par Gaudens » ven. 28 mars 2025, 17:09
J’aimerais apporter quelques remarques aux divers avis de Zombie,Christian K et Perlim Pimpum.
D’abord quant au terme « religion ».Je suppose que le pape actuel quand il parlait de la capacité de « toutes » à mener mener au salut, pensait aux religions non chrétiennes, pas aux différentes confessions chrétiennes non catholiques.Pour ma part je m’efforce de ne jamais parler de religions différentes quand je parle d’orthodoxes ou de protestants mais bien de confessions ;nos confessions de foi diffèrent en effet ,parfois à peine,parfois nettement, quoique jamais pour l’essentiel.Mais malheureusement à l’intérieur du catholicisme même ,les différenecs ne sont-elles pas parfois plus grandes encore ? Et à cet égard,quand Perlim évoque la véritable haine régnant à l’intérieur du catholicisme entre tenants d’options opposées,il a hélas raison et j’en ai été personnellement témoin.Loin de nous y résigner, nous devrions travailler à faire tomber cette haine.
C’’est bien pour tout cela que la citation de la bulle du pape Eugène IV ( celui des Conciles de Bâle/Ferrare/Florence au XVè siècle ) me gêne et me trouble.
1) Les hérétiques et les schismatiques en état de grâce appartiennent déjà au cœur de l’Église, puisqu'ils sont en état de grâce. La Pape déclare leurs actes surnaturellement méritoires de la vie éternelle inutiles à l'obtention de cette vie, non parce qu'ils émaneraient d'âmes privées de la grâce sanctifiante, non donc parce que leurs actes ne seraient pas méritoires de la vie éternelle, mais parce que la vie éternelle est, en Christ, celle de ceux appartenant à l’Église catholique triomphante, à laquelle donc ils doivent aussi être agrégés quant au corps, en rejetant, à l'article de la mort, sous l'influence d'une grâce d'illumination mystique, l'hérésie et/ou le schisme auxquels ils assentaient matériellement, afin ainsi d'être pleinement agrégés à l’Église catholique militante « avant la fin de leur vie », pour enfin basculer dans l’Église catholique triomphante.
D’abord parce qu’il met au même plan hérétiques et schismatiques ,la faute d’un schisme étant pourtant moins grave que celle d’une hérésie proclamée et s’assortissant toujours ,comme un divorce, de torts des deux côtés.
Ensuite parce qu’il semble dénier dans sa conclusion finale la perception profondément spirituelle du début du paragraphe. Les chercheurs de vérité sincères et auteurs de bonnes oeuvres,fussent-ils schismatiques ou hérétiques,peuvent donc être agréés à l’Eglise triomphanteà laquelle ils appartiendraient déjà spirituellement en anticipation et donc sauvés.Mais il faudrait pour cela qu’ils renoncent explicitement ,à leur dernier souffle, à leur schisme ou hérésie…Croit-on vraiment qu’à notre dernier souffle nous aurons cela en tête et à coeur ?
Du reste, par ailleurs, la notion de « désir de baptême implicite » me parait plus que tirée par les cheveux :on a ou non le désir du baptême. Il y a certainement des fidèles d’autres religions qui meurent après une vie de recherche de la vérité et de bonnes œuvres sans avoir exprimé de désir de baptême. Faut-il les croire damnés parce qu’ils n’auraient pas exprimé ce supposé « désir implicite » au dernier moment de leur vie?
Dernier point :il semble bien que François amalgame les deux notions de fraternité :
-une fraternité « lointaine » parce que, évolution ou pas,nous sommes tous in fine des humains nés de la volonté créatrice du même Dieu en qui Jésus nous a appris à reconnaitre un Père,un Père commun donc qui fait de nous des frères ;
-une fraternité plus proche et plus intense nés d’un commun baptême.
Il y a vraisemblement erreur dans cet amalgame,fruit en effet d’un contexte civilisationnel,culturel sociétal qui est celui de l’Occident en ce début du XXIè siècleC’est manifestement une confusion ( pas la seule) , une hérésie,je ne sais.
