Consécrations épiscopales du 1er juillet : inquiétudes et dilemmes de conscience

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Re: Consécrations épiscopales du 1er juillet : inquiétudes et dilemmes de conscience

par patatedouce » Hier, 22:41

Voici un lien vers une conférence de l'abbée Gleize - penseur de la FSSPX - qui donne les arguments pour le sacre.

https://youtu.be/VK8Sj6TOG4Y?is=UoZH9Fb7FF-m1XhU

La justification :

1) il y a un état de nécessité : l'eglise ne donne plus les moyens aux fideles de se sanctifier et les ames sont en périle (cela ne se démontre pas mais se constate - pas le bon catechisme, pas la bonne messe...)

2) ils ont la capacité d agir : ils ont deux eveques

3) leur devoir de baptiser est d agir selon leur capacité

Il evoque une objection : le texte de 1958 de pie XII.
J'ai compris pourquoi ils mettaient en lien sur leur site un texte clairement defavorable => ils l ont annoté, notamment la note n11 pour dire que qu en pie xii critiquait les sacres sauvages ce n'était pas pour critiquer les leurs...

Une consécration ainsi conférée contre tout droit [11] et qui est un très grave attentat à l’unité même de l’Église, est punie d’une excommunication

Note 11 : Note de LPL : Nous avons gardé la traduction des éditions La Bonne Presse. Le texte original en latin porte « contra ius fasque » ce qui peut également se traduire par « contre le droit humain et le droit divin ». Certains ont pris prétexte de ce passage pour affirmer que Mgr Lefebvre avait contrevenu au droit divin par les sacres du 30 juin 1988. Cependant, le contexte indique clairement que Pie XII désigne ainsi un sacre avec juridiction
. Pie XII parle d’une consécration « ainsi conférée ». Il faut donc reprendre tous les élements de la phrase précédente, où l’on parle de l” »institution canonique » et de la « nomination » des évêques, c’est-à-dire la collation d’une juridiction. Seule la collation de la juridiction relève d’une atteinte au droit divin, comme l’expose nettement la présente encyclique. Mgr Lefebvre ayant bien précisé qu’il ne donnait pas la juridiction, il contrevenait seulement au droit humain ecclésiastique, certes respectable, mais qui peut souffrir des exceptions en raison de circonstances graves, comme l’expose saint Thomas d’Aquin, (ST, 2a 2ae, q. 120, a. 1). On notera d’ailleurs qu’un autre passage de l’encyclique plus haut désigne les « huiusmodi electiones » (« élections de ce genre ») comme étant « contra ius fasque », ce qui montre encore que c’est la collation de la juridiction qui est « contra fas ».[↩]
Cela s appelle de la falsification, et cette note n est pas juste.

Re: Consécrations épiscopales du 1er juillet : inquiétudes et dilemmes de conscience

par Gaudens » Hier, 15:18

Re bonjour Mikess. Je ne pense pas que l les oppositions doctrinales , sur ses thèles quand même assez périphériques ppurraient servir d argument à un " grave danger pour les âmes " justifiant l état de nécessité. La laicité de L Etat opposée à la royauté sociale de Jésus Cgrist, par exemple. Un grave doute sur la validité de la messe, si. C est donc ce qui est central et n est pas admissible.

Re: Consécrations épiscopales du 1er juillet : inquiétudes et dilemmes de conscience

par mikesss » Hier, 13:35

Gaudens a écrit : Hier, 12:58 Bonjour patate Douce (et Mikess).
Je suis désolé;je n'avais pas vu hier soir que mon message de l'après-midi avait été édité et que vous y aviez même répondu.Cela avait été immédiatement recouvert par le long échange que vous avez eu tous deux ensuite jusqu'à maintenant.

