par Frère Jean » lun. 09 mars 2026, 8:56
@ Anna 2003 Oui, des icônes du Christ et de la Vierge Marie donnent une représentation méditerranéenne, mais elles reflètent l'idée que l'on se faisait des Hébreux à une époque donnée et dans un pays donné. Des peintres comme Sandro Botticelli, Le Titien ou Georges de La Tour ont représenté la Vierge ou Marie-Madeleine avec une chevelure rousse, tout comme saint Jean l'Évangéliste chez El Greco. Contrairement à toutes ces représentations diverses, j'ai cherché à m'appuyer sur les études scientifiques, l'histoire et les descriptions connues des peuples antiques. Celles-ci nous révèlent la diversité des physionomies et des peuples du Levant antique, ainsi qu'un brassage continu durant des siècles et des siècles. Qui peut croire à une physionomie unique ?
@utilisateur999 Merci pour l'encouragement.

Pour moi, l'apparence du Christ n'a aucune importance. J'ai voulu dénoncer l'idée reçue selon laquelle les Hébreux de l'Antiquité auraient été tous bruns aux yeux foncés, et que le Christ devait forcément l'être lui aussi — idée aussi fausse que l'ancien stéréotype des Juifs roux. (William Shakespeare ou Charles Dickens représentaient leurs personnages juifs avec des cheveux roux, et en Espagne ou en Italie, les personnes rousses étaient identifiées comme juives. Réf. (37)(38)(39)(40).) Le Levant romain était une mosaïque ethnique, et l'histoire complexe du peuple hébreu montre qu'il s'était métissé au fil des siècles — ce que confirment également les analyses génétiques. Leur apparence devait donc être diverse, à l'image des peuples qu'ils ont côtoyés, qui les ont envahis, etc.
Est ce qu'un Christ aux yeux bleus ou roux bouleverserait le christianisme ? Non, pas plus que David et Ésaü, qui étaient pourtant blonds ou roux, ne l'ébranlent. Cela remettrait en question uniquement certaines représentations cinématographiques actuelles…
@ Anna 2003 Pour Isaïe 53,2, tu cites l’interprétation de GotQuestions.org, qui isole ce verset du reste du texte.

Isaïe 53 décrit, pour nous chrétiens, la douloureuse Passion du Christ. Pour moi, simple catholique, je vois dans Isaïe 53,2 la description d’un Christ humble et pauvre, sans les habits fastueux d’un roi, et je rattache la fin de ce verset à l’ensemble d’Isaïe 53, qui présente « l’Homme de douleurs », flagellé, frappé, humilié et devenu méconnaissable, n’a plus « ni beauté ni splendeur pour attirer nos regards, et son l’aspect n’avait rien pour nous plaire ».
Par ailleurs, il existe de nombreuses traductions et interprétations différentes d’Isaïe 53. Pourquoi se limiter à la seule interprétation des protestants évangéliques de GotQuestions.org ?

On peut aussi écouter, par exemple, l’analyse de la théologienne catholique Marie-Noëlle Thabut,