J’aimerais apporter quelques remarques aux divers avis de Zombie,Christian K et Perlim Pimpum.
D’abord quant au terme « religion ».Je suppose que le pape actuel quand il parlait de la capacité de « toutes » à mener mener au salut, pensait aux religions non chrétiennes, pas aux différentes confessions chrétiennes non catholiques.Pour ma part je m’efforce de ne jamais parler de religions différentes quand je parle d’orthodoxes ou de protestants mais bien de confessions ;nos confessions de foi diffèrent en effet ,parfois à peine,parfois nettement, quoique jamais pour l’essentiel.Mais malheureusement à l’intérieur du catholicisme même ,les différenecs ne sont-elles pas parfois plus grandes encore ? Et à cet égard,quand Perlim évoque la véritable haine régnant à l’intérieur du catholicisme entre tenants d’options opposées,il a hélas raison et j’en ai été personnellement témoin.Loin de nous y résigner, nous devrions travailler à faire tomber cette haine.
C’’est bien pour tout cela que la citation de la bulle du pape Eugène IV ( celui des Conciles de Bâle/Ferrare/Florence au XVè siècle ) me gêne et me trouble.
[i]1) Les hérétiques et les schismatiques en état de grâce appartiennent déjà au cœur de l’Église, puisqu'ils sont en état de grâce. La Pape déclare leurs actes surnaturellement méritoires de la vie éternelle inutiles à l'obtention de cette vie, non parce qu'ils émaneraient d'âmes privées de la grâce sanctifiante, non donc parce que leurs actes ne seraient pas méritoires de la vie éternelle, mais parce que la vie éternelle est, en Christ, celle de ceux appartenant à l’Église catholique triomphante, à laquelle donc ils doivent aussi être agrégés quant au corps, en rejetant, à l'article de la mort, sous l'influence d'une grâce d'illumination mystique, l'hérésie et/ou le schisme auxquels ils assentaient matériellement, afin ainsi d'être pleinement agrégés à l’Église catholique militante « avant la fin de leur vie », pour enfin basculer dans l’Église catholique triomphante.[/i]
D’abord parce qu’il met au même plan hérétiques et schismatiques ,la faute d’un schisme étant pourtant moins grave que celle d’une hérésie proclamée et s’assortissant toujours ,comme un divorce, de torts des deux côtés.
Ensuite parce qu’il semble dénier dans sa conclusion finale la perception profondément spirituelle du début du paragraphe. Les chercheurs de vérité sincères et auteurs de bonnes oeuvres,fussent-ils schismatiques ou hérétiques,peuvent donc être agréés à l’Eglise triomphanteà laquelle ils appartiendraient déjà spirituellement en anticipation et donc sauvés.Mais il faudrait pour cela qu’ils renoncent explicitement ,à leur dernier souffle, à leur schisme ou hérésie…Croit-on vraiment qu’à notre dernier souffle nous aurons cela en tête et à coeur ?
Du reste, par ailleurs, la notion de « désir de baptême implicite » me parait plus que tirée par les cheveux :on a ou non le désir du baptême. Il y a certainement des fidèles d’autres religions qui meurent après une vie de recherche de la vérité et de bonnes œuvres sans avoir exprimé de désir de baptême. Faut-il les croire damnés parce qu’ils n’auraient pas exprimé ce supposé « désir implicite » au dernier moment de leur vie?
Dernier point :il semble bien que François amalgame les deux notions de fraternité :
-une fraternité « lointaine » parce que, évolution ou pas,nous sommes tous in fine des humains nés de la volonté créatrice du même Dieu en qui Jésus nous a appris à reconnaitre un Père,un Père commun donc qui fait de nous des frères ;
-une fraternité plus proche et plus intense nés d’un commun baptême.
Il y a vraisemblement erreur dans cet amalgame,fruit en effet d’un contexte civilisationnel,culturel sociétal qui est celui de l’Occident en ce début du XXIè siècleC’est manifestement une confusion ( pas la seule) , une hérésie,je ne sais.