En lisant un peu en diagonale, je le reconnais, votre long et subtil échange, je comprends qu'en fait la légitimation du propos de l'abbé Pagliarini repose fondamentalement sur la notion d'"état de nécessité"; une fois celle -ci admise, on voit bien qu'on peut trouver en cherchant bien - certes avec un microscope bien réglé- des justifications à ce projet de consécrations épiscopales.
Cette supposée nécessité trouve sa source dans la mise en cause fondamentale que fait la FSSPX concernant la validité des messes en rite paulin , ce que disent bien des propos précédents dudit abbé.En effet, si un doute - voire une certitude d'invalidité- est réel, il y a bien "état de nécessité".Mais cela est inacceptable pour l'Eglise catholique et ses fidèles.
L'étape suivante risquerait bien alors d'élargir ce doute à celui des consécrations épiscopales en rite paulin (il me semble avoir lu quelque chose comme cela dans le passé) et , in fine, rejoindre les sédévacantistes. j'espère me tromper. Mais comme le disait Blaise pascal, nous sommes embarqués, il nous faut choisir.
Bonjour Gaudens,

je pense que le problème est plus profond que juste l'histoire de la messe qui est en effet la face visible de l'iceberg.
Certains pensent effectivement que le rite de Paul VI est totalement invalide, et donc que les prêtres et évêques ordonnés et consacrés par ce rite ne sont effectivement pas prêtres (dont Leon XIV). mais comme vous le dites, je n'ai lu ce genre de propos que sur des sites sédévacantistes. d'après ce que j'ai compris de la position de la FSSPX, c'est plutôt qu'il y a un risque non négligeable d'invalidité de la messe par le rite de Paul VI (je ne sais pas pour les sacrements, à part, du coup l'eucharistie).
en fait, le problème est plutôt doctrinal comme l'attestent les discussion entre le Vatican et la FSSPX pendant 20 ans; ces discussions étaient des discussions doctrinales.

Re: Consécrations épiscopales du 1er juillet : inquiétudes et dilemmes de conscience

par mikesss » Hier, 13:28

patatedouce a écrit : Hier, 11:29

Si je donne de l'argent pour que quelqu'un achète de la drogue (et qui je sais qu'il va acheter de la drogue), l'acte a un objet intrinsèquement mauvais.
Eh bien pour ma part, je ne pense pas que l'acte soit intrinsèquement mauvais. il le devient par l'intention, mais pas par essence. lui donner directement de la drogue serait intrinsèquement mauvais, en revanche.
patatedouce a écrit : Hier, 11:29 Après, être chrétien ce n'est pas négocier avec le diable je pense. Il faut une conscience personnelle.

Un objet matériel peut avoir plusieurs formes (si on commet, on subit, on est spectateur...)... c'est aux personnes d'agir en conscience.

Je ne dis pas ca pour la FSSPX, je dis ca de manière générale.
Je suis d'accord sur la conscience, de toutes façon, pour qu'il y ait faute, il faut qu'il y ait volonté...

Re: Consécrations épiscopales du 1er juillet : inquiétudes et dilemmes de conscience

par Gaudens » Hier, 12:58

Bonjour patate Douce (et Mikess).
Je suis désolé;je n'avais pas vu hier soir que mon message de l'après-midi avait été édité et que vous y aviez même répondu.Cela avait été immédiatement recouvert par le long échange que vous avez eu tous deux ensuite jusqu'à maintenant.

En lisant un peu en diagonale, je le reconnais, votre long et subtil échange, je comprends qu'en fait la légitimation du propos de l'abbé Pagliarini repose fondamentalement sur la notion d'"état de nécessité"; une fois celle -ci admise, on voit bien qu'on peut trouver en cherchant bien - certes avec un microscope bien réglé- des justifications à ce projet de consécrations épiscopales.
Cette supposée nécessité trouve sa source dans la mise en cause fondamentale que fait la FSSPX concernant la validité des messes en rite paulin , ce que disent bien des propos précédents dudit abbé.En effet, si un doute - voire une certitude d'invalidité- est réel, il y a bien "état de nécessité".Mais cela est inacceptable pour l'Eglise catholique et ses fidèles.
L'étape suivante risquerait bien alors d'élargir ce doute à celui des consécrations épiscopales en rite paulin (il me semble avoir lu quelque chose comme cela dans le passé) et , in fine, rejoindre les sédévacantistes. j'espère me tromper. Mais comme le disait Blaise pascal, nous sommes embarqués, il nous faut choisir.

