Devoir implique pouvoir ?

Règles du forum
Forum de discussions entre chrétiens sur les questions morales et éthiques. Certaines discussions de ce forum peuvent heurter la sensibilité des jeunes lecteurs.

Répondre


Cette question vous permet de vous prémunir contre les soumissions automatisées et intensives effectuées par des robots indésirables.
Émoticônes
:?: :!: :arrow: :nule: :coeur: :) ;) :( :mal: :D :-D :oops: :cool: :/ :oui: :> :diable: <: :s :hypocrite: :p :amoureux: :clown: :rire: :-[ :sonne: :ciao: :zut: :siffle: :saint: :roule: :incertain: :clap: :fleur: :-@ :non: :cry: :bomb: :exclamation: :dormir: :wow: :boxe: :furieux: :toast: :dance: :flash:
Plus d’émoticônes

Le BBCode est activé
La balise [img] est activée
La balise [url] est activée
Les émoticônes sont activées

Relecture du sujet
   

Agrandir Relecture du sujet : Devoir implique pouvoir ?

Re: Devoir implique pouvoir ?

par cmoi » mer. 16 juil. 2025, 6:07

Didyme a écrit : mar. 15 juil. 2025, 12:24 Je pense tout de même qu'il est certainement plus propice de tendre à la sainteté selon l'environnement. Cela est certainement plus accessible aux reclus par exemple qu'à ceux pris dans le rythme du monde.
Je pense que vous n'avez pas voulu dire propice (ce ne serait qu'une question d'adaptation) mais favorable.
Sans quoi, je pense que c'est un cliché pour ne pas se donner les moyens. tout travailleur peut ainsi devenir un reclus 2 jours par semaine !
Ce qui est vrai, c'est que certaines conditions de vie ne favorisent pas de la lisibilité. Mais il est toujours possible de se donner quelques jours dans l'année pour se recentrer.
La loi en France prévoit WE et jours de congés et RTT ! Et il y a aussi une réglementation sur les horaires. Tout cela laisse beaucoup de liberté pour ce qui nous concerne.
Après, il y a les personnes engagées dans une mauvaise relation, et je ne parle pas des mariages forcés, rapts avec séquestration (qui peut se faire par chantage...) etc. Ceux qui se plaignent ne sont pas souvent ceux qui connaissent de vraies situations extrêmes, ceux-là se battent (on parle ici d'un combat spirituel, mais qui engage toute la vie) et souvent réussissent mieux, même si ce n'est pas apparent !

Pour en revenir sur la lisibilité, pour ceux que vous appelez les reclus, il y a "la nuit de la foi" qui vaut bien la même difficulté.
C'est donc une question de foi et à chacun de trouver dans sa vie ce qu'il faut changer pour s'aider.

C'est d'ailleurs une vérité de foi qu'il n'existe aucune situation qui empêche de devenir saint.

Re: Devoir implique pouvoir ?

par Didyme » mar. 15 juil. 2025, 12:26

Fernand Poisson a écrit : dim. 13 juil. 2025, 8:03Didyme,

J'ai l'impression que vous me répondez deux choses.
1) La responsabilité morale n'implique pas que l'on ait pu agir autrement mais seulement que nous soyons à l'origine de l'acte (dans les termes de la philosophie contemporaine, c'est lecture "compatibiliste" plutôt que "libertarienne" de la responsabilité).
Probablement.

Fernand Poisson a écrit :2) Au fond, il ne faut pas donner aux termes "péché", "jugement", "condamnation", le sens qu'on leur attribue ordinairement.
Certainement peuvent-ils prendre le sens classique dans une première approche pédagogique.
Mais je pense qu'on peut leur découvrir un sens plus spirituel, plus en accord avec "l'être-même de Dieu est amour".

Fernand Poisson a écrit :Dieu permet que l'homme pèche pour que celui-ci puisse sentir sa misère et comprendre qu'il a besoin de Dieu. Le péché serait alors nécessaire au salut (!).
Il aurait été préférable que l'homme ne pèche pas mais étant donné sa condition il paraissait inéluctable que par lui-même l'homme pèche.
Ce n'est pas que le péché soit nécessaire au salut mais c'est qu'il me paraît inéluctable. Ce n'est pas le péché qui peut permettre d'apprendre des choses mais c'est la grâce de Dieu qui éclaire nos chutes, qui fait d'un mal un bien. Le péché en lui-même n'est que ténèbres et n'éclaire/n'enseigne rien du tout.

