et le nationalisme du point de vue moral, comme vertu ou péché.
C´est plus facile que une description de « nation », de laquelle el concept moderne (siècle XIé eà XIXé) á été mis en crise,
Je pense que la différence moral fondamentale, elle fait référence aux moyens, est que, lorsque les instruments utilisés son moralou immoral (manipulation, domination, violence…). Nous sommes tous d´accord.
Mais que pensez-vous de la complexité actuelle?
- Est-il possible d'établir une vue moral sur la façon d'utiliser les outils modernes de la société, par exemple
l´école, le presse..?
- Est-ce que le sens de l'équilibre de la justice doit prendre en compte les situations d'injustice à une nation à l'égard de l'autre?
- Quel est le rôle de l'église comme un organisme social et moral à l'égard de tout cela?

Re: Le nationalisme

par Gandulf » sam. 08 nov. 2008, 16:07

Voici la belle définition de la Nation que donna Renan à la Sorbonne en 1882:
"Une nation, c’est un principe spirituel résultant des complications profondes de l’histoire, une famille spirituelle, non un groupe déterminé par la configuration du sol... Une nation est une âme, un principe spirituel. Deux choses qui, à vrai dire, n’en font qu’une, constituent cette âme, ce principe spirituel. L’une est dans le passé, l’autre dans l’avenir. L’une est dans les possessions en commun d’un riche legs de souvenirs, l’autre est dans le consentement actuel, le désir de vivre ensemble, la volonté de continuer à faire valoir l’héritage qu’on a reçu indivis. L’homme, Messieurs, ne s’improvise pas. La nation, comme l’individu, est l’aboutissement d’un long passé d’efforts, de sacrifices, de dévouements. Le culte des ancêtres est, de tous, le plus légitime, les ancêtres nous ont fait ce que nous sommes. Avoir des gloires communes dans le passé, une volonté commune dans le présent ; avoir fait de grandes choses ensemble, vouloir en faire encore, voilà la condition essentielle pour être un peuple... On aime la maison qu’on a bâtie et qu’on transmet".
La Nation pour Renan est un héritage qui se prolonge dans un projet actuel.
Voir aussi l'article suivant d'Ichtus sur le "sens national" qui explique bien ce qu'est la patrie, la nation, l'Etat:
http://www.ichtus.fr/article.php3?id_article=55

On trouve sur leur sites d'autres articles intéressant dans la rubrique Patrie - Nation - Etat.

Gandulf

Re: Le nationalisme

par apologie » sam. 08 nov. 2008, 11:15

Le nationalisme s'oppose au patriotisme dans la mesure où il tend à s'affirmer par opposition et dénigrement. Le terme est utilisé en histoire et en science politique pour désigner des partis et discours qui défendent une identité ou des intérêts contre d'autres nations ou contre des minorités. Les nationalistes tiennent des propos radicaux qui dénigrent l'étranger (par exemple l'américanisation du monde ou la présence d'étrangers sur le territoire).
Le patriotisme est plutôt une notion qui inclue, qui affirme les points communs entre les personnes au-delà de leurs différence, c'est l'affirmation d'une identité qui n'exclue pas des "particularités" (par exemple régionales ou ethniques comme aux États-Unis).
Le nationalisme considère souvent la nation de manière ethnique : une nation c'est un peuple qui partage une même culture (langue, valeurs, normes, religion) et les mêmes caractéristiques biologiques (couleur de la peau, type...).
Le patriotisme considère la nation de manière politique, à la façon de Renan : une nation est un peuple qui partage un même projet politique, les mêmes valeurs et normes. Il est donc plus ouvert. L'amour de son pays ne se fait pas contre le reste du monde ou contre les étrangers.

La haine est un péché. L'amour est une vertu. C'est peut être cela que voulait dire le prêtre de l'Opus Dei.

Re: Le nationalisme

par Gandulf » ven. 07 nov. 2008, 23:49

On peut aussi citer Jean-Paul II qui faisait ce vibrant appel à la souveraineté nationale:

"Veillez par tous les moyens à votre disposition, sur cette souveraineté fondamentale que possède chaque nation en vertu de sa propre culture. Protégez-la comme la prunelle de vos yeux pour l’avenir de la famille humaine. Protégez-la ! Ne permettez pas que cette souveraineté fondamentale devienne la proie de quelque intérêt politique ou économique. Ne permettez pas qu’elle devienne victime des totalitarismes, impérialismes ou hégémonies, pour lesquels l’homme ne compte que comme objet de domination et non comme sujet de sa propre existence humaine." Jean-Paul II, 2 juin 1980, discours à l'Unesco, Paris.

Gandulf

Re: Le nationalisme

par Souricette » lun. 18 août 2008, 16:24

L'idée de nation se transforme en nationalisme lorsqu'elle devient une idole, ou même un idéal, et l'amour de la nation une idéologie. Et lorsqu'elle aboutit au non respect des autres nations.
"Cet ordre à la fois cosmique, social et religieux de la pluralité des nations est destiné à limiter l'orgueil d'une humanité déchue qui, unanime dans sa perversité, voudrait faire par elle-même son unité à la manière de Babel. Mais, à cause du péché, le polythéisme ainsi que l'idolâtrie de la nation et de son chef menacent sans cesse d'une perversion païenne cette économie provisoire."