Re: Consécrations épiscopales du 1er juillet : inquiétudes et dilemmes de conscience

par patatedouce » Hier, 11:29

Pour ma part, je considère les consécrations valides (sinon cela poserait problème pour les orthodoxe par exemple).

Pour le mandat pontificale :
Après le mandat pontifical est l'élément qui indique que la consécration se fait en plein communion avec l'Eglise. C'est pour anticiper l'argument comme quoi le mandat n'a pas toujours existé. L'idée de communion, qu'elle soit formalisée ou pas, a toujours été nécessaire. La forme ne prévaut pas sur le fond.

Ma réponse que j'avais modifié
Car même si la formalisation (la forme) n'existait pas la consécration devait quand même se faire en accord avec le pape.

-

Si je donne de l'argent pour que quelqu'un achète de la drogue (et qui je sais qu'il va acheter de la drogue), l'acte a un objet intrinsèquement mauvais.

Après, être chrétien ce n'est pas négocier avec le diable je pense. Il faut une conscience personnelle.

Un objet matériel peut avoir plusieurs formes (si on commet, on subit, on est spectateur...)... c'est aux personnes d'agir en conscience.

Je ne dis pas ca pour la FSSPX, je dis ca de manière générale.

Re: Consécrations épiscopales du 1er juillet : inquiétudes et dilemmes de conscience

par mikesss » Hier, 11:24

Je pense que vous êtes dans l'erreur et la seule perspective qu'il vous reste pour rester cohérent est d'admettre que les sacres ne sont pas valides, ce qui est une position intenable (que je sache, les prêtres et évêques qui sont retournés dans le giron de Rome par la suite n'ont pas été réordonnés ni resacrés)
je ne me pose pas la question de la validité de ces consécrations, pour les raisons expliquées plus haut.
Maintenant, sur l'état de nécessité, et sur l'acte intrinsèquement mauvais, on est d'accord pour dire qu'un acte intrinsèquement mauvais l'est quel que soient les circonstances et l'époque, je pense (sinon, ce n'est pas intrinsèque.) or, dans les premiers temps de l'Eglise, les évêques étaient sacrés sans mandat pontifical (puisque cette règle n'existait pas). Donc c'est bien que le sacre sans mandat pontifical n'est pas intrinsèquement mauvais. (Attention, je ne dis pas que ce n'est pas une faute morale, je dis que ce n'est pas intrinsèquement mauvais, nuance).

Re: Consécrations épiscopales du 1er juillet : inquiétudes et dilemmes de conscience

par patatedouce » Hier, 11:01

Je n'ai pas dit qu'ils n'étaient pas évêques, mais que leur consécration est un acte avec un objet intrinsèquement mauvais, donc schismatique, et non sauvable par l'état de nécessité.

Mais vous avez raison de vous posez la question de la validité d'un tel acte.

Re: Consécrations épiscopales du 1er juillet : inquiétudes et dilemmes de conscience

par mikesss » Hier, 11:00

patatedouce a écrit : Hier, 10:52 Mais :

Objet = matière + forme

La forme informe la matière.

La matière est la consécration. Ce qui l'informe est légalité de l'acte. D'ailleurs, c'est dit par Pie XII : une consécration sans mandat ne confère pas la pouvoir judiciaire. Donc la mandat informe la consécration.