Ce n'est pas l'homme qui à travers son cheminement ou ses chutes peut par lui-même et de lui-même atteindre au divin. Par nous-mêmes, nous ne sommes que dans les ténèbres. C'est Dieu qui par sa grâce nous éclaire et nous guide. Dieu qui nous attire à Lui.

Fernand Poisson a écrit :La vie sur Terre ne serait pas le lieu d'une mise à l'épreuve de notre liberté (si on donne à ses termes leur sens ordinaire) mais une école où nous nous préparons à la vision béatifique.
Il est certain que la vie sur Terre vise la conversion, vise le salut (ne dit-on pas de la Bible qu'elle est l'histoire du salut). Et l'expérience, l'apprentissage y joue sans nul doute un rôle.

Après, ce qu'on nous demande surtout ici-bas c'est d'aimer et de servir.

Re: Devoir implique pouvoir ?

par Didyme » mar. 15 juil. 2025, 12:24

Je pense tout de même qu'il est certainement plus propice de tendre à la sainteté selon l'environnement. Cela est certainement plus accessible aux reclus par exemple qu'à ceux pris dans le rythme du monde.

Re: Devoir implique pouvoir ?

par cmoi » mar. 15 juil. 2025, 1:52

Fernand Poisson a écrit : lun. 14 juil. 2025, 9:03
Concernant le propos de Prodigal, il me semble que son intervention depuis l’a fort clarifié.
Concernant le mien, je le maintiens. Beaucoup estiment que Saint Joseph n’aurait jamais péché, et pourquoi pas d’autres saints.
Cela suppose peut-être un appel particulier, mais nous concernant tous, cela ne remet pas en cause un appel similaire à compter du moment où nous aurons pris conscience de cette possibilité.
[+] Texte masqué
L’anecdote avec le curé d’Ars qui fut effrayé de voir son âme comme Jésus la voyait (il l’avait demandé), me donne à penser qu’avec humour Jésus « ne lui a pas fait de cadeau » et que la moindre peccadille a pu prendre des proportions inattendues : n’est pas Dieu qui veut !
Car sans quoi, et j’en peux témoigner pour en avoir entrevu un éclat à l’occasion d’une rencontre œcuménique charismatique, le regard que porte Jésus sur nous et nos tribulations, sous une apparence si simple et banale, relève d’un amour si délicat et d’une si réjouissante douceur et profondeur !
Pensez à la façon dont il permet à Pierre, dans le dernier chapitre de Saint Jean, de se savoir pardonné !
Certaines phrases très courtes peuvent nous nourrir pendant des années !
Comme le dit une chanson « aujourd’hui est le premier jour du reste de ta vie, le plus essentiel ».
La philosophie du Reiki aussi insiste à raison sur cette démarche en insistant sur « aujourd’hui, rien qu’aujourd’hui, je… », comme quoi ce que nous voulons est accessible, concernant nos résolutions, il n’y a pas d’obstacle insurmontable - en « comprimant » ainsi ou réduisant le temps dans la pensée pour le mettre en avant et que l'épreuve nous paraisse simple, abordable, à notre portée.
De même il y a ce propos fameux concernant des alpinistes ayant réalisé un exploit : « s’ils avaient su que ce n’était pas possible, ils ne l’auraient jamais fait ».
Voilà pour rebondir sur la citation que je faisais de Luc (6 : 8).

A priori, une vie de foi authentique va vers une diminution progressive du nombre de péchés commis, et pourquoi pas leur extinction. A cela contribue le fait que comme je le signalais déjà, nous appelons encore « péché » des faiblesses qui strictement parlant, n’en sont pas. Il y a donc encore un combat, sans lequel la vie et l’amour de Dieu perdraient ici-bas de leur intérêt !
En principe, nous devrions « sortir » de chaque confession avec la ferme résolution de ne plus pécher jusqu’à notre mort et la conviction encore plus ferme que c’est possible.
Penser le contraire est à mes yeux rien de moins qu’une hérésie, et la pire qui soit au regard de notre salut.