(Catéchisme de l'Eglise catholique, n. 57)

La vie nationale est quelque chose de non politique, c'est si vrai qu'elle peut se développer, côte à côte, avec d'autres, au sein d'un même Etat.
(Pie XII, Message de Noël, 1954)

Le fond de l'erreur consiste à confondre la vie nationale au sens propre, avec la politique nationaliste. La première, droit et gloire d'un peuple, peut et doit être développée, la deuxième, source de maux infinis, ne sera jamais assez rejetée.
(Ibid.)

Le droit international repose sur « le principe de l'égal respect des États, du droit à l'autodétermination de chaque peuple et de leur libre coopération en vite du bien commun supérieur de l'humanité ». Les droits des nations sont « les droits humains considérés à ce niveau spécifique de la vie communautaire ».
(Compendium de la doctrine sociale de l'Église )

La culture constitue la garantie de conservation de l'identité d'un peuple; elle exprime et favorise sa souveraineté spirituelle.
(Ibid.)
Toujours selon le Compendium, la nation possède ainsi un droit fondamental à l'existence, à garder sa propre langue et sa culture, par lesquelles un peuple exprime et défend sa « souveraineté spirituelle originelle », selon les mots de Jean-Paul II.

Jean-Paul II, Mémoire et identité (extraits)

Le mystère de l'Incarnation, fondement de mystère l'Église, appartient à la théologie de la nation.

Le patriotisme comporte en lui-même cette sorte d'attitude intérieure, du fait que la patrie est aussi pour chacun, d'une manière particulièrement vraie, une mère. [... ] Patriotisme signifie amour pour tout ce qui fait partie de la patrie: son histoire, ses traditions, sa langue, sa conformation naturelle elle-même. C 'est un amour qui s'étend aussi aux actions des citoyens et aux fruits de leur génie. Tout danger qui menace le grand bien de la patrie devient une occasion pour vérifier cet amour.

La doctrine sociale catholique considère que tant la famille que la nation sont des sociétés naturelles et ne sont pas le fruit dune simple convention. C'est pourquoi, dans l'histoire de l'humanité, elles ne peuvent être remplacées par rien d'autre.

Re: Le nationalisme

par Serge BS » lun. 11 août 2008, 15:48

On parle ici de nationalisme… Mais ne serait-il pas d’abord utile de chercher à définir ce qu’est la nation ? C’est ce que je vais tenter, sans avoir la prétention de détenir la vérité, de faire ici en reprenant le texte de l’une de mes interventions à l’IHEDN, faite en … 1993, mais toujours actuelle à mes yeux (il fait trop chaud pour faire du neuf, alors j’ai recours au réchauffé de mes propres interventions :-D; j'ai donc fait juste quelques rares retouches ). Je déborderai parfois en apparence un peu du sujet, mais on y reste quant même au coeur...

Par ailleurs, bien que n’étant pas de l’Opus Dei, je trouve superbe la phrase de Mgr Le Tourneau selon lequel patriotisme et nationalisme sont deux notions distinctes. Pour un chrétien, le premier est une vertu, le second un péché. Je la trouve superbe, … et la resservirais à l’occasion sans aucun état d'âme, et en citant la source… En passant, faisant écho au débat de Toulouse, je me contrefous que mon Curé soit Jésuite, Emmanuel, Opus, diocésain, autre chose, tant qu'il est Prêtre et en accord avec l'Evêque du lieu !

Maintenant, au texte en lui-même… J’y pose même indirectement la question du natinionisme (notion que je ne connaissais pas) dont parle Olivier… Par ailleurs, il est bien évident que ce qui suit n'engage que moi, en rien le forum en lui-même !
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Paradoxe : alors qu’il y a prolifération étatique, il y a également recul des États !

