par Cgs » Aujourd’hui, 18:48
Gaudens a écrit : ↑jeu. 09 avr. 2026, 15:26
peut-être avez-vous quelques référence en tête, je serai curieux de voir comment l'Eglise condamne directement le système capitaliste..
Bonjour Utilisateur,
Une rapide recherche sur internet donne au moins trois encycliques dites "sociales" où on trouve des condamnations de différentes manifestations jugées nocives et pécheresses du capitalisme,jamais mentionné comme tel ;il faut dire qu'à la différence du socialisme , celui-ci , héritier du libéralisme condamné par l'Eglise, s'est longtemps manifesté dans les faits avant d'être théorisé comme tel par des économistes du XXè siècle:
Rerum Novarum de Léon XIII (la fameuse "encyclique du travail"),
Quadragesimo Anno de Pie XI (la plus au centre du sujet)
et même paradoxalement, dans les chapitres finaux de Divini Redemptoris, encyclique condamnant le communisme du même Pie XI.
La même recherche m'a permis de trouver un intéressant article dans la Revue d'Ethique et de Théologie Morale "La doctrine sociale de l'Eglise et le capitalisme", de Jacques-Benoit Raucher, dont le texte est dans le lien suivant:
https://shs.cairn.info/revue-d-ethique- ... e-97?lang=
Bonjour Gaudens,
En effet, il convient de bien distinguer le système capitaliste, au sens du système fondé sur la liberté, le marché et l'innovation, et ses excès, à savoir l'exploitation de l'humanité, son absence de morale, sa première place au détriment du reste dans les sociétés humaines.
Pie XI d'ailleurs le fait dans Quadragesimo Anno, en insistant sur le fait que le capitalisme doit être régulé, sous peine de laisser la loi du plus fort s'installer.
Pour en revenir au sujet, je ne crois pas moi non plus à un Etat profond mono-forme dans un pays particulier. Ce que l'on appelle "Etat profond" est plutôt un système mis en place progressivement à travers l'Histoire, relativement décentralisé, composé des différents services d'Etat non élus, ainsi que toute la nébuleuse qui gravite autour (associations, groupes de pression, système bancaire et financier notamment). Au sein de ce système coexistent des intérêts publics et privés qui s'allient selon les circonstances. L'homme étant par nature assez moutonnier, on peut avoir l'impression de l'extérieur que c'est un système occulte à hiérarchie claire, avec un petit nombre de donneurs d'ordres, mais en réalité, c'est une chaîne complexe de responsabilités qui se téléscopent au gré des modes économiques du moment.
Je ne suis donc pas d'accord avec le titre du sujet : si le pouvoir politique veut renverser la table, il le pourra. Il y aura des obstacles, les différents services d'Etat peuvent faire de la résistance, mais si le pouvoir est légitime, il pourra transformer le système, avec de la volonté.
Reste à savoir qui aura le courage de résister à un Etat profond dans un pays particulier, tant les incitations à perpétuer le système sont fortes.
En Christ,
[quote=Gaudens post_id=474373 time=1775741208 user_id=16704]
[quote]peut-être avez-vous quelques référence en tête, je serai curieux de voir comment l'Eglise condamne directement le système capitaliste..
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Bonjour Utilisateur,
Une rapide recherche sur internet donne au moins trois encycliques dites "sociales" où on trouve des condamnations de différentes manifestations jugées nocives et pécheresses du capitalisme,jamais mentionné comme tel ;il faut dire qu'à la différence du socialisme , celui-ci , héritier du libéralisme condamné par l'Eglise, s'est longtemps manifesté dans les faits avant d'être théorisé comme tel par des économistes du XXè siècle:
Rerum Novarum de Léon XIII (la fameuse "encyclique du travail"),
Quadragesimo Anno de Pie XI (la plus au centre du sujet)
et même paradoxalement, dans les chapitres finaux de Divini Redemptoris, encyclique condamnant le communisme du même Pie XI.
La même recherche m'a permis de trouver un intéressant article dans la Revue d'Ethique et de Théologie Morale "La doctrine sociale de l'Eglise et le capitalisme", de Jacques-Benoit Raucher, dont le texte est dans le lien suivant:
https://shs.cairn.info/revue-d-ethique-et-de-theologie-morale-2020-HS-page-97?lang=
[/quote]
Bonjour Gaudens,
En effet, il convient de bien distinguer le système capitaliste, au sens du système fondé sur la liberté, le marché et l'innovation, et ses excès, à savoir l'exploitation de l'humanité, son absence de morale, sa première place au détriment du reste dans les sociétés humaines.
Pie XI d'ailleurs le fait dans Quadragesimo Anno, en insistant sur le fait que le capitalisme doit être régulé, sous peine de laisser la loi du plus fort s'installer.
Pour en revenir au sujet, je ne crois pas moi non plus à un Etat profond mono-forme dans un pays particulier. Ce que l'on appelle "Etat profond" est plutôt un système mis en place progressivement à travers l'Histoire, relativement décentralisé, composé des différents services d'Etat non élus, ainsi que toute la nébuleuse qui gravite autour (associations, groupes de pression, système bancaire et financier notamment). Au sein de ce système coexistent des intérêts publics et privés qui s'allient selon les circonstances. L'homme étant par nature assez moutonnier, on peut avoir l'impression de l'extérieur que c'est un système occulte à hiérarchie claire, avec un petit nombre de donneurs d'ordres, mais en réalité, c'est une chaîne complexe de responsabilités qui se téléscopent au gré des modes économiques du moment.
Je ne suis donc pas d'accord avec le titre du sujet : si le pouvoir politique veut renverser la table, il le pourra. Il y aura des obstacles, les différents services d'Etat peuvent faire de la résistance, mais si le pouvoir est légitime, il pourra transformer le système, avec de la volonté.
Reste à savoir qui aura le courage de résister à un Etat profond dans un pays particulier, tant les incitations à perpétuer le système sont fortes.
En Christ,