Bonjour à chacun,
@Fée Violine
Fée Violine a écrit : ↑dim. 06 avr. 2025, 7:53
Cette date de 1540 correspond justement, me semble-t-il, avec la gigantesque éruption volcanique de Santorin, qui expliquerait les plaies d'Égypte.
L’éruption du Santorin (à environ 100 km au nord de Chypre et 750 km au nord-ouest de l’Égypte) a probablement provoqué en Égypte une cascade d’événements successifs dont la mémoire fut conservée et qui correspondent en effet assez bien aux dix plaies du récit biblique, mais il me semble que d’autres événements similaires ont pu se produire de sorte que Moïse (qui a pu bénéficier de savoirs des sages et savants dans la palais du pharaon où il a été élevé) a pu connaître cette cascade prévisible d’événements dans laquelle il ne faut pas voir nécessairement une intervention divine surnaturelle. Elle reste, bien sûr, possible.
Selon cette hypothèse du Santorin, d’importantes pluies ont pu déverser des boues toxiques du sol ferrugineux bordant le Nil au point de lui donner une couleur «
sang » (1), ce qui a pu causer la mort des poissons et la fuite des grenouilles s’écartant de plus en plus de l’eau polluée puis de ses abords (2).
Du fait des nombreux cadavres des poissons intoxiqués remontant à la surface du Nil voire des animaux ayant bu l’eau empoisonnée, de nombreux insectes (3) se sont agglutinés sur les nombreuses dépouilles. La dégradation des diverses plantes intoxiquées par l’eau contaminée et des poissons et autres bestioles tuées par le fléau a suscité une prolifération de vermine (4).
Les humains se sont protégés de cette putréfaction et de la toxicité apparente de l’eau, mais celles-ci ont contaminé la nourriture du bétail qui a développé une peste (5). La nourriture des humains en a été contaminée à son tour et leur a causé des ulcères (6).
Après les fortes pluies, le retour du soleil et de la chaleur ont provoqué d’importantes évaporations d’air chaud et humide, ce qui a provoqué de la grêle et de l’orage (7) avec un changement atmosphérique attirant d’autres insectes (8) puis de nouvelles évaporations importantes provoquant des orages et un temps très sombre (9).
La dégradation de la nourriture des animaux et des humains a créé une manque d’alimentation pour la population et pour le bétail, mais les Égyptiens veillaient à assurer par priorité la nourriture du fils aîné dans chaque famille comme des premiers-nés chez les animaux domestiques. Cette consommation en quantité supérieure d’une nourriture contaminée a pu provoquer la mort des enfants premiers nés des seuls égyptiens (10) alors que les autres souffraient de privations, mais se trouvaient ainsi protégés d’un excès d’aliments toxiques. Il en fut de même chez les animaux domestiques.
À cet égard, le récit biblique des dix plaies d’Égypte (Exode, 7-12) semble conforme à une réalité historique qui a pu être vécue en Égypte à plusieurs reprises.
Mais, ce ne sont que des hypothèses incertaines et le peuple des croyants (juifs autant que chrétiens) y a surtout discerné une action puissante de Dieu pour délivrer le peuple d’Israël.
Le récit construit certes les événements dans une succession où chaque fléau paraît sans lien direct naturel avec les autres, mais est présenté comme un châtiment distinct de Dieu imputé à un refus répété du Pharaon de laisser partir Israël.
À cet égard, Pharaon paraît un velléitaire qui n’arrête pas de tergiverser. Il décide blanc puis noir selon son impression du moment. Chaque fois que cela va mieux à ses yeux parce qu’un fléau s’arrête, il pense être au bout de ses peines et refuse de laisser partir le peuple d’Israël que le fléau privait gravement de la nourriture nécessaire.
Déjà traité et exploité durement en temps ordinaire, le peuple hébreu souffrait encore davantage de privations en cas de pollution du Nil. Il était urgent de quitter la région vers des lieux plus vivables.