C'est à partir de 1648, avec le Traité de Westphalie, qu'il y a eu inversion de la nature des territoires, avec le bris de la relation au prince. Ce bris de la relation au prince a impliqué une émergence de l'État, mais aussi le durcissement des frontières et des échanges. Mais aujourd'hui, on est passé d'un État porte-parole logique de la Nation et du droit des gens à un État déconnecté des réalités des populations. L'État n'assume plus ses fonctions régaliennes; il n'est plus arbitre ou organisateur, mais providence et entrepreneur. Or, est-ce vraiment le rôle des États que de régler les conflits internes aux entreprises ? Tout ceci conduit dans les faits à un recul des États, y compris des Etats-Unis, notamment face aux multinationales. Les Etats-Unis ont par exemple besoin d'autres États pour être les « gendarmes » du monde, même en Afghanistan. Il y a donc là une limite à leur Imperium que même l'impérialisme culturel ou la puissance financière ne peuvent compenser, et les Etats-Unis sont tenus de tenir compte du reste du monde, même si il leur est dur de l'admettre. Ils sont de plus vulnérables à la réalité du monde extérieur du fait même du rôle qu'ils veulent jouer et des sollicitations intenses dont ils font dès lors l'objet. Tout cela à un coût car ils doivent faire face à une augmentation des engagements avec un maintien ou une baisse des moyens financiers dont ils disposent. Ils se trouvent finalement dans une situation assez proche de celle de l'ONU sur ce point, car ils doivent tenir compte des contraintes des finances internes, des finances publiques, leur seule politique agricole absorbant plus d'argent que l'ensemble des aides agricoles communautaires, d'où le jeu d'affrontement Etats-Unis/Europe dans le cadre de l'OMC. Si les Etats-Unis n'aident pas directement leurs agriculteurs, il n'empêche qu'ils achètent chaque année la totalité des récoltes à un prix préfixé, et ils sont donc contraints d'écouler ces productions à ce prix plancher au minimum. Néanmoins, le pays le plus handicapé au monde en la matière reste la France, les agriculteurs et les grosses entreprises ayant pris de mauvaises habitudes, alors que la politique sociale et la question des retraites sont des obstacles à toute politique volontariste, malgré la cinquième richesse du monde !

En parallèle, il y a une affirmation des peuples, ce qui conduit à une prolifération étatique sans précédent, celle-ci conduisant soit à l'anarchie, soit à l'affaiblissement. Et c'est pour faire face à cette prolifération que les européens sont obligés de s'unir, y compris par la monnaie, d'autant plus que c'est le seul moyen d'atteindre un seuil critique permettant de contrer l'Imperium étasunien.

Ces tendances fractionnelles existent partout, y compris en Europe, parfois soutenues par les Etats-Unis qui ne veulent surtout pas de contre-pouvoir à leur mesure. Le risque est celui du fractionnement de la puissance et de la souveraineté à l'infini, voire jusqu'à l'individu. Or, plus un monde est fractionné, plus il est dangereux car désorganisé !

On doit donc se poser la question de la place et du rôle de l’État et de la nation, deux principes forgés par la France depuis Louis XI et sa volonté de fonder l’unité du royaume de France, réalisant ainsi la première traduction pratique majeure d’une vision étatique territorialisée, non liée à la seule personne royale mais à sa fonction… Une bien plus significative émergence de la nation française que le baptême de Clovis … ou que la Révolution de 1789…

Jusqu'à ces dernières années, et même aujourd'hui, l'idée de nation a dominé la culture européenne. L’Armée n'étant, dans une démocratie, que la délégataire de la nation, il nous faut donc définir ce qu’est la nation. Il nous faudra aussi définir ce qu’est l’État.

La nation est-elle cette grande solidarité constituée par le sentiment des sacrifices qu'on a fait, ce désir de continuer la vie commune de Renan :

«... Une nation est une âme, un principe spirituel. Deux choses qui, à vari dire, n'en font qu'une, constituent cette âme, ce principe spirituel. l'une est dans le passé, l'autre dans le présent. L'une est la possession en commun d'un riche legs de souvenirs; l'autre est le consentement actuel, le désir de vivre ensemble, la volonté de continuer à faire valoir l'héritage qu'on a reçu indivis. .... La nation, comme l'individu, est l'aboutissement d'un long passé d'efforts, de sacrifices et de dévouements.... Une nation est donc une grande solidarité, constituée par le sentiment des sacrifices qu'on a faits et de ceux qu'on est disposé à faire encore » (Qu'est-ce qu'une nation ?, conférence prononcée à la Sorbonne le 11 mars 1882) ?

Est-elle cette trame de vie de l'intérêt général du général de Gaulle :

«Dès lors qu'une nation est formée, qu'à l'intérieur d'elle -même des données fondamentales -géographiques, ethniques, économiques, sociales et morales- sont la trame de sa vie et qu'en dehors elle se trouve en contact avec les influences et les ambitions étrangères, il y a pour elle, en dépit et au-dessus de ses diversités, un ensemble de conditions essentiel à son action et finalement à son existence et qui est l'intérêt général. C'est d'ailleurs l'instinct qu'elle en a qui cimente son unité, et c'est le fait que l'État s'y conforme ou non qui rend valables ou incohérentes ses entreprises politiques » (conférence de presse au Palais de l'Élysée, 9 septembre 1965, texte repris in : Ch. de Gaulle, Discours et messages. Pour l'effort 1962-1965, Plon, Le Livre de Poche, 1970, page 405) ?

Est-elle le Volk d'Adolf Hitler qui réclamait la réunion de tous les Allemands en une Grande Allemagne en vertu du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes (extrait du programme du Parti national-socialiste, 24 février 1920, in : M. Duverger, Constitutions et documents politiques, PUF, coll. Thémis, 8° éd., 1978, page 855) ? Est-elle cette communauté de culture de Joseph Staline pour qui la Nation était une communauté stable historiquement constituée, communauté de langue, de territoire, de vie économique et de formation psychique, qui se traduit dans la communauté de culture, et pour lequel il suffit qu'un seul de ces indices manque pour que la nation cesse d'être une nation ?