Pensez-vous que l’eucharistie ne sert surtout qu’à éviter de tomber dans le péché mortel ? Je pense plutôt : à permettre cela !
Les prêtres qui communient tous les jours ne sont pas plus saints parce qu’ils sont prêtres, mais par ces communions fréquentes, à condition toutefois d’éviter la routine et cela vaut pour tous. Tous les saints ont fréquenté assidument l'eucharistie.
Au ciel, si hiérarchie il y aura, à mon avis ce ne sera pas celle d’ici-bas, elle sera fondée sur la sainteté…
Pour le dire autrement, je suis convaincu que tous les membres de ce forum et la plupart de ses visiteur savent très bien ce qu’il leur faut faire pour cela, ils n’ont pas besoin de « se renseigner » - même ceux qui le font ! Mais, question de motivation...

Certains fumeurs arrivent à s'arrêter, d'autres pas. Idem pour d'autres addictions. Alors arrêter de pécher ne devrait pas être plus dur, même si l'étendu du possible est plus vaste . Question de concentration et de relaxation, aussi.

La difficulté vient du fait qu'il faut s'y appliquer, et en même temps ne pas se focaliser sur l'enjeu, le résultat. Pour que cela "marche" et éviter le risque d'orgueil (mais ce n'est pas de la prétention d' y croire, cf. le risque d'hérésie, et de se trouver dans le mouvement ne rend plus nécessaire de se stimuler à cette fin, cela devient "du" concret ) la réussite doit se faire à notre insu.
Petit à petit, nos chutes changent de registre, le fait de se rétablir prend plus d'importance, et ce qui permet cela c'est une certaine façon de vivre l'état dit de contrition parfaite et qui est indispensable.
Il n'y en a pas qu'un, il s'y trouve plusieurs degrés d'intensité, et c'est en vivant cette progression que l'on se défait de la focalisation dont je parlais et qui est nuisible. La durée de "rémission" devient peu à peu de plus en plus longue...
Pour commencer, il faut éviter les occasions de péché et ne pas se mentir à soi-même : c'est nous avec notre ego qui sommes parfois cette" occasion". Et compter sur le secours de la grâce quand cela n'est matériellement pas possible. C'est un "travail à deux" au cours duquel la présence de l'Autre, hôte invisible, devient évidente. Il n'y a pas d'entraînement plus revigorant et réjouissant.

Re: Devoir implique pouvoir ?

par Fée Violine » lun. 14 juil. 2025, 13:31

Si nous ne faisions jamais aucun petit péché, nous deviendrions orgueilleux et ça c'est bien plus grave.

Re: Devoir implique pouvoir ?

par Fernand Poisson » lun. 14 juil. 2025, 9:58

Merci prodigal, c'est très clair.
Il s'agit donc d'une impossibilité de fait (car ne pas pécher du tout est extrêmement difficile même avec le secours de la grâce, en raison de la multiplicité des occasions) mais non d'une impossibilité de droit.
Cela résout le problème.
prodigal a écrit : lun. 14 juil. 2025, 9:22 N'est-ce pas d'ailleurs la même chose que ce que vous pensez?
Ma question était sérieuse. :D
Je voyais cette solution possible mais je me demandais si c'était la bonne ou si lorsqu'on dit que même le saint pèche sept fois par jour (ou autre phrase semblable), cela sous-entend une impossibilité de droit de ne jamais pécher. Donc pour vous, ce n'est pas le cas.

Re: Devoir implique pouvoir ?

