par Perlum Pimpum » sam. 21 oct. 2023, 9:40
Olivier JC a écrit : ↑mer. 18 oct. 2023, 11:46
La morale catholique n'est que l'explicitation de la loi naturelle, laquelle n'est rien d'autre que le reflet, dans les créatures, de la loi éternelle (c'est-à-dire,
in fine, Dieu Lui-même.
Bonjour Olivier,
Ce que vous dites ici, sans être faux, est profondément défaillant. Il vous faut totalement inverser la perspective. il ne suffit pas de dire que la grâce est accidentelle à la nature humaine. Il faut aussi affirmer que, sous un autre rapport, c’est la nature humaine qui est un accident de la grâce.
1° En le Christ se trouve d’abord, par ordre de dignité, la grâce incréée, la nature divine, qui est grâce en tant que communiquée à l’homme dans l’incarnation, en tant que cette nature est réellement identique à l’hypostase assumante du Fils ; puis la grâce d’union hypostatique, l’en-hypostasie, par quoi la nature humaine assumée par l’hypostase du Fils est unie (sans confusion ni mélange ni séparation ni division) à la nature divine de cette hypostase ; puis la grâce sanctifiante, grâce découlant de la grâce d’union hypostatique, par quoi la personne du Fils sanctifie sa nature humaine et toutes les opérations de sa nature humaine. En le Christ, la nature humaine est entée en l’hypostase divine du Fils. La nature humaine du Christ est la partie spécifiquement humaine de la grâce d’union hypostatique, dont découle la grâce sanctifiante du Christ. L’union hypostatique est substantielle, puisque constitutive d’une substance humaine. Mais cette substance assumée, quoi que substantielle à l’hypostase du Fils (le Fils est vrai homme), est accidentelle à la Déité du Fils. Aussi, de ce point de vue, l’humanité du Fils est un accident de sa substance divine. L’union hypostatique, quoique substantielle à l’hypostase du Fils, est accidentelle à sa nature divine, car la Déité-Dieu qu’est le Fils n’est pas l’homme qu’est le Fils. Quoiqu’unies en l’hypostase qui les est (le Fils est vrai Dieu et vrai homme), les deux natures ne se confondent pas l’une avec l’autre : elles restent formellement distinctes. Aussi, dans l’incarnation, l‘hypostase du Fils est à la fois composante et composée. Composante de l’homme qu’elle est, puisque par l’exister divin qu’elle est distinctement comme relation substantielle constitutive et distinctive de l’hypostase divine du Fils, elle existe la nature humaine qu’ainsi elle est pour l’avoir assumée en l’existant. Composée, puisqu’elle est l’homme qu’elle existe en sus d’être Dieu (la Déité-Dieu), de sorte que les deux natures sont unies sans confusion ni mélange ni séparation ni division en l’hypostase composée du Fils incarné.
2° En ceux entés sur le Christ par la grâce sanctifiante, leur nature est entée sur la nature humaine du Christ, elle même entée à son hypostase divine. Par l’adoption filiale, les saints deviennent membres vivants du Christ par sa grâce sanctifiante. Mais tandis qu’en l’homme qu’est le Christ la substance humaine est seulement un accident de sa nature divine (en tant qu’elle lui est réunie en et par l’hypostase qui l’est), sans aucunement être un accident de son hypostase (l’hypostase du Fils est, par son incarnation, la substance humaine qu’il assume et est substantiellement), la substance humaine de chaque saint en Christ est accidentellement unie à la Déité du Christ en étant accidentellement unie, par la grâce sanctifiante, à l’humanité de l’hypostase du Fils, et par cette humanité à l’hypostase qui l’est, et par cette hypostase à la nature divine qu’elle est. De sorte que relativement à la grâce incréée qu’est l’hypostase assumante du Fils, tous ceux rendus membres de son Corps vivant sont des accidents de cette grâce. D’où donc la profonde erreur de perspective de ceux qui, considérant à bon droit la grâce sanctifiante comme un accident surnaturellement enté en les substances humaines qui le reçoivent, oublient que par l’union surnaturelle des saints au Christ, les saints sont :accidentellement entés en la grâce d’union hypostatique à laquelle ils sont accidentellement unis comme membres vivants du Christ-homme, et par cette union encore accidentellement entés tant à la grâce sanctifiante du Christ, qui vivifie surnaturellement les membres de son Corps, qu’à la grâce incréée qu’est le Christ-Dieu, en tant qu’elle est en-hypostatiquement unie au Christ-homme.