Est-elle l'âme collective dont nous parle Joseph de Maistre ? Ou bien est-elle le Volksgeist de Herder ? Est-elle l'unité de langue de Schlegel ou de Fichte ?

Est-elle ce corps d'associés vivant sous une loi commune et représentée par la même législature de Sieyès répondant à la question «Qu'est-ce que le Tiers-État ? » (Qu'est-ce que le Tiers État ?, Paris, janvier 1789) ou encore dans sa Lettre sur les richesses de 1775 ?

Serait-elle donc, comme l'affirme Marcel Mauss, une société matériellement et moralement intégrée, à pouvoir central stable, permanent, à fonctions déterminées, à relative unité morale, mentale et culturelle des habitants qui adhèrent consciemment à l'État et à ses lois (« La Nation », in : L'Année sociologique, 3ème série, 1953-54, page 20) ? Ou est-elle ce groupement de population fixé au sol chez qui un lien de parenté spirituelle développe la pensée de l'unité du groupement lui-même comme l'a écrit Maurice Hauriou (Précis de droit constitutionnel, Paris, 1923, page 25) ? Même si j'adhère à titre personnel à cette dernière définition, nul ne peut véritablement dire ce qu'est une nation, la nation étant plus une conscience individuelle née de l'inconscient collectif qu'une réalité palpable. La nation est donc une réalité distincte de celle de l'État, ce qu'il ne faut pas oublier...

Ni la Grèce Antique, ni la Rome Antique n'ont jamais constitué des États. La Grèce était une culture et l'Imperium de Rome n'aura été que la structure politique de domination d'une Cité. Le fait étatique n'est en fait pas un élément de la culture, de la société et de la politique dans l'Antiquité. Il n'est même pas le fruit des Cités qui ne sont, à de très rares exceptions près, que de pâles prémices d'État, mais sont toujours des pôles d'exclusion de l'autre. Il y a certes dans la Cité un territoire, mais celui-ci peut déborder sans transposer de Droit; une population, mais dissociée entre citoyens, femmes, enfants, métèques, périèques, avec limitation des élites par l'ostracisme voire la mort; une souveraineté, mais dissociée selon l'espace et le sujet... Mais ni le territoire, ni la population, ni la souveraineté ne sont suffisamment uniformes pour constituer un État. De même, aux temps féodaux et des Monarchies absolues, voire éclairées, la personnalisation du pouvoir ne peut traduire véritablement une souveraineté tant populaire que nationale, d'où l'absence d'État réel avant la mise en place des sociétés de type moderne. Certes, l'État aurait pu se trouver dans les lieux où l'on invoquait la souveraineté divine, mais celle-ci a toujours été confisquée par un homme ou par une caste, bloquant toute idée d'État.

L'État apparaît en fait avec la dépersonnalisation du pouvoir souverain, donc avec la chute des monarchies absolues. Fait étatique et démocratie sont donc indissociables. Ainsi, la monarchie anglaise telle que née de la Magna Carta de 1215, mais plus encore du Bill of Rights et de l'Act of Settlement, a engendré un État, alors que la France ne deviendra véritablement un État qu'avec l'avènement non plus d'un roi de France, mais d'un roi des Français, Louis-Philippe Ier. La France de Louis XIV n'était pas un État; elle n'était qu'une suzeraineté..., la France de la Révolution n'était pas encore un État, mais l'émergence d'une nation pour briser d'autres nations internes...; la France de Napoléon n'était pas un État, mais une dictature personnelle...; la France de Louis XVIII et de Charles X n'était pas un État, mais un lien octroyé de relations humaines. La quatrième composante de l'État, qui doit donc s'ajouter au trinôme territoire-population-souveraineté, tient donc en la démocratie, quelle que soit la forme de cette dernière, à la condition qu'elle ne soit pas confisquée non pas par une caste ou par un groupe social, mais au détriment d'une composante de la société qui lui sert de base, au détriment de la nation. La nation ou des Nations sont donc des composantes intimes de l'État, ce dernier ayant un besoin existentiel d'égalité de traitement entre ses nations. À titre de démonstration, il est donc possible d'affirmer que Cuba, qui est pourtant une dictature, est un État, alors que le Burundi n'est pas un État. C'est cette seule perception qui a de même permis de justifier, à l'exclusion de toute autre, y compris l'ingérence humanitaire, l'intervention internationale dans la crise yougoslave et son aide, a priori pas toujours justifiée, à la sécession bosno-herzègovine.

Si la nation est existentielle pour l'État, le contraire n'est pas vrai, l'exemple le plus connu de cette réalité étant la Pologne qui sut exister et perdurer en l'absence même de toute réalité étatique. Il est de même significatif de noter que toutes les tentatives d'organisation contemporaine de l'espace mondial, cherchant à rapprocher les hommes et non forcément les pouvoirs, ont toujours insisté sur le concept de nation et non sur celui d'État : Société des Nations, Organisation des Nations Unies, et le blocage actuel de cette dernière tient peut-être justement à la contradiction entre nation et État, une organisation de nations, donc du monde intimement humain, ne pouvant se baser sur le seul concept d'État.