Le passage que vous citez de STA est à compléter par le passage que je cite qui dit exactement la même chose que je viens d'exposer.
Si on suit votre raisonnement, les évêques de le FSSPX ne sont pas évêques et donc les prêtres ne sont pas prêtres, puisqu'il manque la forme aux sacres de 88. En réalité, dans l'objet des consécrations épiscopales, la matière est la création de nouveaux évêques et la forme, le rite utilisé. comme pour les sacrements en fait, qui sont constitués d'une matière et d'une forme (pour l'eucharistie, la matière sont le pain et le vin et la forme, les paroles de la consécration.)
Oui, le mandat confère la juridiction à l'évêque, personne ne l'a jamais nié. mais pas pour le pouvoir d'ordre.

Re: Consécrations épiscopales du 1er juillet : inquiétudes et dilemmes de conscience

par patatedouce » Hier, 10:52

Mais :

Objet = matière + forme

La forme informe la matière.

La matière est la consécration. Ce qui l'informe est légalité de l'acte. D'ailleurs, c'est dit par Pie XII : une consécration sans mandat ne confère pas la pouvoir judiciaire. Donc la mandat informe la consécration.

Le passage que vous citez de STA est à compléter par le passage que je cite qui dit exactement la même chose que je viens d'exposer.

Après le mandat pontifical est l'élément qui indique que la consécration se fait en plein communion avec l'Eglise. C'est pour anticiper l'argument comme quoi le mandat n'a pas toujours existé. L'idée de communion, qu'elle soit formalisée ou pas, a toujours été nécessaire. La forme ne prévaut pas sur le fond.

Re: Consécrations épiscopales du 1er juillet : inquiétudes et dilemmes de conscience

par mikesss » Hier, 10:42

patatedouce a écrit : Hier, 9:16 Si votre logique est juste — à savoir que l'acte matériel (le sacre ou l'acte conjugal) est neutre et que seule la nécessité compte — alors, qu'est-ce qui empêche un homme d'imposer un acte conjugal à sa femme au nom du 'bien supérieur' de la procréation, en invoquant un état de nécessité conjugale ?
L'acte s'il est compris comme l'acte conjugal n'est pas mauvais en soi.
La nécessité d'avoir des enfants...

Mais un viol reste un viol. Et, il faut comprendre l'acte conjugal en l'absence de consentement.
Effectivement, l'acte conjugal n'et pas mauvais en lui-même, mais les circonstances peuvent le rendre immoral.
patatedouce a écrit : Hier, 9:16 L'acte matériel n'existe pas, on doit forcément tenir compte de sa dimension moral pour qualifier sa nature.
C'est bien là ou vous faites erreur, l'acte matériel existe bien; il est necessaire pour juger de la moralité d'un acte, mais pas suffisant; petits exemples: faire l'aumône à un pauvre est un acte matériel bon en soi; mais si le je fais par orgueil, mon intention est mauvaise, l'acte devient mauvais; autre exemple, l'acte conjugal est bon en soi; mais si on le fait en public, les circonstances font que cet acte devient mauvais.
patatedouce a écrit : Hier, 9:16 Dans le cas présent, c'est consacrer des évêques contre la volonté du pape. Sinon aucun acte n'est matériellement mauvais si on le réduit à sa réalité matériel. Par ailleurs, consacrer un évêque est-il un acte avec une simple dimension matériel ? je ne pense pas la consécration est un acte matériel et moral, on ne peut pas le réduire juste a son aspect matériel.
Si, il existe bien des actes, qui sont intrinsèquement mauvais, indépendamment des circonstances ou de la volonté; l'apostasie, l'avortement, le blasphème...
mais là ou je vous rejoints, c'est que effectivement, si consacrer des évêques est un acte bon en soi, il faut regarder les circonstances et la volonté pour juger de sa moralité.
patatedouce a écrit : Hier, 9:16 On peut continuer le développement par le pêché d'omission : si vous oubliez la dimension moral dans l'acte matériel, il n'existe pas.
la encore, je ne peut que répéter ce que j'ai dit plus haut; l'acte matériel est seulement une composante a prendre en compte pour définir la moralité d'un acte; si on prend l'exemple d'un viol qui se passerait sous nos yeux, ne pas bouger est un acte neutre en soi, mais les circonstances font que cet acte devient mauvais.
patatedouce a écrit : Hier, 9:16 Pour moi,