Vous comprenez ainsi enfin pourquoi si, sous le rapport de la substance à l’accident, la grâce est un accident de la nature humaine, nonobstant, sous le rapport de l’homme à Dieu, l’homme est un accident de la grâce. L’erreur de perspective, fruit de la scolastique baroque, gît dans la « nature pure », qui n’existe pas. La nature n’a d’autre état que surnaturel ou déchu. Loin qu’existe un ordre naturel doté de fins propres auquel l’ordre surnaturel et ses fins seraient purement adventices car accidentels, l’ordre naturel s’intègre à l’ordre surnaturel dont il est une partie, au même titre que la nature s’intègre à la grâce dont elle est l’accident.
Conséquemment, l’opposition entre morale et spiritualité est insane, fruit d’une perversion théologique majeure. Si la spiritualité est une sagesse enseignant à progresser dans l’amour divin, elle ne diffère pas de la morale, science qui nous enseigne nos devoirs. Car le premier commandement de la Loi est d’aimer Dieu de tout son cœur ; tandis que le second est d’aimer, en Dieu et pour Dieu aimé, le prochain, pour le vouloir en Dieu, en Christ, notre Vie, notre espérance, notre amour : Jésus est le seul nom donné aux hommes pour leur salut. Et qui aime Dieu accomplit ses commandements. Qui aime Dieu reçoit d’accomplir les actes de la Loi. Qui aime Dieu reçoit l’infusion des vertus surnaturelles cardinales et morales à proportion qu’il les espère pour mieux aimer en se purifiant dans le procès de la voie purgative. Qui aime Dieu se corrige, se purge, et s’unit ; à proportion qu’il aime, par grâce. Qui aime Dieu reçoit de vivre des dons du Saint-Esprit, pour en porter les fruits. Car tout est grâce, et la grâce est l’amour. La morale chrétienne est spirituelle par nature, car elle est une morale de l’amour vécu, amour en lequel la vie spirituelle s’épanouit à proportion qu’on aime, pouvant aimer jusqu’aux plus hautes demeures, que par amour nous espérons, pour mieux être en Christ, pour L’aimer toujours d’avantage, jusqu’à L’aimer constamment, totalement, absolument, invinciblement, par grâce.
Et donc, cher Olivier, la morale catholique n’est que la vie en Christ. Et cette vie est un don. « Car c'est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi. Et cela ne vient pas de vous, c'est le don de Dieu. Ce n'est point par les œuvres, afin que personne ne se glorifie. Car nous sommes son ouvrage, ayant été créés en Jésus-Christ pour de bonnes œuvres, que Dieu a préparées d'avance, afin que nous les pratiquions. » (Eph. II, 8-10). Et donc, conséquemment, « Il s’agit de vous défaire de votre conduite d’autrefois, c’est-à-dire de l’homme ancien corrompu par les convoitises qui l’entraînent dans l’erreur. Laissez-vous renouveler par la transformation spirituelle de votre pensée. Revêtez-vous de l’homme nouveau, créé, selon Dieu, dans la justice et la sainteté conformes à la vérité. » (Eph. IV, 22-24).
La morale catholique consiste, par les vertus théologales, à s’ouvrir à l’action du Christ, afin qu’il opère en nous et par nous ses œuvres saintes. « Demeurez en moi, et je demeurerai en vous. Comme le sarment ne peut de lui-même porter du fruit, s'il ne demeure attaché au cep, ainsi vous ne le pouvez non plus, si vous ne demeurez en moi.Je suis le cep, vous êtes les sarments. Celui qui demeure en moi et en qui je demeure porte beaucoup de fruit, car sans moi vous ne pouvez rien faire. Si quelqu'un ne demeure pas en moi, il est jeté dehors, comme le sarment, et il sèche; puis on ramasse les sarments, on les jette au feu, et ils brûlent. Si vous demeurez en moi, et que mes paroles demeurent en vous, demandez ce que vous voudrez, et cela vous sera accordé. Si vous portez beaucoup de fruit, c'est ainsi que mon Père sera glorifié, et que vous serez mes disciples. Comme le Père m'a aimé, je vous ai aussi aimés. Demeurez dans mon amour. Si vous gardez mes commandements, vous demeurerez dans mon amour, de même que j'ai gardé les commandements de mon Père, et que je demeure dans son amour.´Je vous ai dit ces choses, afin que ma joie soit en vous, et que votre joie soit parfaite. » (Jn. XV, 4-11).