Il est donc nécessaire de repenser l'intégralité de notre vision de l'espace mondial, les nations étant une constante au contraire de l'État qui n'est pas permanent. Donc, a contrario de Burdeau qui voit l'État comme permanent et l'assimile à la personnalisation juridique de la Nation souveraine, il est possible de dissocier l'État de la nation, le concept mazzinien d'état-nation qui prévaut aujourd'hui, par nature fondée sur une confusion philosophique, étant à la source de tous les extrémismes de ce siècle, de tous les dysfonctionnements contemporains..., ou alors il faut aller au bout de sa logique en détruisant les patries et en imposant partout l'idée qu'une nation égale un État. Mais quid alors de l'Espagne, du Royaume-Uni, de l'Italie, voire même de la France et de l'Allemagne... ? Mais aller aussi loin, c'est justifier toutes les fractures, c'est nier le droit naturel, c'est nier l'homme, c'est favoriser l'émergence de pseudo-nations fondées non sur l'histoire ou sur le vouloir-vivre collectif, mais sur le seul intérêt immédiat, donc sur l'instabilité permanente.

Aujourd'hui, avec la mondialisation de l'économie qui affecte tous les États du globe et pas seulement l'Union européenne, la notion un État = un marché est abandonnée au profit de celle de marché global. Cependant, même dans le cadre de ce marché global, et peut-être aussi du fait de ce même marché global, il y a concentration des économies, d'où des rivalités de plus en plus fréquentes entre régions riches, qui ne sont jamais contentes de leurs propres relations, même si cela n'implique pas, du fait même de la globalisation, de risques militaires. Parallèlement, les conflits entre ou en régions pauvres n'intéressent pas le marché global, sauf lorsque sont en cause des intérêts économiques majeurs comme le contrôle de matières premières essentielles au développement; c'est d'ailleurs à l'échelle de ces zones - dont certaines sont européennes - que subsistent les seuls risques militaires globaux, les crises nationales n'ayant qu'un potentiel militaire global très limité. En effet, il y a risque d'émergence de forces en déliquescence qui refusent de coopérer, plus ou moins attisées par des groupes extrémistes religieux ou idéologiques, donc risque de retour à des conflits entre riches et pauvres.

C'est pour cette raison que les États doivent chercher à se rééquilibrer tant en interne qu'en externe : en interne afin d'éviter certaines dérives comme en Italie entre nord et sud, en externe afin de se garantir contre une non extension de conflits de société. Il est donc nécessaire de transformer les États dans une vision moderne et de concurrence économique globale, dons dans une vision opposée à celle qui ne date finalement que de Colbert, puis de la Révolution française, les richesses ne dépendant plus aujourd'hui des territoires, mais de la productivité, et peut-être demain de la biotechnologie, d'où les impératifs actuels d'un retour à l'éthique et à la morale; il ne peut cependant y avoir de morale sans un minimum vital que les États riches doivent assurer au risque de se perdre. L'aide internationale, plus encore qu'un devoir moral, est ainsi un devoir de sécurité et de défense !

Réfléchissons maintenant sur l'évolution actuelle de l'Union européenne. On assiste désormais en Europe communautaire à une véritable harmonisation des modèles de collectivités - même si ce phénomène dépasse aujourd'hui le simple cadre communautaire pour s'étendre à l'Europe dans sa globalité -, et ce même si en apparence des divergences se maintiennent en ce qui concerne les structures. En fait, il semble que les autorités politiques centrales des divers États membres de l'Union européenne tendent à avoir une vision de plus en plus libérale des pouvoirs locaux et sociaux se traduisant par le dégagement de moyens toujours de plus en plus importants en faveur de l'initiative non étatique, que cette initiative soit publique, locale ou individuelle, traduisant ainsi la prise de conscience de l'impératif du local dans un monde en crise économique et la volonté de favoriser, pour résoudre cette crise, le libre échange et l'entreprise individuelle. Tout semble se faire désormais comme si s'était substitué à l'État un para-État de droit combiné à une société libérale organisée au sein de laquelle la loi n'est plus là que pour harmoniser les rapports entre les entités locales et entre les individus au sein d'un cadre territorial global en perpétuelle expansion; contre toute apparence, la Loi ne serait donc plus économique, mais la simple définition des canons de la morale devant régir des relations intra-étatiques et micro-sociales.