par prodigal » lun. 14 juil. 2025, 9:22

Fernand Poisson a écrit : lun. 14 juil. 2025, 9:03 Ce que dit Prodigal me semble être la seule manière de réconcilier les deux propositions. Mais où est la logique ? Si chaque péché est évitable en particulier, il devrait logiquement s'ensuivre qu'il est possible de ne jamais pécher. À l'inverse, s'il n'est pas possible de ne jamais pécher, il s'ensuit que certains péchés en particulier ne sont pas évitables.
Comment comprendre ?
Je crois que vous donnez vous-même la réponse. Il convient de distinguer ce qui est logiquement possible de ce qui est réellement possible. Un événement ayant une chance sur 10 puissance 46000000000 (par exemple) est logiquement possible, mais ne se produira pas, et on peut le négliger.
Est logiquement possible tout ce qui n'enferme aucune contradiction. Est réellement possible ce qui peut se produire. Un homme qui ne pècherait jamais est logiquement possible, car "pécheur" ne fait pas partie de la définition de l'homme. C'est pourquoi il n'y a pas d'absurdité logique à affirmer l'impeccabilité du Christ.
Conséquences pratiques, qui sont ce qui importe :
- tous les hommes à l'exception du Christ sont pécheurs
- Dieu ne saurait nous punir d'être pécheurs, mais seulement de demeurer dans l'impénitence après avoir péché
- la miséricorde divine est donc juste
- l'idée d'un homme qui ne pèche jamais étant logiquement possible , bien que réellement impossible, elle peut (et même doit) servir à orienter notre action, et nous devons nous efforcer de lui ressembler le plus possible, tout en sachant pourtant que nous ne parviendrons jamais à la perfection. Croire le contraire (se croire parfait) serait d'ailleurs pécher par orgueil.
N'est-ce pas d'ailleurs la même chose que ce que vous pensez?

Re: Devoir implique pouvoir ?

par Fernand Poisson » lun. 14 juil. 2025, 9:03

Bonjour cmoi,

Si je comprends bien, votre position est qu'il est donc possible de ne jamais pécher. Mais si tel est le cas comment expliquer la phrase de saint Augustin que j'ai cité plus haut ? (cité dans le catéchisme au numéro 1863)
L’homme ne peut, tant qu’il est dans la chair, éviter tout péché, du moins les péchés légers.
En sens contraire, la première proposition du formulaire de Jansénius, condamnée par Clément VII (source wikipédia) :
Quelques commandements de Dieu sont impossibles aux hommes justes, lors même qu'ils veulent et qu'ils s'efforcent, selon les forces qu'ils ont dans l'état où ils se trouvent ; et la grâce qui les doit rendre possibles leur manque. = proposition téméraire, impie, blasphématoire.
Autrement dit, il est FAUX et janséniste de dire que nous ne pouvons pas éviter certains péchés.

Ce que dit Prodigal me semble être la seule manière de réconcilier les deux propositions. Mais où est la logique ? Si chaque péché est évitable en particulier, il devrait logiquement s'ensuivre qu'il est possible de ne jamais pécher. À l'inverse, s'il n'est pas possible de ne jamais pécher, il s'ensuit que certains péchés en particulier ne sont pas évitables.
Comment comprendre ?

Re: Devoir implique pouvoir ?

par cmoi » lun. 14 juil. 2025, 6:28

Fernand Poisson a écrit : dim. 13 juil. 2025, 8:03 Si chaque péché en particulier peut être évité cela implique logiquement qu'il est possible de ne jamais pécher.
C'est tout à fait exact et c'est pourquoi j'expliquais en creux dans mon intervention précédente qu'à mon avis c'est une question de motivation.
Si vraiment nous donnions à Dieu la première place... !
Contrairement à un préjugé tenace, cela n'a rien de difficile et c'est le fer de lance.
Cela ne nous fait pas vivre "à l'ouest" ou hors du monde, cela ne rend pas plus difficile le sens des réalités, n'y a-t-il pas pour répondre aux objections ce qui s'appelle "le devoir d'état" et qui n'oblige pas du coup ni n'a pour rôle de nous fournir une excuse pour s'enfoncer dans les soucis et oublier la transcendance.
Si un amoureux qui se met à penser sans cesse à l'objet de sa flamme peut très bien y parvenir sans "absences", pourquoi pas un "passionné de Dieu"? (Ne sommes-nous pas trop des blasés, des "assistés", à cause des technologies, du confort, de l'argent, des aides d'état ou autres, etc.)
En plus cela donne la pèche, la banane, la ce que vous voulez (l'espérance !) et permet de dépasser bien des offenses et tribulations, persécutions, etc.
Du matin jusqu'au soir, chanter la grandeur de Dieu dans tout ce qui se présente, n'a rien d'une illusion ni d 'un illuminisme, pourvu de l'enraciner dans une foi solide et qui ne doit pas rester statique.
La Bible est un terrain d'étude et à la fois de dépaysement et d'approfondissement du présent absolument unique et avant de se sentir en avoir atteint les limites il y a de quoi y passer pas mal de temps, autant que ces limites peuvent ensuite être reculées, et sans compter l'apostolat pour "poursuivre" ce cheminement. Car la charité, les oeuvres de miséricorde notamment spirituelles, etc. cela sert aussi à cela, et nous apporte presque plus à nous-mêmes qu'aux autres.
Il faut juste se décentrer de soi et se centrer sur Dieu, et c'est d'un grand soulagement, cela apporte une grande liberté.