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La morale catholique n'est que l'explicitation de la loi naturelle, laquelle n'est rien d'autre que le reflet, dans les créatures, de la loi éternelle (c'est-à-dire, [i]in fine[/i], Dieu Lui-même.[/quote]
Bonjour Olivier,
Ce que vous dites ici, sans être faux, est profondément défaillant. Il vous faut totalement inverser la perspective. il ne suffit pas de dire que la grâce est accidentelle à la nature humaine. Il faut aussi affirmer que, sous un autre rapport, c’est la nature humaine qui est un accident de la grâce.
1° En le Christ se trouve d’abord, par ordre de dignité, la grâce incréée, la nature divine, qui est grâce en tant que communiquée à l’homme dans l’incarnation, en tant que cette nature est réellement identique à l’hypostase assumante du Fils ; puis la grâce d’union hypostatique, l’en-hypostasie, par quoi la nature humaine assumée par l’hypostase du Fils est unie (sans confusion ni mélange ni séparation ni division) à la nature divine de cette hypostase ; puis la grâce sanctifiante, grâce découlant de la grâce d’union hypostatique, par quoi la personne du Fils sanctifie sa nature humaine et toutes les opérations de sa nature humaine. En le Christ, la nature humaine est entée en l’hypostase divine du Fils. La nature humaine du Christ est la partie spécifiquement humaine de la grâce d’union hypostatique, dont découle la grâce sanctifiante du Christ. L’union hypostatique est substantielle, puisque constitutive d’une substance humaine. Mais cette substance assumée, quoi que substantielle à l’hypostase du Fils (le Fils est vrai homme), est accidentelle à la Déité du Fils. Aussi, de ce point de vue, l’humanité du Fils est un accident de sa substance divine. L’union hypostatique, quoique substantielle à l’hypostase du Fils, est accidentelle à sa nature divine, car la Déité-Dieu qu’est le Fils n’est pas l’homme qu’est le Fils. Quoiqu’unies en l’hypostase qui les est (le Fils est vrai Dieu et vrai homme), les deux natures ne se confondent pas l’une avec l’autre : elles restent formellement distinctes. Aussi, dans l’incarnation, l‘hypostase du Fils est à la fois composante et composée. Composante de l’homme qu’elle est, puisque par l’exister divin qu’elle est distinctement comme relation substantielle constitutive et distinctive de l’hypostase divine du Fils, elle existe la nature humaine qu’ainsi elle est pour l’avoir assumée en l’existant. Composée, puisqu’elle est l’homme qu’elle existe en sus d’être Dieu (la Déité-Dieu), de sorte que les deux natures sont unies sans confusion ni mélange ni séparation ni division en l’hypostase composée du Fils incarné.
2° En ceux entés sur le Christ par la grâce sanctifiante, leur nature est entée sur la nature humaine du Christ, elle même entée à son hypostase divine. Par l’adoption filiale, les saints deviennent membres vivants du Christ par sa grâce sanctifiante. Mais tandis qu’en l’homme qu’est le Christ la substance humaine est seulement un accident de sa nature divine (en tant qu’elle lui est réunie en et par l’hypostase qui l’est), sans aucunement être un accident de son hypostase (l’hypostase du Fils est, par son incarnation, la substance humaine qu’il assume et est substantiellement), la substance humaine de chaque saint en Christ est accidentellement unie à la Déité du Christ en étant accidentellement unie, par la grâce sanctifiante, à l’humanité de l’hypostase du Fils, et par cette humanité à l’hypostase qui l’est, et par cette hypostase à la nature divine qu’elle est. De sorte que relativement à la grâce incréée qu’est l’hypostase assumante du Fils, tous ceux rendus membres de son Corps vivant sont des accidents de cette grâce. D’où donc la profonde erreur de perspective de ceux qui, considérant à bon droit la grâce sanctifiante comme un accident surnaturellement enté en les substances humaines qui le reçoivent, oublient que par l’union surnaturelle des saints au Christ, les saints sont :accidentellement entés en la grâce d’union hypostatique à laquelle ils sont accidentellement unis comme membres vivants du Christ-homme, et par cette union encore accidentellement entés tant à la grâce sanctifiante du Christ, qui vivifie surnaturellement les membres de son Corps, qu’à la grâce incréée qu’est le Christ-Dieu, en tant qu’elle est en-hypostatiquement unie au Christ-homme.