Aujourd'hui, l’État n'est même plus une entité économique par lui-même car il y a un peu partout chute des frontières, et pas seulement en Europe occidentale, ces frontières étant contradictoires avec l'idée même de globalisation; l'enjeu n'est même plus le territoire mais l'économie, obligeant la géopolitique à des mutations conceptuelles. Ainsi, le territoire est désormais conçu comme un coût, comme un handicap, ce qui explique l'émergence de la primauté des groupes financiers, mais aussi la perte de réflexes sécuritaires élémentaires et de dynamismes internes, la délocalisation et l'abandon du territoire étant perçu comme un plus économique. Tout ceci a un impact direct sur les concepts militaires puisque le territoire n'est plus jugé comme important. On peut donc risquer de le laisser s'effilocher, et il peut même ne plus être forcément une réalité, pouvant être une simple virtualité comme cela a été le cas en Bosnie-Herzégovine. On assiste donc aujourd'hui à une substitution de l'économie à l'État, celle-ci n'étant que virtuelle, ce qui est, selon Braudel, la preuve de l'ouest, voire même des seuls États-Unis dans la guerre froide, avec la primauté du système d'économie-monde. Néanmoins, cette seule vision, aujourd'hui prédominante, est par elle-même un risque car source de fractures, internes aux États - SDF, chômeurs de longue durée, sans papiers, … – et externes – fondamentalismes, terrorisme, guerres ethniques, narco-États, … –à ces mêmes États, d'autres éléments - tel l'environnement - étant à la fois générateurs de conflits internes et de conflits externes.

Ainsi, l'Union européenne ne serait ni une fédération, ni une confédération, mais une forme nouvelle de coopération inter-étatique, acceptée par les autorités politiques des États eux-mêmes, dissolvant la notion d'État qui n'est plus limitée, dans le cadre d'une co-souveraineté, qu'au minimum des fonctions régaliennes que sont la police, la défense et la détermination de seuils fiscaux minima. L'Union européenne serait ainsi la forme la plus élaborée du pouvoir local, celui-ci devenant le moteur de la vie quotidienne, l'État n'étant plus qu'un artificiel organe de gestion et de coordination interne de politiques décidées certes par les États eux-mêmes mais dans un cadre qui les dépasse désormais, celui né de la construction européenne. L'Union européenne ne serait donc plus que la phase ultime du libéralisme et l'amorce de la sublimation du fait national, la nation prenant désormais racine car devenant le substituant de l'État disparu. L'Union européenne est plus qu'une association ou qu'une juxtaposition d'États; elle est le fruit d'une longue évolution historique et du croisement de multiples développements spirituels qui se sont le plus souvent maintenus contre et malgré les États au travers du fait local; elle est la superposition et la mise en cohésion de nations de divers échelons : un membre de la nation provençale est membre de la nation française tout en étant membre de la nation européenne. Cet optimum de la subsidiarité vers lequel tend l'Europe communautaire peut être une solution aux conflits et aux tensions, mais à deux conditions sine qua non qui, si elles ne sont pas appliquées fermement, ne pourront inévitablement conduire qu'à une situation de type yougoslave :

- les nations doivent être renforcées dans leurs caractères individuels, et notamment au travers du sentiment de l'appartenance à un territoire et de celui d'être l'héritier d'une longue histoire commune ;

- l'Union européenne ne doit pas évoluer vers une forme étatique, mais renforcer non pas la forme étatique devenue obsolète mais bien plus le développement du sentiment « un État = une nation »..., même si la nation est plus que l'État, même si elle peut représenter moins territorialement parlant ...

Dans tous les cas, cela permet déjà d’affirmer qu’il ne faut pas aller trop vite dans la construction européenne, dans l’élargissement de l’Union européenne et dans le processus d’adhésion d’États tels que la Turquie dont la tradition et la culture sont si éloignés des nôtres… et ce d’autant plus que nombreux sont les États nouvellement adhérents qui ne considèrent l’Union européenne que comme une vache à lait, comme un simple marché, et en aucun cas comme une surface politique et de défense, seuls les Etats-Unis leur semblant suffisamment cohérents sur un plan politico-militaire. L’exemple récent de la Roumanie refusant de ratifier le traité instituant la Cour pénale internationale pour plaire aux Etats-Unis et pour favoriser son accession à un OTAN à dimension de moins en moins militaire et de plus en plus politique - et ce en contradiction avec la volonté politique de l’Union européenne - en est l’une des démonstrations. Mais peut-être a t-on aussi oublié en Europe que ces États ex-communistes gardent une culture politique du gros bâton, culture que les Etats-Unis représentent mieux à leurs yeux qu’une Europe encore trop divisée politiquement… Mais l’élargissement, c’est désormais notre aujourd’hui… Alors ?

L'Union européenne sera une réussite si elle est la sublimation du fait local -ce qui semble évident- et du fait national -ce qui semble oublié-, de ces deux facettes d'un même sentiment; elle sera une catastrophe si elle oublie le local ou le national... Ce n'est qu'à ce prix que la nation, telle que la définissait Maurice Hauriou, que ce groupement de population fixé au sol chez qui un lien de parenté spirituelle développe la pensée de l'unité du groupement lui-même pourra véritablement exister, et ce quel que soit son niveau de perception. La construction européenne, si elle tend à supprimer l'État, tend aussi à sublimer la nation; la nation doit donc véritablement naître de l'Union européenne et non s'y dissoudre ! Seule la nation permettra à l'Europe de vivre unie et sans fractures ! Quel paradoxe à l'heure du Caucase et des Balkans...

