par Cgs » mar. 12 mai 2026, 21:04
Gaudens a écrit : ↑mar. 12 mai 2026, 19:48
La doctrine catholique ayant été rappelée, je précise que je reste favorable à la présence de la peine de mort dans le droit pénal français, non comme un moyen à utiliser largement, mais comme la peine suprême, appliquée à dose homéopathique avec des conditions strictes, comme cela a été fait après la seconde guerre mondiale jusqu'à son abolition en 1981
Bonjour CGS,
Vous vous dites favorable à la présence (plus exactement, au retour) de la peine de mort dans l'arsenal juridique français. Je vois mal ce qui garantirait absolument son usage homéopathique (ou dissuasif, ce qui est une question en soi) et des conditions d'utilisations "très strictes".Vous faites allusion au possible retour de périodes troublées (euphémisme) et reconnaissez donc qu'il y a un risque .
Avant 1981 ,était-ce si homéopathique que cela? Fallait-il par exemple condamner et exécuter Jacques Fesch, par exemple ? Même en supposant la peine de mort maintenue, je dirais cent fois non...Mais cela nous aurait peut-être privés d'un saint, nous direz-vous...
Bonsoir,
Je vous accorde qu'il est difficile de garantir une application exceptionnelle de la peine de mort, c'est la principale critique que l'on peut adresser à ma position. Mais il est un fait que le nombre de condamnés à mort au XXème siècle est très faible par rapport aux sanctions pénales totales. De 1906 à 1981, seule 1369 personnes ont été définitivement condamnées à mort, et parmi elles, seules 511 ont été réellement exécutées (7 par an en moyenne sur la période). Sur une moyenne de 50 millions d'habitants en France au XXème siècle, c'est très peu. A comparer aussi au nombre annuel de sanctions pénales prononcées, qui est de plusieurs milliers.
Pour plus de statistiques et d'informations, cf la thèse de M. Nicolas PICARD, soutenue en 2016 :
https://theses.hal.science/tel-01844403/file/PICARD.pdf
(notamment le début du chapitre 4, page 216 à 237)
Cette période de l'histoire pourrait inspirer des modalités adaptées à notre époque. Ma position serait de revenir à la peine de mort, mais sur un champ beaucoup plus restreint, car auparavant, des voleurs pouvaient être condamnés à mort. En l'espèce, je serais pour une restauration de la peine capitale, mais uniquement pour les crimes les plus graves (assassinat, trafic de drogue, viol, pédophilie pour l'essentiel).
[quote=Gaudens post_id=475149 time=1778608123 user_id=16704]
[quote]La doctrine catholique ayant été rappelée, je précise que je reste favorable à la présence de la peine de mort dans le droit pénal français, non comme un moyen à utiliser largement, mais comme la peine suprême, appliquée à dose homéopathique avec des conditions strictes, comme cela a été fait après la seconde guerre mondiale jusqu'à son abolition en 1981[/quote]
Bonjour CGS,
Vous vous dites favorable à la présence (plus exactement, au retour) de la peine de mort dans l'arsenal juridique français. Je vois mal ce qui garantirait absolument son usage homéopathique (ou dissuasif, ce qui est une question en soi) et des conditions d'utilisations "très strictes".Vous faites allusion au possible retour de périodes troublées (euphémisme) et reconnaissez donc qu'il y a un risque .
Avant 1981 ,était-ce si homéopathique que cela? Fallait-il par exemple condamner et exécuter Jacques Fesch, par exemple ? Même en supposant la peine de mort maintenue, je dirais cent fois non...Mais cela nous aurait peut-être privés d'un saint, nous direz-vous...
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Bonsoir,
Je vous accorde qu'il est difficile de garantir une application exceptionnelle de la peine de mort, c'est la principale critique que l'on peut adresser à ma position. Mais il est un fait que le nombre de condamnés à mort au XXème siècle est très faible par rapport aux sanctions pénales totales. De 1906 à 1981, seule 1369 personnes ont été définitivement condamnées à mort, et parmi elles, seules 511 ont été réellement exécutées (7 par an en moyenne sur la période). Sur une moyenne de 50 millions d'habitants en France au XXème siècle, c'est très peu. A comparer aussi au nombre annuel de sanctions pénales prononcées, qui est de plusieurs milliers.
Pour plus de statistiques et d'informations, cf la thèse de M. Nicolas PICARD, soutenue en 2016 :
https://theses.hal.science/tel-01844403/file/PICARD.pdf
(notamment le début du chapitre 4, page 216 à 237)
Cette période de l'histoire pourrait inspirer des modalités adaptées à notre époque. Ma position serait de revenir à la peine de mort, mais sur un champ beaucoup plus restreint, car auparavant, des voleurs pouvaient être condamnés à mort. En l'espèce, je serais pour une restauration de la peine capitale, mais uniquement pour les crimes les plus graves (assassinat, trafic de drogue, viol, pédophilie pour l'essentiel).