par Xavi » jeu. 03 août 2023, 12:43
Depuis 18 mois, la guerre en Ukraine interpelle tous les peuples par rapport à leurs valeurs mais aussi les catholiques par rapport à leur foi.
L’armée russe a envahi puis annexé une partie du territoire ukrainien.
Aux Nations Unies, une majorité de nations représentant environ la moitié de la population mondiale ont condamné l’action russe. D’autres, représentant environ l’autre moitié, se sont abstenus ou opposés à une telle condamnation.
Aujourd’hui, l’armée russe a installé une ligne défensive derrière laquelle elle est retranchée avec de solides fortifications qui ne peuvent être attaquées qu’au prix d’importantes pertes humaines et d’une escalade dans les destructions qui devra encore beaucoup augmenter pour pouvoir espérer repousser l’armée russe.
Dans cette situation, les discussions et les choix mettent en balance les dangers, les valeurs et les intérêts en cause par rapport aux développements d’une telle guerre.
À cet égard, personne ne peut se limiter à considérer seulement les causes de ce conflit et les responsabilités ou culpabilités.
Nous sommes en août 2023. Que faire ? Que conseiller ? Que demander dans la prière ?
Faire la guerre à l’envahisseur russe pour le repousser ? Soutenir l’armée ukrainienne dans son offensive pour récupérer le territoire envahi par l’envoi d’armes augmentant ses forces ? Soumettre toute cessation de la guerre à la condition d’un retrait du territoire envahi par les forces russes ? Est-il moral ou acceptable de ne pas exiger de condition préalable à un cessez-le-feu lorsqu’un pays est envahi par un autre ?
Pour beaucoup, les réponses à ces questions semblent évidentes.
Peut-on demander que les armes se taisent maintenant et tout de suite sans condition ?
Peut-on demander que les ennemis se parlent et dialoguent maintenant et tout de suite sans condition ?
Aujourd’hui, demain, puis les jours suivants, faut-il continuer cette guerre que le Pape François a qualifiée d’absurde et cruelle parce que l’état de la situation militaire actuelle est injuste ?
Jusqu’où faut-il accroître l’escalade militaire parce que l’état de la situation militaire actuelle est injuste ?
À Lisbonne, ce 2 août, le Pape François est sorti du seul cadre des belligérants directs que sont la Russie et l’Ukraine, pour choisir d’interpeller l’Europe et l’Occident en ces termes (dont je souligne les interpellations qui me semblent principales) :
"
Nous naviguons sur l’océan de l’histoire en des temps tumultueux et nous ressentons le manque de courageux itinéraires de paix. En regardant avec affection l’Europe et l’esprit de dialogue qui la caractérise, on pourrait lui demander : vers où navigues-tu, si tu ne proposes pas d’itinéraires de paix, de voies créatives pour mettre fin à la guerre en Ukraine ainsi qu’à beaucoup d’autres conflits qui ensanglantent le monde ? Et encore une fois, en élargissant le champ : quelle route suis-tu, Occident ? Ta technologie, qui a marqué le progrès et globalisé le monde, ne suffit pas à elle seule ; moins encore les armes les plus sophistiquées qui ne sont en rien des investissements pour avenir, mais qui appauvrissent du véritable capital humain, celui de l’éducation, de la santé, de la protection sociale. Il est inquiétant de lire qu’en de nombreux endroits l’on investit continuellement des fonds dans les armes plutôt que dans l’avenir des enfants. Et c’est vrai. L’économe me disait, il y a quelques jours, que le meilleur revenu d’investissement est dans la fabrication d’armes. On investit plus dans les armes que dans l’avenir de ses enfants. Je rêve d’une Europe, cœur de l’Occident, qui mette à profit son ingéniosité pour éteindre les foyers de guerre et allumer des lueurs d’espérance ; une Europe qui sache retrouver son âme juvénile en rêvant de la grandeur de l’ensemble et en allant au-delà des besoins de l’immédiat ; une Europe qui inclue des peuples et des personnes avec leur propre culture sans poursuivre théories et colonisations idéologiques. Et cela nous aidera à penser aux rêves des pères fondateurs de l’Union européenne : ceux-ci rêvaient en grand !"
https://www.vatican.va/content/francesc ... orita.html
Depuis 18 mois, la guerre en Ukraine interpelle tous les peuples par rapport à leurs valeurs mais aussi les catholiques par rapport à leur foi.
