Gaudens a écrit :
Christian, vous me semblez introduire une toute autre question (la meillleure qualité d'écoles de type traditionnel par rapport à des écoles marquées par le "pédagogisme" au pouvoir depuis des décennies) alors que nous parlons de catéchèse et de son efficacité dans nos sociétés occidentales actuelles.
Tout autre? Je suis surpris qu’on ne voie pas l’analogie entre pédagogisme catéchétique et pédagogisme tout court. Des 2 côtés ça a commencé quand ? Ne dirait-on pas 1965 ?
Sans compter que la tendance existentielle (vivre une expérience) est patente des 2 côtés (feu un évêque du Canada français a publié que au concile les existentiels avaient eu le dessus sur les notionnels, ses propres mots).
Les écoles fondées par des parents de paroisses fssp annoncent la couleur de la façon la plus claire : méthode syllabique et grammaticale d’enseignement du français, avec souvent des manuels des ans 50; méthode catéchétique par questions-réponses. L’analogie est frappante. Aussi bien la grammaire que les questions-réponses sont doctrinales et normatives (le BON usage de Grévisse vs les grammaires descriptives)
Le fait qu'existe un compendium de 2005 reprenant presque mot pour mot le catéchisme de Saint Pie V ne résout pas la question de sa pertinence et de son efficacité auprès des populations (lesquelles, d'ailleurs ?) auxquelles il s'adresse. Il me semble que ma question reste valide et ouverte.
Tout à fait, valide et ouverte. DONC jamais CONTRE le test fsspx, faisant suite aux mots de Mgr Lefebvre : « Il faut absolument revenir au catéchisme traditionnel sinon les enfants ne sauront plus rien et perdront la foi ». L’ouverture doit à tout prix inclure le test fsspx –fssp.
Comme 1ere approximation empirique nous avons 0.25-0.75 séminariste/lieu de culte chez eux et aussi il est vrai 0.45 à la communauté st Martin. C’est pourquoi la génération défroquée dit souvent que les chiffres ne comptent pas, cherche à minimiser l’importance cruciale du test néotridentin antimoderniste.
Léon a écrit :
Sans vouloir rabaisser la dignité et l'importance des prêtres et du sacerdoce, il me semble que la priorité devrait être de former des catéchistes-enseignants laïcs volontaires.
Si on prend ca tout court la pente est dangereuse, comme pour tout remplacement des prêtres et religieux par des laïcs. Car ces laïcs seront presque toujours mondains, ou plus mondains. Or l’adaptation requiert une dose bien plus élevée d’antimondain (contemptio mundi).
Donc laïcs oui, mais pas n’importe quels, ceux de l’opus dei d’abord, p.ex.
C'est là que l'idée de créer des séminaires laïcs pour catéchistes-enseignants me vient à l'esprit.
Excellente idée mais ça existe déjà, et à un degré poussé, à l’Opus dei, avec sa pastorale complémentaire.
De plus, ces enseignants-catéchistes laïcs seraient aussi bien des hommes que des femmes donc ça répondrait à cette attente de mixité plus visible dans l'Eglise, car transmettre est une vraie et haute responsabilité.
Il faudrait des femmes de l’opus dei dans un 1er temps, puis d’autres femmes imitant les femmes numéraires (célibataires) ou surnuméraires (mariées) de l’opus
Altior a écrit :
On est arrivé ici parce qu'on parlait de catéchèse. Or, effectivement, entre la catéchèse et la pédagogie le rapport est bien plus serré qu'entre l'apologétique et la pédagogie. Je pense qu'on doit démarquer le domaine de la caté du domaine de l'apologétique. La caté s'adresse à ceux qui veulent se former, à ceux qui se posent des questions. Aux élèves ou aux adultes qui ont l'humilité de se mettre en position d'élèves. Forcement, dans la catéchèse il y a un rapport de type magister - discipulus. Par contre, l'apologétique s'adresse à ceux qui croient savoir, mais dont le savoir est un faux savoir. La catéchèse est faite pour croître, l'apologétique est pour rectifier.
J’ajoute une nuance :
L’apologétique ne concerne pas seulement ceux qui croient savoir, mais aussi et SURTOUT les autres qui entendent ceux qui croient savoir, surtout à l’adolescence. Chaque objection des mondains, soit de bonne qualité, soit des pires mondains, doit être examinée et réfutée. Cela existe de plus en plus aux USA, dans les publications, et par objections-réponses. Ce sont les fidèles qui ont besoin d’apologétique en priorité.
Dans votre premier message, celui qui a initié ce fil, vous parlez d'apologétique. D'un cas où les objections arrivent du côté science. Alors, la réponse ne doit se baser sur nul catéchisme, mais sur la science. Dans ce cas, l'apologète doit faire de la science, car pour son partenaire, son égal, c'est la science qui fait foi. Dans un tout autre cas, celui qui croit savoir peut être un protestant. Pour lui, c'est la Bible et seulement la Bible qui fait foi. Dans ce cas, l'apologète doit se faire bibliste et aborder la discussion sous cet angle. Ou bien, celui qui croit savoir est, peut-être, orthodoxe. Pour lui, les Pères de l'Église font foi. Alors, l'apologète doit de faire... patrologiste. C'est pourquoi il est difficile de faire un "manuel d'apologétique" de la même manière que les catéchisme abondent, car la question "quoi exactement de la génétique s'oppose à ce que vous appelez "le mythe d'Adam et Eve" est d'un tout autre type que la question "lisons ensemble l'homélie de Saint Jean Bouche d'Or qui est contraire à ce que vous appelez "l'hérésie du primat papal".
C’est pas faux, l’apologétique est large. Mais pour l’apologétique catéchétique il faut cibler simplement les objections qui sont les plus répandues ou les plus dangereuses, celles qui sont liées aux cohortes des ans 60-70 par exemple.
Pour la science attention. Je préciserais la philo au lieu, ou tout au moins la philo des sciences. Puis ensuite les sciences historiques. L’idée de soutenir la foi par la science est plutôt protestante et souvent fort glissante (ex.Bolloré-Bonassies) bien que stimulante.
Tout dépend aussi de l’étape :
1-Athéisme vs théisme = uniquement pour la philo (métaphysique)
2-Déisme vs religions = principalement pour la philo
3-fausses religions vs vraies (ou plus vraies) = histoire, philo, philo morale, anthropologie
4-fausses églises vs vraies (ou plus vraies) = histoire, philo, morale, anthropologie, archéologie.