C'est dans ce contexte que l'environnement - au même titre que par exemple la criminalité organisée ou le contrôle des moyens de communication de masse et de l'information disponible - tend à devenir un élément fondamental de la nouvelle géopolitique mondiale. Ceci se comprend mieux si l'on analyse ce que l'on peut appeler les deux « lois » de la géopolitique évoquées en introduction et que je rappelle ici :

- pour se développer, une nation doit conquérir une zone d'influence lui garantissant des matières premières ou des marchés commerciaux ;

- cette nation doit avoir les moyens de sauvegarder ces acquis face à la convoitise des autres puissances, d'où la nécessité d'une politique de défense cohérente.

Or, aujourd'hui, comme cela a été écrit plus haut, il y a effacement du concept d'État-nation au profit de celui de zone, du concept de frontière au profit de celui de frange, de celui de localité au profit de celui de globalité.... Or, la nature n'a pas d'autres frontières que les frontières qu'elle s'est donné, alors que les pollutions ne connaissent pas les frontières humaines; de même, les pollutions ne sont plus aujourd'hui pensées comme locales mais comme globales; enfin, l'environnement étant indépendant de la territorialité, il s'inscrit bien dans cette logique de déterritorialisation de la géopolitique. La nouvelle géopolitique, corrigée à l'aune de l'effacement du territoire, n'intégrant plus les notions de territoire, elle impose donc la substitution de nouveaux concepts aux anciens, de concept entrant dans sa nouvelle logique au détriment des concepts classiques, et l'environnement se prête particulièrement à ce type de mutation. La géopolitique doit donc se concevoir autrement, même s'il ne faut pas oublier le facteur humain qui lui ramène à l'ancienne géopolitique. Donc, tout comme l'émergence d'une nouvelle pensée stratégique est difficile, celle d'une nouvelle pensée géopolitique l'est tout autant du fait de l'exclusion de l'idée de territoire....

Le concept de nation est à l'origine de bien des guerres; il faut donc bien le définir, et revenir aux auteurs classiques... Nul ne peut pourtant véritablement dire ce qu'est une nation, la nation étant plus une conscience individuelle née de l'inconscient collectif qu'une réalité palpable. La nation est donc une réalité distincte de celle de l'État, ce qu'il ne faut pas oublier... Et je vais me répéter : si la nation est existentielle pour l'État, le contraire n'est pas vrai. Mais n’oublions surtout pas ces mots d’Émile Durkheim :

« Détruire les patries, ce serait détruire la civilisation » (Morale civique et patrie, in : Textes 3. Fonctions sociales et institutions, Les Éditions de Minuit, 1975, pp. 220-224) ?

Reste la question du drapeau de la Nation… Un Roi ? Un Président ? Une Constitution ? Je n’en sais rien, du moins dans le cadre de l’Europe. Peut-être faudrait-il, tout en maintenant les structures étatiques existantes, en revenir à l’Empire tel que le concevait les Papes ? Ce n’est qu’une interrogation, même si je pense que cela ne remettrait en rien en cause les principes de la politie aristotélicienne…

Re: Le nationalisme

par Olivier » lun. 11 août 2008, 11:17

Christophe a écrit :
Olivier a écrit :Il ne faut pas confondre nationalisme (bien que je n'aime pas les isme) avec le nationisme né avec la révolution.
Lieu commun parfaitement absurde sous la plume d'une personne qui se revendique du royalisme et du catholicisme... :nargue:
Du "isme" idéologique et bon ne jouez pas avec les mots^^

Le nationisme consiste à vouloir le droit des peuples à disposer d'eux même, encore encouragé par "l'élite actuelle" comme au Kosovo, ce qui déséquilibre l'équilibre des puissances et favorise la guerre.

Re: Le nationalisme

par Christophe » dim. 08 juin 2008, 8:46

Olivier a écrit :Il ne faut pas confondre nationalisme (bien que je n'aime pas les isme) avec le nationisme né avec la révolution.
Lieu commun parfaitement absurde sous la plume d'une personne qui se revendique du royalisme et du catholicisme... :nargue:

Re: Le nationalisme

par Yves54 » sam. 07 juin 2008, 23:30

Christophe,

Ici je ne condamnais pas le patriotisme mais bien le nationalisme. Et il me semble que la définition de l'Église sur le nationalisme est la même définition que dans le dictionnaire, c'est pour cela que je ne suis pas allé cherché des indications plus précises. Néanmoins votre précision est importante pour ceux et celles qui auraient une définition du nationalisme autre que celle de l'Église.


In Xto

Yves

Re: Le nationalisme

par Christophe » sam. 07 juin 2008, 22:12

Cher Yves
Yves54 a écrit :Il me semble, d'ailleurs, que Pie XI a condamné le nationalisme dans une encyclique en 1923. C'est à vérifier mais si c'est vrai alors le nationalisme n'est pas tenable pour un catholique.
De même que l'on ne peut se contenter d'asséner "L'Église condamne le libéralisme" sans plus de précision, il me semble tout autant téméraire de penser liquider le cas du nationalisme de façon aussi lapidaire... Surtout sans citer précisément le Magistère auquel vous faites référence.

