par Perlum Pimpum » mar. 13 févr. 2024, 15:37
Gaudens a écrit : ↑mar. 13 févr. 2024, 10:32
Et quel dogme dit que "la souffrance purifie"?
les chrétiens doloristes ne font que du mal.
« Car, lorsque nous étions encore sans force, le Christ, au temps marqué, est mort pour des impies » (Rm. V, 7), « victime expiatoire pour nos péchés, non seulement pour les nôtres, mais aussi pour ceux du monde entier » (I Jn II, 2). « Alors Jésus dit à ses disciples : Si quelqu'un veut venir après moi, qu'il renonce à lui-même, qu'il se charge de sa croix, et qu'il me suive » (Mt. XVI, 24). « Je me réjouis maintenant dans mes souffrances pour vous; et ce qui manque aux souffrances du Christ, je l'achève en ma chair, pour son corps, qui est l'Eglise. » (Col. I, 24). « Afin de connaître le Christ, et la puissance de sa résurrection, et la communion à ses souffrances, en devenant conforme à lui dans sa mort » (Ph. III, 10). « Mais si vous supportez la souffrance lorsque vous faites ce qui est bien, c'est une grâce devant Dieu. Et c'est à cela que vous avez été appelés, parce que le Christ aussi a souffert pour vous, vous laissant un exemple, afin que vous suiviez ses traces » (II P. II, 21-22)
« Pendant que j’allais à la mort, a dit Jésus à Véronique Juliani, je m’offrais et j’offrais toutes mes souffrances à mon Père éternel ; dans ce moment je vous avais tous présents devant moi, et j’offrais mes souffrances pour tous et pour chacun. Toi aussi tu étais présente à mon esprit et je te faisais participante de tous les mérites de ma passion. Ce fut là le principe de ta sanctification et ce qui rendit méritoires toutes les peines que tu devais avoir. Toutes tes souffrances étaient alors devant mes yeux, aussi bien celles que tu as déjà endurées que celles qui te restent à subir ; et moi, avec le prix infini de mon sang, je te méritais des mérites sans nombre, mérites (que tu dois gagner) par le moyen des souffrances qui te restent à endurer. Vois donc un peu si la souffrance n’est pas une bonne chose, elle qui a été rachetée avec toi par le sang que j’ai répandu. » (Diario, 14 juglio 1697.)
Un jour du vendredi saint, Marie-Catherine Putigny, contemplant l’agonie de Jésus, entendit le divin Sauveur lui tenir ce langage : « Beaucoup de personnes se trompent en croyant qu’il suffit de regarder ma bonté et de verser quelques larmes sur les souffrances que j’ai endurées ; le vrai amour veut les partager avec moi ; il accepte toutes les peines, les humiliations, les ignominies, et les unissant à celles que j’ai éprouvées, il les offre à mon Père éternel. » (Vie, ch. XXII.)
Notre-Seigneur dit à Marguerite de Cortone : « Tu dis, ma fille que mon amour m’a contraint à souffrir et que le zèle de vos âmes m’a poussé à faire tout ce que j’ai fait. Sache donc alors que si je suis venu te chercher au prix des angoisses les plus terribles, toi aussi tu dois venir à moi par la voie des amertumes et des afflictions. Ne cesse pas de prêcher ma passion et dis à chacun que j’ai passé toute ma vie dans les travaux et les souffrances. » (Vie intime, ch. v, § 13.)