En ce temps de vacances, propice aux retraites spirituelles, c'est d'ailleurs un de leurs rôles, sinon le principal.
Nous n'avons certes pas de "pouvoir" sur bien des choses, mais pour ce qui est de devenir un saint, si, tout pouvoir, car la promesse de Dieu, de sa contribution, nous est acquise.
Le tout c'est d'en faire une priorité, et quelle plus belle motivation que l'amour (avec le pardon, qui n'a besoin que d'humilité pour "racler profond" et sans jouer sur les détails) qui ici ne rencontre aucune entrave mais peut y naître petitement au départ puisqu'il y grandira et s' y renouvellera, y apprendra tant, etc.

Re: Devoir implique pouvoir ?

par Fernand Poisson » dim. 13 juil. 2025, 8:03

Bonjour à tous et merci de vos contributions. Je ne suis pas sûr de pouvoir continuer à répondre à tous mais je vais essayer.

Didyme,

J'ai l'impression que vous me répondez deux choses.
1) La responsabilité morale n'implique pas que l'on ait pu agir autrement mais seulement que nous soyons à l'origine de l'acte (dans les termes de la philosophie contemporaine, c'est lecture "compatibiliste" plutôt que "libertarienne" de la responsabilité).
2) Au fond, il ne faut pas donner aux termes "péché", "jugement", "condamnation", le sens qu'on leur attribue ordinairement. Dieu permet que l'homme pèche pour que celui-ci puisse sentir sa misère et comprendre qu'il a besoin de Dieu. Le péché serait alors nécessaire au salut (!). La vie sur Terre ne serait pas le lieu d'une mise à l'épreuve de notre liberté (si on donne à ses termes leur sens ordinaire) mais une école où nous nous préparons à la vision béatifique.

Le point 1 me semble pertinent et intéressant, le point 2 en revanche se rapproche dangereusement à mes yeux (pardon) d'une forme de gnose. Est-ce bien ce que vous voulez dire et est-ce bien compatible avec la doctrine catholique ?

Cmoi,

Effectivement il y a cette phrase du Christ et on peut voir derrière ma question l'enjeu dont vous parlez. Mais je précise que je ne remets pas du tout en cause la nécessité de tendre à la perfection tout en sachant que c'est impossible, et de ne pas se contenter d'éviter le péché grave. Je m'interroge simplement sur les notions de péché et de culpabilité s'agissant d'actes que l'on ne peut de toute façon pas éviter.

Prodigal,

Je suis désolé de vous conduire à vous répéter mais je vous ai déjà signalé pourquoi cette réponse ne me semblait pas satisfaisante. Si chaque péché en particulier peut être évité cela implique logiquement qu'il est possible de ne jamais pécher. Le tout dépend des parties. Ou alors il faut m'expliquer comment cela fonctionne.

Encore merci à chacun pour vos réponses.

Bon dimanche,
FP

Re: Devoir implique pouvoir ?

par prodigal » sam. 12 juil. 2025, 9:02

Fernand Poisson a écrit : ven. 11 juil. 2025, 21:22 Non car ce que je ne comprends pas, c'est que dans le cas de ces péchés véniels que l'on ne peut de toute façon pas éviter, il y ait qqch à pardonner ! Comment qqch qu'il n'est pas en notre pouvoir d'éviter peut-il être une faute ?
Mais justement, ce que vous dites est plein de bon sens. Ce que nous ne pouvons pas éviter n'est pas de notre faute.
Or, chaque péché commis est tel que l'on aurait pu éviter de le commettre. Ce qui dépasse notre pouvoir, c'est de ne commettre jamais aucun péché. Autrement dit, l'homme est pécheur. Mais Dieu ne veut pas la mort du pécheur. C'est pourquoi sa miséricorde est juste, et il sera beaucoup pardonné à ceux qui ont beaucoup aimé, la pénitence étant un signe de cet amour.

