patatedouce a écrit :
Je prends un exemple, la politique familiale. Si tu es Catho tradi, si une femme mariée n’a pas 8 enfants alors c’est qu’elle est hérétique :
- Elle (mais c’est valable pour le mari) ne doit pas se refuser à son mari ;
- Elle doit s’unir régulièrement avec son mari (c’est valable pour son mari) ;
- Elle ne doit pas utiliser la contraception (c’est valable pour son mari).
(Selon l’encyclique Humanae vitae, la méthode des cycles doit être que très temporairement…).
Faux, ceci n’est pas du tout humanae vitae ni casti connubii.
Il y a encouragement des familles nombreuses, une bénédiction. Mais la parentalité responsable appartient aux couples, selon leurs moyens.
Humanae vitae ne précise pas « très temporairement ».
Enfin, rien à voir avec hérésie, le péché concerné concernerait la tempérance. Absolument rien n’interdit aux couples l’absence totale de relations et donc l’absence d’enfants.
Catholique zombie a écrit :
J'en pense que les «tradis» sont essentiellement soucieux de doctrine pour commencer. C'est la vérité de la doctrine qui se trouve la première préoccupation chez eux. Pour les «modernistes», le souci n'est pas de conserver un dogme hérité (conservé dans le formol ou dans le vinaigre) mais plutôt celui de pouvoir tenir un langage religieux traduisant l'expérience qui serait celle des croyants d'aujourd'hui.
Les mots sont conventionnels mais cet usage du terme moderniste prête à confusion. Il vaut mieux relire le serment antimoderniste pour avoir le sens spécialisé et technique. Les tradis sont soucieux et de l’écriture et du dogme, mais insistent sur le dogme pcq il est censuré en pastorale. On ne peut pas dire qu’ils censurent l’écriture. En cela ils sont conformes au concile qui affirme que le dogme (tradition) fait partie de la révélation , laquelle est appelée Parole (=écriture + tradition).
Un vrai moderniste hérétique est pour le changement du dogme. Un tenant d’une pastorale mondaine ou existentielle ne veut pas nécessairement changer le dogme et n’est donc pas forcément hérétique, mais il ne parle jamais du dogme, fait comme s’il n’existait pas en pastotale.
Catholique Zombie a écrit :
christianK a écrit :
Mon hypothèse: si les musulmans connaissent le même succès et si on découvre les causes du succès musulman et protestant évangélique, et ce qu'il y aurait de commun entre eux (p.ex.par hypothèse la centralité des fins dernières impliquant contemptio mundi) on trouvera du même coup les erreurs pastorales catholiques depuis 1965.
On pourrait d'ailleurs ajouter les succès cathos tradis (taux astronomique de vocations) aux musulmans et évangéliques, et la parenté catho postconciliaire avec le protestantisme libéral.
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Sauf que si évangéliques en question peuvent remporter un relatif succès en terme de gonflement d'effectif en France : rien ne dit que ce succès tiendrait au fait que les évangéliques dont vous parlez auraient le profil de jansénistes sévères, ne buvant pas de vin, portant le cilice sous l'habit, prohibant la musique profane chez eux ou bien lors du culte.
Absolument. C’est pourquoi il faut observer et tenter de tester.
Je ne crois pas non plus que l'argument marketing de choc des évangéliques auprès des jeunes soit la peur du démon ou la peur de l'enfer. Je crois qu'il s'agit plutôt de la question du non sens ou de l'absurde. –
Il me semble que c’est bien difficile de séparer fins dernières du thème de L’absurde et du sens. Sens et but sont proches. Donc il doit y avoir un lien.
Gaudens a écrit :
L'essai de caractérisation des tradis et des moderistes que vous esquissiez un peu plus haut,Catholique Zombie, me semble assez juste, à ceci près que manque une définition précise de qui est tradi et qui est moderniste.Manque aussi, en corollaire, la vérification de n'avoir oublié aucune autre sensibilité,aucune autre attitude entre les deux ou ailleurs.
Très juste. Quand on parle modernisme il vaut mieux se limiter au sens technique de la « crise moderniste ». Et les tradis peuvent être des tradis plus pastoraux ou plus doctrinaux, les 2 toutefois ayant le dogme en place cruciale en pasto, au lieu du biblisme exclusif.