Notre-Seigneur dit à Françoise de la Mère de Dieu : « Je n’étais pas comme les autres enfants ; étant dans le sein de ma Mère j’avais une claire connaissance de la captivité que je subissais et de tout ce que je souffrirais dans tout le cours de ma vie, des injures, des coups de fouet que je devais recevoir en ma passion. Je savais que je serais couvert de crachats, moqué, blasphémé et crucifié. Je connaissais l’ingratitude et les péchés de tous les hommes et dès lors je satisfaisais pour eux. » Le Seigneur ajouta : « Les hommes étaient avant ma mort plus excusables qu’ils ne le sont à présent car ils n’avaient pas autant de connaissances de moi. Mais présentement qu’ils connaissent ce que j’ai fait et souffert pour eux, leur ingratitude est grande. Je ne peux plus souffrir pour eux ; souffrez au lieu de moi et pour moi. Oh ! ma fille, si vous saviez combien le nombre est grand de ceux qui m’offensent et combien il y a peu d’âmes en qui je trouve lieu de faire tout ce que je veux. » (Vie,ch. XXVIII)
« Ma fille, a dit Jésus à Gemma Galgani, j’ai besoin de victimes et de victimes fortes. Pour calmer le juste courroux de mon divin Père, il me faut des âmes qui, par leurs souffrances, leurs tribulations et leurs privations, réparent ce que font les pécheurs et les ingrats. Oh ! puissé-je faire comprendre à tous combien mon Père céleste est irrité contre le monde impie. Plus rien ne retient sa colère et un terrible châtiment se prépare pour tout l’univers. » (Biografia, ch. XXI)
Le Seigneur a dit à Marie Brotel : « J’ai toujours répandu sur mon Église des grâces abondantes de sainteté pour former des âmes intérieures qui puissent désarmer ma justice. Il y a eu, à toutes les époques, des victimes cachées, qui ont coopéré à l’œuvre du salut des âmes. Cependant j’ai rarement accordé autant de grâces semblables qu’à l’époque actuelle ; mais elles sont imparfaitement reçues par la suite de l’attache aux biens créées et de la crainte de la souffrance. Et cependant si je ne suis pas désarmé par les âmes intérieures, il faut que ma justice frappe de grands coups. » (Vie, ch. v et appendice I, n° 20.)
Jésus dit à Gertrude-Marie : « Je suis un Dieu jaloux. Plus j’aime une âme, plus j’exige d’elle ; elle ne me donne jamais assez, et cela vient de mon ardent amour pour elle. » (29 octobre 1907.)
Le Père céleste dit un jour à Jeanne Bénigne que seule l’âme crucifiée avec son Fils, par grâce, par amour et par la pure souffrance, attire et ses yeux et son Cœur, comme étant la plus disposée à recevoir ses divines miséricordes : « Ma fille, lui dit-Il, souffrira incessamment ; mais plus elle portera de souffrances, plus elle me glorifiera, plus j’augmenterai mes grâces à son égard, plus ma volonté s’inclinera vers la sienne, plus je ferai ce qu’elle désire et plus elle méritera de gloire. » (Vie, IIIe part., ch. III.) Mais pour que la souffrance produise ces effets admirables, l’âme doit s’élever au-dessus de ses peines et se maintenir dans la région de l’amour : « Ne crains pas, dit Jésus à Bénigne, lorsque pour me faire honorer par toi, je permets que l’on dise que tu es trompée du démon, voulant faire la sainte ; que tu fais tout pour parvenir à être supérieure, et que tu refuses de satisfaire et servir tes sœurs, ou que tu le fais imparfaitement, ne voulant pas montrer aux autres tes inventions pour faire tout si bon – elle était chargée de la cuisine – pour te rendre nécessaire ; mais tiens-toi alors, Bénigne, ferme dans ton application et élévation d’esprit en ma Divinité. » ( IIIe part., ch. VII.)
Un jour que Sœur Marie-Josèphe Kumi souffrait beaucoup, son Bien-Aimé lui rappela son rôle de martyre de la charité, lui montra plusieurs milliers de pécheurs près de tomber en enfer, et lui dit : « La charité cause tes douleurs, mais elle te réconfortera ; elle ne laissera en toi aucune partie de saine, mais tu conserveras la vie ; elle te donnera toujours les forces nécessaires pour supporter de nouvelles peines. Je t’ai appelée dans un ordre apostolique, celui de mon serviteur Dominique, parce que je t’ai choisie aussi pour la pêche des âmes. Par cet amour torturant tu en prendras une multitude. » (Vie, ch. IX.)
On lit dans l'autobiographie de saint Marguerite-Marie : Mon Souverain m'ayant fait connaître que lorsqu'il voudrait (serait sur le point) d'abandonner quelqu'une de ces âmes pour lesquelles il voulait que je souffrisse, Il me ferait porter l'état d'une âme réprouvée, en me faisant sentir la désolation où elle se trouve à l'heure de la mort, je n'ai jamais rien éprouvé de plus terrible, n'ayant point de termes pour m'en pouvoir expliquer. Car une fois, comme je travaillais seule, il fut mis devant moi une religieuse encore vivante, et l'on me dit intelligiblement : « Tiens, voilà cette religieuse de nom seulement, laquelle je suis prêt à vomir de mon Cœur et à abandonner à elle-même. »... Je m'offris à la divine Justice pour souffrir tout ce qu'il Lui plairait, afin qu'Il ne l'abandonnât pas. Et il me sembla qu'alors sa juste colère s'étant tournée contre moi, je me trouvai dans une effroyable angoisse et désolation de toutes parts... Si je voulais lever les yeux, je voyais un Dieu irrité contre moi et armé de verges et de fouets prêt à fondre sur moi ; il me sembla voir l'enfer ouvert pour m'engloutir. Tout était révolté et en confusion dans mon intérieur. Mon ennemi m'assiégeait de toutes parts par de violentes tentations, surtout de désespoir...