Si à notre époque, toute catastrophe, accident ou maladie est considérée du point de vue de ses causes naturelles, l’homme antique, aussi bien hébreu qu’égyptien, l’attribuait à des puissances spirituelles ou au divin et le considérait comme un châtiment.
Dans la Bible, le livre de Job montre cette conviction. Mais, dans les Évangiles, Jésus nous enseigne, en prenant l’exemple d’un effondrement catastrophique d’une tour (la tour de Siloé), qu’il est vain d’imaginer, lors d'une catastrophe, une sanction divine particulière de certains pécheurs.
Les souffrances des désordres du monde sont certes toujours des effets du péché originel et il n’est pas faux d’y percevoir un châtiment qui punit le péché de l’homme, mais il faut aussitôt nuancer une telle approche du mystère du mal dans le monde.
Lorsque Jésus guérit un épileptique, il le fait, à son époque, en chassant un démon. Et il est vrai que l’action de Satan reste présente dans chaque souffrance. Mais, aujourd’hui, on parlerait plutôt de crise d’épilepsie que de possession démoniaque.
@Gaudens
Gaudens a écrit : ↑jeu. 10 avr. 2025, 12:36
Ces traits "sethiens" qui apparaissent dans les manifestations divines au moment de l'Exode sont-ils une pure perception subjective de migrants chez qui les anciennes croyances - Baal,Seth...) perduraient et finissaient pas recouvrir les perceptions "pures" abrahamiques ?
Dans une certaine mesure, tout cela pourrait mettre en cause l'inerrance des Ecritures et est donc à prendre avec précaution.
L’inerrance des Écritures ne signifie pas que la compréhension de Dieu par les patriarches Abraham ou Moïse était «
pure » des conceptions antiques erronées du divin à leur époque. Les patriarches étaient des hommes antiques qui partageaient largement la conception primitive du divin de leurs contemporains.
Tout au long de l’histoire, les Écritures ne nous montrent pas des hommes parfaits, mais des pécheurs comme nous dont certains progressent dans la connaissance de Dieu avec des actions de Dieu pour les aider à progresser.
Ce que les Égyptiens pensaient de leur divinité Seth ressemblait en partie à ce que les Hébreux pensaient du divin. Beaucoup de traits attribués par les Égyptiens à leur divinité correspondaient à ceux que les Hébreux attribuaient au Dieu créateur du ciel et de la terre.
À toutes les époques, Dieu parle aux hommes selon leur langage et leurs connaissances.
Les «
perceptions abrahamiques » n’étaient pas «
pures » mais elles ont été «
purifiées » comme le montre le récit du sacrifice d’Isaac où Dieu part de la conception païenne du sacrifice du premier fils qui était celle d’Abraham pour l’amener à y renoncer et à découvrir une autre relation à Dieu et une autre perception de la volonté de Dieu.
Saint Paul agit de manière similaire avec une idole d’Athènes qualifiée de dieu inconnu pour l’utiliser comme image du Dieu véritable.
Dieu part ainsi de nos propres pensées (largement erronées) pour nous faire progresser vers ce qui est vrai par une révélation progressive adaptée à ce que les humains peuvent comprendre à chaque époque.
Dieu est, bien sûr immuable, mais les humains changent et évoluent.
Si l’on rentre dans le détail de toutes les affirmations et analyses d’Alan Arsmann, il me semble qu’il est constamment occupé à lire l’histoire réelle et la Bible avec une clé de lecture qui a des fondements réels mais qui fausse cependant sa perception de la réalité historique complexe qu’il voit sous un seul angle trompeur en ce qu’il n’est que partiel.
Sa clé de lecture, c’est la pratique de l’anthropophagie qui a effectivement existé dans le passé, mais cette clé semble chez lui obsessionnelle au point de l’amener à ramener sans cesse toutes ses analyses historiques à cette clé.
Et, comme il évacue totalement l’action de Dieu (pour rappel, il se déclare non croyant), il ne regerde que des détail des apparences du réel historique dans lesquelles il voit ce qu’il recherche. Sur certains points historiques, c’est intéressant et convaincant, mais souvent pour d’autres ce ne l’est pas.