qui commente régulièrement les textes bibliques sur KTO et Radio Notre Dame, et qui propose une lecture contextualisée d’Isaïe 53:
« Essayons d'abord de lire ce texte sans penser tout de suite à Jésus-Christ : le prophète Isaïe qui écrit au sixième siècle av. J.C. parle d'abord pour ses contemporains ; bien sûr, par la suite, on relit et on médite ses écrits et on y découvre de nouveaux sens, de nouvelles applications ; mais il y a un message adressé à ses contemporains pour leur vie présente ; s'il n'y en avait pas, qui l'écouterait ? Un prédicateur qui, aujourd'hui, nous parlerait pour l'an 3000 n'aurait guère d'auditeurs ! Il faut donc chercher ce qu'Isaïe voulait dire à ses contemporains, en quoi son message pouvait les stimuler. (...) »
La seule chose évidente dans les quelques lignes que nous lisons ici, c'est qu'on est dans un contexte de persécution : un « Serviteur » est « broyé par la souffrance » ; puisque ce passage est inséré dans le livre du deuxième Isaïe (c'est-à-dire les chapitres 40 à 55 d'Isaïe), on peut penser qu'il s'agit de l'Exil à Babylone. La souffrance est là pour ce peuple qui a tout perdu et qui peut aller jusqu'à se sentir abandonné de Dieu. Alors le prophète vient redonner des raisons de vivre et d'espérer, des raisons de tenir le coup, malgré tout. Il vient dire : votre souffrance n'est pas inutile, elle a un sens, vous pouvez lui donner un sens. (…) » (tout son commentaire est intéressant); (Les exegèses de Marie Noele Thabut, 29e dimanche du temps ordinaire, Année B )
https://www.paroissesaintmaxime.org/com ... 0-2012.pdf
Marie-Noëlle Thabut est une bibliste qui a étudié la théologie et l'hébreu biblique, publiant de nombreux ouvrages (L'intelligence des écritures).
[b]@ Anna 2003[/b] Oui, des icônes du Christ et de la Vierge Marie donnent une représentation méditerranéenne, mais elles reflètent l'idée que l'on se faisait des Hébreux à une époque donnée et dans un pays donné. Des peintres comme Sandro Botticelli, Le Titien ou Georges de La Tour ont représenté la Vierge ou Marie-Madeleine avec une chevelure rousse, tout comme saint Jean l'Évangéliste chez El Greco. Contrairement à toutes ces représentations diverses, j'ai cherché à m'appuyer sur les études scientifiques, l'histoire et les descriptions connues des peuples antiques. Celles-ci nous révèlent la diversité des physionomies et des peuples du Levant antique, ainsi qu'un brassage continu durant des siècles et des siècles. Qui peut croire à une physionomie unique ?
[b]@utilisateur999[/b] Merci pour l'encouragement. :) Pour moi, l'apparence du Christ n'a aucune importance. J'ai voulu dénoncer l'idée reçue selon laquelle les Hébreux de l'Antiquité auraient été tous bruns aux yeux foncés, et que le Christ devait forcément l'être lui aussi — idée aussi fausse que l'ancien stéréotype des Juifs roux. (William Shakespeare ou Charles Dickens représentaient leurs personnages juifs avec des cheveux roux, et en Espagne ou en Italie, les personnes rousses étaient identifiées comme juives. Réf. (37)(38)(39)(40).) Le Levant romain était une mosaïque ethnique, et l'histoire complexe du peuple hébreu montre qu'il s'était métissé au fil des siècles — ce que confirment également les analyses génétiques. Leur apparence devait donc être diverse, à l'image des peuples qu'ils ont côtoyés, qui les ont envahis, etc.
Est ce qu'un Christ aux yeux bleus ou roux bouleverserait le christianisme ? Non, pas plus que David et Ésaü, qui étaient pourtant blonds ou roux, ne l'ébranlent. Cela remettrait en question uniquement certaines représentations cinématographiques actuelles… ;)
[b]@ Anna 2003[/b] Pour Isaïe 53,2, tu cites l’interprétation de GotQuestions.org, qui isole ce verset du reste du texte. ;) Isaïe 53 décrit, pour nous chrétiens, la douloureuse Passion du Christ. Pour moi, simple catholique, je vois dans Isaïe 53,2 la description d’un Christ humble et pauvre, sans les habits fastueux d’un roi, et je rattache la fin de ce verset à l’ensemble d’Isaïe 53, qui présente « l’Homme de douleurs », flagellé, frappé, humilié et devenu méconnaissable, n’a plus « ni beauté ni splendeur pour attirer nos regards, et son l’aspect n’avait rien pour nous plaire ».
Par ailleurs, il existe de nombreuses traductions et interprétations différentes d’Isaïe 53. Pourquoi se limiter à la seule interprétation des protestants évangéliques de GotQuestions.org ? ;)
On peut aussi écouter, par exemple, l’analyse de la théologienne catholique Marie-Noëlle Thabut, :oui: qui commente régulièrement les textes bibliques sur KTO et Radio Notre Dame, et qui propose une lecture contextualisée d’Isaïe 53:
« Essayons d'abord de lire ce texte sans penser tout de suite à Jésus-Christ : le prophète Isaïe qui écrit au sixième siècle av. J.C. parle d'abord pour ses contemporains ; bien sûr, par la suite, on relit et on médite ses écrits et on y découvre de nouveaux sens, de nouvelles applications ; mais il y a un message adressé à ses contemporains pour leur vie présente ; s'il n'y en avait pas, qui l'écouterait ? Un prédicateur qui, aujourd'hui, nous parlerait pour l'an 3000 n'aurait guère d'auditeurs ! Il faut donc chercher ce qu'Isaïe voulait dire à ses contemporains, en quoi son message pouvait les stimuler. (...) »
La seule chose évidente dans les quelques lignes que nous lisons ici, c'est qu'on est dans un contexte de persécution : un « Serviteur » est « broyé par la souffrance » ; puisque ce passage est inséré dans le livre du deuxième Isaïe (c'est-à-dire les chapitres 40 à 55 d'Isaïe), on peut penser qu'il s'agit de l'Exil à Babylone. La souffrance est là pour ce peuple qui a tout perdu et qui peut aller jusqu'à se sentir abandonné de Dieu. Alors le prophète vient redonner des raisons de vivre et d'espérer, des raisons de tenir le coup, malgré tout. Il vient dire : votre souffrance n'est pas inutile, elle a un sens, vous pouvez lui donner un sens. (…) » (tout son commentaire est intéressant); (Les exegèses de Marie Noele Thabut, 29e dimanche du temps ordinaire, Année B )
https://www.paroissesaintmaxime.org/commentairesPourSite/21-10-2012.pdf
Marie-Noëlle Thabut est une bibliste qui a étudié la théologie et l'hébreu biblique, publiant de nombreux ouvrages (L'intelligence des écritures).