Vous comprenez ainsi enfin pourquoi si, sous le rapport de la substance à l’accident, la grâce est un accident de la nature humaine, nonobstant, sous le rapport de l’homme à Dieu, l’homme est un accident de la grâce. L’erreur de perspective, fruit de la scolastique baroque, gît dans la « nature pure », qui n’existe pas. La nature n’a d’autre état que surnaturel ou déchu. Loin qu’existe un ordre naturel doté de fins propres auquel l’ordre surnaturel et ses fins seraient purement adventices car accidentels, l’ordre naturel s’intègre à l’ordre surnaturel dont il est une partie, au même titre que la nature s’intègre à la grâce dont elle est l’accident.
Conséquemment, l’opposition entre morale et spiritualité est insane, fruit d’une perversion théologique majeure. Si la spiritualité est une sagesse enseignant à progresser dans l’amour divin, elle ne diffère pas de la morale, science qui nous enseigne nos devoirs. Car le premier commandement de la Loi est d’aimer Dieu de tout son cœur ; tandis que le second est d’aimer, en Dieu et pour Dieu aimé, le prochain, pour le vouloir en Dieu, en Christ, notre Vie, notre espérance, notre amour : Jésus est le seul nom donné aux hommes pour leur salut. Et qui aime Dieu accomplit ses commandements. Qui aime Dieu reçoit d’accomplir les actes de la Loi. Qui aime Dieu reçoit l’infusion des vertus surnaturelles cardinales et morales à proportion qu’il les espère pour mieux aimer en se purifiant dans le procès de la voie purgative. Qui aime Dieu se corrige, se purge, et s’unit ; à proportion qu’il aime, par grâce. Qui aime Dieu reçoit de vivre des dons du Saint-Esprit, pour en porter les fruits. Car tout est grâce, et la grâce est l’amour. La morale chrétienne est spirituelle par nature, car elle est une morale de l’amour vécu, amour en lequel la vie spirituelle s’épanouit à proportion qu’on aime, pouvant aimer jusqu’aux plus hautes demeures, que par amour nous espérons, pour mieux être en Christ, pour L’aimer toujours d’avantage, jusqu’à L’aimer constamment, totalement, absolument, invinciblement, par grâce.
Et donc, cher Olivier, la morale catholique n’est que la vie en Christ. Et cette vie est un don. « Car c'est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi. Et cela ne vient pas de vous, c'est le don de Dieu. Ce n'est point par les œuvres, afin que personne ne se glorifie. Car nous sommes son ouvrage, ayant été créés en Jésus-Christ pour de bonnes œuvres, que Dieu a préparées d'avance, afin que nous les pratiquions. » (Eph. II, 8-10). Et donc, conséquemment, « Il s’agit de vous défaire de votre conduite d’autrefois, c’est-à-dire de l’homme ancien corrompu par les convoitises qui l’entraînent dans l’erreur. Laissez-vous renouveler par la transformation spirituelle de votre pensée. Revêtez-vous de l’homme nouveau, créé, selon Dieu, dans la justice et la sainteté conformes à la vérité. » (Eph. IV, 22-24).
La morale catholique consiste, par les vertus théologales, à s’ouvrir à l’action du Christ, afin qu’il opère en nous et par nous ses œuvres saintes. « Demeurez en moi, et je demeurerai en vous. Comme le sarment ne peut de lui-même porter du fruit, s'il ne demeure attaché au cep, ainsi vous ne le pouvez non plus, si vous ne demeurez en moi.Je suis le cep, vous êtes les sarments. Celui qui demeure en moi et en qui je demeure porte beaucoup de fruit, car sans moi vous ne pouvez rien faire. Si quelqu'un ne demeure pas en moi, il est jeté dehors, comme le sarment, et il sèche; puis on ramasse les sarments, on les jette au feu, et ils brûlent. Si vous demeurez en moi, et que mes paroles demeurent en vous, demandez ce que vous voudrez, et cela vous sera accordé. Si vous portez beaucoup de fruit, c'est ainsi que mon Père sera glorifié, et que vous serez mes disciples. Comme le Père m'a aimé, je vous ai aussi aimés. Demeurez dans mon amour. Si vous gardez mes commandements, vous demeurerez dans mon amour, de même que j'ai gardé les commandements de mon Père, et que je demeure dans son amour.´Je vous ai dit ces choses, afin que ma joie soit en vous, et que votre joie soit parfaite. » (Jn. XV, 4-11).
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