par ademimo » mar. 15 août 2023, 2:25
Gaudens a écrit : ↑lun. 14 août 2023, 19:32
Bonsoir Ademimo,
Je ne comprends pas cette notion de biomasse.En quoi diffère-t-elle de celle de masse(ou,en termes courants, de poids)? Et pourquoi privilégier ce concept dans une réflexion sur la possibilité de vie sur terre,une terre aux ressources finies,comme nous le savons? On peut aussi choisir de raisonner à partir de l'empreinte carbone et peut-être d'autres notions aussi.
Comme vous le savez, poser les termes d'une question d'une certaine façon conditionne souvent la réponse ...
Bonsoir Gaudens,
Il y a plusieurs aspects à examiner. La biomasse - méthode d'évaluation des différentes espèces se partageant la biosphère - est l'un de ces aspects. On peut aussi parler des émissions carbone, mais c'est plutôt l'une des multiples conséquences de ce déséquilibre, qui a d'ailleurs tendance à éclipser tout le reste . C'est d'ailleurs un peu pour cette raison que j'en fais un topic car c'est un sujet en réalité très peu évoqué. Tout le monde parle du réchauffement climatique, comme si c'était le seul problème environnemental auquel serait confrontée l'humanité aujourd'hui. Mais c'est un peu l'arbre qui cache la forêt.
Ce qui est en jeu, c'est la survie de la biodiversité dans son ensemble. Le naturaliste Bruno David, directeur du Muséum d'histoire naturelle, est l'un de ceux qui nous alertent sur les risques d'une extinction de masse, dont nous prenons le chemin. Vous pouvez écouter cet interview de 17 minutes, par exemple, si vous êtes peu sensibilisé à la question :
https://m.youtube.com/watch?v=VsMYH-uj8 ... lvbWFzc2Ug
Vous trouverez d'ailleurs un certain nombre de documents vidéo où il intervient, et il a consacré un livre à ce sujet.
Selon lui, l'élément crucial, c'est l'occupation de l'espace terrestre. Si vous avez lu distraitement mon post plus haut, je peux reprendre les différents éléments qui caractérisent ce partage de l'espace :
- d'abord, l'occupation physique de ces espaces. En France, nous bétonnons l'équivalent d'un département tous les dix ans. L'artificialisation des sols progresse. Elle se fait par différents types d'installation : les infrastructures (routes, voies ferrées, etc.) ; extension de l'habitat ; forêts artificielles ; champs cultivés ; etc.
- l'accaparement de certaines ressources, notamment l'eau. L'eau est captée non seulement pour la consommation domestique, les besoins de l'agriculture, mais aussi pour la construction et le fonctionnement de certaines filières de l'industrie.
- la diffusion de produits chimiques, notamment les pesticides (pour les besoins de l'agriculture, là encore), mais aussi les plastiques, et différentes substances déversées par nos industries. C'est dans cette catégorie que nous pourrions ranger les émissions carbone, qui n'est qu'un problème parmi beaucoup d'autres.
Et lorsqu'on examine l'état des rapports de force au sein de la biomasse mammifère, le constat est très parlant. Que 94% de celle-ci soit humaine ou domestique, ça devrait normalement nous alerter.
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Bonsoir Ademimo,
Je ne comprends pas cette notion de biomasse.En quoi diffère-t-elle de celle de masse(ou,en termes courants, de poids)? Et pourquoi privilégier ce concept dans une réflexion sur la possibilité de vie sur terre,une terre aux ressources finies,comme nous le savons? On peut aussi choisir de raisonner à partir de l'empreinte carbone et peut-être d'autres notions aussi.
Comme vous le savez, poser les termes d'une question d'une certaine façon conditionne souvent la réponse ...
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Bonsoir Gaudens,
Il y a plusieurs aspects à examiner. La biomasse - méthode d'évaluation des différentes espèces se partageant la biosphère - est l'un de ces aspects. On peut aussi parler des émissions carbone, mais c'est plutôt l'une des multiples conséquences de ce déséquilibre, qui a d'ailleurs tendance à éclipser tout le reste . C'est d'ailleurs un peu pour cette raison que j'en fais un topic car c'est un sujet en réalité très peu évoqué. Tout le monde parle du réchauffement climatique, comme si c'était le seul problème environnemental auquel serait confrontée l'humanité aujourd'hui. Mais c'est un peu l'arbre qui cache la forêt.
Ce qui est en jeu, c'est la survie de la biodiversité dans son ensemble. Le naturaliste Bruno David, directeur du Muséum d'histoire naturelle, est l'un de ceux qui nous alertent sur les risques d'une extinction de masse, dont nous prenons le chemin. Vous pouvez écouter cet interview de 17 minutes, par exemple, si vous êtes peu sensibilisé à la question :
https://m.youtube.com/watch?v=VsMYH-uj8p8&pp=ygUVQnJ1bm8gRGF2aWQgYmlvbWFzc2Ug
Vous trouverez d'ailleurs un certain nombre de documents vidéo où il intervient, et il a consacré un livre à ce sujet.
Selon lui, l'élément crucial, c'est l'occupation de l'espace terrestre. Si vous avez lu distraitement mon post plus haut, je peux reprendre les différents éléments qui caractérisent ce partage de l'espace :
- d'abord, l'occupation physique de ces espaces. En France, nous bétonnons l'équivalent d'un département tous les dix ans. L'artificialisation des sols progresse. Elle se fait par différents types d'installation : les infrastructures (routes, voies ferrées, etc.) ; extension de l'habitat ; forêts artificielles ; champs cultivés ; etc.
- l'accaparement de certaines ressources, notamment l'eau. L'eau est captée non seulement pour la consommation domestique, les besoins de l'agriculture, mais aussi pour la construction et le fonctionnement de certaines filières de l'industrie.
- la diffusion de produits chimiques, notamment les pesticides (pour les besoins de l'agriculture, là encore), mais aussi les plastiques, et différentes substances déversées par nos industries. C'est dans cette catégorie que nous pourrions ranger les émissions carbone, qui n'est qu'un problème parmi beaucoup d'autres.
Et lorsqu'on examine l'état des rapports de force au sein de la biomasse mammifère, le constat est très parlant. Que 94% de celle-ci soit humaine ou domestique, ça devrait normalement nous alerter.