La matière : consécration sans mandat
Intention : Combler un état de nécessité - faire le bien
Circonstance : crise de l'Eglise
Et bien pour moi, ce serait plutôt:
La matière : consécration épiscopale
Intention : Combler un état de nécessité - faire le bien
Circonstance : mandat refusé + crise de l'Eglise
patatedouce a écrit : Hier, 9:16 Pour être plus précis dans le CEC, il parle d'objet pas d'acte :
1750 La moralité des actes humains dépend :

– de l’objet choisi ;

– de la fin visée ou l’intention ;

– des circonstances de l’action.

L’objet, l’intention et les circonstances forment les " sources ", ou éléments constitutifs, de la moralité des actes humains.

1751 L’objet choisi est un bien vers lequel se porte délibérément la volonté. Il est la matière d’un acte humain. L’objet choisi spécifie moralement l’acte du vouloir, selon que la raison le reconnaît et le juge conforme ou non au bien véritable. Les règles objectives de la moralité énoncent l’ordre rationnel du bien et du mal, attesté par la conscience.
les termes sont différents, mais l'idée reste la même.
patatedouce a écrit : Hier, 9:16 Si on suit votre raisonnement, la personne qui subit un viol le commet autant que la personne qui le fait.
Pas du tout, je ne comprend même pas comment vous en arrivez a une telle conclusion!!!!
patatedouce a écrit : Hier, 9:16 Sur le sujet on peut rappeler la somme théologique de STA :
2. L’objet n’est pas la matière dont l’action est faite, mais la matière que l’action concerne ; et cet
objet a, d’une certaine façon, raison de forme, en ce qu’il détermine l’espèce de l’acte.

Source: http://palimpsestes.fr/textes_philo/tho ... /somme.pdf - page 829
Un objet a une forme et une matière.
idem que précédemment, l'idée reste la même chez St Thomas. Plus bas, il répond à la question de ce qui détermine la moralité d'un acte:
Ainsi donc, on peut envisager une quadruple bonté de l’action humaine. D’abord une bonté générique, qui lui convient en tant qu’action, car, nous l’avons dit, elle a autant de bonté qu’elle a d’être. Deuxièmement, une bonté spécifique qui résulte de l’objet approprié. En troisième lieu, une bonté qui résulte des circonstances, qui sont comme les accidents de l’acte. En quatrième lieu, une bonté qui résulte de la fin, comme de son rapport avec la cause de la bonté.
En l'occurrence, le premier et le deuxième critères de bonté de St Thomas ont été fusionnés dans le catéchisme pour définir la bonté, la neutralité ou la malice de l'acte en lui-même. Bref, termes différents, mais même idée.

Re: Consécrations épiscopales du 1er juillet : inquiétudes et dilemmes de conscience

par patatedouce » Hier, 9:16

Si votre logique est juste — à savoir que l'acte matériel (le sacre ou l'acte conjugal) est neutre et que seule la nécessité compte — alors, qu'est-ce qui empêche un homme d'imposer un acte conjugal à sa femme au nom du 'bien supérieur' de la procréation, en invoquant un état de nécessité conjugale ?
L'acte s'il est compris comme l'acte conjugal n'est pas mauvais en soi.
La nécessité d'avoir des enfants...

Mais un viol reste un viol. Et, il faut comprendre l'acte conjugal en l'absence de consentement.

L'acte matériel n'existe pas, on doit forcément tenir compte de sa dimension morale pour qualifier sa nature.

Dans le cas présent, c'est consacrer des évêques contre la volonté du pape. Sinon aucun acte n'est matériellement mauvais si on le réduit à sa réalité matériel. Par ailleurs, consacrer un évêque est-il un acte avec une simple dimension matérielle ? je ne pense pas la consécration est un acte matériel et moral, on ne peut pas le réduire juste a son aspect matériel.
On peut continuer le développement par le pêché d'omission : si vous oubliez la dimension morale dans l'acte matériel, il n'existe pas.