Mechtilde trouvant que sa maladie la rendait inutile et qu’elle souffrait sans aucun fruit, le Seigneur lui dit : « Dépose toutes tes peines dans mon cœur, et je leur donnerai une perfection aussi haute qu’aucune souffrance en a jamais pu acquérir. Ma divinité, attirant en elle les souffrances de mon humanité, se les a complètement unies ; de même, je veux transporter sur ma divinité tes peines, n’en faire qu’une seule avec ma passion, et te donner part à cette glorification que Dieu le Père a conférée à mon humanité pour toutes ses souffrances. Donne donc toutes tes peines à l’amour, disant : O mon amour, je te les confie dans la même intention que tu me les as apportées du Cœur de Dieu, et je te prie de les y reporter, lorsque ma reconnaissance les aura rendues parfaites. « Lorsque tu voudras me louer et que tes souffrances t’en empêcheront, demande à Dieu le Père de Le louer et de Le bénir de cette louange que je Lui ai adressée sur la croix au milieu des souffrances, avec cette gratitude en laquelle je Lui ai rendu grâces de ce qu’Il a voulu que je souffrisse ainsi pour le salut du monde, et avec cet amour qui m’a fait souffrir de tout cœur et de toute volonté. Ma passion porte des fruits infinis dans le ciel et sur la terre : ainsi les peines, les moindres tribulations que tu m’auras confiées en cette matière, en union avec ma passion, porteront de tels fruits que les saint du ciel en recevront un accroissement de gloire, les justes plus de mérites, les pécheurs leur pardon et les âmes du purgatoire un soulagement. Qu’y a-t-il, en effet, que mon divin Cœur ne puisse changer en mieux ? car tout le bien que contiennent et le ciel et la terre est sorti de la bonté de mon Cœur (IIe part., ch.XXXVI.)
[quote=Gaudens post_id=463683 time=1707813155 user_id=16704]
Et quel dogme dit que "la souffrance purifie"?
les chrétiens doloristes ne font que du mal. [/quote]
[size=120]« Car, lorsque nous étions encore sans force, le Christ, au temps marqué, est mort pour des impies » (Rm. V, 7), « victime expiatoire pour nos péchés, non seulement pour les nôtres, mais aussi pour ceux du monde entier » (I Jn II, 2). « Alors Jésus dit à ses disciples : Si quelqu'un veut venir après moi, qu'il renonce à lui-même, qu'il se charge de sa croix, et qu'il me suive » (Mt. XVI, 24). « Je me réjouis maintenant dans mes souffrances pour vous; et ce qui manque aux souffrances du Christ, je l'achève en ma chair, pour son corps, qui est l'Eglise. » (Col. I, 24). « Afin de connaître le Christ, et la puissance de sa résurrection, et la communion à ses souffrances, en devenant conforme à lui dans sa mort » (Ph. III, 10). « Mais si vous supportez la souffrance lorsque vous faites ce qui est bien, c'est une grâce devant Dieu. Et c'est à cela que vous avez été appelés, parce que le Christ aussi a souffert pour vous, vous laissant un exemple, afin que vous suiviez ses traces » (II P. II, 21-22)[/size]
[size=120] « Pendant que j’allais à la mort, a dit Jésus à Véronique Juliani, je m’offrais et j’offrais toutes mes souffrances à mon Père éternel ; dans ce moment je vous avais tous présents devant moi, et j’offrais mes souffrances pour tous et pour chacun. Toi aussi tu étais présente à mon esprit et je te faisais participante de tous les mérites de ma passion. Ce fut là le principe de ta sanctification et ce qui rendit méritoires toutes les peines que tu devais avoir. Toutes tes souffrances étaient alors devant mes yeux, aussi bien celles que tu as déjà endurées que celles qui te restent à subir ; et moi, avec le prix infini de mon sang, je te méritais des mérites sans nombre, mérites (que tu dois gagner) par le moyen des souffrances qui te restent à endurer. Vois donc un peu si la souffrance n’est pas une bonne chose, elle qui a été rachetée avec toi par le sang que j’ai répandu. » (Diario, 14 juglio 1697.)