Re: Devoir implique pouvoir ?

par cmoi » sam. 12 juil. 2025, 6:24

Didyme a écrit : ven. 11 juil. 2025, 21:30 Après, on peut voir les conséquences du péché originel dans ces péchés inévitables. Mais si on est tenté de rejeter toute la responsabilité sur le péché originel, ce serait alors oublier l'unité et la solidarité profonde du genre humain.
D'ailleurs, si on subit les conséquences du péché originel cela témoigne de notre lien/identité/unité profonde du genre humain et que nous sommes donc directement concernés par ce péché. Et c'est plus personnel mais je dirais que selon la loi de cette unité, nous sommes directement concernés par le péché de tout un chacun comme tout un chacun est concerné par mes péchés (mais encore une fois, c'est une intuition personnelle).
« Quant à vous, soyez par conséquent parfaits comme votre Père dans les Cieux est parfait ! » Mathieu (5 : 48)
Pour que Dieu nous aide à y parvenir, il faut bien d’abord qu’il nous pardonne de ne pas y être parvenu. C’est compréhensible si nous oublions la question du degré du péché et les distinctions faites par les théologiens.
De fait, le dilemme si bien exposé au début du fil est celui de tout croyant, et c’est la foi (+espérance et charité) qui donne l’énergie nécessaire pour y parvenir. La foi (avec ses œuvres !) est à l’opposé du péché.
Ainsi, si tout croyant connaît le même dilemme, chacun ne pose pas la frontière au même niveau que Dieu l’a posée.
A l’extrême opposé, il y a ceux qui la posent entre péché mortel et véniel. Ils n’évitent que le premier (la faute aux théologiens) mais se croient ainsi assurés d’aller au Ciel sans trop perdre les plaisirs d’ici-bas. C’est une résolution de départ en somme, serait-elle plus ou moins dissimulée.
D’autres la mettent entre péché capital et factuel, donc avant le péché véniel, et croient ainsi viser la perfection. Je doute que ce soit celle à laquelle Dieu nous appelle et pour répondre clairement, il est tout à fait possible de la respecter ! Mais c’est insuffisant sans une contrition parfaite…

En fait, chacun a une frontière différente selon la nature du péché. On pourrait imaginer un graphique, comme il en existe dans les cabinets de recrutement et les RH, représentant cela, à la suite d’un long questionnaire subtil.
A raison (Luc -6 : 8) : « les fils de ce siècle sont en effet plus sages que le sont les fils de la lumière, dans leur histoire. » Jésus nous a reproché de ne pas être aussi astucieux et industrieux, efficaces, pour notre vie surnaturelle que nous le sommes pour le reste dans notre travail. L’écart entre ce dont nous nous montrons capables dans la vie active, et ce qui se retrouve dans la vie de l’Eglise est phénoménal !
Là, ce que je reprochais aux théologiens tout à l’heure, en revanche pourrait servir. Mais il faudrait tenir compte aussi des vertus, des béatitudes, des œuvres de miséricorde, etc.

Il n’y a qu’à voir comment sont encore gérés les registres baptismaux dans le monde… A partir de ce graphique, il y aurait des méthodes pour s’améliorer (genre exercices de St Ignace, mais on ne peut pas dire qu’il y en ait pléthore !)

Car la volonté, la motivation, cela se travaille et doit aboutir concrètement ! Or aujourd’hui dans ce domaine nous sommes déjà collectivement plutôt des nuls…

L’avis unanime est de s’attaquer là où la frontière est la plus loin de celle de Dieu, de supprimer donc les arrêtes du graphique du mauvais côté, mais de développer celles du bon côté.
Je ne développerai pas plus, car ce n’est pas répondre à la question posée, mais à celle que je devine être derrière et lui donner son sens. Ce serait pourtant la seule façon de l’éclairer et de la résoudre, et de donner à un tel fil son intérêt et du sens, à condition que ce soit alors suivi d’action. Sans quoi, cela n’aura servi à rien.
Au lieu de motivation, et « d’y aller », nous nous contentons trop de bonnes intentions et c’est le danger d’un forum de nous y conforter, qui pourtant peut aussi être un merveilleux outil. Mais selon l’endroit où chacun aura mis sa (ou ses…) frontière…
Or pour ce qui compte, il faut précisément la déplacer toujours vers celle de Dieu, et pourvu d’y parvenir il importe peu alors de savoir si nous avons dépassé celle de ce que nos théologiens qualifient de péché véniel, une chute reste une chute même après et ceux qui l’ont dépassée appellent toujours cela « péché » non sans raison.