Pour moi,

La matière : consécration sans mandat
Intention : Combler un état de nécessité - faire le bien
Circonstance : crise de l'Eglise

Pour être plus précis dans le CEC, il parle d'objet pas d'acte :
1750 La moralité des actes humains dépend :

– de l’objet choisi ;

– de la fin visée ou l’intention ;

– des circonstances de l’action.

L’objet, l’intention et les circonstances forment les " sources ", ou éléments constitutifs, de la moralité des actes humains.

1751 L’objet choisi est un bien vers lequel se porte délibérément la volonté. Il est la matière d’un acte humain. L’objet choisi spécifie moralement l’acte du vouloir, selon que la raison le reconnaît et le juge conforme ou non au bien véritable. Les règles objectives de la moralité énoncent l’ordre rationnel du bien et du mal, attesté par la conscience.
Si on suit votre raisonnement, la personne qui subit un viol le commet autant que la personne qui le fait.

--

Sur le sujet on peut rappeler la somme théologique de STA :
2. L’objet n’est pas la matière dont l’action est faite, mais la matière que l’action concerne ; et cet
objet a, d’une certaine façon, raison de forme, en ce qu’il détermine l’espèce de l’acte.

Source: http://palimpsestes.fr/textes_philo/tho ... /somme.pdf - page 829
Un objet a une forme et une matière.

Sur le sujet conférence intéressante du collège de france : https://www.youtube.com/watch?v=A1T9aVLVidE - pour mieux comprendre la forme.

Re: Consécrations épiscopales du 1er juillet : inquiétudes et dilemmes de conscience

par mikesss » Hier, 7:26

patatedouce a écrit : mar. 19 mai 2026, 16:56
Sur le second point, je pense que les prêtres sont plus scrupuleux avec leur fidèle qu'avec eux même. On reste dans la casuistique et le laxisme. J'ai pas tiré sur quelqu'un, j'ai juste appuyé sur la gachette. Je n'ai pas cassé l'ordinateur, je l'ai simplement lâché en hauteur. Je n'ai pas fais un accident, j'appuyais juste sur la pédale. #FSSPXfact
Oui, on est dans la casuistique, dans l'application des règles morales; mais ça n'a rien de péjoratif. Vous utilisez l'appel au ridicule pour décrédibiliser leurs arguments en les caricaturant; il n'a jamais été question de retirer à un acte tout ce qui l'entoure (les circonstances et l'intention de son auteur) pour savoir si l'acte est bon ou mauvais; pour qu'un acte soit bon, il faut que ces trois éléments soient en accord avec la loi morale et divine. Mais vous englobez ces trois choses en une seule; vous semblez croire que l'acte en lui-même se confond avec les circonstances, or ce n'est pas le cas.
patatedouce a écrit : mar. 19 mai 2026, 16:56 Vous décrivez l’acte de manière trop abstraite : « une consécration épiscopale ». Mais l’acte concret en cause n’est pas seulement une consécration ; c’est une consécration épiscopale sans mandat pontifical, contre la discipline de l’Église, et dans un contexte de tension durable avec Rome.
Or l’objet moral et ecclésial d’un acte ne se réduit pas à son geste matériel. Sinon on peut toujours neutraliser la faute en décrivant l’acte de façon partielle : ce n’est pas une désobéissance, c’est seulement un sacre ; ce n’est pas une rupture d’unité, c’est seulement un acte sacramentel. C’est précisément cette abstraction qui me paraît casuistique.