Un jour du vendredi saint, Marie-Catherine Putigny, contemplant l’agonie de Jésus, entendit le divin Sauveur lui tenir ce langage : « Beaucoup de personnes se trompent en croyant qu’il suffit de regarder ma bonté et de verser quelques larmes sur les souffrances que j’ai endurées ; le vrai amour veut les partager avec moi ; il accepte toutes les peines, les humiliations, les ignominies, et les unissant à celles que j’ai éprouvées, il les offre à mon Père éternel. » (Vie, ch. XXII.)
Notre-Seigneur dit à Marguerite de Cortone : « Tu dis, ma fille que mon amour m’a contraint à souffrir et que le zèle de vos âmes m’a poussé à faire tout ce que j’ai fait. Sache donc alors que si je suis venu te chercher au prix des angoisses les plus terribles, toi aussi tu dois venir à moi par la voie des amertumes et des afflictions. Ne cesse pas de prêcher ma passion et dis à chacun que j’ai passé toute ma vie dans les travaux et les souffrances. » (Vie intime, ch. v, § 13.)
Notre-Seigneur dit à Françoise de la Mère de Dieu : « Je n’étais pas comme les autres enfants ; étant dans le sein de ma Mère j’avais une claire connaissance de la captivité que je subissais et de tout ce que je souffrirais dans tout le cours de ma vie, des injures, des coups de fouet que je devais recevoir en ma passion. Je savais que je serais couvert de crachats, moqué, blasphémé et crucifié. Je connaissais l’ingratitude et les péchés de tous les hommes et dès lors je satisfaisais pour eux. » Le Seigneur ajouta : « Les hommes étaient avant ma mort plus excusables qu’ils ne le sont à présent car ils n’avaient pas autant de connaissances de moi. Mais présentement qu’ils connaissent ce que j’ai fait et souffert pour eux, leur ingratitude est grande. Je ne peux plus souffrir pour eux ; souffrez au lieu de moi et pour moi. Oh ! ma fille, si vous saviez combien le nombre est grand de ceux qui m’offensent et combien il y a peu d’âmes en qui je trouve lieu de faire tout ce que je veux. » (Vie,ch. XXVIII)
« Ma fille, a dit Jésus à Gemma Galgani, j’ai besoin de victimes et de victimes fortes. Pour calmer le juste courroux de mon divin Père, il me faut des âmes qui, par leurs souffrances, leurs tribulations et leurs privations, réparent ce que font les pécheurs et les ingrats. Oh ! puissé-je faire comprendre à tous combien mon Père céleste est irrité contre le monde impie. Plus rien ne retient sa colère et un terrible châtiment se prépare pour tout l’univers. » (Biografia, ch. XXI)
Le Seigneur a dit à Marie Brotel : « J’ai toujours répandu sur mon Église des grâces abondantes de sainteté pour former des âmes intérieures qui puissent désarmer ma justice. Il y a eu, à toutes les époques, des victimes cachées, qui ont coopéré à l’œuvre du salut des âmes. Cependant j’ai rarement accordé autant de grâces semblables qu’à l’époque actuelle ; mais elles sont imparfaitement reçues par la suite de l’attache aux biens créées et de la crainte de la souffrance. Et cependant si je ne suis pas désarmé par les âmes intérieures, il faut que ma justice frappe de grands coups. » (Vie, ch. v et appendice I, n° 20.)
Jésus dit à Gertrude-Marie : « Je suis un Dieu jaloux. Plus j’aime une âme, plus j’exige d’elle ; elle ne me donne jamais assez, et cela vient de mon ardent amour pour elle. » (29 octobre 1907.)
Le Père céleste dit un jour à Jeanne Bénigne que seule l’âme crucifiée avec son Fils, par grâce, par amour et par la pure souffrance, attire et ses yeux et son Cœur, comme étant la plus disposée à recevoir ses divines miséricordes : « Ma fille, lui dit-Il, souffrira incessamment ; mais plus elle portera de souffrances, plus elle me glorifiera, plus j’augmenterai mes grâces à son égard, plus ma volonté s’inclinera vers la sienne, plus je ferai ce qu’elle désire et plus elle méritera de gloire. » (Vie, IIIe part., ch. III.) Mais pour que la souffrance produise ces effets admirables, l’âme doit s’élever au-dessus de ses peines et se maintenir dans la région de l’amour : « Ne crains pas, dit Jésus à Bénigne, lorsque pour me faire honorer par toi, je permets que l’on dise que tu es trompée du démon, voulant faire la sainte ; que tu fais tout pour parvenir à être supérieure, et que tu refuses de satisfaire et servir tes sœurs, ou que tu le fais imparfaitement, ne voulant pas montrer aux autres tes inventions pour faire tout si bon – elle était chargée de la cuisine – pour te rendre nécessaire ; mais tiens-toi alors, Bénigne, ferme dans ton application et élévation d’esprit en ma Divinité. » ( IIIe part., ch. VII.)