Ce que l'Église condamne précisément, sous le vocable de "nationalisme", ce sont deux choses :
1) Une idolâtrie de la nation, idéalisée et hypostasiée.
2) Une forme d'égoïsme collectif national.

Ces deux formes "déviantes" du patriotisme peuvent conduire à des discriminations injustes à l'égard des personnes ou à la négation du droit légitime des autres nations, et être ainsi des obstacles à la paix civile comme à la paix internationale.

:arrow: http://www.thesocialagenda.org/francais/article10.htm#9

Dans le récent (2005) Compendium de la DSE, l'index - pour le mot clef "Nationalisme" - ne renvoit qu'au paragraphe §433.

Car il faut bien comprendre que l'amour de sa patrie comme de sa nation sont deux choses parfaitement légitimes. La nation est le périmètre naturel de la Cité, et l'État est ordonnée au bien commun de la Cité. Mais le bien commun de la Cité n'est pas le bien commun universel : il n'en est qu'un partie.

Pro Christo Rege
Christophe

Re: Le nationalisme

par Yves54 » lun. 02 juin 2008, 16:26

Il me semble, d'ailleurs, que Pie XI a condamné le nationalisme dans une encyclique en 1923. C'est à vérifier mais si c'est vrai alors le nationalisme n'est pas tenable pour un catholique.


In Xto

Yves

Re: Le nationalisme

par Arzur » lun. 02 juin 2008, 14:20

comte de bézaudun a écrit :le nationalisme n'est que la défense bien comprise des siens avant les autres.
Je ne suis pas sûr que l'enseignement du Christ nous demande d'aimer plus nos proches que les étrangers, même si cela est un réflexe humain.

Le nationalisme me semble condamnable dans la mesure où cette doctrine nous demande d'aimer nos concitoyens de manière prioritaire.

Or nous devant aussi aimer nos ennemis, mais il me semble que le nationalisme ne peut concevoir cela...


Iesus Veritas Est
Arzur

Re: Le nationalisme

par comte de bézaudun » sam. 31 mai 2008, 18:06

Le nationalisme n'est que la forme politique du patriotisme.
Alors que le patriotisme est soit un sentiment diffus d'appartenance à une identité commune, soit un attachement aux valeurs républicaines (donc idéologique), le nationalisme n'est que la défense bien comprise des siens avant les autres.
Je ne vois vraiment pas en quoi le nationalisme serait condamnable. Tout comme si on condamnait un père de famille d'avoir sauvé de la noyade son propre fils à la place d'un inconnu.
Il serait temps que les Français cessent de faire phosphorer leur cerveau creux, empli d'idées reçues et de messages subliminaux télévisuels.

Re: Le nationalisme

par Olivier » dim. 25 mai 2008, 22:23

http://partisan-blanc.over-blog.com/
Voilà mon avis.

Il ne faut pas confondre nationalisme (bien que je n'aime pas les isme) avec le nationisme né avec la révolution.

Re: Le nationalisme

par Théophane » jeu. 24 avr. 2008, 11:39

Opus DEI??? :sonne: :sonne: ça aussi il devrait le considérer comme un péché!
Appartenir à l'Opus Dei serait donc un péché ? Intéressant...
Le nationalisme c'est seulement défendre ce que nos pères ont scellé de part leur sang, leur sueur et leur intelligence! Et c'est censé être un péché ça??? :sonne: Et bé...
Ne confondons pas nationalisme et patriotisme. Pour éclairer notre réflexion, voici trois citations qui, je crois, ont le mérite d'être claires.


La caractéristique du nationalisme est en effet de ne reconnaître et de ne rechercher que le bien de sa propre nation, sans tenir compte des droits des autres. À l'inverse, le patriotisme, en tant qu'amour pour sa patrie, reconnaît à toutes les autres nations des droits égaux à ceux qui sont revendiqués pour sa patrie et il constitue donc la voie vers un amour social ordonné.
Jean-Paul II, Mémoire et identité, chapitre 12


Repousse le nationalisme, qui rend difficiles la compréhension et la bonne entente entre les hommes : c'est là une des barrières les plus pernicieuses qui se soient dressées en de nombreux moments de l'histoire. Et repousse-le avec davantage de force encore — car il en serait d'autant plus nocif — quand on prétend l'étendre au Corps de l'Eglise, car c'est là que doit resplendir davantage l'union de tout et de tous dans l'amour de Jésus-Christ.
Saint Josémaría Escrivá, Forge, n° 879


Aime ta patrie : le patriotisme est une vertu chrétienne. Mais si le patriotisme se transforme en un nationalisme qui porte sur d'autres peuples, sur d'autres nations un regard détaché et méprisant, dénué de charité chrétienne et de justice, c'est un péché.
Saint Josémaría Escrivá, Sillon, n° 315

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