En fait, la FSSPX est exactement comme smerdiakov : par ses raisonnements elle va tuer le père (à méditer).
Non, justement, l'absence de mandat pontifical ne fait pas partie de l'acte en lui-même, mais des circonstances de l'acte. je vous rappelle que l'article du droit canon cité précisait que l'acte ne devait pas être mauvais en lui-même. un acte mauvais en lui-même l'est indépendamment des circonstances ou de la volonté de son auteur. et il ne s'agit pas là de définir la moralité de l'acte, mais savoir si l'article du droit canon s'applique. la question de la moralité est une autre question. la FSSPX n'a pas dit que leur acte était bon car l'action de sacré n'est pas intrinsèquement mauvaise, mais ils ont dit que des sanctions canoniques ne pouvaient pas avoir de valeur du fait du droit canon car les consécrations n'étaient pas un acte intrinsèquement mauvais.

Re: Consécrations épiscopales du 1er juillet : inquiétudes et dilemmes de conscience

par patatedouce » mar. 19 mai 2026, 16:56

mikesss a écrit : mar. 19 mai 2026, 16:44
patatedouce a écrit : mar. 19 mai 2026, 16:33
Il dit aussi que l'on ne peut pas, lors d'un sacrement, séparer le pouvoir de l'ordre et le pouvoir judiciaire.
J’ai vraiment l’impression qu’on ne lit vraiment pas la meme chose.... il parle juste dans le premier paragraphe que vous citez, de la juridiction, pas de l'ordre.
Quant au deuxième paragraphe, il faudrait savoir pourquoi il doute de leur validité...
patatedouce a écrit : mar. 19 mai 2026, 16:33
Sur cette partie là, vous me semblez bien ramer.

tant que les actes qu’il pose ne sont pas mauvais en soi, = rupture d'unité
Alors vous confondez l’acte posé avec ses éventuelles conséquence. L’acte pose est une consécration épiscopale, qui n'a rien de mauvais en soi.
Sur le premier point, je pense que je fais fausse route.

Sur le second point, je pense que les prêtres sont plus scrupuleux avec leur fidèle qu'avec eux même. On reste dans la casuistique et le laxisme. J'ai pas tiré sur quelqu'un, j'ai juste appuyé sur la gachette. Je n'ai pas cassé l'ordinateur, je l'ai simplement lâché en hauteur. Je n'ai pas fais un accident, j'appuyais juste sur la pédale. #FSSPXfact

Vous décrivez l’acte de manière trop abstraite : « une consécration épiscopale ». Mais l’acte concret en cause n’est pas seulement une consécration ; c’est une consécration épiscopale sans mandat pontifical, contre la discipline de l’Église, et dans un contexte de tension durable avec Rome.
Or l’objet moral et ecclésial d’un acte ne se réduit pas à son geste matériel. Sinon on peut toujours neutraliser la faute en décrivant l’acte de façon partielle : ce n’est pas une désobéissance, c’est seulement un sacre ; ce n’est pas une rupture d’unité, c’est seulement un acte sacramentel. C’est précisément cette abstraction qui me paraît casuistique.

En fait, la FSSPX est exactement comme smerdiakov : par ses raisonnements elle va tuer le père (à méditer).

Re: Consécrations épiscopales du 1er juillet : inquiétudes et dilemmes de conscience

par mikesss » mar. 19 mai 2026, 16:44

patatedouce a écrit : mar. 19 mai 2026, 16:33
Il dit aussi que l'on ne peut pas, lors d'un sacrement, séparer le pouvoir de l'ordre et le pouvoir judiciaire.
J’ai vraiment l’impression qu’on ne lit vraiment pas la meme chose.... il parle juste dans le premier paragraphe que vous citez, de la juridiction, pas de l'ordre.
Quant au deuxième paragraphe, il faudrait savoir pourquoi il doute de leur validité...
patatedouce a écrit : mar. 19 mai 2026, 16:33
Sur cette partie là, vous me semblez bien ramer.

tant que les actes qu’il pose ne sont pas mauvais en soi, = rupture d'unité
Alors vous confondez l’acte posé avec ses éventuelles conséquence. L’acte pose est une consécration épiscopale, qui n'a rien de mauvais en soi.

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