L’armée russe a envahi puis annexé une partie du territoire ukrainien.
Aux Nations Unies, une majorité de nations représentant environ la moitié de la population mondiale ont condamné l’action russe. D’autres, représentant environ l’autre moitié, se sont abstenus ou opposés à une telle condamnation.
Aujourd’hui, l’armée russe a installé une ligne défensive derrière laquelle elle est retranchée avec de solides fortifications qui ne peuvent être attaquées qu’au prix d’importantes pertes humaines et d’une escalade dans les destructions qui devra encore beaucoup augmenter pour pouvoir espérer repousser l’armée russe.
Dans cette situation, les discussions et les choix mettent en balance les dangers, les valeurs et les intérêts en cause par rapport aux développements d’une telle guerre.
À cet égard, personne ne peut se limiter à considérer seulement les causes de ce conflit et les responsabilités ou culpabilités.
Nous sommes en août 2023. Que faire ? Que conseiller ? Que demander dans la prière ?
Faire la guerre à l’envahisseur russe pour le repousser ? Soutenir l’armée ukrainienne dans son offensive pour récupérer le territoire envahi par l’envoi d’armes augmentant ses forces ? Soumettre toute cessation de la guerre à la condition d’un retrait du territoire envahi par les forces russes ? Est-il moral ou acceptable de ne pas exiger de condition préalable à un cessez-le-feu lorsqu’un pays est envahi par un autre ?
Pour beaucoup, les réponses à ces questions semblent évidentes.
Peut-on demander que les armes se taisent maintenant et tout de suite sans condition ?
Peut-on demander que les ennemis se parlent et dialoguent maintenant et tout de suite sans condition ?
Aujourd’hui, demain, puis les jours suivants, faut-il continuer cette guerre que le Pape François a qualifiée d’absurde et cruelle parce que l’état de la situation militaire actuelle est injuste ?
Jusqu’où faut-il accroître l’escalade militaire parce que l’état de la situation militaire actuelle est injuste ?
À Lisbonne, ce 2 août, le Pape François est sorti du seul cadre des belligérants directs que sont la Russie et l’Ukraine, pour choisir d’interpeller l’Europe et l’Occident en ces termes (dont je souligne les interpellations qui me semblent principales) :
"[i]Nous naviguons sur l’océan de l’histoire en des temps tumultueux et nous ressentons [u][b]le manque[/b][/u] de courageux itinéraires de paix. [u][b]En regardant [/b][/u]avec affection [u][b]l’Europe[/b][/u] et l’esprit de dialogue qui la caractérise, on pourrait lui demander : [u][b]vers où navigues-tu[/b][/u], si [u][b]tu ne proposes pas d’itinéraires de paix[/b][/u], de voies créatives pour mettre fin à la guerre en Ukraine ainsi qu’à beaucoup d’autres conflits qui ensanglantent le monde ? Et encore une fois, en élargissant le champ : [u][b]quelle route suis-tu, Occident ?[/b][/u] Ta technologie, qui a marqué le progrès et globalisé le monde, ne suffit pas à elle seule ; moins encore [u][b]les armes les plus sophistiquées[/b][/u] qui ne sont en rien des investissements pour avenir, mais qui [u][b]appauvrissent[/b][/u] du véritable capital humain, celui de l’éducation, de la santé, de la protection sociale. [u][b]Il est inquiétant de lire qu’en de nombreux endroits l’on investit continuellement des fonds dans les armes[/b][/u] plutôt que dans l’avenir des enfants. Et c’est vrai. L’économe me disait, il y a quelques jours, que le meilleur revenu d’investissement est dans la fabrication d’armes. [u][b]On investit plus dans les armes que dans l’avenir de ses enfants. Je rêve d’une Europe, cœur de l’Occident, qui mette à profit son ingéniosité pour éteindre les foyers de guerre[/b][/u] et allumer des lueurs d’espérance ; une Europe qui sache retrouver son âme juvénile en rêvant de la grandeur de l’ensemble et en allant au-delà des besoins de l’immédiat ; une Europe qui inclue des peuples et des personnes avec leur propre culture [u][b]sans poursuivre théories et colonisations idéologiques[/b][/u]. Et cela nous aidera à penser aux rêves des pères fondateurs de l’Union européenne : ceux-ci rêvaient en grand ![/i]"
https://www.vatican.va/content/francesco/fr/speeches/2023/august/documents/20230802-portogallo-autorita.html