Re: Devoir implique pouvoir ?

par Didyme » ven. 11 juil. 2025, 21:33

Fernand Poisson a écrit : ven. 11 juil. 2025, 21:22 Non car ce que je ne comprends pas, c'est que dans le cas de ces péchés véniels que l'on ne peut de toute façon pas éviter, il y ait qqch à pardonner ! Comment qqch qu'il n'est pas en notre pouvoir d'éviter peut-il être une faute ?
J'ai parfois l'impression que pardon est d'une certaine façon synonyme ici de rétablissement.
Tout comme accomplir la justice peut être entendue dans le sens de rendre juste.

Re: Devoir implique pouvoir ?

par Didyme » ven. 11 juil. 2025, 21:30

Fernand Poisson a écrit : ven. 11 juil. 2025, 14:55 Pardon mais je ne suis pas sûr de bien comprendre. :-D
La réponse à la question posée serait qu'en fait Dieu ne nous juge pas ? Et à la question de savoir comment cela s'accorde avec la doctrine de l'Église, la sainte répond "c'est un mystère" ? C'est un peu léger !
Je pense que le jugement supérieur de Dieu est associé à la Passion. (D'ailleurs, la sainte parle de l'histoire exemplaire d'un seigneur et d'un serviteur, histoire que j'avais citée ici)
Le jugement de l'Église semble d'une certaine façon dissocié de la Passion, se penche sur notre condition actuelle, sans oublier l'aspect pédagogique.

Fernand Poisson a écrit :Le péché, même véniel, suppose la responsabilité. S'il n'y a pas responsabilité, il ne peut pas y avoir de péché. Mais s'il est impossible d'éviter les péchés véniels, comment peut-on être responsable du fait de ne pas les avoir évité ?
Ne pas pouvoir l'éviter par nous-même n'implique pas une absence de responsabilité.
Elle est certainement là la nuance, dans ce "par nous-même" qui à la fois explique notre chute inévitable et notre responsabilité. Car la sainteté est indissociable de l'union. La vie divine est communion, unité, amour.
Or, notre individualité et notre détournement sont à la fois cause de notre chute et de notre responsabilité.

Après, on peut voir les conséquences du péché originel dans ces péchés inévitables. Mais si on est tenté de rejeter toute la responsabilité sur le péché originel, ce serait alors oublier l'unité et la solidarité profonde du genre humain.
D'ailleurs, si on subit les conséquences du péché originel cela témoigne de notre lien/identité/unité profonde du genre humain et que nous sommes donc directement concernés par ce péché. Et c'est plus personnel mais je dirais que selon la loi de cette unité, nous sommes directement concernés par le péché de tout un chacun comme tout un chacun est concerné par mes péchés (mais encore une fois, c'est une intuition personnelle).

Il y a que même si on ne peut éviter de pécher, le fait est que l'on péche. Le péché en question c'est bien nous qui le commettons, ce qui dénote un problème chez nous.
Car s'il n'y a pas de responsabilité alors c'est qu'il n'y a pas de problème, rien à guérir, rien à sauver.
Et donc soit le péché n'est plus un péché, n'est plus un mal. Soit ce n'est pas nous qui commettons le péché que nous commettons (!?).
Et donc tout va bien, la Passion n'a pas d'utilité, le salut n'a pas de sens puisqu'il n'y a rien à sauver.
Or, si je suis responsabilisé de mon péché alors c'est que je prends conscience d'un problème chez moi et de mon besoin d'être sauvé.
Notre péché, bien que désolant, nous enseigne notre dépendance/lien à Dieu. Cela nous enseigne aussi la réalité, la vérité de l'individualisme en ses fruits et conséquences mortifères et ce qu'est véritablement la Vie en l'unité.

Re: Devoir implique pouvoir ?

par Fernand Poisson » ven. 11 juil. 2025, 21:22

Non car ce que je ne comprends pas, c'est que dans le cas de ces péchés véniels que l'on ne peut de toute façon pas éviter, il y ait qqch à pardonner ! Comment qqch qu'il n'est pas en notre pouvoir d'éviter peut-il être une faute ?

Haut