Un jour que Sœur Marie-Josèphe Kumi souffrait beaucoup, son Bien-Aimé lui rappela son rôle de martyre de la charité, lui montra plusieurs milliers de pécheurs près de tomber en enfer, et lui dit : « La charité cause tes douleurs, mais elle te réconfortera ; elle ne laissera en toi aucune partie de saine, mais tu conserveras la vie ; elle te donnera toujours les forces nécessaires pour supporter de nouvelles peines. Je t’ai appelée dans un ordre apostolique, celui de mon serviteur Dominique, parce que je t’ai choisie aussi pour la pêche des âmes. Par cet amour torturant tu en prendras une multitude. » (Vie, ch. IX.)
On lit dans l'autobiographie de saint Marguerite-Marie : Mon Souverain m'ayant fait connaître que lorsqu'il voudrait (serait sur le point) d'abandonner quelqu'une de ces âmes pour lesquelles il voulait que je souffrisse, Il me ferait porter l'état d'une âme réprouvée, en me faisant sentir la désolation où elle se trouve à l'heure de la mort, je n'ai jamais rien éprouvé de plus terrible, n'ayant point de termes pour m'en pouvoir expliquer. Car une fois, comme je travaillais seule, il fut mis devant moi une religieuse encore vivante, et l'on me dit intelligiblement : « Tiens, voilà cette religieuse de nom seulement, laquelle je suis prêt à vomir de mon Cœur et à abandonner à elle-même. »... Je m'offris à la divine Justice pour souffrir tout ce qu'il Lui plairait, afin qu'Il ne l'abandonnât pas. Et il me sembla qu'alors sa juste colère s'étant tournée contre moi, je me trouvai dans une effroyable angoisse et désolation de toutes parts... Si je voulais lever les yeux, je voyais un Dieu irrité contre moi et armé de verges et de fouets prêt à fondre sur moi ; il me sembla voir l'enfer ouvert pour m'engloutir. Tout était révolté et en confusion dans mon intérieur. Mon ennemi m'assiégeait de toutes parts par de violentes tentations, surtout de désespoir...
Mechtilde trouvant que sa maladie la rendait inutile et qu’elle souffrait sans aucun fruit, le Seigneur lui dit : « Dépose toutes tes peines dans mon cœur, et je leur donnerai une perfection aussi haute qu’aucune souffrance en a jamais pu acquérir. Ma divinité, attirant en elle les souffrances de mon humanité, se les a complètement unies ; de même, je veux transporter sur ma divinité tes peines, n’en faire qu’une seule avec ma passion, et te donner part à cette glorification que Dieu le Père a conférée à mon humanité pour toutes ses souffrances. Donne donc toutes tes peines à l’amour, disant : O mon amour, je te les confie dans la même intention que tu me les as apportées du Cœur de Dieu, et je te prie de les y reporter, lorsque ma reconnaissance les aura rendues parfaites. « Lorsque tu voudras me louer et que tes souffrances t’en empêcheront, demande à Dieu le Père de Le louer et de Le bénir de cette louange que je Lui ai adressée sur la croix au milieu des souffrances, avec cette gratitude en laquelle je Lui ai rendu grâces de ce qu’Il a voulu que je souffrisse ainsi pour le salut du monde, et avec cet amour qui m’a fait souffrir de tout cœur et de toute volonté. Ma passion porte des fruits infinis dans le ciel et sur la terre : ainsi les peines, les moindres tribulations que tu m’auras confiées en cette matière, en union avec ma passion, porteront de tels fruits que les saint du ciel en recevront un accroissement de gloire, les justes plus de mérites, les pécheurs leur pardon et les âmes du purgatoire un soulagement. Qu’y a-t-il, en effet, que mon divin Cœur ne puisse changer en mieux ? car tout le bien que contiennent et le ciel et la terre est sorti de la bonté de mon Cœur (IIe part., ch.XXXVI.)
[/size]